Ibidem, V, p
RÉVOLTE DE TALAMANCA, 1709. 157
de Zamora, dix soldats, une femme et un enfant (28 septembre 1709*).
Informé de ce fait, l'audience de Guatemala ordonna au gouverneur de Costa-Rica d'aller châlier el soumeltre les rebelles.
Granda y Balbin se rendit à Boruca pour exécuter cet ordre et, le 15 février 1710, il adressa aux rebelles la proclamation suivante :
c< Je don Lorenzo Antonio de Granda y Balbin, gouverneur el capitaine général de cette province de Costa- Rica par Sa Majesté, ainsi que des autres provinces de sa juridiction, en exécution de Tordre que j'ai reçu du gouvernement supérieur de Guatemala de venir châtier les Indiens rebelles des montagnes de Talamanca pour avoir tué les RR. PP. Fray Pablo dcRebullida et Fray Antonio de Zamora, missionnaires apostoliques, ainsi que dix soldats, une femme et un enfant, fais savoir aux habitants dudit village de Boruca, aux Texahas et Terrabas et aux habitants de l'île de Toxar, que j'offre au nom du roi notre seigneur à ceux qui viendraient se soumettre à son gouverneur et capitaine général le
1 . Los rapports dos missionnaires et lliistoire de leurs conquêtes sont insérés en entier dans Pkralta, Costa Rica y Colombia de 1575 a 1881, p. 76 (ou 92) et suivantes et dans FernAndez, Colecciôn, V, p. 569 et suivantes. L'archevêque de Guatemala don F. de P. Garcia Pelaez lait aussi un récit très clair des missions de Talamanca dans son ouvrage intitulé Memorias para la historia del antijuo reino de Guatemala^ UI, Guatemala, 1852.
158 EXPOSÉ DE COSÎA-RlCA.
pardon dos délits qu'ils auraient commis ; et quant à ceux qui ne se soumettraient pas, je les déclare par contumace traîtres aux deux majestés et dignes d'être brûlés vifs comme ils en feront Texpérience dans la guerre que d'ores et déjà je déclare à tous ceux qui ne viendraient pas prêter obéissance au roi, mon seigneur, que Dieu garde les nombreuses années dont la chrétienté a besoin. »
145. Dans une lettre que le môme gouverneur adresse de Boruca le 28 février 1710 au président el capitaine général de Guatemala en même temps que la proclamation ci-dessus, il lui demande des secours pour fonder un village de Terrabas du Nord, habitants de la vallée du Rio-de-la-Estrella (Tilorio ou Changninola) sur les versants de la mer du Sud, et il ajoute :
« Je fais part à Votre Seigneurie de ce que j'écris au président de Panama et lui demande d'envoyer un navire français du côté du nord, pour s'emparer de l'entrée de l'île de Tojar^ afin que je puisse les obliger à se rendre, de même que ceux de la Boca-del-Toro ; et si ce navire arrive on aura rendu à Dieu et au roi notre maître le plus grand service qui ait élé fait jusqu'aujourd'hui dans les Indes, car les Zambos qui habitent cette île de Tojar sont au nombre de trois mille et l'on compte depuis les BoGaW^Z-Toro jusqu'à Malina plus de trois mille Indiens, appartenant à la Talamanca, sanscompler
ILE DE TOJAR ou COLON, 1721. it>9
les Mosquilos qui augmentent considérablement et causent de grands préjudices à ces provinces et en particulier à la Segovia et à Matina*. »
Par la citation antérieure l'on voit que le gouverneur de Costa-Rica réclamait le concours du président et capitaine général de Panama dans le but de réduire les insulaires de Tojar à l'obéissance des autorités de Guatemala et de Costa-Rica et non pas de celles de Panama et de Veragua. Ce président ne pouvait refuser le secours demandé, comme il ne le refusa pas lorsque dans des circonstances analogues le P. Fray Francisco de San
Joseph le sollicita*.
Par cédula du 1*' septembre 4713, le roi approuva la conduite du gouverneur de Costa-Rica et le remercia (§ 107).
XXVIIL Incursions des Anglais et des Mosquilos; Vile de Tojar {île de Colon ou du Jhmgo).
146. Lorsque les Indiens de Talamanca furent subjugués et transférés en grand nombre dans l'intérieur
1. Peralta, Co^là Riéa y Colombio^ II, p. 120 (ou 156) et suivantes. — FernAxdez, V, p» 472 et 473.