‹ Exposé des écoles socialistes françaisesChapitre 33 sur 43 · PHILOSOPHIE POSITIVE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE POSITIVE

ou connaissance systématique 'de T humanité.

(Abstraite ou I étude fondamentale de Vexis -

tence universelle i] Mj^thématiqu»

d'abord numérisée de \ que puis géomé- 1. *«,...^ />» j trique et enfin la ,terre ou ( n^écanique)

Cosmologie / > céleste ou astro-/ O

l miqae (a.

^ . X V ^ généralel »

.OoDiJrete ou \ lounhvsi-1»

. . ^tnde directe de 2) Physique l ter»s-)qae pro-< ^

\ Tordre matériel f t^g Wem.dlté/g

l rSpédaief g

\ \ou chim.Vr

Préliminaires ' ou étude générale de Tordre 3) Biologique Étude de \ ^^**^ (proprement dite)

Thomme ou / Finale ou/collectif 4) Sociolooib [ a.

e • 1 • i étude di-V |3

Sociologie 1^^^^ de) Jg*

Tordre hu-/ à g

maÎD. l individuel 5) Morale fS.

Auguste Co]

„^9SIT1VISMK POMTIQUE 463

EXPOSITION

Savoir pour prévoir afin de pourvoir.

Les vivants sont de pins en plu;* gouvernés par les morts.

Le progrés est le déveIoppen)en( do

l'ordre .

Vivre pour autrui.

L'amour pour principe. Tordre pour base, le progrès pour but .

Organiser sans dieu ni roi .

Liberté, fraternité.

Vues G^NÉRALEa. — Il fç^ut considérer l'humanité comme

^ijip, êlre collectif soumis à dçs lois propres d'évolution, et

accomplissant le travail social, d'après ces lois, sous la pires-

^sion de^ .circ<;^stançes extérieures auxquelles elle est fatçile-

ment soumise.

L'existence de l'humanité comme être collectif, dominant l'individu, est incontestable; mais elle est, en outre, le plus grand de tous les êtres connus, le seul véritable Être suprême. Par conséquent, s'il en était un autre et que nous dépendissions de lui, il n'aurait fait, dans tous les cas, relativement à nous, que les matériaux, si difficiles à utihser dont nous nous servons, et les conditions fort défectueuses que nous , subissons. C'est l'humanité seule qui nous a rendu ces matériaux assimilables et ces conditions supportables, c'estÀ elle seule que doit aller notre reconnaissance.

Toutes les forces que nous mettons actuellement en œuvre venant d'elle doivent être consacrées à son service, d*où dériye une série de devoirs qui permettent de régler La vie

humaine et la richesse qui est une des principales forccàl^a sociales. \à}

Le devoir est raccomplissement d'une fonction par un j <^ organe libre, appartenant à un être collectif duquel nous i < tenons tous les éléments de notre bonheur et de notre di- n gnité,et qui, néanmoins, a besoin de notre concours ; nous d sommes obligés, par cela même, de remplir une fonction k utile à son existence. Nourris par le travail de nos prédé- ktg cesseurs, nous devons travailler librement pour nos succès- fu seurs, et ce dernier devoir vient régler à la fois toutes nos | ra intelligences, sentiments et activité.

(Pierre Lafitte. — TosiNvisme et économie politique,)

Position de la question. — On peut considérer le paupé-

risme, résultat de la condition anormale du prolétariat L comme constituant le fond même de la question sociale: L il est nécessaire de caractériser ici la condition de cette classe si importante.

Les prolétaires sont campés dans la société moderne, ils n'y sont ni agrégés, ni incorporés; c'est-à-dire que leurs 1 relations avec les autres classes ne sont en aucune manière^ réglées par un ensemble de devoirs sociaux réciproquement et universellement acceptés comme cela doit être dans une société véritablement organisée.

Le prolétaire n'a, comme base de conduite, que l'incer- 1

taine et insuffisante rétribution que lui présente l'institution honteuse et dégradante du salaire, considéré comme payant la valeur du travailleur, et acquittant le service rendu. Il en résulte pour lui une altération sensible quoique superficielle ^esa dignité; il est forcément réduit à une conduite semblable en moralité à celle qu'accepte librement la majorité e ceux qui composent les classes dites supérieures, et qui consiste à n'obéir qu'à la plus misérable des forces, l'argent.

POSITIVISME POLITIQUE l65

On livre ainsi l'activité au plus offrant, sans considérer la mox-alité du résultat auquel on le fait concourir.

C'est l'abattement des caractères, la perversité du civisme, la corruption des sentiments, la dépravation des convictions, arrivés à un tel point, qu'il a été possible de faire faire des ^chafauds aux partisans de l'abolition de la peine de mort, des chassepots aux membres de la ligue de la paix, des églises aux athées, et des trônes aux républicains; c'est en xm mot la prostitution de l'activité humaine. (G. Mollin, rapport sur le congrès de Bàle),

Solution. — Le remède est évidemment dans une effective incorporation du prolétariat occidental et dans ]a transformation du salariat qui devrait être considéré comme indemnisant seulement le travailleur de la dépense en provisions, matériaux et instruments indispensables à l'accomplissement de sa fonction, à son entretien personnel, ainsi qu'à celui de sa famille. (Robinet, notice sur Vceuvre et la vie de A. Comte,

Emploi des richesses. — Voici comment le positivisme conçoit en principe l'emploi définitif du capital humain.

10 La richesse sociale dans sa source et dans sa destination doit recevoir néanmoins ime appropriation personnelle pour être employée avec indépendance au service de l'humanitè,

2^ Le revenu du capital doit être affecté au développement des agents qui le produisent et des instruments nécessaires, la part prélevée sur le possesseur pom^ son entretien particulier étant réglée avec la plus sage économie.

3° La possession de la richesse étant une fonction sociale, doit être transmise d'après le principe de l'hérédité sociocra tique, chaque possesseur du capital pouvant et devant instituer lui-même pour son successeur celui qu'il aura reconnu comme étant le plus digne de remplir ces fonctions.

(Auguste Comte.)

166 KXPOSÉ DES ÉCOLEI^ SOCIALISTES

. . . Nous qui considérons la propr^éifëiioïicôminële droit' personnel de disposer arbitrairement, mais comme le ^devoit social d'administrer équitablement, et qui substituons la paisible détermination des devoirs à l'orageuse discussion des droits, nous regardons les débats sur la possession des richesses comme une agitation oisive ; mais aussi nous attachons une importance considérable à l'examen des règles' relatives à l'emploi du capital humain, de sorte qu'en agissant sur la destination, nous réagirons nécessairement sur la ' position.

Le problème social étant, de sa nature, plus moral que matériel, la transformation des institutions devant être et ne pouvant être que la conséquence des modifications graduelles, des conceptions et des dispositions individuelles, nous pouvons dire, sans pour cela méconnaître Tutilité des mesures politiques immédiates pouvant améliorer la situation générale, et spécialemont celle des prolétaires que la régénération matérielle repose nécessairement sur la régénération intellectuelle et morale, qu'un vaste système d'éducation librement organisé doit faire prévaloir; que Tafifranchissetnent matériel du prolétariat et son incorporation à la société occidentale doivent reposer sur l'immense régénéra- ' tion intellectuelle et morale qu'institue le positivisme, qui seul, à l'abri de tout arbitraire^ et au nom des principes d'une morale démontrable, prescrit pour chaque situation sociale les devoirs relatifs aux diverses conditions personnelles. (1) J'extrais des notes de notre confrère M. Magnin, (continue l'auteur cité) et je publie, après l'avoir consulté, * le tableau ci-contre (A) contenant les différents devoirs relatifs à l'activité. (O. MoLlin, rapport sur le congrès de Bâle,)

(1) Les derniers événements ont prouvé surabondamment^ en effet, qu'il ne suffît pas d'avoir le tempérament révolutionnaire, mais quil faiit aussi en avoir la conscience et l'intelligence, seulement ' le cercle est vicieux ; il faut d'abord posséder Vinstruction intégrale pour tau»: et comment l'obtenir sans révolutions tumultueuses?

(A). Le Bonheur consiste dans le sentiment intime des avoirs accomplis, et dans la libre jouissance des avantages ïciaux qui résultent de l'accomplissement de ces devoirs.

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