‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 175 sur 178 · NOTA · texte numérisé non relu

NOTA

I y a trois ans que les premières pages de cette grammaire ont été livrées à Pimpression; pendant cet intervalle aucun document nouveau n’est venu modifier les règles que l’auteur avait exposées, et que son travail de chaque jour venait corroborer. Cependant il doit mentionner deux publications importantes. La première émane du British Museum: c’est le second volume des Inscriptions de l'Asie occidentale publiées par MM. Rawlinson et Norris. Ce volume offre ainsi soixante et dix planches nouvelles aux investigations des philologues. C’est un texte qui laisse deviner sans doute les progrès incessants des études des éditeurs, mais qui est insuffisant pour en constater la portée. La seconde publication est.due au docteur Hincks; elle s’est produite dans le Journal de la Société asiatique de Londres, nouvelle série, vol. Il, part. 11, en 1866 : elle comprend des fragments d’une grammaire que le savant irlandais préparait de son côté. La mort la frappé en laissant son œuvre inachevée. Ces fragments ne sont que la reproduction des théories que le D'Hincks avait déjà publiées dans le Journal de littérature sacrée de Burgess ; ils ne s’en distinguent que par des critiques, peu fondées selon nous, sur la traduction de inscription de Sargon publiée par MM. Oppert et Ménant dans le Journal de la Société asiatique en 1863. Quoi qu'il en soit, nous regrettons que l’éminent philologue qui avait fait faire un pas si considérable aux études assyriennes, en constatant la loi du syllabisme de lécriture anarienne, se soit plutôt préoccupé de répondre aux emitiques de détail contenues dans une note de M. Oppert que d'exposer une méthode d'ensemble à laquelle, pour notre part, nous eussions largement applaudi, et qui serait inévitablement sortie du public restreint auquel le savant irlandais semble avoir voulu exclusivement s'adresser.

Les traductions dont nous avons présenté des exemples dans notre seconde partie doivent suflire pour donner une idée de ce que Je n'hésite pas à appeler

le mouvement littéraire qui s’est produit jadis sur les bords du Tigre et de

l'Euphrate. Nous nous sommes cependant renfermé dans les limites d’une analyse purement grammaticale, dans le sens le plus élémentaire du mot; mais, qu'on ne l’oublie pas, rien n’est comparable à la quantité prodigieuse des inscriptions qui sont sorties des fouilles de la haute Asie. Ces inscriptions embrassent, non-seulement les renseignements les plus complets sur Fhistoire des rois dont nous ignorions jadis les noms, mais encore les données les plus étendues sur l’ensemble des connaissances de cette grande civilisation. Aussi, 11 faut bien le reconnaître, si avancés que nous soyons, nous sommes à peine au début des découvertes; car, si tous ces documents ne sont encore aujourd’hui que du domaine de la philologie pure; bientôt ils appartiendront à la httéra-

ture et à l’histoire.

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