‹ Exposé des méthodes thérapeutiques employées dans le traitement de la tuberculose pulmonaireChapitre 3 sur 58 · AVANT PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT PROPOS

La tuberculose pulmonaire est avec la syphilis le mal qui s’acharne le plus surl’humanité. Si l’on a pu atténuer les ravages de l’une par un traitement spécifique, l’on n’a pu que bien difficilement s'opposer à l’évolution de l’autre.

Aussi la syphilis ne possède-t-elle qu’une thérapeutique bien restreinte, mais aussi bien efficace. La tuberculose, elle, a résisté à l’épreuve de tous les moyens thérapeutiques ; seule, l’hygiène a pu opposer quelques résistances à sa marche envahissante.

Intéressé par la lutte de l’humanité contre ce terrible mal,nous avons désiré connaître les armes dont nous disposons contre lui. Nous avons exposé dans ce travail les différentes médications employées dans le traitement de la tuberculose ; nous ne croyons pas avoir parlé de toutes, il est vrai, mais du moins, de celles qui ont donné de bons résultats, comme la suralimentation et l’aération continue, de celles qui en promettent, comme la

sert sérumthérapie, qui sans doute sera bientôt le vrai remède de la tuberculose.

Avant d'aborder notre sujet, qu’il nous soit permis d'adresser l’expression de notre reconnaissance à nos maîtres dans les hôpitaux, M. le professeur Potain et M. le D’ Albert Robin.

Que M. le professeur Strauss, qui nous a fait le plus grand honneur, en acceptant la présidence de notre thèse, daigne agréer, avec tous nos remerciements, l'expression de notre sincère reconnaissance.

Un grand nombre de méthodes thérapeutiques ont été employées dans le traitement de la tuberculose pulmonaire. Chacune a eu son époque de faveur suivant l’idée que l’on se faisait de la nature de cette maladie. [Il n’est peut-être pas une question qui ait soulevé autant de discussions que celle de la tuberculose pulmonaire.

A l’époque où vivait Hippocrate, la maladie de poitrine n’était pas la tuberculose, c'était la Phimie, env, la consomption avec ulcérations du poumon. Il faut arriver au xvu° et xvuie siècle, pour trouver dans les ouvrages des médecins, la mention de tubercule ; ce dernier est simplement signalé, on semble n’y attacher aucune signification bien précise.

Les opinions les plus diverses et les plus curieuses ont été données sur la constitution du tubercule.

Pour Sylvius Deloboe le tubercule est constitué par des ganglions lymphatiques des poumons, invisibles à l’état normal, mais engorgés et rendus apparents par la maladie (1). D'après Baume, Portal, Hufeland, le tubercule est dû à l’engorgement des ganglions lymphatiques ; il n’est qu’une manifestation de la diathèse scrofuleuse (2).

L'on doit à Bailhe d’avoir démontré, en 1793, que le tubercule n’était pas un corps anatomiquement simple, qu’il pouvait se diviser en un certain nombre de follicules tuberculeux. Il appelle tuberculose, «toute lésion du poumon, qui livrée à «elle-même produit une désorganisation de ce vis- « cère, à la suite de laquelle survient son ulcéra- «tion et enfin la mort; cliniquement, il caractéri- « sait la phtisie, à l’exemple de Pinel, par un «ensemble de symptômes, consistant en toux, « difficulté de respirer; marasme, fièvre hectique «et quelquefois expectoration purulente.

« La phtisie pulmonaire fait partie de la diathèse « tuberculeuse

« L'affection tuberculeuse est une maladie géné- « rale et non locale ».

Pour Broussais, le tubercule est un produit de l’irritation et de l’inflammation.

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