ET A
kb. r Cœur, Rb — ba — am. (225)
La théorie de M. Oppert, que nous venons d'exposer en empruntant. autant que nous l'avons pu, ses propres expressions, n'a pas soulevé de critiques sérieuses. M. Renan l'avait trouvée smeudière au premier coup d'œil, mais non impossible !, aujourd'hui elle est généralement admise. Cette théorie s'appuie en effet, en principe, sur de puissantes analogies; en fait, sur l'observation des formes primitives de Tidiome.
D'un côté, on sait que M. Munk avait déjà rapproché. depuis longtemps, les adverbes hébraïques en 0, tels que 2pr, op", axmx, om, et d'autres, des mots arabes en L conservés dans la langue vulgaire de nos jours, tels que, SL. , Fos. KG» : c'est sur ce principe que s ‘appuie la mimmation assyrienne.
D'un autre côté, l'orthographe nous apprend que, sur les plus anciens monuments, les terminaisons en am, tm, um, jouaient un rôle distinct
un
* Conf. Renan, Journal des Savants , avril 1859. p. 252.
du mot quelles modifiaient, car elles ne subissaient pas la loi rigoureuse du syllabisme, qui n'admet, dans le corps des mots, des syllabes à la consonne terminale qu'autant qu'elles peuvent se contracter avec la syllabe précédente. Nous lisons, en eflet, dans les inscriptions du roi Hammourabi, dont nous n'hésitons pas à porter le règne du xv° au xx° siècle avant notre ère ! :
(PARTIE &Fan 00 be
(ligne à)
A re ou ve
Su — mi — 1 : im;
(lignes 44, 90, 98, ee.)
landis que les inscriptions plus récentes nous donnent l'orthographe
PTE A7 La]
VS A te -< régulière :
a —0)ba — - un, = al Lé-- Su — mi — — im.
(Sargon , les Fastes, 1, 143.)
Di
Poursuivons toutefois la théorie de M. Oppert, car elle va nous conduire aux formes qui caractérisent l'état emphatique, que nous renconlrons en assyrien comme dans les langues araméennes.
Les nuances de la mimmation, ajoute-t-1l, s'altérèrent bientôt à cause de la proximité des sons de le et du », qui sont rendus par les mêmes caractères. Plus tard, à une époque historique qu'il est impossible et inutile de préciser, la mimmation disparut complétement de certaines branches des langues sémitiques. En hébreu, elle fut remplacée par l'article; dans les idiomes araméens, elle produisit l'état emphatique, en supprimant la partie du discours que nous venons de citer; en arabe littéral, elle se maintnt sous la forme de la nunnation, concurremment
Conf. Inseription de Hammourabr, roi de Babylone, p. 33.
avec l’article suivi de la désinence emphatique; en arabe vulgaire elle disparut avec l’état emphatique, pour laisser le champ libre à l’article, en sorte que cet idiome observa, à cet égard, strictement les règles de la langue hébraïque.
Nous n'avons pas besoin de diriger l'attention du lecteur sur l'identité absolue des formes assyriennes se terminant par w, a, 1, avec les désinences arabes en dhamma, fatha, kesra, comme avec l'état emphatique araméen !.
Tel est le complément de la théorie de M. Oppert sur l’état emphatique et la mimmation; il en résulte que les langues sémitiques présentent deux manières de faire comprendre que le substantif est pris dans un sens déterminé: cet état est indiqué, en hébreu, par Particle, en araméen, par l’état emphatique; l'assyrien a suivi, dans ce cas, les formes araméennes.
M. de Saulcy avait cru voir, dans ses premières recherches?, un article dans le signe TŸ, qu'il traduisait, dans certaines circonstances, par le ou la. Plus tard, sir H. Rawlinson avait également soupconné lexistence d’un article défini dans les inscriptions assyro-babyloniennes #; mais ces hypothèses ne se sont pas confirmées, et il est demeuré constant que l’assyrien n'avait pas d'article.
. Ces observations sur l’état emphatique nous permettent maintenant de compléter ce que nous avons à dire sur les substantifs.
De même que les substantifs présentent, au simgulier, deux états, l’état simple et l’état emphatique, le pluriel connaît également ces deux états. On peut poser en règle générale que les substantifs masculins, qui ont le pluriel en t à l’état simple, forment le pluriel emphatique
1 Éléments de la grammaire assyrienne , n° 38,99, 4o. Extrait du Journal asiatique, (1860).
? Traduction de l'inscription assyrienne de Bisitoun, 1. 72. Extrait du Journal asiatique (1854).
* On the. inscriptions of Assyria and Babylonia, dans le Journal of the Royal, Asratie
Society, vol. XIL, part. n, p. 410 (1850).
* Conf. Oppert, Jnscripl. de Borsippa, extrait du Journal asiatique de 1857, p. 19.
— Éléments de la grammaire assyrienne , n° 25. Extrait du Journal asiatique (1860).
— Hincks; On the polyphony of the assyrobabylonian cuneiform writing , p. 2h. from
the Atlantis, vol. IV (Dublin 1863).
en änu, âna, äm. La terminaison à est la plus fréquemment usitée; quelquefois même elle est réduite à la terminaison an.
Singulier : <CATOT< GT
44 4>— sar — Tu, «roi ;» (592) pa Pluriel simple : DL | nl Y PIe : 44< 4 sar — r, «rois ;”
Pluriel emphatique : DATE = y ] FX »>7—
sar ra — à — nu, PA LER cf Per 444>— DT sar — ra — à — mi, en Sn Qi ee 44< F
sar à — na.
Singulier : DROTT
nt MT NU «rebelle;» (233)
Pluriel simple : TS (En "] li — ri,
na