VERAGUA
c< Que Ton avertisse le gouverneur qui succédera à Sequeira de ce que celui-ci et l'audience ont écrit, et qu'il ne s'engage dans ces découvertes, ni conquêtes si ce n'est par commission et de l'avis de l'audience. En ce cas, il devra s'en acquitter par des moyens doux et conformément à ce qui est ordonné par les lois concernant les nouvelles découvertes et par les cédulas reales ET PAS autrement; et si l'audience n'était pas d'avis que l'on fasse ces découvertes et si le gouverneur croyait qu'elles pourraient être importantes et de valeur, il en référera à Sa Majesté et ne pourra rien faire ni exécuter sans son ordre; et qu'en plus on demande le rapport et avis de l'audience sur ce point et avec relation de ce qu'a écrit Sequeira*. »
Juan Lopez de Sequeira, gouverneur de Yeragua, prétendait que le roi l'autorisât à conquérir les territoires de Codé, du Guaymi et du Duy, et, dans son ambition de commander, il avait triplé l'étendue de Yeragua, usurpant à droite et à gauche le territoire des provinces voisines. Dans une lettre adressée au roi le 23 février 1603, Sequeira s'exprime en ces termes :
« Et afin que Votre Majesté connaisse l'étendue de ce gouvernement de Yeragua, je dis qu'elle a quatrevingt lieues de long du rio Chagre^ contigu à Portoveloy
i. FerkXndez, Colecciôrit V, p. 115.
jusqu'à la riche province du Duy, et de large, de la mer du Sud à celle du Nord, tantôt plus et tantôt moins de soixante lieues*. »
L'audience de Panama arrêta l'enthousiasme irréfléchi de ce gouverneur et le jeta en prison pour abus d'autorité. I.e conseil des Indes prescrivit sagement à son successeur de ne pas entreprendre de conquête sans commission de l'audience et d'observer fidèlement ce qui était ordonné par les reaies cédulas.
127. Mais les ordres du roi et ceux du conseil des Indes continuèrent à être ignorés des gouverneurs de Veragua, retenus plutôt par leur propre impuissance que par le respect de la loi.
C'est ainsi que le gouverneur de Veragua chargea, en 1608, Cristobal de Aguilar Alfaro de fonder un établissement dans la vallée du Duy sur les rives du Rio-deAa Estrelldy et s'il ne parvint pas à mettre son projet à exécution ce fut parce que le gouverneur de Costa-Rica et les autorités subordonnées de Talamanca prirent des mesures efficaces pour repousser l'intrusion en des termes simples et énergiques qui corroborent ceux des capitulations et des cédulas de 1573.
Dans les acles dressés à ce propos en la ville de Carlago le 15 janvier 1608, el dont le dossier se conserve