FersAndez, Colecciôn^ Y, p. ii
dans les Archives des Indes de Séville, le gouverneur de Costa-Rica, don Juan de Ocon y Trillo, dit que le capitaine Alonso de Bonilla « lui a fart savoir que la frégate qui entra dans le port de ladite ville de Talamanca, sous le commandement du capitaine Cristobal de Aguilar Alfaro, vint avec des gens, par ordre du gouvernement de Veragua, du royaume de Tierra-Firme, pour pénétrer dans ladite province et la vallée du Duy du côté de Tierra-Firme ; et parce que la juridiction de cette province est fixée par cédtda spéciale du roi notre seigneur jusqu'aux confins de Veragua et de la baie de TAlmirante, donnant comme limite TEscudo-de- Veragua, et Juan Yazquez de Coronado, premier explorateur de ces provinces, qui par ordre de Taudience royale de Guatemala en entreprit la pacification, prit possession au nom du roi notre seigneur des savanes qu'on nomme Chiriqui; et le capitaine Francisco Pavon, qui pour faire cette conquête fut lieutenant du capitaine Diego de Artieda, ancien gouverneur et capitaine général de ces provinces, par ordre du roi notre seigneur peupla les rives du fleuve qu'on appelle Guaymi, bien au delà du lieu où est assise la ville de Talamanca ; et, d'après le dire des personnes qui sont rentrées de Talamanca, la prétention dudit Alfaro est de peupler les bords du Rio-de-la-Eslrella qui est près de cette ville, dans la juridiction de cette province, et dont depuis plusieurs années, ladite province
avait pris possession au nom du roi noire seigneur*... ».
En conséquence le gouverneur de Cosla-Rica ordonna de repousser parla force Tintrusion et de porter plainte devant les audiences de Guatemala et de Panama; mais il n'y eut à déplorer aucune rencontre, car les gouverneurs de Veragua ne mirent pas leurs plans à exécution.
La ville de Talamanca maintint donc l'intégrité de son territoire qui s'étendait depuis le rio Tarire ou Sixola jusqu'à l'île de VEscudo-de-Veraguay frontière commune de la juridiction de Costa-Rica et de la capitainerie générale de Guatemala.
Cet état de choses dura sans altération légale ni de faitjusqu'en 1821, date de l'émancipation des provinces de Costa-Rica et de Yeragua de la souveraineté de l'Espagne.
XXIV. Possession continue de Costa-Rica et soumission de Talamanca.
128. Fray Agustin de Cevallos, provincial de l'ordre de Saint-François, écrit de Grenade (Nicaragua), le 10 mars 1610, au roi don Felipe 111 un « Mémorial para cl Rey Nuestro Senor de la descripciôn y calidades de laprovincia de Costa Rica », dans lequel il désigne comme limite de cette province Y Escudo-de-Vcragua et
1. Peralta, Costa Rica^ I, p. 692. — Ferî«Xxdez, Coleccidn, V, p. 149.
TALAMANCA, 1617. U5
renferme dans sa juridiction le rio Tartre^ le Rio-dela-Estretla, Bocas-del-Drago et la baie de rAlmirante\
129. Quelques mois plus tard, le 24 janvier I6H, le président de Taudience de Panama, don Francisco Valverde de Mercado, confirmait tout ce qui précède dans une lettre qu'il adressait au roi.
c< Dans la ville de Talamanca, de la juridiction de CosTA-RicA, aux confins du gouvernement de Veragua, quelques Indiens se sont révoltés, offensés, dit-on, par un lieutenant du gouverneur; ils tuèrent quinze ou seize personnes et ils cernèrent les autres habitants et les femmes réfugiés dans une maison forte. J'ignore ce qui en est advenu; mais cela a suffi pour exciter les Indiens récemment établis en la ville deAlhange^ frontière des Indiens non soumis et non chrétiens qui confinent à Costa-Rica*. »
150. Diego del Cubillo, dans un mémoire daté de Madrid le 8 juin 1617 et présenté au conseil des Indes, sollicite les fonctions de gouverneur de Costa-Rica et de NicDya telles qu'elles furentconfiées en 1593 à don Fernando de la Gueva, et ce dans le but de soumettre de nouveau les Indiens de la vallée du Buy et « les îles
1. Peralta, I, p. 698; II, p. 25 (ou 4i). — Fer^nXi^dez, V, p. 156.