‹ Exposé des droits territoriaux de la République de Costa-Rica: soumis à S. EChapitre 7 sur 137 · Peralta, ibidem, p · texte numérisé non relu

Peralta, ibidem, p

17. Nous approchons déjà de la Veragua proprement dite, désignée par Colomb dans sa lettre aux Rois Catholiques et qu'explora Tadelanladodon Bartolomé Colomb. Ce n'est plus la Veragua de Nieuesa qui, d'après Las Casas, s'étendait du fond du golfe de Uraba au cap Gracias-â-Dios; ce n'est pas non plus la Veragua de Vasco Nufiez de Balboa, qui s'étendait de l'est à l'ouest à partir du golfe de San Blas, ni le territoire dont Colomb fit en personne la découverte, du cap de Honduras au port du Retrete et auquel faitallusion lac(^/îi/adu27juillet'l51o. Peu à peu ses limites se sont rétrécies h mesure que grandissait l'ambition de Pedrarias, bien secondée par la couronne, qui préférait réduire à la domination royale des territoires qui promettaient tant de richesses, même au risque de les rendre plus tard à l'héritier de Colomb, si le résultat du procès était favorable à celui-ci.

18. En 1508, Veragua commence au 77* méridien occidental de Greenwich et au 8® parallèle de latitude nord. En 1513, elle est réduite au 79% et, en 1521, elle se trouve déjà à l'ouest du 80* méridien. Cependant, aucune de ces délimitations n'est encore fixe ni précise et il ne se trouvait personne pour en réclamer la fixation, car partout les domaines de la couronne s'agrandissaient et de nouvelles conquêtes jetaient dans l'oubli la litigieuse Veragua.

19. En 1522, Gil Gonzalez Davila et le pilote Andrès Nino s'embarquèrent à Panama et explorèrent toutes les côtes méridionales de Costa-Rica et de Nicaragua depuis Chiriqui et Burica jusqu'au golfe de Fonseca. Nino continua sa route jusqu'au golfe de Tehuanlepec.

Gil Gonzalez retourne à Panama et de là se dirige vers Saint-Domingue, d'où il envoie à l'empereur Charles- Quint le récit de ses explorations et son projet de retourner à Nicaragua par la voie de Honduras jusqu'à la rencontre de la mar Duce (mer douce, lac de Nicaragua), et il demande à l'empereur de lui accorder le gouvernement des provinces découvertes par lui, c'està-(jlire : d'une mer à l'autre; du côté de celle du Sud à partir du golfe de Osa* à dix lieues de la pointe de Burica, vers le couchant, jusqu'aux montagnes [sierras] de Gil Gonzalez Davila'; et de là vers le* nord, abstraction laite des pays occupés par Certes, jusqu'au rio SanPablo', près du golfe de lias-lligueras, et du rio San-Pabio au golfe de Osa.

\ . Golfe Dulce, au sud de Costa-Rica.

2. Sierra Madré, sur le golfe de Tehuanlepec. o. Le rio San-J*ablo est d'après Bancroft le rio Polochic. D'après les cartes de Diego Uibero (1529) et de Diego Gutierrez (1550) et

Gil Gonzalez ne tarda pas à réaliser son projet, et, dans le double but d'éviter le passage par Panama et de chercher à découvrir le détroit que Ton supposait exister entre les mers du Nord et du Sud, il prit la voie de Honduras pour aller à la recherche de la mer Douce ou lac de Nicaragua.

Arrivé à Honduras, il tomba entre les mains de Olid, lieutenant déloyal de Cortès. Il en échappa pour tomber entre celles de Francisco de Las Casas, qui l'envoya prisonnier au Mexique et de là en Espagne, où il mourut à la fin de 1526.

20. Cependant, Pedrarias ne perdait pas son temps. A peine Gil Gonzalez fut-il rentré à Panama que Pedrarias organisa une expédition sous le commandement du capitaine Francisco Hernandez de Cordoba pour aller conquérir et peupler les terres nouvellement découvertes.

Au mois de janvier 1524, Cordoba arrive au golfe de Nicoya et débarque sur les côtes de Orotina, où il fonde la ville de Bruselas ; il continue sa route et fonde au cours de la même année les villes de Léon et de Granada ; il se fortifie dans celte dernière et, vers la

d'après G. Fernandez de Oviedo, le rio San-Pablo correspond au rio Usumacinta, mais celui-ci ne se trouve pas près du golfe de Las- Higueras.

fin de Tannée 1525, il se prépare à se soulever contre l'autorilé de son chef.

21. Pedrarias, prévenu parllernando de Solo, qui fit expressément le voyage de Panama, réunit à la haie des secours de tout genre, et l'énergique vieillard partit lui-même pour Nicaragua. Il débarqua à Nicoya au mois de mars 1526, passa par Granada où son émissaire Estete avait déjà emprisonné son infidèle lieutenant, et se rendit ensuite à Léon, où il fit juger et condamner à mort Cordoba, réussissant à imposer son autorité avec la même rigueur qu'il l'avait fait sept ans auparavant dans le Darien.

Le premier effort de Pedrarias devenu maître de Nicaragua fut de s'étendre vers le nord et le nord-est dans la direction de Honduras et de Nequepio (San- Salvador), avec le dessein de s'opposer aux progrès de Cortès et de Alvarado et de s'assurer sur la mer du Nord un port qui raccourcirait les communications entre l'Espagne et Nicaragua.

22. Il s'était déjà engagé dans cette entreprise lorsqu'il apprit l'arrivée à Panama de Pedro de los Rios, nommé pour lui succéder dans le gouvernement de Castilla-del-Oro, et vers le milieu de décembre 1526 il quitta Nicaragua.

L'enquête dont l'objet était de lui faire rendre

compte de sa gestion (Juicio de residencia) ayant été ouverte à Panama, Pedrarias présenta à Pedro de los Rios un rapport, dalé du 10 février 1527, sur Tétat dans lequel il avait laissé la province de Nicaragua*; en vertu de ce rapport, Pedro de los Rios s'y rendit et à son arrivée il trouva Diego Lopez de Salcedo, gouverneur de Honduras, qui, se croyant des droits sur Nicaragua, s'était fait reconnaître par les habitants pour leur gouverneur.

Impopulaire et faible, Pedro de los Rios se vit forcé de revenir précipitamment à Panama.

23. Mais la nouvelle et riche province ne devait échoir à aucun de ces compétiteurs, et lorsqu'on pouvait croire que Pedrarias, dépossédé de Gastilla-del-Oro, serait obligé de rendre un compte strict de ses actes, les rapports brillants et flatteurs que l'on avait de Nicaragua et les puissantes influences qui intervinrent en sa faveur à la cour, lui valurent le titre de gouverneur et capitaine général de Nicaragua. L'empereur et roi en informa lui-même Pedrarias par cédula de Valladolid, du 16 mars 1527 et lui envoya son brevet le 1" juin de la même année*.

i . On peut voir ce rapport dans Peralta, Costa Ricay Nicaragua y Panama, I, p. 714.

2. Colecciôn de documentos inéditos relativos al desnibn^ mienlOy conquista y organizaciôn de las aniiguas posesiones

24. L'empereur ne détermine pas les limites du gouvernement de Nicaragua, mais on peut les connaître par les termes des cédulas susmentionnées, par celle de Vallâdolid du 1*' mars 1527, dans laquelle le souverain déclare que Nicaragua ne tombe pas sous la juridiction du gouvernement de Castilla-del-Oro', par la provision royale de Tolède datée du 21 avril 1529, dans laquelle il est ordonné que la ville de Bruselas avec ses limites et sa juridiction fera partie du gouvernement de Nicaragua*, défendu à Pedro de los Rios ou à tout autre gouverneur de Castilla-del-Oro « d'inlervenir dans le gouvernement de ladite ville de Bruselas » et enjoint « de la laisser au gouverneur de Nicaragua ; » et en dernier lieu par les limites que Pedrarias lui-même demande pour son nouveau gouvernement dans sa Relaciôn de la tierra qtie $e envia à Su Majestadj datée de Léon le 15 janvier 1529'.

D'après ce document, les limites méridionales de la ville de Bruselas, située sur la côte d'Orolina à l'est du golfe de Nicoya, à sept lieues à Test de l'île de Chira, s'étendaient jusqu'aux Cuchiras « où se divise le gou-

espahol/is de America y Oceanîa, XL, p. 252. — Ms. de la légation de Costa-Rica à Paris.

1. Legs Fernândez, Colecciôn de documentos para la historla de Costa Rica, IV, p. 5.

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