FRERES
su nu -- Ü — va.
nai (W..A. IL. t.1, pl. 48, n. 1.)
Les passages dans lesquels on énumère le butin après la victoire sont très-nombreux; je citerai par exemple le dénombrement du butin pris par Sennachérib sur les Araméens, après la bataille qui lui assura la possession de Babylone et de la Chaldée.
H enleva, dit-il, pour les transporter en Assyrie :
Te rt EMILE Se TT. Ce MON
Deux cent huit mille individus, males et femelles; sept mille deux ET x Eee, CETTE TES cents chevaux, mulets (ou ânes); onze mille cent TT CE EC CRE TK trois mules ; cinq mille deux cent trente chameaux vingt : >.
TH EE Ke: ME MIN EN mille cent bœufs; huit cent mille six cents moutons.
{Cylindre de Bellino, publié par Grotefen(d 1. 17. — Id, ibid. publié par Layard , pl. 63.)
Ces chiffres sont aussi faciles à lire et à comprendre dans les textes assyrlens que dans les textes arméniaques et susiens, où nous voyons, par exemple à Van, dans l’'énumération des offrandes offertes à différentes divinités : |
FE KT ET Te PEU
dix-sept bœufs, trente-quatre moutons au dieu Haldie. (Schulz, pl. 4, n° xvu. 1. 4.)
Et à Suse :
PCT Ne 7
deux mille cinq cent cinquante-cinq ......
MAGIE VTT Tale KT
deux mille quatre cent soïxante-cinq .....
(Loftus, pl. 13, 1. 32, 33.)
Maintenant que nous connaissons le système de l'antique numération dans la haute Asie et sa notation graphique, 1 s'agit d’en étudier l’'expression phonétique assyrienne et les flexions que lui impose la langue.
Les noms de nombre sont, en assyrien comme dans tous les idiomes, de véritables adjectifs, et, comme tels, susceptibles des modifications grammaticales que leur état comporte, c’est-à-dire qu'ils sont modifiés par la différence des genres, et qu'ils peuvent être pris à l’état simple ou à l’état emphatique. On comprend suffisamment, du reste, que la forme phonétique soit seule capable de nous donner toutes ces flexions; des travaux déjà nombreux ont été faits pour la déterminer; malheureusement les inscriptions historiques ne renferment pas, en général, la transcription des noms de nombre, aussi on en a trouvé très-peu d'exemples. Cependant ce que nous en connaissons déjà nous suffit pour aflirmer que ces noms ne s’écartent pas des formes sémitiques les plus pures, et que, si la série offre encore des lacunes, on pourra être certain de reconnaître, à leur articulation seule, les mots qui doivent la compléter.
Le nombre un a été signalé dès les premières investigations dans les inscriptions trilmgues, il se dit ENTRE (sun). M. Oppert remarque
que cette forme ! rend compte d’un mot qui restait inexpliqué jusqu'ici. En effet, l’assyrien istin est le radical de l'expression hébraïque «onze, » D puy?
Le docteur Hincks avait cru reconnaitre ce nombre avec le déterminatif du genre féminin dans le groupe Ye 7 4] >—«; c'était une erreur. M. Oppert en a donné la véritable forme d’après un syllabaire : il se dit @ T4 (it). Nous trouvons ce nombre écrit avec l'idéogramme suivi du complément phonétique mdicatif du genre, dans le texte de Bisitoun : .
masc. Y >—TT TER: Ï = 4]
istin, jhit.
(Bisit. 1. 19.)
Le nombre deux a été donné par sir H. Rawlinson d’après une tablette du Musée britannique.
Le nombre trois se trouve dans le prisme de Sennachérib, où il a été remarqué par tous les savants qui ont étudié ce document.
Le nombre quatre figure dans plusieurs passages des inscriptions de Sennachérib et de Sargon, et notamment dans une formule qu'on rencontre dans les titres des plus anciens rois de Babylone.
Le docteur Hineks a publié, dans la Literary Gazette d'avril 1854, la forme phonétique des nombres 1,3, 4, 10 *, Sir H. Rawlinson, vers la même époque, dans son Esquisse de l'antique histoire d'Assyrieÿ, présente quelques noms de nombre qu'il a découverts par l'observation des curieuses tablettes de Ninive. On sait que ces tablettes renferment, comme pour les autres idéogrammes, l'articulation phonétique à côté de la forme idéographique; elles nous fournissent d'abord la transcription des nombres 2, 4,6, 8, puis des nombres supérieurs; le nombre g est encore inconnu.
! Voyez le fragment de l'Inscription d’Ar- * Conf. Rawlinson, Early history of Ba-
taxerxès, rapporté par M. L. de Laval, et bylonia, dans le Journal of the Royal Asiatic publié par M. de Saulcy dans son Mémoire society, 1855, vol. XV, part. Il, p. 218.
du 27 novembre 1849, p. 57. 5 Conf. Hincks, On «a Tablet in the British * Oppert, Éléments de la grammaire ussy- Museum, dans les Transactions of the Royal rienne ; P. 32, n° 93. Frish academy, vol. XXIT, p. 3°.
* Oppert, Exp. scient. en Mes.t. IF, p.205.
Au delà de 10, dans la seconde décade, nous ne connaissons que la forme du nombre 15.
Le nombre 20 est très-remarquable, car ce nombre est formé, suivant l'usage sémitique, du nombre dix et non pas du nombre deux.
Les autres dizaines peuvent être formées par analogie sur les unités. Il n’y a encore de constaté que les nombres quarante et cinquante, signalés la première fois par sir H. Rawlinson, et ces deux nombres ont donné le principe de fa formation des autres dizaines.
Le nombre soixante est exprimé par le groupe ET er | Et (sussu), sans que cette forme puisse être cependant considérée comme l’expression phonétique du chiffre. Le docteur Hincks donne également l'expression du nombre 70, mais les nombres 80 et 90 n'ont pas-encore été déterminés.
Le chiffre cent = représente aussi bien l’expression phonétique que l'expression idéographique de l'idée qu'il traduit; quant au nombre mille nous en donnons l'expression phonétique à titre d’hypothèse trèsprobable, mais qui n’a pas encore été vérifiée.
M. Oppert a dressé une liste de la nomenclature des chiffres assyriens, en indiquant, dans une transcription en caractères hébraïques, l'articulation qu'ils doivent avoir, suivant qu'on les considère à l'état simple ou à l’état emphatique. Nous nous bornons à donner ici ceux qui ont été constatés dans les inscriptions, en les mettant en présence de la forme hébraïque correspondante.