COSTA-RICA EN 1561. M
conligus nous avons nommé le licencié Cavallon, auquel nous avons délivré la commission nécessaire à cette fin; et quant au territoire qu'il y a à Veragua du côté de Nata, le capitaine Francisco Vazquez l'a colonisé par notre ordre*. »
65. Le licencié Cavallon précise clairement les limites de la province de Cartago ou Costa-Rica « qui comprend toute la terre qui reste dans la province de Veragua, d'une mer à l'autre, et commence là où finit le carré de vingt-cinq lieues de côtés donné par Sa Majesté à l'amiral don Luis Colomb, vers le couchant... et finit au Rio-Grande, vers le couchant, de l'autre côté du cap Camaron. » 11 ordonna à son lieutenant, Juan de Estrada Ravage, d'aller fonder une ville au port de San-Jeronimo (baie de l'Almirante) que l'on devait appeler la ville de Castillo-de-Austria*.
Afin que l'on ne puisse soulever la moindre objection contre la légalité et la parfaite validité de la commission donnée par l'audience à Cavallon et transmise par celui-ci à Juan de Estrada, nous citerons les reaies cédulas du 5 février 1561 dont l'une ordonnait au licencié Cavallon de faire ce dont on avait chargé Ortiz
i. Peralta, ibidem, p. 179. — Fernândez, ibidem, p. 172.
2. Commission donnée par le licencié Cavallon à Juan de Estrada Ravago, datée de Léon le 22 septembre 1560. — Fernâsdez, Colecciôn, IV, p. 177.
de Elguela,et Taulre autorisait l'audience à lui délivrer la même commission*.
66. Vu rheureux résultat de la campagne deCavallon et en vertu de la faculté spéciale que lui confèrent les reaies cédulas susmentionnées, l'audience le nomma alcade major de Nuevo-Cartago et Costa-Rica « qui s'élend depuis les limites du village de Nicoya de la province de Nicaragua, jusqu'aux limites et juridiction de la ville de Nata du royaume de Tierra-Firme, appelé Castilla-del-Oro, le long du pays, et jusqu'aux limites du duché de Veragua ; et de la mer du Sud à la mer du Nord jusqu'au Desaguadero inclusivement*. »
67. En même temps que l'audience de Guatemala délimitait ainsi la province de Costa-Rica, le gouverneur de Tierra-Firme, don Rafaël Figuerola, s'intitulait gouverneur et capitaine général du royaume de Tierra-Firme et du duché de Veragua, s'arrogeant le droit de succéder à Francisco Vazquez, décédé, auquel « Sa Majesté avait conféré les fonctions de gouverneur dudit duché de Veragua' » ; et se prévalant d'une commission que
i. Peralta, Costa Rica^ Nicaragua y Panama, I, p. 181 et \S2. — FernA.ndez, Colecciôn, IV, p. 184 et 186.
2. Real provision du 17 mai 1561, Peralta, ibidem, p. 194. — FernXndez, ibidem, p. \9^, Appendice, doc. C.
3. Interrogatoire présenté par don Ralîiel Figuerola à Nati, le 20 mai 1561 ; FernAndez, IV, p. 199.
CASTILLO-DE-AUSTRIA, 1561. Ci
lui avait donnée le comte deNieva, vice-roi du Pérou, il pénétra non seulement dans le duché de Yeragua, mais continua sa route « vers Tinlérieur [iierra adenlro) comme il ledit lui-même dans son rapport au roi, dans la direction de la mer du Sud, et fonda un piieblo dans un très bon endroit et le nomma la Resurreccion ; lequel ainsi que le pays par où il poursuit son entreprise se trouvent en dehors du district de la province de Yei'agua* ».
Figuerola demande au roi « qu'il lui accorde le gouvernement de Yeragua, celui du territoire dont il fait actuellement la conquête et le titre d'adelantado », ainsi que la ratification de la commission que lui avait donnée le comte de Nieva pour la conquête de Costa-Rica, conquête que l'audience de Guatemala avait confiée au licencié Cavallon.
Le roi ayant déjà nommé Alonso Vazquez gouverneur de Yeragua, en remplacement de son père, n'accéda pas à la demande de Figuerola*.
68. D'autre part, il savait par les lettres de l'évêque de Nicaragua et de Juan de Estrada Ravago que l'entreprise de Cavallon était en bonne voie. La satisfaction du roi fut si grande que par trois cédiilas datées du 4 août 1561 et adressées à Cavallon, à Estrada et à la