EXPOSÉ ANALYTIQUE DES TRAVAUX
PHYSIOPATHOLOGIE LEUCOCYTAIRE. LES FERMENTS DES LEUCOCYTES
Quand nous avons entrepris nos recherches sur les ferments des leucocytes, en 1908, les connaissances se bornaient aux ferments mis en jeu dans la phag^ocytose et dans Tautolyse. Les techniques que nous avons adoptées au début, tant pour l’étude des protéases que pour celle des lipases, ont certes eu l’inconvénient d’être très rudimentaires. Nos recherches ultérieures, celles d’autres expéri-
ouvrage sur les « Ferments des leucocytes » n’ont cependant rien changé à nos premières conceptions.
Nos travaux personnels ont porté sur l’étude : des protéases,
des lécithinases, des oxydases.
Les Protéases leucocytaires (41, 46, 47, 48, 53, 56, 59, 310).
Nous avons été mis sur la voie d’une étude des protéases leucocytaires en 1908 en étudiant le sang d'une leucémie myéloïde. Pour en faire l’étude bactériologique nous avions déposé sur sérum de bœuf coagulé quelques gouttes de sang leucémique. Après 24 heures d’étude, le sérum coagulé était creusé de dépressions au niveau de chaque goutte de sang. Or le milieu était resté stérile, il fallait admettre que le sang leucémique contenait un ferment et comme le sang normal ne donnait pas cette réaction, force nous fut d’invoquer un ferment contenu dans les leucocytes leucémiques. Des recherches ultérieures nous montrèrent que les leucocytes des pus & polynucléaires exerçaient la même influence et que si le sang
des leucocytes polynucléaires.
seulement dans les leucocytes, mais apparaissent autour des globules rouges et même tardivement entre les éléments figurés du sang, à cause de l’oxydation progressive et spontanée du mélange. Cette réaction prédomine dans les polynucléaires neutrophiles, elle s’observe aussi sur les polynucléaires éosinophiles. Par contre, les mononucléaires sont exempts de toute granulation. En somme cette réaction appartient aux leucocytes de la série myéloïde. Les renseignements fournis par l’étude du sang dans les états pathologiques viennent confirmer cette notion du caractère myéloïde des leucocytes à réaction oxydante.
Dans les leucémies^ on doit distinguer deux types de leucémies; les leucémies lymphoïdes et les leucémies myéloïdes.
Dans les leucémies lymphoïdes, la réaction reste toujours négative sur les nombreux éléments mononucléaires du sang.
Par contre, dans les leucémies myéloïdes chroniques, il en est différemment : tous les myélocytes, tous les polynucléaires et, en général, tous les éléments qui appartiennent à la série médullaire, donnent une réaction granuleuse des plus évidentes et qui suffit pour faire le diagnostic de la nature de la leucémie.
Pour le pus, la réaction est très positive dans le pus à polynucléaires à condition que les leucocytes soient peu cytolysés.
Dans les organes, la réaction est très positive sur les cellules médullaires, sauf pour les mégakaryocytes, sur les cellules du thymus jeune, sur les cellules du corps thyroïde de l’enfant; elle est diffuse au niveau des cellules des glandes salivaires, absente dans les cellules testiculaires, pancréatiques et rénales. Dans la cellule hépatique, les plasmosomes nous ont donné une réaction nette.
Avec Jean Broussolle, nous avons montré que la cellule indifférenciée des leucémies aiguës étudiée avec une technique précise ne présentait pas la réaction des oxydases, la cellule des leucémies aiguës n’ayant pas encore de granulations ne donne aucune réaction primitive quand le réactif ne se précipite pas tout seul. Et devant les résultats contradictoires des auteurs nous apportons des constatations précises qui permettent de consolider notre opinion. Cette opinion fut d’ailleurs confirmée par nos constatations sur les peroxydases.
Les oxydases indirectes étaient à peine connues par un travail de Fischel (1910) dont la technique fort imparfaite prêtait à toutes les critiques, quand nous avons
mo (9
Fig. 3. — Aspect des leucocytes polynucléaires
Schultze (Noël Piessinger et L. Roudowska).
tique sont exempts de toute réacti( Quant à la teinture de la réactic
tinotti et affirmant que les granulations des oxydases sont indépendantes des granulations spécifiques des polynucléaires.
Nous avons montré avec André Jamin, que la conception de Hollande qui attribuait la réaction à un simple phénomène de teinture s’appuyait sur des constatations discutables et fragiles (317).
•ed Neumann (1928) partage la m ches importantes.
ition anarchique des diastases cellulaires.
Applications à la pathologie
Quand
résorption est pr
Dans les 'pneumonie& à défervescence tardive, au contraire, ces réactions, au lieu de se répartir sur deux ou trois jours, s’espacent sur une durée de cinq à six jours. Dans les pneumonies doubles, c’est pendant plus longtemps encore que l’on peut observer de la peptonurie et du ferment protéolytique dans l’expectoration.
Il ne faudrait cependant pas croire que la présence des peptones et de ferment protéolytique dans l’expectoration autorise l’affirmation d’une résolution prochaine de l’exsudât; en effet, les pneumonies grises peuvent offrir les mêmes caractères. L’action digestive des leucocytes n’est pas diminuée au cours de l’hépatisation grise, ce n’est pas là qu’il faut chercher une des raisons de la mort. Les ferments leucocytaires, au contraire, dépassant leur but, l’afflux abondant des leucocytes dans le foyer hépatisé donne naissance à une grande quantité de ferment leucocytaire. Aussi la pneumonie grise est-elle parfois déliquescente, souvent friable.
Ces faits démontrent l’extrême complexité du processus réactionnel au cours
en désagrégation cytolytique, quand les cellules sont très altérées, quand les noyaux des polynucléaires, entrant en condensation pycnotique, simuleront des lymphocytes bosselés, c’est alors que deux gouttes de culot déposées sur albumine coagulée trancheront le différend. L’apparition d’une dépression en cupule le lendemain permettra l’affirmation de la polynucléose.
Le zymodiagnostic protéolytique est positif quand il s’agit d’épanchement à polynuclaires : pleurésies aiguës, méningites cérébro-spinales, arthrite blennorragique, hémorragie méningée infectée secondaire. Il se trouve négatif, dans tous les épanchements chroniques : pleurésies chroniques tuberculeuses, ascite de cirrhose alcoolique, méningite syphilitique chronique, etc.
2“ Les processus où intervient la lipase leucocytaire. — a) Digestion gastrique- — Loeper et Marcha! constatent que après ingestion huileuse les leucocytes à pré-