‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 28 sur 178 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le mot qui sert à désigner les personnes et les choses devait, en assyrien, comme dans toutes les langues, représenter ce qu'on est convenu d'appeler des noms propres et des noms communs; il devait être susceptible d'exprimer le genre et le nombre, et on pouvait même se demander @ priori si ce mot ne devait pas subir des modifications par suite des relations qu'il soutient dans la phrase, soit avec des mots de la même espèce, soit avec les autres parties du discours.

Pour retrouver ces modifications de la langue, il a fallu d'abord pénétrer les mystères de l'écriture; or le système graphique anarien est à la fois idéographique et phonétique ; il en résulte nécessairement une différence dans l'application des lois qui régissent ces deux manières de rendre la pensée; aussi nous devons constater cette différence dès le début, car elle se rencontrera dans tout le cours de cette analyse.

L'écriture idéographique présente un phénomène qui n'est pas particulier à l’Assyrie. Nous savons, par l'exemple des peuples qui ont perpélué ce mode d'expression jusqu'à nos jours, tels que les Chinois et les Japonais, que l'écriture idéographique a l'avantage de se faire comprendre, abstraction faite de la langue qu'elle représente; aussi les traductions ariennes ont permis de comprendre quelques inscriptions assyriennes avant même d'avoir aucun renseignement sur lidiome dans lequel elles étaient conçues. IT devait en être ainsi : le

signe est, en ellet, une image de l'objet que lon veut faire connaître, et cette image, qui parle pour les yeux, est étrangère aux flexions de la langue. Lorsque les signes idéographiques sont les mêmes que ceux dont on se sert dans l'écriture phonétique, l'expression idéographique reste invariable; elle ne pourrait, d'ailleurs, exprimer une flexion quelconque sans éprouver une altération qui la rendrait méconnaissable : voilà pourquoi l'expression idéographique a facilité les premières recherches et a donné la clef des premières interprétations. Voyons donc maintenant ce qui résulte de lexpression idéographique des substantifs.

En assyrien cette expression se compose d’un ou de plusieurs signes. Quand elle se compose d’un signe unique c'est un monogramme presque toujours assez facile à saisir dans les textes. Les inscriptions trilingues ont donné la signification d’un grand nombre d'expressions de cette nature; nous en rappellerons quelques-unes:

Le signe >>] qui traduit le perse Baga, veut dire Dieu. = A \

—————— Del PACE NS: SL PDU DETENTE père.

DS ARR mA ANGES RESEMPLUTES MOT AMEN mère.

mm =, SIMNN TENTE pUth ras © a Suites fils.

F e: RUN TE NE NRC RUE ES brie; RUES frère.

re AR ge LUS LEO LARGE khsäyathiya. . . . oi.

La signification de ces différents caractères n'a jamais été douteuse : on la comprit dès les premières lectures, et on la traduisit avant de pouvoir la prononcer en assyrien, alors même que la nature de lidiome nouveau qu'on allait bientôt ressusciter était à peïne soupçonnée. Plus tard la comparaison des textes permit de saisir la même idée dans des passages identiques ou parallèles, exprimée tantôt idéographiquement, tantôt phonétiquement. On a ainsi trouvé que les monogrammes dont on connaissait déjà la signification se disaient :

Dieu. ee RE LOL 1e se PT

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