AVANT-PROPOS
Kn réunissant en un volume les articles que j’ai publiés clans le Bulletin de la Société A’ encouragement, après les avoir revus avec soin, je poursuis le but que je me suis proposé de vulgariser parmi les ingénieurs et les constructeurs de machines une théorie à laquelle ils ne peuvent plus longtemps demeurer étrangers, et qui doit enfin passer dans l’enseignement de nos écoles.
Consacrée aujourd’hui par sa concordance avec les phénomènes observés depuis qu’elle a été établie, comme avec les faits anciennement connus dont elle fournit seule une explication satisfaisante, elle met en lumière les pertes
énormes de chaleur qui ont lieu dans nos machines à feu, même les plus perfectionnées, montre les progrès qui restent à faire, assigne leur limite, et conduira sans doute à les réaliser.
Ch. C.
Les relations générales qui existent entre la chaleur et le travail mécanique qu’elle est susceptible de produire sont, depuis près de quarante ans, le sujet des études de plusieurs physiciens et géomètres éminents. Leur ensemble constitue aujourd’hui une doctrine dont les principes sont confirmés par des expériences nombreuses et précises et par la conformité de certains faits constatés par l’observation directe aux prévisions théoriques. Ses conséquences sont du plus grand intérêt pour l’avancement de l’industrie; caries notions admises autrefois sur les machines à feu, qui fournissent la plus grande partie du travail moteur consommé dans nos manufactures et sur nos voies de transport de terre et d’eau, doivent en recevoir des modifications essentielles. Un exposé de la théorie mécanique de la chaleur trouve donc naturellement sa place dans le Bulletin , et sa publication offre un caractère particulier d’opportunité, au moment où le public est mis en possession de plusieurs ouvrages et mémoires importants sur le même sujet, parmi lesquels il faut citer le second volume des expériences de M. Régnault et le livre où M. G. A. Ilirn nous donne, à côté de la traduction de l’ouvrage du professeur Zcuner, de Zurich, les résultats remarquables de scs belles expériences et des études théoriques qui lui sont propres. J’ai visé surtout, dans
la rédaction de ce travail, à la simplicité et à la clarté. Je me borne à exposer les principes généraux, les faits qui paraissent être aujourd’hui définitivement acquis à la science et les conséquences pratiques qui en découlent. L’intelligence des formules analytiques, dont il m’était impossible d’éviter l’emploi, n’exige que les notions élémentaires du calcul infinitésimal. J’emploie, sans définition préalable , les expressions quantité de chaleur , calorie , travail et quantité de travail mécanique , chaleurs spécifiques à volume constant , à pression constante , coefficient de dilatation par la chaleur , etc., etc., qui sont aujourd’hui généralement usitées et se rencontrent dans tous les traités modernes de physique et de mécanique.