‹ Exposé des titres de M. Adolphe Richard candidat à la Chaire de pathologie chirurgicale vacante à la Faculté par le passage de M. Broca à la chaire de clinique chirurgicaleChapitre 2 sur 10 · Muqueuse de l’utérus · texte numérisé non relu

Muqueuse de l’utérus

(Thèses de la Faculté, 1848.)

Ayant passé la pins grande partie de la première année de mon prosectorat dans le cabinet de M. Coste, au Collège de France, je pus, sous sa direction amicale et celle de M. Gerbe, étudier à l’aise ses belles pièces d’ovologie. Parmi celles-ci, je choisis les utérus à toutes les périodes de la menstruation, de l’état intermenstruel et de la grossesse. La muqueuse de la matrice, plus épaisse que toutes les autres membranes de la même classe, et dont les fonctions dominent l’histoire de la menstruation et celle de l’évolution des membranes de l’œuf, était presque universellement niée, même à la Faculté. J’en traçai une description aussi précise et aussi vivante que possible, tâche rendue facile par les matériaux mis à ma disposition, et j’en fis le sujet de ma thèse inaugurale. Après avoir vu, je tenais à faire voir la vérité. M. Coste eut la bonté de me permettre de faire

transporter à l'École une dizaine de préparations conservées dans l’alcool, et j’en fis la démonstration devant mes juges. Bérard était déjà fixé à ce sujet, mais j’eus la satisfaction de convaincre, séance tenante, M. Sappey.

2 . Sur la vraie nature de la fissure labio-palatlne, (bec-de-lièvre et ses complications).

(Archives générales de médecine, avril 1851.)

C’est une idée fort ancienne que de considérer comme un arrêt de développement la division congénitale de la mâchoire et de la lèvre supérieure, c’est-à-dire le bec-de-lièvre avec toutes ses variétés. Mais à mesure que la science de l’ovologie progressait, les esprits rigoureux demandaient vainement la confirmation matérielle de cette idée purement théorique, que niaient résolument des savants tels que M. Cruveilhier et M. Velpeau. Il est juste de dire que M. Coste, le premier, démontra cette vérité pièces en main, et fit coïncider cette forme si commune de monstruosité avec [les états transitoires de l’embryon humain. J’ai pensé être utile en présentant dans un recueil médical la description du développement de la face, qu’il était pour ainsi dire facile de lire couramment sur les pièces du Collège de France. Comme je m’adressais à des médecins peu familiarisés avec l’ovologie, je m’efforçai de combattre la tendance qu’ils ont souvent à isoler le squelette des parties molles sous cette forme qui se dessine chez l’embryon des deux premiers mois. Cette préoccupation a souvent arrêté les anatomistes qui ont peu vu les embryons, et se retrouve surtout à propos de l’axe ostéo-nerveux. Dans ce mem-

bre, thoracique ou abdominal, qu’au quarantième jour, par exemple, on aperçoit, pointant sous forme de bourgeon, tous les éléments cutané, musculaire, osseux, vasculaire, sont virtuellement compris, et la preuve, c’est que si son évolution s’arrête, vous y rencontrerez à la naissance tous ces différents éléments. De même, le bourgeon incisif constitué, au début, d’un blastème presque simple et de cellules à peu près semblables, ce bourgeon s’individualise bientôt en peau, muscles, os, éléments vasculaires et nerveux, et cela, soit qu’il s’unisse aux mandibules comme dans l’immense majorité des cas, soit qu’il reste plus ou moins isolé comme dans les circonstances exceptionnelles d’où naît le bec-de-lièvre.

S. Sur la composition de la tumeur des monstres pseudeneépliallens.

(Société de biologie et Gazette médicale, 1851.)

Les monstres pseudencéphaliens forment une famille intermédiaire entre l’exencéphalie et l’anencéphalie. Les auteurs, qui se sont beaucoup occupés de leur classification, ont absolument négligé l’étude de la partie singulière qui représénte chez eux les vestiges de l’encéphale. Cette tumeur est d’environ du volume d’un œuf de dinde, formé de deux moitiés gauche et droite, lesquelles sont séparées, mais dans leur milieu seulement, par une scissure profonde. A première vue, ceci donne l’idée des hémisphères cérébraux. Le tissu lui-même spongieux, rougeâtre, gorgé de sang, ressemble à une tumeur érectile. Les auteurs s’accordent à dire qu’il est inextricable. J’ai prouvé, au contraire,

qu’on arrive à le disséquer et à trouver une interprétation de la monstruosité, satisfaisante à tous égards. Sous des débris défigurés d’arachnoïde, la pie-mère forme la masse, car, après avoir ouvert en arrière le canal rachidien, on voyait la moelle et le bulbe fermes, volumineux, parfaitement normaux. Mais le névrilème du bulbe est devenu épais, rouge, fongueux et se continue avec la masse pseudencéphalique. En détachant avec un soin minutieux cette pie-mère, on rencontre sous elle trois poches sphériques bien distinctes, isolables dans toute leur étendue ; en les ouvrant, on les trouve formées par une membrane ferme, peu épaisse, blanchâtre et nerveuse à l'intérieur, qui limite une sorte de kyste plein d’une sérosité sanguinolente. Dès lors, on voit que l’apparence d’hémisphères cérébraux était une illusion. Nous avons sous les yeux les cellules cérébrales, premier rudiment de l’encéphale chez l’embryon. Ainsi le développement arrêté explique encore ici le vice de conformation dans des circonstances où rien ne le faisait soupçonner, et plus on étudie les monstruosités les plus compliquées, plus on découvre que l’état histologique reçoit toujours l’arrêt du développement comme explication fondamentale, en ajoutant cependant qu’une fois le développement arrêté à un certain point, à une certaine heure, pour ainsi dire, un travail consécutif vient souvent mettre sous les yeux de 1 observateur toute autre chose qu’un état transitoire de l’embryon.

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