‹ Exposé des droits territoriaux de la République de Costa-Rica: soumis à S. EChapitre 3 sur 137 · VERAGUA · texte numérisé non relu

VERAGUA

3. Il repartit et arriva au rio Guyga ou Guaïga et à la province de Cobrava, et longea toute la côte de Veragua jusqu'au petit port du Retrete, aujourd'hui port d'Escribanos, près de la pointe San-Blas.

Ne croyant pas trouver de l'or au delà, il retourna du côté de Veragua et arriva jusqu'au fleuve de ce nom ; mais celui-ci n'étant pas accessible à ses navires, il quitta l'endroit et réussit à les faire entrer dans un fleuve voisin appelé YehrUy qu'il nomma Belen, « dans la même terre de Veragua » .

D'après Colomb, Veragua était donc située à vingtcinq lieues à l'est de Zorobaro.

A cette distance se trouve en eflet le rio Yebra ou Belen^ à l'embouchure duquel il tenta de fonder la colonie de Santa-Maria-de-Belen. Ici les indigènes lui apprirent que les mines se trouvaient à deux lieues de là vers l'intérieur des terres, et son frère, don Bartolomé Colomb, fit quelques explorations de ce côté.

La résistance des indigènes et l'inclémence du climat obligèrent l'amiral à abandonner son projet de colonisation et il se rembarqua pour retourner en Espagne. H fil escale à la Jamaïque pour se reposer, et c'est de là qu'il écrivit la célèbre lettre déjà citée.

4. Colomb était de retour à Séville lors de la mort d'Isabelle la Catholique, et il ne réussit pas à se faire entendre du roi don Ferdinand.

i EXPOSÉ DE COSTA-RICA.

L'immensité des territoires découverts par l'amiral

et les grands sacrifices que la couronne prévoyait être

nécessaires pour les conquérir et les conserver firent

penser au Roi Catholique, anxieux de réaliser et de

, consolider l'unité nationale, que l'inlérêt public s'oppo-

k sait à la création d'une vice-royauté investie de toutes

les prérogatives réclamées par Colomb et à l'érection d'un trône héréditaire puissant en face du sien. Il refusa donc, pour des raisons d'Etat bien claires, d'accéder à toutes les demandes de Colomb et même de tenir les promesses qu'on lui avait faites lorsqu'il s'agissait de l'inconnu.

Colomb, déçu dans ses aspirations, mourut sans avoir obtenu le territoire de ses rêves dorés, l'État qu'il ambitionnait pour ses enfants : il n'eut pas Yeragua.

5. Don Diego Colomb, son fils et héritier, entama un procès contre le roi, qui dura sans interruption de 1508 à 1536 et qui, terminé en 1530 par l'arbitrage du président du conseil des Indes, le cardinal Loaysa, eut pour résultat l'érection du duché de Veragua, duché qui de même que la vice-royauté des Indes ne devait être qu'un nom*.

1. Cesareo FernXndez Duro, Colon // Pinzôn. Meniorias de la Real Academia de la llisloria, X. Madrid, 1885.

YERAGUA, 1508. S

6. En 1508, Diego de Nicuesa fut nommé gouverneur de Veragua. Les limites et la juridiction de ce gouvernement s'étendaient, d'après Las Casas, Herrera et Navarrete, du golfe de Uraba au cap Gracias-îi-Dios ; mais la reine dona Juana ne posa aucune limite et sa cédula du 9 juin 1508 se borne à conférer le gouvernement de Veragua à Diego de Nicuesa et celui de Uraba à Alonso de Ojeda*. Nicuesa ne fut pas plus favorisé de la fortune que Colomb et ne put rien fonder. De la vaste étendue de son gouvernement, il n'eut en vue que celte Veragua où l'amiral avait voulu s'établir, la contrée où se trouvait le rio Belen et que les indigènes avaient signalée à Colomb.

Les historiens raconlont les douloureuses épreuves que subit le vaillant Nicuesa, son arrivée à l'île de l'Kscudi)' el comment, découragé et presque mort de faim, il se dirigea de Belen à Nombre-de-Dios, puis à Santa-Maria-del-Darien en Tierra-Firme, colonie récemment fondée par Vasco Nunez de Balboa sur un terri-

i. Navarrete, Viajes y descuhrimientos de los espaholeSy 111, p. 113. — Peralta, Limites, III, p. 7. Le contrat ou la capitulation du 9 juillet 1508 passé entre le Roi CathoIi(|ue et Diego de Nicuesa concède à celui-ci « desde et golfo de Urabd fasta en fin de la tierra que llaman Verayvn, ques donde postrimei^amenle fué el almirante Colon ». Le golfe de Uraba appartenait au gouvernement d*Ojeda. Voir la Colecciôn de documenton inéditos del Archivo de Indias, XXXIl, p. 29 et 101 .

2. L*île de l'Escudo de Veragua ou de Nicuesa, comme on l'ap-. pelait au xvi^ siècle.

(oire qui tombait sous la Juridiction de Diego de

Nicuesa.

Nicuesa ne sut pas se concilier la sympathie des colons de Santa-Maria-la^Ântigua. Non seulement ils lui firent mauvais accueil à cause de sa sévérité, mais ils poussèrent leur rancune jusqu'à le lembarquer de force sur un navire en mauvais état. Nicuesa disparut à jamais (15H).

Le gouvernement de Vcragua resta vacant, et ne fut pourvu de titulaire que vingt-trois ans plus tard.

7. Cependant la colonie de Santa-Maria prospérait, et Yasco Nunez rendit compte au roi des progrès qu'elle avait faits, par lettre du 20 janvier 1515, dans laquelle il indiqua ce qu'il reconnaissait alors comme étant la limite ou l'extrémité orientale de Veragua : « depuis un golfe appelé San-filas, qui se trouve à cinquante lieues environ de cette ville (Santa-Maria-la-Antiguadel-Darien), en longeant la côte (por la cosla abajo), » dans le voisinage du pori du Iletrclc ou d'Escribanos, le dernier visité par l'amiral'.

Colomb place l'extrémité occidentale de Veragua à vingt-cinq lieues de Carambaru (Çorobaro, baie de

1. a Asimismo iuvian â su[)]kar i V. A. les baga nierced que puedan traer indius de las parles de VtR*GDA ; dcsde un golfo que se dice San Blai, que es fasta 50 léguas desla villa por la costa abajo. n Navarrete, tome III, p. 365.

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