Exposé des éléments constitutifs du système de la troisième écriture cunéiforme de Persépolis [Texte imprimé]
La troisième écriture cunéiforme, qui se trouve sur les monuments des rois achéménéens de la Perse, principalement à Persépolis, Behistun et Hamadan , appartient à la classe des écritures cunéiformes babyloniennes et assyriennes, que je désigne sous le nom d’araméennes.
Je ne m’occupe dans le présent ouvrage que de cette troisième écriture, que je traite relativement au système quelle présente de la permutation de ses lettres : fait que j explique par
AVANT-PROPOS.'
l'analogie que l’examen île la troisième écriture cunéiforme m’a fait découvrir entre le système de cette écriture et celui des hiéroglyphes phonétiques de l’Egypte.
Le système de lecture que j’adopte est basé sur le résultat que j’ai obtenu de l’identité qui existe, à peu d’exceptions près (conséquences des modifications qu’un système égal phonétique dans les écritures araméenne et persane aurait subi par le développement plus régulier des principes de cette dernière écriture), entre l’orthographe des noms propres de personnes de la première écriture persane, avec ceux de la troisième écriture araméenne qui se rencontrent simultanément sur les monuments de Persépolis, et d’autres lieux soumis aux rois achéménéens de la Perse.
J’ai adopté cette méthode comme se trouvant constatée par l’harmonie entre l’orthographe du nom Xerxès dans la première et la troisième écriture cunéiforme, avec celle que présentent les caractères hiérogly phiques phonétiques ; et l’obstacle qui résultait dans ce nom propre pour la troisième écriture, d’une lettre paraissant superflue, n’existe plus; vu la confirmation que j’ai
AVANT-PROPOS
acquise à l’aide (les inscriptions identiques, sur 1 exacte valeur de cette lettre quand, par la ligature des signes, elle se montre comme amalgamée dans la prononciation de la lettre suivante, et formant avec elle un seul son.
La langue qui se trouve représentée par la troisième écriture cunéiforme de Persépolis, entre décidément dans le cadre des langues sémitiques : conviction que j’avais énoncée dans mon Essai de déchiffrement de l'écriture assyrienne , d après des conclusions historiques. Ces vues se trouvent confirmées par l’analyse philologique, qui montre, pour la langue de la troisième écriture cunéiforme, les rapports les plus précis avec l’hébreu, l’arabe, et principalement, ainsi que je lavais déclaré apparent, avec le chaldéen. Je ne saurais considérer comme élément étranger à ce principe sémitique, le copte (particulièrement saïdique), qui présente pour la troisième écriture des analogies très-prononcées : comme la séparation entre cette langue et les langues sémitiques disparait de plus en plus de nos jours par les progrès de la philologie.
La suite de mes publications sur la troisième
AVANT- PROPOS
écriture cunéiforme, qui présente, ainsi que je l ai démoutré dans mon Essai, l’unique moyen pour arriver au déchiffrement des écritures analogues de Babylone et d’Assyrie, comprendra la table alphabétique des signes équivalents et l’analyse des inscriptions : travaux pour lesquels j’ai une grande partie des matériaux prêts.
C’est à l’avenir de perfectionner le système que je propose : mais je réclame le mérite de l’avoir reconnu et exposé dans un travail qui demandait quelque constance.
Je serai heureux s’il satisfait les hommes éminents qui ont accueilli avec bonté mes recherches sur ce sujet : qu’il me soit permis surtout d’exprimer à Sou Excellence M. Guizot mon humble gratitude, pour m’avoir permis de placer sous l’égide de son Nom, le premier écrit (pie j’ai publié sur cette matière, suffrage qui m’a encouragé à persévérer dans mes efforts.
DE l’EHSÉPOLIS.
L'étude des inscriptions cunéiformes vient de faire un pas important par le travail si longtemps attendu du major Ravvlinson sur l’inscription persane cunéiforme de Behistun , publié dans le dixième volume du Journal de la Société asiatique de Londres.
Je laisse aux savants qui ont fait de la première écriture persépolitaine leur étude spéciale, le soin d’apprécier le mérite de cette remarquable traduction, œuvre dont l’intérêt, relativement aux recherches sur la troisième écriture de Persépolis, n’est, jusqu’à présent, qu’indirect, et ne s’y rattache qu’autantque la lecture exacte du persan exerce de l’influence sur colle de l’assyrien , objet de mes recherches.
La supériorité du travail du major Rawlinson sur ceux de tous ses devanciers paraît incontestable, son admirable talent ayant pu s’exercer sur leurs efforts combinés, autant que sur des matériaux plus riches.
Il serait, en effet, étrange de voir les recherches du savant voyageur exhiber une parenté , à quelques modifications près , si intime avec la dernière publication de M. Lassen, qui combine les résultats de ses propres travaux avec ceux de Grotefcnd et de Burnouf, et de ne reconnaître dans l'alphabet de M. Rawlinson
que l’effet de poursuites indépendantes, depuis les signes dans les noms de Persépolis et de Hamadan jusqu’à ceux tirés des peuples tributaires sur l’épitaphe de Nakshi-Roustam ; d’autre part, le profit qui est résulté pour M. Hawlinson du fonds inépuisable des tables de Behistun, réservées p.our lui seul, est évident.
Ces observations pourraient paraître gratuites de ma part, si tous ceux qui s’occupent du déchiffrement des autres écritures cunéiformes ne se trouvaient, comme moi-méme, entravés dans leurs recherches par le manque de matériaux que l’on sait exister, mais dont un seul conserve le monopole.
M. Hawlinson a, durant nombre d’années, interdit au public savant la vue des trésors dont il s’était réservé de faire un usage si utile à su gloire. À plus forte raison , il exerce ses droits sur les inscriptions de la troisième écriture cunéiforme qui possèdent tout l'attrait delà nouveauté.
C’est donc s’exposer à une défaite , (pie d’énoncer un résultat quelconque obtenu à l’aide seulement de quinze à vingt noms propres , avant de connaître les formes de ceux que le rocher de Behistun a fourni à son intrépide explorateur’.
1 Les noms propres de personnes que j ai été à même de consulter pour mon déchiffrement sont ceux d’Oromasde, d’Hystaspe, de Darius, de Xerxès, d’Achéménès et de Cyrusjceuxde peuples sont Parta la (Perse), Madah (la Médie), Utcaka que le major ltawlinson lit en persan Uwaiha, en l’adoptant pour Susiana, et M. Lassen (Uicazâ j, l’expliquant par Cistia (région de la Susiane), puis Parsatca ( la Parthie ), Zoughou (Sogdiane), Zarak (la Drangiane), Ghadar (les (iandares), Sparda (Sparte, d’après M. Hawlinson); Yuna, J air an (la Grèce), (Jwarazmiya (les Chorasmiens) , Sataghusch (les Sattagydes -, Katpathuka (la Cappadoce), Arab, l’Arabie. En tout vingt noms , mais dont cinq a six tirés de la table des peuples de Nnkshi Houstam sont incomplets. Pour le reste des noms géographiques de cette table, la plus grande partie est presque entièrement effacée, et d’autres qui sont complets présentent des appellations nullement en harmonie avec les noms persans :
DE PERSÉP0L1S.
Je sens tout l'inconvénient d'une publication précipitée; mais je crois la circonspection incompatible avec la science, qui ne connaît qu’une loi : celle d’arriver à. la solution la plus prompte de la question qu’elle agite , sans égard à la satisfaction personnelle de ceux qui s’y vouent. Les mêmes sentiments qui m’ont guidé lors de mon premier travail sur cette matière , je les conserve ; je sais que je ne puis me montrer infaillible; que, de plus, la publication m’expose à livrer, à quiconque veut récolter sans avoir semé, les matériaux encore inachevés d’un travail pénible etassidu ; mais je poursuivrai mou but: celui d’être, selon mes moyens, aussi utile que possible dans la tâche que j’ai une fois entreprise.
J’ai publié, en 1845, un opuscule' où, le premier, j’ai énoncé l’analogie reconnue par moi entre l’écriture assyrienne du monument de Khorsabad avec la troisième écriture «le Persépolis; en
ce sont celles des pays habités par les peuples sémitiques; j'ai donc été à même d’apprécier pour ces derniers la remarque si judicieuse de M. Holtznuinn dans Beytrœge zur Erklœrung der persischen Keilinschriften ( 1845 , page 13), qui énonce l’opinion que les noms géographiques ne peuvent servir de base aussi précise pour le déchiffrement, que les noms propres de personnes.
Les noms propres de personnes sur lesquels le major Hawlinson, grùcc au monument de Behistun , est à même d’étendre ses recherches , et qu'il indique dons son mémoire, page '29, sont : Smerdis, Artystone, Artaxerxes, Gomates, Magus, Atrines, Naditabirus, Nabochodrossor, Nabonidus, Pbraortes, Xalhrides, Cyaxares, Martius, Omanes, Sitratachmes , Veisdates , Aracus, Phraates. Or, il dispose à peu près du double des noms qui m’ont servi pour mon déchiffrement , et qui , comme publiés, doiveut lui être connus. J’ai été surpris de ne voir énoncer ù ce savant, parmi. les noms des peuples, que la Perse, la Susiane et la Margianc, et de voir Baby lone omis, quoique reparaissant dans deux ou trois de ses inscriptions détachées. J’aurais désiré être du moins certain de l’existence de ce nom sur d’autres inscriptions que celle de Nakshi Boustam, où je suppose que le nom que je lis Krek («Êrccl?) (Irak) signifie Babylonc.
' Essai de déchiffrement de récriture assyrienne pour servir à l’ explication du monument de Khorsabad. Paris, 1845.
même temps je me suis prononcé sur le caractère sémitique de la langue de ces inscriptions. Je n’avais alors été à même de consulter que les courtes inscriptions de Niebuhr qui, néanmoins, ont suffi pour me démontrer la similitude des rapports entre les deux écritures. Un travail constant sur cette matière , pour laquelle j’ai rassemblé successivement tous les matériaux accessibles, depuis les fragments publiés par Chardin et Kæmpfer jusqu’aux dessins si exacts de Westergaard , auxquels viennent de s’unir récemment des inscriptions identiques', bienfait que le monde savant doit à l’intelligence et aux efforts persévérants de M. Lottin de Laval : ce travail m’a donné la confirmation du système exposé dans mon Essai , tout en reconnaissant ses imperfections. J’ai dû changer mes vues sur l’analogie que, d’après des hommes éminents . j’avais adoptées entre l’assyrien et le caractère carré des Hébreux; Elle n’existe point, et les résultats obtenus à l’aide de cette méthode se trouvent remplacés dans le présent ouvrage par 'le principe de l’identité presque complète entre la forme des noms propres du persan et de la troisième écriture.
Mais, tout en adoptant ce changement relatif à mon premier déchiffrement, je conserve les principes sur lesquels j’avais basé mon système général , et je laisse aux savants compétents à juger
1 Le procédé que M. Lottin de Laval a trouvé pour la reproduction identique des monuments, que leur volume, l'éloignement ou d'autres causes ne rendent point susceptibles de transport, est l'une des découvertes modernes les plus importantes. L'obstacle , que le doute sur la fidélité des copies opposait aux progrès du savant et de l'artiste , n existe plus, grâce à cet ingénieux procédé, qui est aussi inappréciable pour la paléographie, que pour d'autres branches des recherches historiques. — M. Lottin de Laval joint, de plus, au mérite de l’invention celui d'un choix judicieux dans l’application ; sa collection , qui réunit les représentations de peuples de race différente tels que les Persans et Assyriens, promet des résultats précieux pour l'ethnologie.
Dfc PËRSÉP0L1S. 13
si les inotlifications que j’y apporte me méritent leur indulgence.
. J’ai énoncé que le travail principal, publié par le major Rawlinson sur l’inscription persane de Behistun , ne se rattache qu’indirectement aux investigations sur l’écriture assyrienne. Une partie du mémoire qui accompagne sa traduction est cependant plus particuliérement affectée à cette dernière écriture. Dans le second chapitre du Memoir on cnneiform inscriptions (Londres, 1846), l’auteur émet ses vues ' sur ce qu’il nomme , génériquement parlant, les écritures cunéiformes compliquées, qu’il soumet à la classification suivante.
Il les sépare (page 28) en trois groupes principaux : en babylonienne, assyrienne et élyméenne; puis subdivise ces deux premières : la babylonienne en babylonienne primitive et en bafnylonienne achéménéenne; et l’autre. Y assyrienne, en assyrienne mède et en assyrienne (propre).
t Je ne saurais suivre l’auteur dans cette classification systématique qui me paraît prématurée. Un système précis ne peut être établi dans une science qu’autant qu’il repose sur des bases positives , qui le rendent immuable : puisqu’à leur défaut de semblables tentatives n’aboutissent qu’à une nomenclature que tout investigateur qui survient se croit en droit de réformer d’après des découvertes plus récentes. Dans l’état actuel de l’étude des inscriptions cunéiformes compliquées, toute recherche au delà de celle des analogies entre plusieurs lettres des différents alphabets me semble inopportune. Cette dernière méthode, appliquée avec précision , et sans autres modifications que celles
' Raiclinson's Memoir, pages 20 à 32.
TROISIEME ECRITURE CUNEIFORME
justifiées par la transition distincte des formes', ne nous montre dans les classes nommées par le major Rawlinson babyloniennes et assyriennes , que des analogies réparties indistinctement dans les différentes écritures, sans s’attacher de préférence, ou à un degré égal à l’une ou à l’autre; d’autre part, le fait suivant, rapporté par l’auteur même de cette classification , prouve dans l’application plus étendue que je crois pouvoir donner k ce fait, qu’a la difficulté causée par le nombre limité et la disposition des analogies entre les lettres des différentes écritures s’allie celle de leur manque complet dans d’autres. C’est cette dernière particularité qui se trouve énoncée par le major Rawlinson , comme il reconnaît (page 25) « que certains caractères existent k Van, qui ne se retrouvent point k Khorsaliad, et vice versa ; » observation qui , j’en suis convaincu , s’applique également aux deux subdivisions qu’il nomme babyloniennes : aussi bien , dans leurs rapports réciproques que dans ceux avec l’écriture de Khorsabad .
Ces circonstances combinées me semblent démontrer l’impossibilité de fixer, pour le moment, le degré de parenté entre les classes variées que présentent les écritures cunéiformes babyloniennes et assyriennes. On ne saurait méconnaître l’incertitude qui résulte autant de la distribution inégale dans les analogies de leurs signes, que de la variété qui naît du manque de la présence simultanée de ces
1 J’ai reconnu dans mon Estai de pareilles transitions de la forme des caractères de Khorsabad avec ceux de la troisième écriture de Persépolis : comme celles résultant de modifications évidentes et régulières dans la disposition , la longueur et le contact des pointes , puis du changement entre triangles et rectangles. J'en trouve une nouvelle confirmation dans le beau dessin de M. Texier, de la table de Van (Voyez Description de l’Arménie, etc., pl. 39) , où la troisième écriture se rapproche d’une manière sensible de celle de Khorsabad ; et telle , que la représentation de Schulz de cette même inscription iJottmal asiat., 1840, pl. II , n° xi) n'aurait pu le faire présumer.
signes dans des écritures que l’un suppose plus intimement liées : effets que j’attribue dans le principe à notre ignorance sur la plupart de ces traits accessoires , de ces unions syllabiques et de ces transitions de forme , dont j’ai signalé l’existence dans mon Essai, entre les lettres de Khorsabadet de Persépolis. Je ne saurais donc admettre , pour le moment, d’autre classification que celle résultant d’indices précis géographiques, ou sanctionnée par l'habitude.
Or, personne ne voudrait contester à l’auteur du mémoire de Behistun le droit de conserver le nom de babylonienne k l’écri-
turc sur les cylindres, briques, et sur la grande inscription, publiée par la Compagnie des Indes orientales en 1 803 , trouvée sur les ruines de Babylone ; tout aussi peu que l’on révoquerait en doute l’k-propos du nom d’assyrienne pour l’écriture de Khorsabad, près de l’ancienne Ninive. Mais, quand il s’agit d’appliquer de préférence k l’une ou k l’autre de ces deux classes principales la troisième écriture, qui se rencontre comme un élément étranger au site , sur les inscriptions trilingues des rois de la dynastie achéménéentte k Persépolis , ou dans les provinces dépendantes de la Perse sous leur règne , la désignation définitive d’écriture babylonienne aehéménéenne , adoptée par le major Rawlinson , ne me paraît admissible qu’autant que l’appellation de babylonienne, comme mère supposée de toutes les écritures cunéiformes, se trouverait rattachée k chacune de ses filles en particulier. Ce principe général excepté , nous devons attendre les travaux spéciaux de M. Rawlinson sur cette matière , avant de nous fixer sur des rapports plus intimes de la troisième écriture de Persépolis avec le babylonien qu’avec l’assyrien.
Quelque analogue, et même identique que soit la troisième écriture de Persépolis avec celle de quelques fragments d’in-
scriptions trouvées par Rich k Babylone mais qui diffèrent essentiellement d’avec les briques et les grandes inscriptions de Babylone , comme celle mentionnée de la Compagnie des Indes orientales ; quelque rapproché que paraisse l’assyrien des in- , scriptions de Ninive et de Khorsabad , de l’écriture de la plupart de celles de Van , que le major Rawlinson nomme médo-assyrienne , je crois que l’incertitude qui règne encore sur les langues conservées dans ces différentes classes d’écritures, nous impose la plus grande réserve , afin de ne point appliquer des dénominations basées sur des suppositions que la réalité reconnue par la suite k l’aide de la philologie pourrait complètement altérer 1 . Je n’chtrerai donc pas pour le moment dans un examen quelconque des différentes divisions que le major Rawlinson comprend sous le nom d'écritures cunéiformes compliquées : je me borne, relativement k cette matière, d’adopter le principe que les analogies, quoique partielles, répandues parmi toutes ces écritures, donnent l’espoir d’arriver, k l’aide de combinaison , par la connaissance complète de l’une d’elles, au déchiffrement des autres.
Pour arriver k ce but, il me paraît le plus naturel d’appliquer l’investigation (ainsi que je l’avais déjk tenté dans mon Essai), en
1 La lecture de ces fragments ( Rich, Babylon and Persepolis, pl. 8) seule peut nous apprendre s'ils datent du règne des Ackéménides , ou s’ils précè- • dent cette ère.
’ Je ue citerai que la seconde écriture de Persépolis déchiffrée par M. N. L. Westergaard , dans son mémoire : On the deciphering of the second achœmenian or médian species of arrowheaded writing ( Mem . des Anliq.du Nord), ouvrage d’un mérite que, selon moi , la suite confirmera. La langue qui parait résulter, d’après les ingénieuses recherches de ce savant , des éléments de cette écriture, ne s'applique aucunement aux dialectes japhétiques, parmi lesquels la branche de Madai occupe une place si distincte; des résultats pareils pourraient donc se présenter aussi bien pour d’autres écritures indéchiffrées jusqu’à présent.
DE l’ERSEPOLIS.
la limitant uniquement à la troisième écriture «le Persé polis , celle que le major Rawlinson nomme babylonienne achéménécnne. , mais qui, jusqu’à ce jour, avait été désignée par le nom d’écriture assyrienne.
D’après l’opinion que je viens d’énoncer sur l’inopportunité d’une classification précise, je crois devoir recommander, dans l’état actuel des nos connaissances , de conserver à la troisième écriture des inscriptions trilingues, ce nom d 'assyrienne, sous lequel les anciens semblent avoir compris généralement l’écriture cunéiforme, comme étant le plus naturel et celui sanctionné par l’usage. Quant à moi, je continue dans mes recherches d’indiquer par ce nom énoncé par le père de l’histoire', la troisième des écritures cunéiformes , celle qui fut choisie pour nous conserver la langue des peuples sémitiques soumis au sceptre des Achéménides; en y joignant, plutôt que le nom historique d’ochéménéenne, employé par M. Westergaard, simplement la désignation géographique de persépolitaine , que l’usage nous a rendu familier.
Je me permets seulement de substituer, pour les écritures babyloniennes et assyriennes, à la désignation d'écritures cunéiformes compliquées , dont se sert le major Rawlinson, et que je considère comme trop vague ( la seconde écriture de Persépolis , dite le mède, que ce savant en exclut, ayant, selon toute apparence , droit d’ètre classée dans ce même système), celle d’écnturcs araméennes, et je cite à l’appui de mon opinion le passage suivant du docte orientaliste Jahn :
« La langue que nous appelons araméenne . d’après les* témoignages que renferment les Rois, liv.II, ch, xvm , i 20. et Daniel,
1 Hérodote, liv. IV, vh . 87.
TROISIÈME ÉCRITURE CUNEIFORM K
ch. ii, y 4, tire son nom du pays d’Aram, où elle était autrefois en usage. Ce pays, qui occupait une immense superficie de terre et qui s’étendait de la mer Méditerranée à travers la Syrie et la Mésopotamie , au delà du Tigre . a dû nécessairement voir s'introduire dans sa langue plusieurs dialectes dont les deux principaux se sont conservés. Le premier, vulgairement appelé chaldéen , et mieux babylonien-assyrien ou araméen oriental, fut en usage dans la Babylonie assyrienne, cl aussi, après l’exil des Hébreux, dans la Judée; le second, le syrien , ou plutôt araméen occidental, était la langue dominante, non-seulement en Syrie, mais encore en Mésopotamie, et aussi, après l’exil des Hébreux, en Galilée'. »
Je trouve dans ce passage la confirmation des vues que j’avais émises dans mon Essai, d’après les mêmes autorités bibliques (voir notes R et T de Y Essai ) , ce que j’y exprimai , page 32 , dans les termes suivants : « C’est donc l’araméen que nous croyons la dénomination générique des langues de Bakylone et d’Assyrie, et que l’on désignait alors par le syriaque. »
Je comprends sous la désignation d 'araméennes toutes celles des écritures cunéiformes qui , vu le nombre multiplié de leurs caractères, me paraissent présenter plusieurs formes pour une
1 « Lingua, quam pro 2 Reg., 18, 26; Dan. 2, 4, Aramnicam dicimus, a regione Avarn, in qua olim viguit vernacula, nomen habet. Quæ regio quum latissimus esset terræ tractus, qui a mari Mcditerraneo per Syriam et Mesopotamiam ultra Tigrim procurreret, fieri non poluit quin lingua per bas terras in varias abiret dialeclicas , quarum duæ principales tulerunl ætatem. Prior vulgo - Chaldaica, rectius vero Babylonien Assyrica seu Aramaica orientais, olim in Babylonia Assyria, et post llebræorum exsilium in Juda;a ctiam fuit vernacula; posterior, Syriaca, seu potius Aramaica occidentales , non in sola Syria , sed etiam in Mesopotamia , et post exsilium in Galilæa quoque dominabatur. » (Joak.nis J aux Elementa Aramaica seu Chaldœo-Syriaeœ lingua. Viennæ, 1820, p. 1.)
I)K PKHSKPOLIS.
même voix ou une mémo articulation, niais qui, en môme temps, se distinguent par la présence simultanée de certaines lettres d’une forme distincte , qui se retrouvent dans ces différentes écritures mêlées à d’autres dont la forme {ta mît particulière à chacune d’elles. Le système qui réunit ces conditions est celui que j’appelle araméen , et dont l’origine se rattache aux langues des contrées îi l’ouest du Tigre. Je- ne saurais décider, vu l’incertitude sur la langue qu’elle représente, s’il faut admettre au nombre des écritures cunéiformes araméennes, la seconde des écritures de Persépolis, dite mède; mais je suppose qu’elle appartient à ce môme système ; comme , tout en montrant un nombre bien moins considérable de caractères ( quatre-vingt-deux . d’après M. Westergaard), ses lettres paraissent néanmoins sujettes à s’échanger mutuellement, et présentent dans leur valeur, telle que la font connaître les recherches de M. Westergaard, les analogies les plus prononcées avec celles de la troisième écriture. Quant à la première des écritures cunéiformes, le persan, dont l’alphabet se compose d’a peu près quarante lettres, il est naturel qu’elle ne saurait être comprise dans cette catégorie ( à part les conséquences tirées d’une origine commune) que par quiconque en méconnaît les premiers éléments'.
Je ne saurais me prononcer, pour le moment, d’une manière
' Voir les remarques sur les différences qui caractérisent la première et la troisième écriture cunéiforme de Persépolis, que j’ai adressées au savant et spirituel directeur de la Revue britannique , M. Amédéc Pichot ( Revue britannique, janvier 1847, papes 187 à 191), lors de son intéressante reproduction d'un article sur les inscriptions babyloniennes et assyriennes, publié dans le New-Mnnthly-Magazine, où lepéographe, M. Ajnswortb, avait pris la peine quelque peu inutile de déclarer la première écriture cunéiforme, la persane, comme nullement sujette aux transmutations réciproques avec les écritures nommées compliquées par le major Kawlinson.
précise sur le degré de. parenté entre ces différentes écritures. Il suffit de savoir que cette parenté existe . vu la preuve que nous en fournissent tant de lettres, de forme identique, répandues dans ces différentes écritures.
Je crois cependant devoir énoncer comme probable l'hypothèse suivante :
J’adopte ces trois écritures cunéiformes compliquées, la babylonienne, l’assyrienne et la troisième écriture de Persépolis comme se trouvant dans un degré de parenté qui rapprocherait la babylonienne autant de l’assyrienne que cette dernière de la troisième écriture de Persépolis; en les considérant composées des mômes signes primitifs . mais avec la différence que la plus récente de ces trois écritures, la troisième de Persépolis, aurait conservé , à peu d’exceptions près et dans un ordre inverse à celui de leur origine, la forme isolée, et par conséquent distincte , des lettres; tandis qu’elles se voient unies à Khorsabad dans des combinaisons syllabiques, et qu’elles ne se trouvent enfin dans le babylonien primitif des briques, que dans des groupes encore plus compliqués. Je pense pouvoir comparer ces modifications que je suppose, avec celles subies par le grec pour l’impression de ses caractères; depuis les groupes presque monogrammatiques du xvi* siècle et les combinaisons syllabiques qui les suivent, jusqu’à la méthode distincte en usage de nos jours, où chaque lettre se présente séparément'.
1 Dans le système établi par M. Grolefend {Anhang , Ueber die Vollkommenheit der crtten Art von Keilschrift) dans Mette Jteilrœge Hannover 1837, page 41, le célèbre savant énonce l'opinion que déjà la troisième écriture de Persépolis est plus parfaite que la plus récente des écritures babyloniennes; puisque, éloignant tous les traits d'union et ramenant les divers dessins des clous et angles à une seule forme, celle de la flèche, elle montre à peine la moitié des signes ( environ 130) comparée avec l'ancienne écriture babylonienne qui en compte environ 300.
DE PERSEPOLIS.
J'espère pouvoir confirmer par la suite, à l aide de l’application, l’hypothèse que je viens d’énoncer; mais, pour le moment, je considère cette question aussi inutile pour la science que délicate k traiter, et je ne crois pas de ma compétence de décider sur des matières dont on effleure k peine les éléments.
J’ai donc limité mes recherches k l’investigation spéciale d’une seule de ces écritures, la troisième de Persépolis, convaincu que la connaissance des autres écritures de la même classe , qui comprend encore celles que nous ont conservées les ruines de Babylone. de Ninive et de Khorsabad, dépend uniquement des résultats obtenus dans le déchiffrement de la troisième écriture de Persépolis. C’est elle qui se prête seule k des recherches positives , comme nous la trouvons reproduite conjointement avec deux écritures différentes, mais d’un sens identique; d’autant plus que la première de ces écritures, la persane, grâce aux efforts combinés de MM. Grotefknd. Burnouf, Lasse* et Rawlinson, ainsi que d’autres savants, se montre aujourd’hui dans un état de déchiffrement avancé et digne d’admiration*.
Quelqu’éteudue que soit la matière que je me réserve de traiter,
1 Si je ne nomme point l'illustre auteur de la Géographie de l’Aeie { Die Erdkunde von Asien ; parmi ceux auxquels nous devons la découverte des principes de l’écriture et de la langue de l’ancienne Perse, je dois cependant reconnaître que ce fut ce célèbre savant qui consacra cette même influence qu'il a exercée sur lelude des branches les plus importantes de la philologie, pour l’exacte appréciation des écritures cunéiformes , sous le rapport de leur application aux sciences historiques.
M. Rittkr. en employant dans son classique ouvrage ( Erdk ., vol. VI, !'• part.) les ressources qu’il sut tirer des déchiffrements de MM. Burnouf et Lassen pour la comparaison avec les notions géographiques de l'antiquité classique , et avec celles obtenues à l’aide du Zcnd, démontra d une manière pratique les résultats précieux qui se rattachent a la lecture des écritures cunéiformes , et que la suite a depuis pleinement confirmés.
je voue le présent écrit principalement à l’appréciation du phénomène philologique qui se présente dans les écritures cunéiformes araméennes , et qui résulte de l’existence de signes multipliés et complètement variés, pour l’expression d’un môme son ; comme l’application que je crois pouvoir donner à ce fait se rattache dans mon opinion aux résultats les plus marquants des découvertes scientiüques de nos jours.
J’aborde donc ce sujet important, et qui se présente comme
vital dans le déchiffrement des écritures cunéiformes araméennes ; sujet que le major Rawlinson a considéré comme tellement urgent, qu’il forme une des parties les plus marquantes de son mémoire sur Behistun : c’est la permutation des lettres dont ce savant reconnaît la haute importance pour ce qu’il nomme les écritures cunéiformes compliquées.
Le major Rawlinson énonce donc pour les écritures cunéiformes compliquées en général ce fait si apparent des changements des lettres, fait pour lequel je ne saurais suivre le docte auteur dans la sphère trop étendue et en partie étrangère à cette matière qu’il embrasse , et que je ne traiterai que relativement à l’écriture assyrienne de Persépolis, que M. Rawlinson désigne par babylonienne achéménéenne.
Une anomalie qui , selon lui , ne saurait manquer d’attirer à la première vue l’attention et d’exciter l’étonnement des orientalistes, résulte de la particularité que, tandis que tous les systèmes alphabétiques des Sémites qui nous soient connus , se distinguent , par leur rigueur et leur concision, l’écriture primitive lapidaire des mêmes races, ou du moins de races occupant les mêmes sites, soit au contraire établie sur une échelle d’une amplitude et d’un relâchement extraordinaires.
DK PER8ED0L1S.
En ce qui regarde en particulier l’alphabet babylonien (qui appartient, d’après la classification du major Rawlinson , h la partie même que je traite), le savant voyageur ne se dit point disposé à admettre l'existence de variantes réelles dans les caractères d’un même monument, excepté dans le cas où le changement, né d’une augmentation, d’un allongement ou d’une disposition purement capricieuse des signes, est évident et sans équivoque.
Le docte auteur du mémoire de Behistun attribue donc la grande diversité que l’on peut remarquer dans l’orthographe intérieure des noms ou des paroles, à l’une des quatre causes suivantes ou à toutes conjointement. Elles seraient :
« 1°. Que toute consonne possède deux formes qui la représentent comme une sourde (mule) ou comme une sonnante; de sorte qu’en exprimant une dissyllabe dans laquelle une pareille consonne serait médiale , on avait l’option d’employer l’une ou l’autre, ou les deux formes indistinctement.
« 2°. Les sons des voyelles étaient inhérentes dans les consonnes sonnantes (et peut-être aussi au commencement des sourdes); mais, pour une plus grande intelligibilité, il était permis de représenter les voyelles à volonté par des signes distincts.
« 3°. On introduisait fréquemment des consonnes superflues, sans autre objet, ainsi que le suppose M. Rawlinson , que celui de l’euphonie.
« 4°. L’organisation phonétique était tellement minutieuse et
achevée à un tel degré que , dans l’orthographe de noms (et particulièrement de noms étrangers), l’artiste était constamment
exposé à confondre les caractères, malgré que chaque forme était destinée à représenter un son distinct et particulier'.
Le major Rawlinson conclut en énonçant qu’il ne considère point ces variantes comme étant permutables d’une manière légitime; mais qu’il croit que leur emploi indifférent naît de la difficulté de distinguer les modifications mutuelles des pouvoirs phonétiques , qu’elles étaient destinées à représenter.
Telle est la méthode que le célèbre philologue adopte pour expliquer ces changements, qui frappent du premier abord l’investigateur des écritures babyloniennes et assyriennes, et qui l’embarrassent le plus dans ses progrès.
C’est donc ce fait de l’existence simultanée de différents caractères pour exprimer le môme son ou des sons analogues que je me propose d’examiner d’une manière pratique en lui donnant tous les développements que permettent les matériaux venus jusqu’ici à ma connaissance.
1 « I attribute the great diversity , which is observable in lhe internai orlography of names and words to one or ail lhe four following causes.
« Firstly. Each consonant possesscd two forais representing it as a mute, and as a sonant, so that in expressing a dissyllabe, in which such a consonant was médial, it was obtional to employ either one or the other, or both of these forms together.
« Secondly. The vowel sounds were inhérent in the sonant consonants (and perhaps also at the commencement of thé mutes ) , yet for greater perspicuity it was allowable to represenl the vowels al will by definitc signs.
« Thirdly. Redundant consonants were frequently introduced for no other purpose , as I conjecture , than thaï of euphony j and
« Fourthly. The phonetic organisation was so minute and clalmratc thaï , although each form was designed to represent a distinct and spécifie sound , yet in the ortography of names ( particuiarly foreign names ) the artist was perpetually liable to confound lhe charactcrs.
« 1 do not consider such variants to he legitimatcly interchangeable , but I believe their indiffèrent employment to nrise from the difficulty of distinguishing hetween the respective modifications of phonetic power, which they were intendet to represent. » ( ftatr limon’* Memoir, p. 30.)
1)E PERSÉPOMS.
Mais il est important pour l’exacte appréciation de la question que nous trouvons agitée par le major Rawlinson , de fournir au lecteur le moyen de juger par lui-même de la méthode et de l’étendue de ces permutations, telles qu’elles paraissent dans l’assyrien de Persépolis ; d’autant plus que les vues émises par ce savant sur cette matière , ne sont point accompagnées d’un • exposé quelconque des recherches sur lesquelles il doit nécessairement avoir fondé sa théorie.
I^es changements entre les lettres qui nous occupent se présentent, ainsi que je l’ai remarqué dans les notes publiées dans la Revue britannique , non-seulement pour les noms propres, mais encore pour des parties du texte qui ne se montrent point soumises à des modifications grammaticales.
Je commence par les noms propres, en choisissant celui d’OROMASDB, qui reparaît le plus fréquemment dans toutes les inscriptions trilingues.
Ce nom se trouve écrit dans les différentes inscriptions que je suis k même de consulter, de près de vingt manières différentes; mais je ne regarde qu’une partie des signes variés que ce nom et les autres noms que nous allons successivement examiner, présentent, comme résultant d’un changement complet dans la forme des lettres; j’attribue, au contraire, le plus grand nombre de ces variations seulement k des modifications dans les types identiques, et surtout k l’inexactitude de beaucoup de voyageurs dans leurs dessins; de sorte que je n’ai pu me servir avec confiance, pour l’examen de ces variations minutieuses, mais im-
portantes, que des inscriptions de Niebuhr', de Westergaard *, et en partie de celles de Schulz 1 * 3 * * et de Rich * ; et surtout des inscriptions identiques, que je dois à la complaisance de M. Lottin de Laval. Quant à Kæmpfer 3 , Le Brun 6 7 , Ker Porter *, MM. FlandinetCoste 8 , tout en reconnaissant l’utilité de leurs travaux, les lettres qu’ils représentent ne sont point toujours suffisamment distinctes pour ce but.
Je ne traite donc ici que des lettres dont les formes sont évidemment différentes, et non de celles qui ne varient que pour des détails de type. J’ai choisi , à cet effet, les exemples que je présente ; mais qui suffiront en môme temps pour donner au lecteur une idée générale des modifications dans les lettres de forme identique.
Le nom d’OROMASDE , écrit dans la première écriture de Per-
sépolis HMH a.u.r.m “ z.d. a., est rendu dans l’une des inscriptions de M. Westergaard, dans la troisième écriture cunéiforme , par Jj *f(J (ÿ 'TJ g-jp
a.h.u.r.m.a.z.d.a.; en montrant une analogie plus prononcée dans son orthographe avec le zend Ahura mazda , telle que l’indique M. Burnouf (dans son Mémoire sur deux inscriptions cunéiformes, p. 38), qu’avec le persan.
J’ai placé dans une môme colonne les noms dont les signes pré-
1 Voyage en Arabie. Amsterdam , 1776.
* Mém. de la Société royale des antiquaires du Nord. Copenhague , 1844.
* Journal asiatique, année 1840.
‘ flabylon and Persepolis. London , 1839.
* Amœnitatum exoticarum, etc., fasciculi V. Lemgoviæ, 1712.
* Voyage en Perse, par la Moscovie, etc. 1718.
7 Travels m Per sia , etc. London, 1821.
* Monuments de la Perse , etc. Paris, 1845.
DE PERSEPOLIS.
sentent les variations les plus marquantes, et que l’encadrement dont j’ai fait entourer les lettres rend plus faciles à distinguer ; en môme temps que l’absence des lettres , q uand elle a lieu , se trouve indiquée par une marque particulière [ <*> j .
Westergaard, lab. XIV, I. 1..
Rich, lab. XV, 1. 1 .. ...... .
Klandin , tab. LXXXVI, 1.10.
Le Brun, tab. CXXXI, 1. 1..
Westergaard , tab. XV, 1. 13..
Tf
MÜ
ub m m
Wiil
m Sali
æm
OSo
Le lecteur observera que la première lettre , le pf ] a , est constamment identique , excepté dans Le Brun ; mais que la seconde
et la troisième lettre , le | y h, et m u (l’ou allemand'),
sont remplacées dans plusieurs inscriptions par le signe
ayant la valeur d’un ou aspiré : or, hou. La quatrième lettre, le r, est représentée indifféremment par les signes m et m , niais
dans diverses modifications de type. La cinquième lettre, le m, ne montre qu’une seule forme *^j. Quant au sixième signe , il fait voir ou une combinaison syllabique de a et 3 , ou ne présente que l’une ou l’autre de ces deux lettres : comme ï>^ , il se montre composé de a et de ff z (le reproduisant une combinaison particulière de ces deux signes) ; tandis que dans quelques inscriptions (comparez Schulz, tab. vui, col. 3, 1. t , et Rich, tab. xxu, 1. 24)% on trouve seulement le premier de ces signes
* J’emploie généralement la lettre u pour rendre le ou (allemand) j l u (français) est désigné par «.
* Voir dans les ouvrages cités , ayant cru inutile de les reproduire.
exprimé. Le signe n est qu’une variation dans l'arrangement des pointes de ce môme signe » que je crois analogue avec
, qui se trouve constamment employé pour roi. Ces signes , pour l’a, sont remplacés dans l’inscription de Flandin, tab. lxxxvi, 1. 10, par le signe (avec la pointe du milieu plus courte que les deux autres), auquel j '«assigne la valeur d’une lettre mixte analogue à 2 . La lettre d ne présente qu’un seul type, étant constamment rendue dans le nom d’Oromasde par
mais
elle se rencontre sous une forme entièrement différente , dans une variante des plus remarquables de ce même nom , celle donnée par M. Flandin, pl. lxxxvi, 1. 10, où nous la voyons figurée par la forme si différente de la précédente. La dernière lettre a,
est pour la plupart ou exprimée par ïf], autre forme de , ou entièrement omise; mais dans le môme exemple que je cite de ce nom, donné par M. Flandin, nous trouvons en sa place le , employé plus haut pour hou, et qui représente ici
jpnrr
signe la lettre a.
Je ne m’arrête point au nom de HYSTASPE, en persan
ÏÏ
JL
SC
an
ïïNff
assyrien
T ïïfi
dans six exemples ne paraissant résulter que de différences immatérielles dans la forme des lettres; je remarque seulement que la première lettre (après la pointe [ | ' qui marque les noms
la valeur de la
des personnages royaux), le
ayant
sifflante ou d’une chuintante ( sch ), représente en môme temps une voyelle aspirée (’i) mais sous-entendue, comme en hébreu. J’appelle encore l’attention sur la dernière lettre, le p.
DE PERSÉP0U8. 29
comme nous retrouvons ce signe ou des signes d’une forme analogue représentant le k et t.
Le nom de DARIUS , en persan
d. a. r. yu. w. u. sch., et en assyrien, d’après une inscription de M.L. de Laval d. a. r. y. a. wusch,
ne diffère généralement que pour des délai s de type dans quinze variantes que j’ai trouvées de ce nom.
Le tableau suivant
NVestergaard , tab. XIII, I. I
Rich, lab. XV, 1.12.....
Scbuiz, tab. Vil , col. 3,1. 19
Scbuiz , tab. VIII , suite (C), 1. 22. . . .
Flandin, lab. XXVI bis, 1.19
Le Brun, tab. CXXXI, I. 9
CO
CO
Tï
ai
Tï
ri
(ta
aï
Tï
Tl
CVO
Tï
teü
Tï
Tï
nous montre la première lettre, le d (déjà, reconnu dans Oromasde), avec deux variations, £"] et 1^]]
qui ne paraissent néanmoins que des modifications de type. Le second signe , le a , est exprimé par | ^ , que j’ai adopté comme le h. H ( heh ) des Hébreux dans Ahurmazda, et qui ici représente le K {alcf) avec patac, ou bien il est tout à fait omis. Le môme signe reparaît encore comme « dans la cinquième lettre du nom de Darius; mais il est également omis dans quelques inscriptions. Le signe I | est remplacé dans un des exemples les plus remarquables de l’orthographe de ce nom , celui dans l’inscription de Scbuiz, tab. vm , 1. 22, par |^i, qui, dans toutes les
formes de ce nom , se trouve de môme que JjHJ comme partie de la dernière lettre m , employée pour marquer wusch. Cette union syllabique ne varie en sus que dans le type du FS , qui ,
dans Flandin. tab. xxvi, 1. 13, est représenté Cette même inscription que je viens de citer de Schulz , pour son orthographe toute particulière, remplace le r et (ce dernier signe
graissant d’un dessin indéterminé) par , dont la valeur générale est r et sch combinés, que j'exprime par un seul son, le r ( rsch ) slave; ainsi que le font connaître les noms v[ (le signe
placé devant chaque nom géographique indiquant province)
P^rs * , la Perse ( dans la première écriture Parsa), et ^ Parsïtva, la Parthie (en Persan,
JE
Tf
Tiï
Te 1
Tïï
g P^rs^ufi). L’emploi de dans ce dernier nom , comme wa, nous montre pour ce signe une troisième valeur, comme nous avons vu qu’il désigne hou dans ahourmadza , et que dans le nom de Darjaivusch, cité d’après Schulz (tab. vin,
Suite) , il remplace le ^ y ou J, et (cette dernière forme paraissant néanmoins une erreur dans Schulz , tab. vu, comme elle ne reparaît dans aucune autre inscription). C’est enfin dans un autre exemple du nom de Darius (Le Brun, tab. cxxxi) que nous trouvons le r ou rsch , représenté simultanément par les deux et que dans le nom d’Oromasde nous avons
signes
vu s’échanger mutuellement.
* Cette dernière forme ( voir les Monuments de la Perse, pl. XXVI, 1. 13. inscription de Hamadan ) nous indique la lecture distincte de cette ligature
gu, et de j ^ , qui, dans l in-
syllabique, composée de ^ uî, de scription de Nakshi Roustam , parait remplacer le Bfci ou j sch
Une des formes les plus remarquables de l’r, se présente dans le nom de Xkrxès, que je considère comme le plus important des noms propres en assyrien : son existence simultanée dans cette écriture, dans la persane et dans celle de l’Égypte , m’ayant paru présenter le point de départ le plus sûr pour le déchiffrement de l’assyrien.
Le nom de XERXÈS est en persan
k’h. sch. y. a. r.sch. a.; puis en hiéroglyphes phonétiques :
d’après Champollion le jeune ( Précis du syst. hier., tab. vu, n° t25) kh . sch. é. a. r. sch. a.; enfin en assyrien dans le fragment d’une inscription qui m’a été communiquée par M. Lottin de Laval ,
T MSH
clj. sch. ya.f. sch. (a). Le dernier signe a disparu sur le fragment, mais se trouve dans la plupart des différents exemples qui me sont connus de ce nom , et dont je reproduis ici les trois suivants, qui seuls montrent des changements distincts :
Westergaard , tab. XVI ,1.1. Westergaard , tab. XIII ,1.1.
Schulz, tab. II, n°xi, 1.10
<HW
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