‹ Exposé des méthodes thérapeutiques employées dans le traitement de la tuberculose pulmonaireChapitre 53 sur 58 · VC PRE US · texte numérisé non relu

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dant l’on a pensé rarement à en faire profiter les tuberculeux, ou du moins ne leur accordait-on le bénéfice de l’air libre que le jour, lorsqu'il faisait du soleil, que la température était douce, que l’atmosphère n’était pas humide,

Dans les pays où ces conditions se rencontraient rarement, les phtisiques restaient à peu près continuellement enfermés dans des appartements bien calfeutrés, bien chauffés. Les phtisiques riches, sur le conseil de leurs médecins, fuyaient le froid, l'humidité de leur pays, pendant l’hiver, pour aller dans des pays à climat plus doux. Là ils s’enfermaient, de nouveau, dans des appartements, mais pouvaient du moins pendant le Jour respirer un peu d'air pur.

Le phtisique qui attribuait sa maladie au froid et à l'air humide avait une grande confiance dans ce traitement climatérique. Croyant avoir pris son mal à l’air, il trouvait tout naturel qu'on l’enfermât bien au chaud pour qu'il n’eût pas froid. Aussi l’aération continue a-t-elle eu du mal à être acceptée par les malades, à qui cette méthode paraissait illogique.

Dès 1752, Raulin conseillait aux phtisiques de maintenir ouvertes les fenêtres de leur chambre.

La méthode d’aération continue fut abandonnée pendant longtemps, et ce n’est qu'après les travaux de Dettveiler, Jaccoud, G. Sée, Bouchard, Miss Negthtingale, H. Bennet, Daremberg, Nicaise, Onimus Brehmer, travaux relativement récents,

que l’aération continue a pu prendre la place qu’elle mérite dans la thérapeutique de la tuberculose, |

« On reconnut donc, dit Gaston Lyon (1), à la suite des travaux des uns et de la guérison des autres, que le séjour permanent au grand air pouvait déterminer la guérison, sans qu’il fut même besoin de prescrire l’émigration vers un pays ensoleillé et chaud. On reconnut que respirer au grand air, c’est pour le phtisique, sous quelque climat qu'il se trouve, respirer la vie et dès lors ce ne fut plus au climat, mais à l’air seul qu'on demanda la guérison. »

L'on ne peut, du jour au lendemain, exposer un phtisique, qui a l'habitude de vivre dans un air confiné, à une action plus vive d'un air frais et pur. Le malade devra s’habituer progressivement à l’air. Si le traitement se fait l'été, lacclimate-

ment est facile. Si le traitement est commencé

l'hiver, on allumera du feu dans la chambre du malade, on ouvrira la fenêtre d’une chambre en communicalion avec celle du malade et au bout de quelques jours, on pourra ouvrir la fenêtre de sa chambre à lui-même, en baissant toutefois les rideaux ; bientôt on laissera la fenêtre grande ouverte, sans rideaux.

Si le malade se plaint du froid, on le couvre de nombreuses couvertures, on lui met une boule

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