‹ Exposé des écoles socialistes françaisesChapitre 12 sur 43 · SERIES · texte numérisé non relu

SERIES

Il y adodl 12 passionj radicales; \ sensitivet tendant aj luxe ; 4 affi tives tendan aux groupei 3 distriouh ves tendail aux séries, 1

(1) Lien affectueux des générations.

1. Le lecteur comparera avec fruit ce tableauj sorti de toutes pièi^ d*un cerveau général, à la classification scientifique des 18 facultés du cerveat par Aug. Comte. (Voir plus loin.)

FOURIBRISME 71

Si l'action est, pour le travailleur, une source de jouissances sensitives, de jouissances affectives et d'excitations passionnéeSy elle exercera sur lui un charme puissant, un charme - proportionné à la quantité des ressorts combinés multipHés par leurs énergies.

Ainsi :

^ Luxe, Groupes, Séries,

tels sont les trois grandes conditions de charme, les trois ... foyers généraux d'attraction.

(Ch. Fourier.) TABLEAU ANALYTIQUE DU SYSTÈME DES FACULTÉS

royerg wojtr

Vacaltés» généraux, sopértenr.

( Les aptitudes \ Industrie

PASSIF Physiques ] à T industrie S maté-

/ matérielle. \ rielle.

•PRINCIPES l AOTIP Animiques . . . . [ ^®^„ÎP*iîîl?®^ j Art. > '^r^le -G^tion

i > *^^ ^"** ) i du Globe.

I Les aptitudes ^ NEUTRE Intellectuelles, f aux scien- ? Science.

^ ces. )

La série. (1) — La série, échelle naturelle du classement des travaux et base de l'harmonie sociale, se compose de personnes inégales en tout sens; âges, fortunes, caractères, lumières, etc., formant contraste et gradation d'inégalités. Plus les inégalités sont graduées et contrastées, plus la série s'en- ^ traîne au travail, produit de bénéfices et olîre d'harmonie

"^^ (1) La seule conception de cette idée de série, que Fourier a tirée de son intelligence, plutôt que de sa science, suffirait à elle seule à immortaliser un savant de premier ordre. Tel est aussi l'avis de Proudhon.

sociale. On la divise en plusieurs groupes dont Tordonnancd est la même que celle d'une armée.

(Ch. Fourier.)

Réduite à sa plus simple expression, l'hypothèse de Fourier consiste en ceci : que l'application de la loi sériaire à la combinaison de tous les rapports sociaux établit Tharmonie dans tous ses rapports ; c'est-à-dire que cette application produit dans la société humaine, à la limite théorique, Tordre absolu et la liberté absolue.

[Manifeste de l'École sociétaire).

L'application de la* théorie sociétaire aurait pour résultat médiat :

D'opérer l'association du capital, du travail et du talent;

D'augmenter la production dans ime proportion considérable;

De changer en plaisirs ardents les travaux, même ceux réputés les plus pénibles ;

De développer au plus haut degré les facultés physiques, les facultés morales et les facultés intellectuelles des sociétaires;

De créer le désintéressement, la concorde générale, l'unité d'action et l'harmonie.

En un mot, nous voudrions remplacer l'état social actuel par un état qui créerait d'abondantes richesses et les distribuerait suivant les lois d'une justice aussi rigoureuse que libérale; qui bannirait à jamais toute misère; qui associerait les intérêts de toutes les classes ; qui détruirait dans leurs sources les contestations, les procès, les vols, la violence et la fraude ; qui étendrait à tous les enfants des honmies les bienfaits d'une éducation physique, morale et intellectuelle, complète; qui chasserait l'oisiveté en passionnant les hommes, les femmes, les enfants, pour les travaux rendus aussi

attrayants par le procédé sériaire et le travail parcellaire, qu'ils sont généralement répugnants sous le régime actuel; et qui, enfin, asseoirait la paix et la prospérité des peuples sur des bases inébranlables.

(Manifeste de V École sociétaire.)

Le phalanstère. — Il y a communauté là où les individus sont réunis sous un même régime, rigoureusement égal pour tous.

(V. Considérant.)

Il n'en est pas ainsi du Phalanstère qui solidarise les intérêts sans les niveler et sans les confondre. La devise de la Phalange est : association du capital, du travail et du talent. Ceci dit, essayons une description du Phalanstère.

Il faut d'abord que, sous l'influence du principe d'association, les propriétés individuelles du canton se soient converties en actions hypothéquées sur l'ensemble de ses richesses ; les haies, murs de clôture, bornes de démarcations qui découpent, hachent, gâchent et bariolent laidement le terrain, aient disparu, et que les cultures soient distribuées avec une élégante et sage variété dans le grand domaine unitaire.

Le Phalanstère s'élève au centre des cultures.

Nous avons devant nous, en regardant le Phalanstère, le corps central au milieu duquel s'élève la tour d'Ordre ; les deux ailes qui tombent perpendiculairement sm^ le centre et forment la grande cour d'honneur, où s'exécutent les parades et les manœuvres industrielles; puis les deux ailerons reviennent en bord de fer à cheval et dessinent la grande route qui borde la cour d'honneur et s'étend le long du front de bandière du Phalanstère. Entre cet édifice et les bâtiments ruraux portés en avant, les corps de bâtiment

sont redoublés ; le Phalanstère se replie sur lui-même pour éviter une trop grande étendue de front, un éloignement trop considérable des ailes et du centre.

Le Phalanstère doit contenir 40Q ménages, soit : de 1,800 à 2,000 personnes.

Il est naturellement entouré de jardins et de vergers.

La. Phalange. — La Phalange se compose d'abord des grandes séries de classe.

Séries de classes.

I Ménage,

[ Culture, Phalanges ou combinaisons V Fabrique,

} Education, des^grandes séries de classe i Science,

r Beaux>arts,

\ etc., etc.

Chacune de ces séries de classe se divise en séries d'ordre, ainsi par exemple la greinde série de culture se diviserait ainsi :

Séries d'ordre.

t Forêts, Série de classe P™;

\ Parterres.

Puis chacune de 'bes séries d'ordre fournit des séries de genre. Ainsi la série des vergers se compose de toutes les séries particulières adonnées à la culture des différents genres d'arbres fruitiers. La subdivision sériaire se continue dans les espèces et les variétés et Ton arrive ainsi jusqu'au groupe]^élément de ces différentes séries industrielles.

En un mot, la Phalange est un corps compacte manœuvrant comme une savante armée. Depuis les nombreuses

l^omilBIUSMB 75

^^muades adonnées aux fonctions minimes, aux variétés les plus légères, on remonte par les séries d'espèce, de genrCy d'ordre et de classe, jusqu'à la Régence centrale formée par la réunion des sommités des différentes hiérarchies et qui imprime à l'ensemble des séries et des travaux le mouvement harmonique et convergent.

Il est donc entendu que l'industrie sociétaire opère par réunions nombreuses, intriguées, joyeuses, en séances suffisamment courtes et variées, et que ces réunions nommées GROUPES se composent et se hiérarchisent dans les séiies de différents ordres...

Voici dans un autre ordre d'idées un tableau de la Phalange en grande échelle.

(Fouriérisme^ 5. )

PHALANGE EN GRANDE ÉCHELLE Distribution en 16 tribus et 32 cheeurs.

Ordres Cl«ar«s Ages

^ ( KourrissoDS Oàl ans

OompMiiieBts ascendants.... | Poupom........ « t là2 ans

( Lutins , 2à3 ans

Tribus et chœurs.

Transition ascendante, 1 chœur, 1 Bambins et bambines 3 à 4 1/2

a;i^«««^«^^«/1o«* o «!,«»„ r« I 2 Chérubins et chérubines 4 1/2 à6 1/2

Arieronascendant, 2 chœurs j g séraphins et séraphines.. . . ., 6 1/2 à '•

Aile ascendante, 3 chœurs

{ 4 Lycéens et lycéennes ....b,k 9 à 12

. . j 5 Gymnasiens et g^ymnasiennes 12 à 15 1/2 ( 6 Jouvenceaux et jouvencelles. 15 1/2 à 30

7 Adolescents et adolescentes. .

8 Formés et formées

(Centre, 4 cliœurs < Régence

9 Athlètes et athlètes

10 Virils et viriles ,

{ 11 Raffinés et raffinées.

Aile descendante, 3 chœurs. 1 12 Tempérés et tempérées... ...

( 13 Prudents et prudentes

A;i«.«rv«^^o«««;i««* o A.^ * 14 Révérends et révérendes

Aileron descendant, 2 chœurs j j^ vénérables et vénérables.... .

Transition descendante I chœur. 16 Patriarches et patriarches..

( Malades Compléments descendants . . . j Infirmes

( Absents

Voilà l'ordre de parade : Enfants, jeunes garçons et jeunes filles, hommes et femmes, vieillards; — les deux hiérarchies naturelles des âges et des sexes; — seize tribus et trente-deux chœurs avec leurs costumes variés, leurs drapeaux, leurs enseignes, leurs gonfanons conjugués sur l'oriflanmie à trente-deux écussons de la phalange, et pivotant sur la régence, comme sur leur soleil toutes les planètes d'un tourbillon.

(V. Considérant.)

Dans la phalange, la liberté peut .être, pour ainsi dh'e, sans limite, bien que tous soient classés et hiérarchisés, bien que l'impulsion vienne d'en haut, bien que la conduite des groupes et des séries soit confiée à des chefs : ces chefs donnent des conseils et non des ordres, et chacun peut dé- cider contrairement à leur avis.

(H. Renaud. — Solidarité, p. 136.)

Dans la phalange, les études ne doivent figurer qu'en second ordre, elles doivent naître de la curiosité éveillée par les fonctions matérielles. Il faut que le travail de l'école soit lié à celui des ateliers et cultures, et provoqué par les impressions de ces ateliers... Les leçons en harmonie sont d'autant plus fructueuses en tous degrés que les maîtres étant nombreux se bornent à quelques élus qu'ils affectionnent, et que les élèves sont en affinité avec les maîtres et avec la science... L'enfant, une fois initié aux dix branches d'industrie, le sera bientôt à cent et connaîtra, à l'âge de quinze ans, presque toutes les cultures, fabriques, sciences et arts dont s'occupent la phalange et les phalanges voisines.

(Ch. Fourier.)

L'harmonie phalanstérienne ne commettra pas, comme nous civilisés, la sottise d'exclure les femmes de la médecine

et de renseignement, de les réduire à la couture et au pot. Elle saura que la nature distribue aux deux sexes, par égale portioD, l'aptitude aux sciences et aux arts, sauf répartition des genres , le goût des sciences étant plus spécialement affecté aux hommes et celui des arts plus spécialement aux femmes, en proportion approximative de :

Hommes, 2/3 aux sciences, 1|3 aux arts.

Femmes, 2/3 aux arts, ]/3 aux sciences.

Ainsi, les philosophes qui veulent tyranniquement exclure un sexe de quelque emploi sont comparables à ces méchants colons des Antilles, qui, après avoir abruti par les supplices leurs nègres déjà abrutis par l'éducation barbare, prétendent que ces nègres ne sont pas au niveau de la nature humaine. L'opinion des philosophes sur les femmes est au A juste que celle des colons sur les nègres.

L'éducation harmonienne en direction des penchants se trouve achevée à l'époque où la nôtfe n'est pas commencée, à l'âge d'environ 4 ans 1/2. Dès cet âge, l'enfant, passant à la tribu des chérubins, s'élèvera par le seul effet de l'attraction et de l'émulation. Sans doute, il aura beaucoup à apprendre jusqu'à 20 ans ; mais ce sera lui qui demandera l'enseignement et s'instruira de lui-même dans les réunions scientifiques ou industrielles. Aucun officier ne le surveillera pour le diriger comme les. bambins et lutins ; il sera, dès l'âge de 5 ans, ce qu'est chez nous l'homme de 25 ans qui ne s'instruit qu'à son gré et fait d'autant plus de progrès.

Ajoutons une différence à établir entre les deux éducations ; c'est que la nôtre sépare les sciences et l'industrie qui sont toujours unies dans V ordre sociétaire. L'enfant y fait marcher de front l'agriculture, la fabrique, les sciences, les arts; c'est une propriété de l'exercice parcellaire des courtes séances, méthodes impraticables hors des séries passionnées.

(Ch. Fourier. — Nouveau monde industriel et sociétaire, p. 200.)

Il sera évident qu'on peut établir pareille harmonie entre 1,800 phalanges formant 3,000,000 d'individus, et entre 18,000 et 1,800,000 phalanges, puisque le mécanisme est le même pour une ou pour l'ensemble des phalanges du globe, qui s'élèveront au nombre de 3 millions, quand la population sera portée au complet de 5 milliards.

Lorsqu'il sera avéré, par l'aspect de la première phalange, qu'elle atteint à l'unité domestique et industrielle, à l'accord passionné en relation de caractères et en relation d'intérêts ou de dividendes à répartir; on en conclura que l'unité va s'établir dans toutes les relations au globe ; et, pour faire juger de l'enthoupiri^me qu'excitera cette espérance, il suffira d'énumérer ici quelques emplois de Tunité ; elle régnera :

1» En langage, signes typographiques et voies de communications ;

2° En mesures sanitaires, quarantaines et purgation collective de l'espèce humaine;

3*» En extinction des genres hostiles ou nuisibles du règne animal et de quelques végétaux des marécages ;

4° En restauration des espèces animales et végétales, substitution des races précieuses aux mauvaises ;

5° En restauration composée des climatures ;

6*> ^n relations matérielles : monnaies, poids, mesures, méridiens et jusqu'en diapason;

70 En relations industrielles, travaux publics des armées, entreprises relatives aux sciences et ai*ts;

8* En relations commerciales et fiscales, approvisionnements combinés du globe et garantie de minimum proportionné aux classes 5

9» En accords généraux de passions, art de les lier et dé^ velopper coopérativement par tout le globe.

(Ch. Fourtkr. — Wem, p. 130.)

FOURIERISME 70

Attraotion passionnelle. -- Le problème social so compose :

1® De la détermination d'un milieu social favorable à l'harmonie ;

2'^ De la détermination du mécanisme passionnel destiné à jouer dans ce milieu.

L'examen de la première question nous a donné pour solution la Commune sociétaire, la Phalange.

En prenant corps à corps la question du mécanisme passionnel, de la loi naturelle d'industrie, nous avons reconnu que la propriété d'imprimei* attraction doit être le premier et le plus saillant caractère, le caractère indispensable de ce mécanisme, de cette loi... Ainsi le mécanisme, c'est la série; le milieu, c'est la Commune sociétaire.

Organisation idéale. — Un gouvernement unitaire serait le centre des grandes opérations industrielles exercées par les nations des différents continents; il serait le point eulminant de la hiérarchie administrative établie comme un réseau sur le monde entier, il dirigerait les armées industrielles dont les immenses travaux auraient pour but d'opérer à la surface du globe de profondes modifications, comme le reboisement des chaînes de montagnes effritées, la conquête agricole de vastes déserts, l'établissement des routes de premier ordre irradiant de Constantinople, la capitale du globe, aux capitales continentales et reliant celles-ci entre elles. Ce gouvernement central, par son administration unitaire, équilibrerait la production et la consommation des continents et présiderait aux échanges commerciaux de leurs denrées et produits respectifs. En un mot, il dirigerait toutes les affaires du globe, toutes les opérations d'ensemble, il en serait le haut régulateur industriel.

Puis vous verriez, groupés autour du gouvernement central, des gouvernements de second ordre, qui, d'après le môme mode, présideraient à l'administration des différents

continents, régulariseraient par des statistiques faciles à faire, les rapports industriels de leurs grandes circonscriptions territoriales et opéreraient les échanges de leurs produits.

Puis les gouvernements de troisième ordre, à la tête de ces nouvelles circonscriptions, puis dans ceux-ci les gouvernements des empires, et au-dessous les administrations provinciales, départementales et communales, dont les fonctions seraient analogues.

Ces centres progressifs d'administration, dont Tensemble formerait sur le globe la grande /iiérarcMe sphérique, ne seraient tous que des congrès de différents ordres nommés par les populations dont ils auraient à traiter les affaires.

De cette organisation résulterait -.

Paix générale ;

Organisation de tous les travaux utiles ;

Harmonie des intérêts individuels et collectifs;

Développement de toutes les facultés ;

Fusion de toutes les classes;

Liberté parfaite de Findividu au sein de l'ordre général et cause de Tordre général;

Attraction industrielle et unité d'action.

(V. Considérant. — Destinée sociale^ t. I. p. 39.)

Lorsque la terre sera en harmonie, nous entrerons en rapport avec les habitants des autres planètes qui composent notre système, et par ceux-ci avec les habitants des autres sphères qui circulent dans l'infini. Alors commencera l'humanité universelle directrice du monde, manifestation de l'esprit hbre, qui n'aura plus qu'à se mettre en rapport avec l'esprit latent dont il est le médium pour se reconnaître définitivement comme organisateur, souverain omnipotent, omniscient, infini, éternel, absolu des absolus, en un mot,

(1) Le mot Dieu, dans la langue de Fourier, signifie simplement Perfection idéale, . *^

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De l'Éducation harmonibnnb. — L'éducation sociétaire à pour but d'opérer le plein développement des facultés matérielles et intellectuelles, de les appliquer toutes, même les plaisirs, à l'industrie productive.

Je la diviserai en quatre phases et un prélude ou dégrossissement appliqué au bas Âge.

Prélude ou âge brut, ou prime enfance k 2 ans.

1" Phase, éducation antérieure en basse enfance 2 à 4 1/2 —

2® Phase, éducation citérieure en moyenne enfance 4 1/2 à 9 —

3« Phase, éducation ultérieure en haute enfance 9 à 15 1/2 —

4® Phase, éducation postérieure en mixte enfance 15 1/2 à 20 —

La boussole à suivre dans les détails est qu'il s'agit toujours de former les séries soit de fonctions, soit de fonctionnaires.

La brute enfance comprend les catégories de nourri9sons ou allaités et poupons ou sevrés. Toutes deux sont subdivisées sans distinction de sexe en série trinaire, savoir :

Les pacifiques ou bénins).

Nourrissons et i oupons. \ Les rétifs ou malins.

Les désolants ou diablotins

Tous ces enfants seront logés chaque catégorie dans un séristère particulier, chaque subdivision dans une salle particulière avec pièces accessoires comme dortoirs séparés, salles bruyantes, pièces séparées, affectées aux fonctions des bonnes et nourrices , et des médecins qui visitent chaque jour les enfants.

Les bonnes ayant l'option choisissent la salle où leur po-

tion les appelle , elles sont stimulées par rivalités avec les phalanges voisines qui peuvent difTérer en méthode. Elles ont aussi entre elles des systèmes différents qu'on applique à divers groupes d'enfants; c'est un sujet d'intrigues pour les pères et mères dont chacun se passionne pour la méthode de tels groupes de bonnes, et celles-ci, obligées de soutenir leur renommée, perfectionnent sans cesse (1).

Les bonnes sont trôs-honorées dans le Phalanstère , et considérées comme des sortes de. mères communes dignes du respect de tous.

A l'âge de six mois, où nous ne songeons pas à domier aux marmots le moindre enseignement, on prendra de nombreuses précautions pour former et raffiner leurs sens, les façonner à la dextérité, les habituer dès le berceau à la justesse d'oreille , en faisant dianter autour d'eux des trios et quatuors, et en promenant les petits poupons d'un an au bruit d'une petite fanfare à toutes parties. On inventera des méthodes nouvelles pour cet objet, et l'on fera de même pour l'exercice de chacun des autres sens.

Les bonnes auront sur la culture du matériel divers systèmes en rivalités. Elles devront donc avoir beaucoup de talent, c^ leur mission ne consistera pas simplement à chanter faux, et à faire peur du loup.

Dès que l'enfant peut marcher et agir, il passe de la classe des poupons et pouponnes à celle des lutin et lutines. Parmi ces enfants on ne distingue point les deux sexes, il importe môme de les confondre pour faciliter l'éclosion des vocations, et l'amalgame des sexes à un môme travail. On ne commence à distinguer les sexes que dans la tribu des bambins.

La natiu'e donne à chaque enfant un grand nombre d'instincts en industrie (une trentaine environ), dont quelquesuns soBt primaires ou dirigeants , et doivent achemiaer aux

éd ^.^"^^""^t 21 prévu que les femmes inventeront beaucoup en

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secondaires. Il s'agit de découvrir ses instincts. L'enfant mordra vite à l'hameçon dès qu'on le lui présentera : dès qu'il marche, les bonnins et bonnines, à qui il est confié, le conduisent dans les ateliers, dans les réunions industrielles, où il trouve de petits outils, une industrie en miniature: on verra vite lesquels le séduisent. S'il aime à fureter, on lui fera tout voir, on lui laissera tourner, manier ce qu'il voit; il verra de petits enfants s'amuser au travail, il voudra les imiter, on lui apprendra des parcelles de ce travail et il y reviendra. L'enfant de deux ans trouve donc aux petits ateliers une quantité d'amorces que la civilisation ne peut lui offrir. Vingt stimulants l'attireront et l'éclosion de la vocation sera facile. Les chefs que se choisit passionnément l'enfant , sont toujours des enfants dont l'âge est de un tiers ou de un quart supérieur; par exemple, à 18 mois, il choisira celui de 30 mois; à 3 ans celui de 4; à 8 ans celui de 10, à 12 ans celui de 15. Les instituteurs naturels de chaque âge sont donc les enfants un peu supérieurs en âge. On laissera les sept ordres d'enfants s'élever les uns par les autres, se diriger selon le vœu de la nature par Ventrainement ascendant qui ne pourra que conduire au bien la masse entière. Car, si les jouvenceaux, ordre le plus élevé, ne tournent qu'au bien en industrie , en étude et en mœurs, ils ne pourront qu'entraîner les gymnasiens à qui ils donneront l'impulsion; même influence des gymnasiens sur les lycéens, des lycéens sur les séraphin<i, puis sur les chérubins, les bambins et les lutins.

Les sept corporations abandonnées à l'entraînement ascendant rivaliseront d'excellence et d'activité aux travaux utiles et aux harmonies sociales, quoique livrées à leur pleine liberté.

Loin de flatter l'enfant le bonnin lui ménage des refus et des affronts afin de le pousser à s'en venger par des preuves d'habileté et de bonté.

Les mentorins (chargés de l'instruction des bambins), ont le môme but que les autres catégories d'instituteurs ; diriger

toutes les facultés de l'enfant à l'industrie et aux bonnes études par des amorces judicieuses.

Le ressort capital est la série trinaire ou division en hauts, moyens et bas, elle s'appliquera à tous les ordres.

Pour étîiblir les luttes des instincts et des sexes qui enfantent des prodige* en industrie et en vertu, on divise toute la haute et la moyenne enfance (de 4 ans à 15 1/2) en deux corporations d'instincts; ce sont:

Les petites hordes affectées aux travaux répugnants pour les sens et l'amour-propre.

lies petites bandes affectées au luxe collectif.

Ces deux corporations, par leur contraste, emploient utilement les instincts que la morale cherche en vain à comprimer, le goût de la saleté chez les petits garçons, et de la parure chez les petites filles.

En opposant ces goûts, l'éducation sociétaire conduira Tun et l'autre sexe au même but par diverses voies.

Les petites hordes (comprenant 2/3 de garçons et 1/3 de filles) au beau par la route du bon.

Les petites bandes (comprenant 2/3 de filles et 1/3 de garçons) au bon parla route du beau.

Les petites hordes étant le foyer de toutes les vertus civiques, devront se dévouer au bonheur de la société ; conservatrices de l'honneur social, elles devront écraser le serpent au physique et au moral; tout en purgeant les campagnes des reptiles, et effectuant le service des fumiers, le curage des égouts, les travaux de triperie, la réparation des routes, les plantations etc, elles purgent la société d'un venin pire que celui de la vipère, elles étouffent par leurs trésors toute rixe de cupidité qui pourraient troubler la concorde, et parleurs travaux immondes, elles étouffent l'orgueil qui, en déconsidérant une classe d'industrieux, tendrait à ramener Tesprit de caste (1).

(1) On voit par ces lignes que si Fourier ne base pas son système sur la morale, il y aboutit en la rendant attrayante .îomme le travail.

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Les petites bandes, chargées de rornement spirituel et matériel du canton, ont la censure du langage, et leurs sénats ont droit de censure littéraire. Il est bien entendu que, pour fc atteindre à cette fonction, les membres qui les composent devront avoir fait des études suffisantes.

Elles discuteront de modes et se passionneront pour la politesse et l'atticisme siu^tout dans l'école.

Elles arrivent plus tard aux ateliers, s'adonnent moins à élever de grands animaux qu'à apprivoiser telles espèces difficiles, castors, zèbres, oiseaux divers. Elles ont la haute police du règne végétal, comme les petites hordes ont la haute police du règne animal. Quiconque casse une branche, cueille une fleur, un fruit mal à propos, foule une plante par négligence, est traduit devant le sénat des petites bandes. Enfin elles ont l'aptitude à établir le j :ssions en affaires de goût, classer les finesses de l'art et opérer ainsi la compacité des séries par le raffinement des fantaisies et la gradation d'échelle.

Les petites hordes opèrent en sens négatif autant que les petites bandesen sens positif; les unes font disparaître l'obstacle qui s'opposerait à l'harmonie; les autres créent le germe des séries par leur aptitudes à organiser les échelles de goûts et les scissions annoncées entre divers groupes.

(Ch. Fourikr. — Œuvres complètes, t. VI, voir p. 170 et suiv.)

Enseignement dans le phalanstère. — Quant au développement intellectuel, ne voit-on pas déjà que l'enfant, engagé dans une vingtaine d'industries, perçoit plus d'idées par ce qu'il fait, par ce qu'il voit faire, qu'il ne peut en retirer par l'éducation civilisée, où la théorie ne se grave jamais dans l'intelligence par la pratique.

Et puis, laissez agir l'attraction : par elle l'enfant atteindra à toutes les sciences auxquelles il est apte; il y attein-

dra, quelle que soit la voie par laquelle il soit entré dans l'industrie.

Ainsi l'enfant s'est engagé dans un groupe de maçons, U est porté à s'occuper des qualités physiques, chimiques, géologiques des calcaires propres à donner des chaux de bonne qualité. Les routes qui conduisent à plusieurs sciences lui sont donc ouvertes, il marchera dans celles qui conviennent à ses vocations.

Un autre, apprenti cordonnier, désire connaître les conditions, qui donnent de bon cuirs. Il touche d'une part à la tannerie et à la chimie, d'autre part à l'éducation des bestiaux. Partout et pour tous, les amorces qui doiven t les initier aux sciences se présentent sous mille formes, et tous vont jusqu'où ils peuvent aller.

Poussé par la curiosité, par le désir de s'élever, par rémulation, l'enfant sentira bientôt la nécessité de s'occuper des sciences dont les principes lui manquent dans les travaux pratiques, et de luirmême il se rendrai aux cours théoriques qu'il est toujours libre de fréquenter.

Ces cours seront assez multipliés, pour que l'enfant puisse choisir précisément la partie de la science qu'il désire connaître, car on donnera toute Uberté de se présenter pour instruire les autres à quiconque se croira quelque supériorité, ne fût-ce que sur un détail de la pratique ou de la théorie. Ainsi l'enseignement se subdivisera en parcelles, et le corps enseignant formera une série très-nombreuse.

La liberté de professer n'engendrera d'ailleurs aucun abus, parce que chacun sera payé lorsque ses cours seront suivis et proportionnellement au nombre de ses auditeurs.

L'éducation harmonienne, unitaire en principe, sait s'approprier, comme on le voit, à chaque caractère, se plier à tous les détails de chaque individualité : elle va chercher toutes les facultés de l'homme pour les développer harmonieusement.

Fouriec.attache une haute importance à l'éducation des

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s«ins, en y comprenant le goût. C'est parce quo ks sens raffinés seront bons appréciateurs des produits do l'industrie, que les travailleurs sentiront le I)osoin de se distinguer en rafi&nant aussi dans leurs travaux. Cette tendance à la perfection peut seule faire naitre une émulation nécessaire poiir que le travail attrayant soit exercé par passion.

L'éducation physique introduira de plus dans la Phalange un ton, des manières, un langage unitabe, sans lesquels l'union ne serait pas complète entre les classes riches et pauvres^ qui se heurteraient par la forme, quoique devenues sympathiques par le fond.

Cette éducation se fera, en partie, dans des salles destinées aux exercices gymnastiques et chorégraphiques, à la danse, à la musique, à la déclamation, au moyen de représentations théâtrales auxquelles Fourier a conservé le nom d'opéra, en élargissant la signification du mot.

Chacun, dès l'enfance, fera partie de quelques-unes des séries dont Fopéra se compose, et chaque phalange possédera ua théâtre pompeuxdesservi par mille huit cents artistes.

Si l'on est tenté de rire do cet opéra de village, qu'on veuille bien penser qu'il se recrute sur mille huit cents personnes complètement développées sous le rapport artistique comme sous tous les autres, et que, par conséquent, il y a plus de chance pour avoir des artistes distingués dans chaque phalange, qu'il n'y en a pour les théâtres réunis de la France entière, théâtres qui se recrutent sur une masse aussi peu nombreuse, et composée d individus qui sont loin d'avoir reçu, dès le bas âge, une éducation complète.

Le théâtre perdra, d'ailleurs, toute chance d'inmioralité, et par le choix des représentations, et par le caractère des artistes qui y figureront. Il offrira un puissant intérêt et sera suivi avec passion, ce genre de plaisir convenant à tous, jeunes et vieux.

L'éducation morale se fera à Téglise (1). Là seront ex-

(1) Sans doute transformée en assemblée populaire.

posées les vérités religieuses, les grandes synthèses I Là, se dérouleront aux yeux de l'enfance toutes les merveilles de la cosmogonie, toutes les harmonieuses lois de la nature! Là, le cœur s'élèvera à de hautes pensées sur l'unité universelle, à de profonds sentiments de gratitude envers celui qui, dans sa sagesse infinie, dans son inépuisable bienfaisance, a mis tous les biens, tous les bonheurs à la portée de tous les êtres.

Ainsi l'enfant recevra l'éducation professionnelle et intellectuelle dans les ateliers et aux cours théoriques : ses facultés physiques se développeront dans les exercices de l'opéra (1); son âme s'ouvrira à l'église, par un haut enseignement moral et religieux; ainsi, aucune des faces de la nature humaine ne sera négligée, et tous seront conduits au point le plus élevé où il leur est donné d'atteindre.

Et, tout en s'initiant aux sciences, aux arts, à l'industrie,

Tenfant, utilisant cette prodigieuse activité qui est en lui,

produira, dès le bas âge, au delà de ce qui est nécessaire à

ses besoins, et ne sera jamais une charge poiu* sa famille

ou pour la société.

(H. Renaud. — Solidarité^ p. 114.)

Analogie universelle. — Chaque phénomène du mouvement passionnel, chaque efiet de passion dans l'homme, doit donc se refléter dans toutes les branches du système. Dans le règne organique, par exemple, les saveurs, odeurs, couleurs, formes, propriétés doivent être distribuées de manière à représenter fidèlement le jeu des passions.

Ces rapports entre les divers modes de manifestation de la vie, cette nécessité qu'un phénomène quelconque ait partout son image fidèle, se reproduise sous toutes les formes : telle est la loi découverte par Fourier, la loi d'analogie uni^ verselle,

(1) La parenté est saillante entre Vopéra de Fourier et le Kindergarten que Frœbel préconisera plus tard.

P0URIBRI8HB 89

La vie d'un animal, d'un végétal, est, dans tous ses détails, la conséquence du développement que prend une passion, agissant sur un caractère donné, et dans une des pha- '^ ses de la vie, de l'humanité. Tout devant tendre à rendre parfaite la ressemblance analogique, rien n'est arbitraire, et l'on peut assigner une cause à la forme la plus fugitive d'un pétale, au parfum le plus léger d'une fleur.

Fourier a donc expulsé le hasard de tous les points qu'il semblait occuper en maître. 11 montre que tout résulte de lois sages, de principes invariables.

? On le dit depuis longtemps : Il n'y a pas cP effets sans cause ; mais on ne croit qu'à demi à cette vérité.

Si l'axiome est vrai absolument, les formes, couleurs, propriétés d'un être, ont une cause que l'homme doit chercher, qu'il peut trouver, qu'il a trouvée, en effet, dans la loi d'analogie, puisque cette loi rend compte de tout et de la manière la plus simple, la plus satisfaisante pour l'esprit.

(H. Renaud. — Solidarité^p. 239.)

Pour trouver l'analogie particulière d'un végétal ou d'un animal, Fourier part de la connaissance des analogies spéciales de chacune des parties, de chacun des caractères qui distinguent l'individu. Ainsi dans le végétal :

RAaNB Emblème des principes qui régnent dans Tessor de la

passion.

Tige Emblème de la marche que suit la passion .

Feuillb Emblème de^ la classe ou de la personne dépeinte ; puis

emblème des soins (éducation ou autres) qui ont préparé Teffet de la passion.

Calice Emblème de la forme dont s'enveloppe une passion, des

alentours qui Tinfluencent.

PÉTALES Emblème de Tespèce de plaisir attaché à l'exercice de

la passion.

Pistils, btaminbs. Emblème du produit qui doit donner la passion.

Graine Emblème des trésors amassés par Texercice de la passion.

Parfum Emblème du charme qu'excite la passion.

Fourier se sert encore pour ses calculs, de l'analogie des

couleurs, des formes géométriques ; analogies qui se //•/ vent avec plusieurs autres dans le tableau suivant :

GAMiME DES DROITS NATURELS AVEC ANALOGIES

Droits.

Cueillette.

Pâture.

Pêche.

Chasse.

Amitié.

Amour, Familisme.

Ambition.

Ligue intérieure. Cabaliste. Insouciance. Papillonne.

Vol extérieur. Composite.

Violet.

Azur.

Jaune .

Rouge.

Indigo.

Vert

Orangé.

Cercle.

Ellipse.

Parabole .

Hyperbole,

Afinimum.

Liberté.

Unitéisme. Blanc.

Favoritisme. Noir.

Spirale. ré,

Conchoïde fa.

Logarithmique, la .

(Jycloïde, ut H.

Epicycloïda B ut.

Les droits naturels sont ceux dont jouit le sauvage dans son état de liberté brute. Le sauvage perd quand il entre dans la société civilisée qui ne lui offre pas l'équivalent de ces droits. C'est donc avec raison qu'il refuse la civilisation; mais il acceptera avec bonheur l'harmonie.

Fourier n'a pas expliqué toutes les parties de ce tableau. Nous essayerons de dire quelques mots des courbes du second degré p'our montrer comment des lignes peuvent représenter des passions.

V amitié et ï/imour qui agissent dans une sphère circonscrite, qui se préoccupent exclusivement de la génération présente, d'un nombre limité d'individus, sont représentés par le cercle et ï ellipse, courbes finies, fermées, embrassant un espace nettement circonscrit.

La parabole et rHYPî:RBOLE,au contraire sont des courbes qui ne terminent pas, qui s'allongent indéfiniment, comme

Y Signe de pivot direct.

A Signe de pivot inverse.

le familisme qui songe aux arrières-neveux, coinan^ Yamhiticm cqui rêve la postt'îrité.

Dans le groupe à'amitié^ régnent l'égalité et la confusion c5e rangs. Dans le cercle tous les rayons sont égaux, tons X^artent du centre, et se rétléchissent au centre.

L'ellipse présente deux foyers. Tout ce qui part de l'un se réfléchit à l'autre, image exacte de ce qui se passe entre deux cœurs unis par l'amoi/r. Si le plan de l'ellipse s'incline de plus en plus sur une des arêtes du cône, un des foyers s'éloigne et va se perdre à. l'infini. Alors l'ellipse n'est plus, Xa courbe est une 'parabole. C'est ainsi que l'amour dégénère insensiblement et conduit au familisme ; c'est ainsi que l'affection qui rayonnait sur un seul être, tend à s'élargir, à en embrasser plusieurs^ à l'infini, dans le temps, comme les layons de la parabole qui vont chercher le second foyer à rinlliii dans l'espace.

Le rayon parti du foyer de Vhyperbole remonte en s'éloignant de l'axe, après avoir été réfléchi sur la courbe ; il remonte d'autant plus qu'il a atteint déjà, du premier jet, un point plus élevé. C'est ainsi que ïambitieux tend toujours à dépasser le point où il est parvenu, et que ses désirs se grossissent de tous ces succès précédents.

Vhyperbole^ comme V ellipse y apour limite la paraôote, parce que l'ambition, comme V amour conduit au famihsme. L'ambitieux, quand il n*a plus rien à espérer pour lui-même, songe à ses descendants, à sa maison, à son nom qu'il veut transmettre aux âges futurs.

[Ibidem, p. 249.)

Cote historique et cosmogoniqur de la doctrine phalans- TÉRiENNE. — Les lois dcs mouvements, nous dit Fourier, sont soumises à deux dépendances. — Elles sont mathématiques (il eût mieux valu dire physiologiques) et créatrices d'analogies. Ces propositions sont essentiellement vraies, et nous en avons fourni maintes preuves dans les deux premières parties

de cet ouvrage, mais s'ensuit-il que les propriétés du cercle (1) représentent l'amitié; les propriétés de l'amour celles de l'ellipse ; les propriétés de la parabole celles de l'ambition, et les propriétés collectives de ces quatre passions celles de la cycloïde? 1'^

Dirons-nous encore avec Fourier que les nébuleuses réduo- ^^ tibles représentent les propriétés de l'ambition ; les groupes de planètes sur soleil l'amour, et les groupes de satellites sur planètes la paternité : ou bien ne nous paraîtra- t-il pas plus logique, de faire deux parts de la théorie du grand socialiste, l'une de rêves et d'utopies, qui méritent d'être indiqués ne fût-ce qu'à cause de leur originalité; l'autre de mécanisme social qui doit être sérieusement étudiée.

Le mouvement social n'est pas limité à notre terre, il est le même pour toutes les planètes. Il se compose, pour la terre, de quatre périodes, dont la durée, à 10,000 ans près, en plus ou en moins, sera 80,000 ans. Ces quatre grandes périodes se subdivisent en trente-deux périodes secondaires que Fourier énumère ainsi ;

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