‹ Exposé des écoles socialistes françaisesChapitre 24 sur 43 · ATELIERS SOCIAUX. — LOUIS BLANC · texte numérisé non relu

ATELIERS SOCIAUX. — LOUIS BLANC

En un mot, assurer, élargir les bases du crédit réely de celui qui repose sur les choses , et se servir des ressources acquises pour arriver à fonder l'Association, c'est-à-dire le crédit personnel et gratuit pour tous.

(L. Blako, ^Organisation du Travail,)

Objectif. — Je voudrais un état social où, grâce à l'éducation commune , gratuite , obligatoire, tous les citoyens seraient admis à s'élever aussi haut que possible par l'intelligence et par le cœur ;

Où, par conséquent, seraient étouffés à leur origine les vices, les crimes et les malheurs qui naissent de l'ignorance ;

Où la religion consisterait dans ime philosophique et sincère application des lois de l'Évangile ;

Où le domaine de l'industrie et de l'agriculture, au lieu de présenter le spectacle d'un champ de bataille couvert de ruines et de morts, serait fécondé par des^jtssociations fraternelles solidairement liées l'une à l'autre ;

Où la distribution du travail et la répartition de ses fruits seraient basées sur ce principe qui est aujourd'hui le principe constitutif de la famille : De chacun selon ses besoins à chacun selon ses facultés ;

Où l'intérêt de chacun, se trouvant inséparablement uni à l'intérêt de tous , l'émulation cesserait d'être dans l'envie, dans la cupidité, dans l'orgueil et dans la haine;

Où la richesse publique, dont la concurrence aveugle et anarchique arrête le progrès, recevrait de l'harmonieuse combinaison de toutes les aptitudes et de toutes les forces un accroissement indéfini ;

Où ne se presserait plus, pour en dévorer la substance, cette foule d'agents parasites que la séparation des intérêts et leur antagonisme rendent seuls maintenant nécessaires ;

Où la fraternité, rapprochant les peuples après avoir rap-

proche les individus, finirait par rendre la guerre impossible et aboutirait à la suppression des armées;

Où l'État ne serait qu'une réunion d'hommes dévoués et inteUigents, librement choisis par leurs égaux pour jouer à regard de la société le rôle que, dans l'organisme humain, la tête joue à l'égard du corps;

Où l'impôt ne serait qu'une portion du bénéfice commun affecté aux choses d'utilité générale ;

Où les méchants étant considérés comme des malades, on songerait moins à s'en venger qu'à s'en préserver et moins à les torturer qu'à les guérir;

Où, enfin, ia civilisation, qui fait reculer devant elle en s'avançant les êtres fauves et tend à en détruire la race, serait arrivé de même à détruire la misère, et avec la misère tous les vices, tous les crimes, tous les malheurs dont elle est la source.

(L. Blanc— His^. de la Rév. de 1848, t. II, p. 265.)

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