‹ Exposé des droits territoriaux de la République de Costa-Rica: soumis à S. EChapitre 72 sur 137 · I. Fbrnandbz, V, p. 400, 404 et · texte numérisé non relu

I. Fbrnandbz, V, p. 400, 404 et

du pays, on abandonna l'œuvre des missions pendant plus de trente ans*.

Tant le gouverneur de Costa-Rica que le capitaine général de Guatemala se virent obligés de consacrer leurs forces à la défense des côtes de l'Atlantique, attaquées fréquemment par les Mosquitos et par les Anglais qui débarquaient à Matina, dans les ports de Talamanca et dans l'île de Tojar, y commettaient toute espèce de ravages et s'emparaient des indigènes, qu'ils vendaient ensuite comme esclaves à la Jamaïque.

Ces déprédations avaient lieu même en temps de paix et alors que les relations de la couronne britannique avec l'Espagne étaient amicales.

147. Le roi Philippe V, d'accord avec la délibération du conseil des Indes du 20 décembre 1720, jugea nécessaire d'émettre, le 25 août 1721, la cédula par laquelle il ordonne d'écrire à l'envoyé d'Angleterre près la cour d'Espagne et au ministre d'Espagne à Londres, pour réclamer contre de tels abus et particulièrement contre la vente des Indiens, afin que le gouvernement britannique « donnât les ordres nécessaires pour que tous les Indiens, quels qu'ils fussent, qui auraient été pris ou internés dans ses domaines fussent restitués et reconduits aux lieux où ils auraient été pris ».

1. Peralta, Cosla Rica y Colombia, II, p. i29 (ou 145), Misiones de TaUimanca.

ILK DE TOJilR OU COLON, 172^2. m

« C'est pourquoi, continue la real cédula^ par la présente j'ordonne à mes vice-rois et gouverneurs des deux royaumes de la Nouvelle-Espagne et du Pérou et leur enjoins, conformément à ce qui est dit, que si dans la juridiction de n'importe lequel de leurs gouvernements des Anglais s'étaient emparés d'Indiens et ne leur avaient pas rendu la liberté, de réclamer en mon nom royal leur restitution jusqu'à ce qu'ils l'aient obtenue, et d'informer mondit conseil du résultat*. »

148. En exécution de cette céduldy le gouverneur de Gosta-Rica, don Diego de la Haya y Fernandez, décréta à Cartago, le 30 juillet 1722, l'ordre de faire une enquête « parmi les anciens lieutenants de la vallée de Matina et d'autres personnes qui y ont habité pour connaître le nombre des Indiens Talamancas, Viceitas, UrinamaSj Abuhaes et de l'île des TojareSy tous dépendant DE CE gouvernement, quo les Mosquitos auraient enlevés de leurs demeures, parfois avec l'aide des Anglais de la Jamaïque et parfois seuls, et qu'ils auraient vendus auxdils Anglais, » pour réclamer leur restitution du gouverneur de la Jamaïque.

Il appert de ce rapport que depuis l'année 1710 jusqu'en 1722 plus de deux mille Indiens des deux sexes furent pris à Talamanca, dans Tîle des Tojares et

1. Peralta, Limites de Costa Rica y Colombia, IIF, p. 20. — Costa Rica y Costa de Mosquitos, p. 95 et 95.

de Tierra-Firme et que la plupart d'entre eux furent emmenés à la Jamaïque.

149. En conséquence, le gouverneur de Costa-Rica réclama de celui de la Jamaïque, le 8 octobre 1722, la restitution des Indiens appartenant à sa province et détenus dans cette île.

Le même jour, il s'adressa également au gouverneur et capitaine général de Panama pour lui communiquer ce qu'il avait écrit à celui de la Jamaïque et le prier, dans le cas où ces Indiens arriveraient sur son territoire, de les renvoyer à Gosla-Rica par la voie de Portobelo, car il ne convenait pas de les conduire au port de Matinay et de faire du trésor royal les dépenses nécessaires à leur entrelien, convaincu que Sa Majesté donnerait son approbation.

Le capitaine général de Panama don Jeronimo Badillo répondit «h celui deCosta-Rica le 11 février 1723. Dans cette lettre il reconnaît parfaitement que l'île de

Tojar ne tombe pas sous la juridiction de Tierra-Firme, quand il déclare que, manquant de ressources pour ses propres besoins, il ne pouvait en fournir pour ceux des autres, c'est-à-dire, pour entretenir aux frais du trésor de Panama les Tojares qui devaient être restitués à Cosla-Rica par la voie de Portobelo.

Le capitaine général Badillo s'exprime en ces termes : « ... Je dois vous dire que si pour son propre et

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