‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 6 sur 178 · PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LECTURE · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LECTURE

syrienne des groupes de cette nature nous est indiquée par la comparaison des passages identiques ou parallèles qui renferment la même idée exprimée sous ces deux formes.

Un signe isolé qui représente à lui seul une idée est un monopramme. Quelquefois il est aphone devant ou après un mot dont il détermine l’espèce ou le genre.

La puissance de la valeur idéographique des signes s'étend souvent à un groupe de deux ou plusieurs caractères; le son syllabique que chaque signe présente s’efface alors pour laisser à l’ensemble l'articulation de l'idée qu'il représente. On est convenu de donner à ces groupes le nom d'idéoprammes.

Certains groupes nous présentent des mots appartenant à une langue qui nous est encore inconnue, et qui ont été transportés en assyrien avec le système graphique anarien, pour exprimer une idée, sans avoir conservé leur articulation primitive. J'ai désigné ces groupes sous le nom d'allophones': ce sont, en réalité, de véritables idéogrammes.

On exprime également, dans les transcriptions, les groupes idéo- Sraphiques ou allophones par les caractères latins, soit en transcrivant chaque signe avec sa valeur phonétique, mais en l'écrivant en caractères italiques majuscules, pour avertir que le groupe ne doit pas être prononcé avec la valeur phonétique des signes; soit en écrivant son articulation assyrienne sous le groupe idéographique sans en séparer les syllabes, pour faire comprendre que l'articulation appartient à l'ensemble tout entier. Ainsi l'expression 4x sur ur indique un groupe idéographique composé des signes an, sur et ut, mais qui ne doit pas être ainsi articulé: on sait qu'il se prononce Marduk. Le groupe 4 zum est l'expression allophone de l'idée qui se dit dannu en assyrien.

Les complications de l'écriture anarienne ont amené des difficultés inouies dans la reconstruction de ce système, où on rencontrait à chaque pas des formes, des usages, qui s'éloignent si étrangement de tous Îles autres. Mais ce n’est pas tout; il ne suffisait pas de reconnaître ou de surmonter ces difficultés, on éprouva un nouvel embarras quand il

* Conf. Inscriptions de Hammourabi, traduites et publiées avec un commentaire à l’appur,

p. 27. Paris, 1863.

a fallu transcrire ces signes à l’aide de caractères connus. En eflet, s'agit-il de donner une idée du génie de la langue assyrienne ? — Gette langue, qui appartient à la famille des langues sémitiques, s'exprime aisément à l'aide des caractères sémitiques, et les difficultés qui naissent de l'écriture disparaissent en passant par cette transcription; nfais alors on ne rend pas toujours les caractères qu'on a sous les yeux, et les philologues, étrangers à ces études, auxquels on fait part de ces découvertes, après avoir accepté le mot dans sa forme sémitique, le cherchent en vain dans le texte où il se cache sous des caractères qui ne paraissent plus répondre à cette transcription.

S'agit-il, au contraire, de transcrire les signes de cette écriture, et de suivre leur succession dans le texte? — Les caractères phonétiques assyriens, inventés par un peuple étranger aux habitudes sémitiques , se rendent aisément en combinant les caractères latins, plus ou moins altérés, de manière à former des groupes qui répondent, syllabes pour syllabes, aux caractères assyriens, et les groupes ainsi formés suivent régulièrement la succession des caractères anariens; mais alors le génie de la langue disparaît sous cette forme nouvelle, qui défigure les langues sémitiques les plus connues.

Enfin, ni les caractères sémitiques ni les caractères latins ne peuvent exprimer le jeu des signes idéographiques, qui ont une si grande im portance dans l'écriture assyrienne, et il faut avoir recours à des expédients étrangers à nos habitudes graphiques pour en indiquer au moins la présence. |

Quoi qu'il en soit, 1 fallait bien assurer la lecture de lassyrien; aussi, pour arriver à la transcription des textes, on a eu recours aux combinalsons que nous avons indiquées, et on a constaté que les caractères anariens avaient les valeurs que nous rappellerons dans les tableaux suivants.

SYLLABAIRE ANARIEN.

Les signes de l'écriture anarienne affectent des formes différentes, suivant le temps et suivant les localités. Nous avons essayé de réunir toutes ces formes dans le syllabaire que nous publions dans les Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, et auquel nous renvoyons pour la justification des valeurs; toutefois nous croyons qu'il est utile, pour l'intelligence de la grammaire, de rappeler ici les formes de Babylone et de Ninive, parce que ce sont celles que l’on rencontre dans le plus grand nombre de textes.

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