‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 5 sur 178 · PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LECTURE · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LECTURE

L'écriture anarienne a été l'écriture des peuples de la haute Asie pendant une période de plus de quinze siècles. On s’en est servi depuis les montagnes de l'Arménie jusqu'aux bouches du Nil, depuis les frontières orientales de la Perse jusque dans les iles de la Méditerranée. En nous renfermant dans ces limites de temps et d'espace, nous ne sortons pas des données actuelles de nos connaissances, qui doivent s’étendre avec de nouvelles découvertes dont on peut même entrevoir la possibilité.

Cette écriture a servi à un grand nombre de peuples, et pour écrire des langues bien différentes les unes des autres. Nous savons déjà que ce système graphique était employé dans les inscriptions médo-scythiques, dans les inscriptions arméniaques, dans les inscriptions susiennes, et dans d’autres mscriptions dont 11 nous est également parvenu des spécimens plus ou moins nombreux. Nous ne nous occuperons, toutelois, que des nécessités auxquelles cette écriture a dû se soumettre pour exprimer la langue des fils d'Assour.

Les articulations de la langue assyrienne sont celles des idiomes sémitiques. Pour les exprimer, l'écriture anarienne emploie des caractères qui semblent, au premier abord, le résultat des combinaisons diverses d'un élément en forme de flèche ou de coin, mais qui ne sont, en réalité, que les dernières transformations de caractères hiéroglyphiques dont les types primitifs étaient peut-être incompris déjà au moment où les Assyriens les ont acceptés. Ils se lisent de gauche à droite, chaque signe exprime une valeur distincte sans se combiner avec un autre signe : on a constaté deux ou trois ligatures au plus.

Dans nos transcriptions, nous nous servirons des caractères latins avec

des modifications nécessitées par la nature des articulations de l'idiome assyrien. Nous ne nous servirons des caractères hébraïques que pour la transcription des racines, et nous les présenterons ainsi sous une forme indépendante de tel ou tel idiome sémitique à laquelle nous pourrions les rattacher.

Les caractères anariens se prêtent à deux sortes FA : 1ls peuvent représenter des idées ou des sons, ils sont idéographiques ou phonétiques.

Les signes phonétiques expriment des articulations déterminées, c'est-à-dire des syllabes et non pas des consonnes. Or les syllabes sont simples ou complexes: les syllabes simples correspondent à des valeurs telles que ba, da, ta, am, ap, up, etc. les syllabes complexes correspondent à des valeurs telles que bam, dat, tap, ete. L'écriture anarienne présente deux moyens pour rendre la syllabe complexe : un signe unique ou deux signes exprimant des syllabes simples réunies par une voyelle commune, sorte que l’on écrit indifféremment bam et ba-am; dan et da-an, ete. Nous indiquerons par des traits d'union les différentes syllabes d’un même mot dans les transcriptions interlinéaires, où quand nous voudrons faire comprendre la physionomie du groupe; mais nous supprimerons les traits d’union dans la lecture courante. Nous écrirons ainsi, suivant les cas : as-ta-ak-ka-nu, ou astak-ka-nu, où enfin astakkanu.

Les signes qui expriment des valeurs syllabiques simples n’expriment, en général, qu'une valeur de cette nature, ils sont, dans ce sens, monophones.

Les signes qui expriment des valeurs syllabiques complexes peuvent exprimer plusieurs valeurs; ainsi, par exemple, le même signe peut se lire kal, rip, dan, hp, etc. ils sont essentiellement polyphones.

Il se trouve quelques signes qui paraissent exprimer les mêmes valeurs syllabiques; je n'ai pas besoin d'en expliquer 1c1 la différence. H me suflit de dire qu'il serait téméraire d'affirmer que l'écriture anarienne renferme des signes qui ont des valeurs homophones.

Les caractères idéographiques expriment la même idée dans toutes les langues qui se sont servies de l'écriture anarienne; l'articulation as-

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