i'tRALTA, nbi supruy p. 779 et
CONOrÊTE DE COSTA-RICA. Oî)
la découverte de tous les ports qu'il y a d'ici à Turucaca*. »
II explora toute la côte depuis le port de Landecho (Caldera) sur le golfe de Nicoya jusqu'au port de Goronado près de Tembouchure du Rio-Grande-de-Terraba, et par la vallée de ce fleuve il pénétra à l'intérieur du pays jusqu'à Boruca et Goto où il rencontra le capitaine Pereyra qui, manquant d'aliments, retournait vers la ville de Garci-Munoz.
Pereyra parvint jusqu'à la province de Cia et, par son ordre, Diego de Trexo alla jusqu'aux confins et limites des juridictions respectives de Gosta-Ilica et de Veragua et Nala, et là il planta des fourches et des croix en signe de possession.
74. Le licencié Antonio de Olivera en fait le récit suivant dans une déposition de témoins faite en 1568 à la demande de la ville de Gartago.
« .... Le capitaine Pereyra, au nom de Sa Majesté et en commission de Joan Vazquez, s'en fut à la découverte; et ce témoin partit avec lui et ils arrivèrent par la mer du Sud avec ledit capitaine Pereyra jusqu'à Cia , et de là Diego de Trexo partit avec quelques hommes dans la direction de Nata et arriva jusqu'à Xarixaba et Yabo; il prit possession de ladite terre au nom de Sa Majesié et planta des fourches, des couteaux et des
i. Perai.ta, vbi suprtty p. 78â
croix en signe de possession ; et ledit Diego de Trexo revint là où était ledit Antonio Pereyra et ce témoin et les autres, et là ledit capitaine Pereyra, au nom de Sa Majesté, fonda une ville dont ce témoin fut alcade ordinaire, et on nomma d'autres fonctionnaires publics; après quoi, ayant appris avec certitude qu'un capitaine du gouverneur de Veragua venait pour découvrir le territoire, ils allèrent jusqu'ofi ledit Diego de Trexo était arrivé et avait pris possession et planté au nom de Sa Majesté des fourches, des couteaux et des croix; ce que voyant ledit capitaine dudit gouverneur de Veragua s* en retourna j en égard à ce que t endroit appartenait à une avire juridiction et gouvernement; et lorsque tout le monde revenait à cette ville (Carlago), ils renconlrèrent à deux lieues en deçà de Borucaj Joan Vazquezqui venait avec du secours et des hommes; et là ils se réunirent tous, franchirent les montagnes d'où l'on découvre les deux mers du Sud et du Nord et atteignirent le village de Ara qui fut le premier qu'ils rencontrèrent; de là ils se rendirent à Texbij par où passe le Rio-de-la-Estrellay dont Joan Vazquez prit possession au nom de Sa Majesté et où les naturels promirent obéissance et prêtèrent leurs services; et en descendant le fleuve ils arrivèrent à un village appelé Corcoru dont ils prirent aussi possession; et ils parlirent de là et s'en furent au village de Quequexque^ toujours en descendant le fleuve; tous ces
villages sont entourés de paletiqties; dans ce dernier ils firent tous halle et attendirent un capitaine nommé Bartholomé Alvarez qui, par ordre dudit Joan Vazquez, était allé avec quelques gens découvrir en aval du fleuve et arriva au village et palenque de Coxeriiiy cl les naturels promirent obéissance à Sa Majesté, et il prit possession de ce village; et ce capitaine étant de retour à Quequexque^ où ledit Joan Vazquez avait fait halte avec la plupart de ses gens, ils se rendirent au village des Ciquas^ indiens Mexicains et d'autres nations avec lesquels ils étaient mêlés, à deux lieues de Ara, le soumirent à Sa Majesté et en prirent possession ; et de là ils vinrent à un autre village dont le témoin ne se rappelle pas le nom, qu'ils soumirent également, et de là se dirigèrent au village de Tariaca et de là à celui de Buca, et de là au village de Pococi et ensuite à celui de Tuyolique; de Tuyotique ils se rendirent au village de Alirro et de Atirro en celte ville; et ils passèrent par d'autres villages qui se trouvaient sur leur chemin; ils en prirent possession en règle et enregistrèrent les villages, en firent la description ainsi que celle de trente et quelques autres tribus d'Indiens qui se trouvaient dans la partie inférieure; ce qu'emporta ledit Joan Vazquez quand il s'en alla rendre compte à Sa Majesté de la découverte et de la prise de possession qu'il avait faites en son nom royal; qu'ils considéraient comme certain que le roi avait fait à Joan
Vasquez la grâce de le nommer gouverneur de tout cela et adelantado; que, par suite de la mort de celui-ci, vint ledit Perafan de Ribera en qualité de gouverneur de celle terre; et c'est ce qu'il sait concernant cette question* ».
75. D'autres des expéditionnaires et les principaux d'entre eux, tels que Pedro Alonso de las Alas, le capitaine Antonio Pereyra, alcade major, Diego de Trexo et Francisco de Estrada, déclarent que du côté de la mer du Sud, ils rrrivèrent jusqu'à la province de Xarixaha et la plaine de Chiriqiiij entre Burica et Nata, et du côté de la mer du Nord jusqu'à TEscudo*, près de la baie de l'Almirante, car dans les commissions royales délivrées à Pereyra, on lui signalait comme points extrêmes du côté de la mer du Sud, les limites de Nata et les mines de Turwm et du côté de la mer du Nord, le duché de Veragua'.
76. Réunis à Coto, Yazquez de Goronado qui arrivait de Nicaragua, le capitaine Pereyra qui rentrait de
\. Fernandez, IV, p. 497.
2. Noiez qu'en 1568, on désigne rEscudo-do-Ycragua comme limite respective des juridictions de Costa-Rica et du duché de Veragua.
5. Ubi supra, p. 470, 480, 485, 490, en réponse à la quatrième question de l'interrogatoire présente par le procureur général de Cartago au gouverneur et capitaine général Perafan de Itibera en date du 27 mars 1568.
Xarixaba et Diego Caro de Mesa qui venait de Cartago par la voie de Quepo, entreprirent vers le milieu du mois de janvier 1564 de traverser les montagnes de Ara ou Talamanca^ vers la partie appelée aujourd'hui cordillère de Chiriqui; ils arrivèrent à de telles hauteurs que, de la cîme de Tune d'elles, ils purent jouir en même temps de la vue merveilleuse des deux mers du Nord et du Sud, et après six journées de marche ils atteignirent le village d'Ara.
Le 24 janvier, le gouverneur de Gosla-Rica 'convoqua les principaux seigneurs du pays. Il leur fit jurer obéissance au roi et prit en son nom possession du territoire.
La vallée de Guaymi qui se trouve entre le fleuve de ce nom (aujourd'hui fleuve Cricamola) et l'île de l'Escudo, la vallée du Duy à l'ouest du Guaymi, la vallée de Coaça,Quequexque, Zorobaro, la baie de l'Almirante, le Rio-de-la-Estrella (aujourd'hui Tilorio, Changuene ou Changuinola), tout le territoire compris entre le rio Tarire et le rio Calobebora et ses caciques Duy, Duiba, Çorabaru, etc., furent soumis à la domination efleclive de l'Espagne et à la juridiction de Gosta-Rica, en vertu d'actes formels dressés entre le 24 janvier et le 7 mars 1564.
77. Gomme ces actes sont tous reproduits intégralement dans la collection de documents justificatifs
de cet exposé, il suffira d'en reproduire ici un des plus importants qui se rapporte à la contrée de la baie de TAlmirante.
c< Dans le village et palenqm de Queq'nexqm^ province de Duy, le 6 mars 1564, le très puissant seigneur Jhoan Vazquez de Goronado, justicîa mayor et capitaine général de ces provinces de Nuevo-Cartago et de Costa-Rica, juslicia mayor, juge de residencia et inspecteur de la province de Nicaragua pour Sa Majesté, et en présence de moi Cristoval de Madrigal, greffier du gouvernement et de son tribunal, dit : que, au nom de Sa Majesté, il prenait possession desdits villages et palenques de Quequexque et de Taranca qui se touchent et se trouvent sur les côtes de la mer du Nord, dans la contrée des îles de Çorobaro, de l'autre côte de ISombrede-Dios, et tenant en mains un espadon, il coupa des branches en signe de possession, et ledit général donna l'ordre de planter des croix dans lesdits villages, alors que les Indiens servalent dans son camp, en tout ce qui leur était ordonné, et il leur demanda par l'intermédiaire de Pedro Tice, de Juan Qucpo et de Turuy cacique de Hara, si, dans un temps quelconque il était arrivé des chrétiens dans leurs dits villages; et ils répondirent que jamais ils n'avaient vu tels chrétiens pénétrer sur leur territoire. Et ledit général signa de son nom cette déclaration en présence des témoins Francisco de
ZOROBARO, 1564. 75
Esti'ada, et Juan de la Puente et Miguel Garcia. — Juan Vazquez de Coroxado. Vu : Cristoval de Madrigal*. »
Les divers objets et les pièces d'or donnés en cadeau par les caciques furent duement répartis. Le cinquième du total fut assigné au trésor royal.
Un des actes de possession dit :
« Le 17 février 1564, Quaquinque et Çorabaru, caciques de Texbi*, jurèrent obéissance à Sa Majesté; ils firent don au général de deux pièces d'or qui pesèrent quarante pesos; ce sont deux petites aigles, Tune paraît être de dix-huit carats et l'autre en or de bon aloi. Ces deux pièces furent remises au trésorier et le général donna en échange à ces caciques des haches et divers objets. — Signé : Ju* Vazquez de Coronado. — Vu: Xpoval de Madrigal, greffier'. »
1. Peralta, Costa Rica y Colombia, II, p. 6 ou 22. — FernAndez, Colecciôrij IV, p. 303; et dans ce même volume tous les ados de prise de possession p. 292 et suivantes. Appendice, doc, F.
2. Par le^ noms de Texbi, Terbi, Terrebe, Tirbi ou Sorobeta, on désigne la pointe qui forme le conlinenl de Gosta-Rica à Touest de l'île de Zorobaro (île Colon). Entre cette lie et celte pointe se trouve le dëJroit de Boca-del-Drago. Terbi et Zorobaro sont k peu près la même chose. — Diego Ribero, cosmographe du roi, dans sa Caria universal de 1529 dont il existe deux originaux, Tun à Weimar et Tautre à Rome au collège de la Propaganda, place le village de Cerebaro près delà pointe de Terbi.