‹ Exposé des droits territoriaux de la République de Costa-Rica: soumis à S. EChapitre 60 sur 137 · I. Ubi suprUf p · texte numérisé non relu

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puissent entrer et sortir sans difficulté; et pour ce faire nous disons que nous fûmes à la mer du Nord et que de ladite mer audit camp il y a une distance d'à peu près huit lieues de plaine d'un terrain sec et que ledit rio Tartre est, jusqu'à une lieue de distance du camp, suffisamment navigable à ce qu'il paraît, pour pouvoir le parcourir avec des radeaux et des chaloupes, et qu'à son embouchure dans la mer il y a un port commode, sûr et suffisant pour permettre à des navires marchands, quels qu'ils soient, d'entrer et de sortir en toute sécurité, car la barre du fleuve que nous avons sondée et visitée a trois vares de profondeur à marée basse. Cette barre forme un banc de sable fin qui va de Test à l'ouest et dont la traversée va du nord au sud, et toute la terre de la côte adjacente à cette barre et embouchure du fleuve est basse ; et du côté du nordouest il y a un îlot ou promontoire distant un peu plus d'un quart de lieue de terre ferme*. »

Ce rio Tarire ou Tiliri est celui qu'on appelle aujourd'hui Sixola dans la partie située près de la mer, et dès le premier jour de sa découverte, le 25 avril 1540, il a appartenu à Costa-Rica.

125. Sur les bords du Tarire et à huit lieues de son embouchure le capitaine Diego de Soxo fonda, le

i. Peralta, Costa Rica^ Nicaragua y Panama, I, p. 679. Idem, Costa Rica y Colombia, II, p. 27 (ou H). Idem, III, p. 635.

SANTIAGO-DE-TALAMANCA, 1605. 137

10 octobre 1605, la ville de Santiago-de-Talamanca sur le territoire que Colombia dispute aujourd'hui à Cosla-Rica et qui cependant, en conformité avec tous les actes royaux {actos regios) et les provisiones du gouvernement supérieur de la province, appartient légitimement à cette dernière.

L'acte de fondation de celte ville de Talamanca dans lequel on indique comme limites de sa juridiction celles qu'aujourd'hui Costa-Rica réclame de Colombia, en est une preuve évidente. Cet acte s'exprime ainsi :

« Attendu qu'il est convenable et nécessaire pour le bien et l'utilité commune des habitants de ladite ville de SantiagO'de-Talamanca de lui donner des terrains communaux et une juridiction, il dit (le capitaine Diego de Soxo) : qu'au nom du roi notre seigneur, et par la meilleure voie et en la meilleure forme qu'il peut et doit le faire, il désignait et désigna pour terrains communaux appartenant à ladite ville, une bande d'une demi-lieue autour d'elle et lui assigne et donne pour juridiction « en latittule tout le territoire et limite qui s'étend du faîte de la Cordillère jmqu à la mer du Nord et en longitude depuis le rio Tarire par le passage qui conduit de ladite ville dans la province de Tariaca, toui le territoire qui s'étend à lest jusqu'à VEscudo-de- Veragua, qui est la limite qui sépare ce gouvernement de celui de Veragua * » .

1. Peralta, Costa B/ca, etc., I, p. 685. — FernX:idez, Colec-

La citation qui précède montre clairement la manière dont furent comprises et observées les reaies cédulas et les capitulations de 1540 et 1575. Costa-Rica n'a jamais varie dans ses demandes, et l'audience de Guatemala, de laquelle elle dépendait, n'a jamais cessé d'affirmer et de maintenir que le point extrême de sa juridiction était l'Escudo-de-Veragua, comme le démontrent les titres royaux {reaies litulos) qu'elle avait le devoir d'appliquer et de faire observer.

XXIII. Le roi désapprouve les prétentions des gouverneurs de Veragua.

126. Singulière audace ou ignorance volontaire que celle des gouverneurs de Veragua lorsqu'ils prétendent dépasser les limites de leur province ! Le roi dut, par sa cédula du 9 août 1561 (^ 69), leur enjoindre l'ordre formel de ne pas empiéter sur la juridiction de Costa- Rica, et le conseil des Indes, par décret de Yalladolid, le 30 janvier 1606, les réprimanda en ces termes :

ciôriy V, p. 126. Voir les paragraphes 56, 75, 90 et 92 de cet

Expose « en latitud toda la tierra y termino que hay desde lo

alto de la cordillera hasla la mar del Norle, y en lonxitud desde el rio Tarire por el paso que se pasa yendo de la dicha ciudad â la provincia de Tariaca, loda la tierra que corre al este, que es el largo de ella, hasta el Escudo de Veragua, que es el tdrinino ([ue parle esta governaciôn de la de Veragua » .

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