XVII. La baie de VAlmirante et les vallées
de Chiriqui.
La real cédtila du Pardo dit d'une manière formelle que la baie de TAlmiranle ou Bocas-del-Drago, ainsi nommée aux xvi'' et xvn* siècles, tombe sous la juridiction de Costa-Ilica. L'article 5 prescrit et ordonne à Diego de Artieda la fondation d'une ville au port des Bocas-del-Drago, « situé sur la mer du Nord de ladite province ».
97. Les Bocas-del-Drago désignaient la haie de VAlmirante et la lagune de Chiriqui où débouche le Rio- Guaymi, San- Diego ou Cricamola, comme il est prouvé par la rcal cédula du 30 août 1576 qui dit « qu'il est bien notoire que le Rio-del-Guaymi, les Bocas-del- Drago et la baie de l'Almirante sont une seule et même chose »S ainsi que par les lettres de Diego de Artieda
1. Peualta, Costa Rica, Nicaragua y Panama, I, p. 545. — Idem, Costa Ilica y Colombia, II, p. 1 (17). — FernXndez, Colecciôn, V, p. 84. Appendice, doc. H.
au roi, datées du mois de juillet 1576, du 1" mars 1577, 12 novembre 1579 et 1" avril 1581 *, et très spécialement par l'acte de fondation de la ville d'Artieda sur les bords du Guaymi et la prise de possession de Valderroncal dans la vallée du Guaymi, la première en date du l^*" décembre 1577 et la seconde du 5 mars 1578*.
98. L'identité des Bocas-del-Drago avec la baie de TAlmirante, selon l'ample acception que leur donne la capitulation du Pardo et la real céduladu 30 août 1576, est de notoriété historique, et il suffît de citer quelques cartes du commencement du xvii® siècle pour en acquérir la conviction : la carte anonyme Insulx ameri" canx in oceano septentrianali cum terris adiacentibus^ ^ les cartes de Lorenzo del Salto, Blaeu, Jansson, Jacob Colom, Samson d'Abbeville, Œxmelin, Ilendrick Doncker, Frederick de Witt, Van Keulen, la carte de V Amérique septentrionale ^ du dépôt des cartes de la
i. Peralta, Costa Rica, Nicaragua y Panamdt I, p. 543, 547, 595, 608.
2. Peralta, I, p. 554 et 560. — 11, p. 8 et iO (ou 24 et 26). Fernàsdez, Collecciôn^ V, p. 91 et 93.
3. Excellente carte, très bien tracée et grave'e sur cuivre, ne portant aucune indication de lieu ni date, mais qui est sans doute d'Amsterdam. Le Catalogue des cartes du Musée Britannique atlribue la date de 1630 à une carte de Guillaume Blaeu pareille à celle-ci.
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marine, etc., qui toutes désignent la baie de TAlmirante par le nom de Bocas-del-Drago S la même qu'Antonio de Herrera appelle baie de Caribaco.
Les lignes de frontière tracées sur quelques-unes de ces cartes se rapprochent beaucoup de l'ancienne et légale démarcation de Cosla-Rica, et par elles on voit que la baie de TAlmirante ainsi que les vallées de Chiriqui sur le versant de la mer du Sud et à Touest du Rio- Grande-de-Chiriqui, tombent également sous la juridiclion de Costa-Rica.
99. Que les vallées de Chiriqui appartiennent à Costa-Rica depuis 1540 avec autant de droit que la baie de TAlmirante, le seul fait d'être situées à l'ouest de la limite occidentale de Veragua (le méridien 82^6' de Greenwich) le démontre suffisamment, mais la capitulation du Pardo et le titre royal d'Aranjucz en faveur d'Artieda ne sont pas moins explicites et ne laissent aucun doute sous ce rapport.
Les deux reaies cédulas disent que Costa-Rica s'étend depuis les confins de Nicaragua direclement aux vallées de Chiriqui jusqu'à la province de Veragua^.
1, Peralta, Atlas histôrico geogrdfico de la Repûblica de Costa Rica, numéros IV, V, VII, XII. — Idem, Limites de Costa Rica, III (Carlografia de Costa Rica y Veragua), p. 595, 598, mot Almirante, — G. Marcel, Reproduction de cartes et de globes relatifs à la découverte de VAménque, n<» 9.
2. Jusque, hasta. « IIasta (prej)osici6n) dénota el lérmino de
104 EXPOSÉ j)E COSTA-RICA.
100. Philippe II exclut Ghiriqui de la juridiction de Veragua et le place sous celle de Costa-Rica, en se servant pour cela non seulement de désignations cosmographiques à l'exemple de Charles-Quint, mais aussi de noms géographiques locaux bien connus et de mots dont le sens grammatical est bien clair et précis.
Il ratifie la démarcalion faite par l'empereur et roi, son père, et confirme la légalité de la possession que Juan Vazquez de Coronado et Perafan de Ribera avaient prise des vallées de Ghiriqui en vertu de leurs commissions.
Les reaies cédulas n'introduisirent par conséquent aucun changement au préjudice de la juridiction de Gosla-Rica du côté de Veragua. Bien au contraire, car si la démarcation de 1540 pouvait présenter quelque doute pour la division de la baie de Zorobaro, celle de 1575 le dissipe coinplètement en attribuant la totalité . de ladite baie, « les Bocas-del-Dmgo, la baie de rAlmirante et le Rio-Giiaymi, qui sont une seule et même chose, w à Gosta Rica.
Dequelle manière Diego de Artieda interpréta-l-il cette démarcation, et comment remplit-il les stipulations du l''' décembre 1575?
C'est ce que nous allons voir.
lugar, acci6n, nùmoro 6 lionipo : llegaré uxsix Burgos; se ha de pelear hasta x^encer 6 morir; llevaba hasta mil sohlados; se (lespidiô hasta la noche. » Grarnâtica caslellana por la Real Academia cspanola. Madrid, 1885, p. 198.
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