‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 85 sur 178 · IT CONJUGAISON · texte numérisé non relu

IT CONJUGAISON

PAËL.

Le paël est une des voix dont les textes assyriens nous offrent le

plus d'exemples. La vigueur que cette expression imprime à l'idée con-

venait surtout à la rédaction des Royales Annales qui nous sont parve-

LE VERBE. s« 169

nues. Gette voix se forme du kal par le redoublement de la seconde radicale !.

me Ed Paël, Ze ET EN

na — nak — dr.

(Sennachérib, Layard , pl. 63, 1. 32.)

EE, TETE ne LP

da — ma — «ak, ul dam — mi (Nabuchod. W. 4. I. pl. 54, c. ur, 1. 69.)

Le paël correspond au piël hébraïque et araméen ainsi qu'à la deuxième forme arabe?. Cette voix, essentiellement sémitique, nous a été conservée par les notations massorétiques avec une exactitude scrupuleuse, malgré insuffisance de l'écriture phénicienne. En assyrien le redoublement n’est pas douteux : l'écriture syllabique nous donne, en effet, un redoublement effectif, qui établit, pour l'oreille et pour l'œil, une différence qui n’est pas moins profonde pour la grammaire.

À la différence de l’hébreu, les consonnes » et n se redoublent en assyrien *, Ainsi on trouve :

>— >— < ] ETE ae 4< ] yu — pak — Jr, «il a fait distribuer.» (n2) (Sargon , les Fastes , 1. 126.)

>> tYÛT D—D—Y 44

D p— dep 44 D san =" ra = bu, «il a fait réduire en cendres.» (n°®) (Caillou de Michaux, W. 4. I. pl. 70, c. 1m, 1. 4.)

Les formes du paël ont été d’une très-grande utilité pour déterminer la valeur de certains caractères, et ont'apporté un puissant moyen de contrôle pour fixer un grand nombre de valeurs indécises. En effet les inscriptions présentent souvent, dans des passages parallèles, le

* Rawlinson, Analysis of the Babylonun Journal of sacred literature, april 1856, text at Behistun, dans le Journal of the R. p- 161. ; A. S, vol. XIV, part. 1, p. k2185% * Oppert, Eléments de la grammaire «s- * Hincks, On Assyrian verbs, dans le syrienne, p. 8, extrait du Journ. astat. 1860

mème verbe au kal et au paël; or 1l résulte de la comparaison de ces deux formes une influence nécessaire, qui réagit sûr la lecture et qui ne permet plus lindécision. Ainsi, quand on trouve les formes

Etes er AS) EE Re

u — bat — tk, ue —e4bau— h = (pn2)

il ne saurait y avoir de doute sur la lecture du signe polyphone »>—«, qui a les valeurs de bi, bat, mat, hl, muik, hur. IL en est de même des formes

ENTRE Eee TE ET TE

uw — mal = lu, u — ma — lu. (N0D)

Il est certain que le signe 7,4 T, qui a les valeurs de bit, mal, ns, ne peut avoir iei que la valeur de mal. Au surplus ces procédés de lecture sont élémentaires, et nous n'avons plus à y insister ici.

Cette forme, affaiblie et indécise en syriaque, se retrouve avec toute son énergie véritable en hébreu et en arabe. Cependant la signification que prend alors la racine varie suivant les verbes. Si, en général, on peut dire qu’elle marque une action plus intense, il faut cependant tenir compte du sens primitif de la racine. Lorsque le kal est intransitif, le paël devient transitif. e

kil: FY,E

&- sa — Su, «êlre fondé.» R.(wwn)

Pail: nd ET,ET

US — Su — su, «fonder {un bâtiment).»

Si le kal est transitif, le paël marque une plus grande énergie dans l'expression, quelquefois une action plus fréquente. Enfin il fait prendre à la racine une signification efectwe, comme dans toutes les langues de cette famille.

Kl: VETOT

NET tbrüler ;» (m®)

Pal: EME

SU — Ur — TU — Up, «réduire en cendres.»

D—4 >— T1 CREME ga — ba, «se nommer ; » (N2P)

4 4, 44 Paëls ee — <«

gu — ub -— bu, « proclamer. »

APM TE,” GR is tur, «il écrivit ;» (svt) # D— Pa EE VERRE À — sa — at — tt ir, «il fit écrire. »

I n'est pas douteux, en assyrien, que cette forme n’exprime l'idée portée à son expression la plus intense.

a es ex

1 — sal — lim, «il osa.» (obw) (BisiL. 1. 21.) >D— — EN — 4 — mu — ?, «ils obéissent.» (NT) (Bisit. 1. 48.)

On peut, du reste, comparer le sens de deux phrases où on trouve le même verbe au kal et au paël, pour se convaincre que l'intention énergique de cette forme n’est pas douteuse.

Sargon s'est emparé de Hanon, roi de Gaza, et il l’a fait prisonnier; mais il est présumable que Sargon ne commandait pas en personne dans cette circonstance, car nous Jisons simplement :

E—— 4 ICE AFF > ka — ti as — bat, «je l'ai pris dans mes mains. »

(Sargon , les Fastes , 1. 26.)

Plus loin, Sargon lui-même s’est emparé d’un riche butin et il a fait deux cent cinquante prisonniers de.race royale.

Le vainqueur dit alors :

AT ETC SPET

Lar w — sab —. bit, «je l’ai pris dans mes propres mains.» (Sargon , les Fastes, 1. 13.)

Il est certain que nous ne pourrions pas traduire ces deux expressions de la même manière sans laisser pour la pensée assyrienne quelque chose qui resterait incomplet dans notre traduction.

Les variétés graphiques que cette voix amène sont faciles à saisir : la vocalisation comporte les deux voyelles z et « après la seconde radicale redoublée. La forme en a est la plus fréquente.

Le participe est formé de la 3° personne du kal, en changeant la

première syllabe ET en >—{ :

BTE ERICEE HA rie» A TE RTC 1 sl

= dam où — :1k, à Mu — dan mi (W. A. I. pl.54, e. nr, 1. 69.) (WW. A. I. pl. 54,.e.1v, 1. 25.)

Voici d'abord le tableau comparatif des différentes formes de cette voix dans les langues sémitiques.

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