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LES FERMENTS DU SÉRUM ET FERMENTS DE DÉFENSE

Le début de nos recherches sur les ferments de défense du sérum remontent à 1907. En étudiant les hépatotoxines obtenues chez l’animal après injections répétées nucléo-protéides hépatiques du foie d’espèces étrangères ou de même espèce, nous étions arrivé à déceler par une réaction de fixation sur un antigène de nucléoprotéide de foie l’existence d’un anticorps fixant le complément. Cet anticorps apparaît aussi dans le sérum du lapin auquel on injecte les extraits de son propre foie recueilli par résection partielle aseptique.

Sur l’homme en utilisant comme antigène l’extrait de foie humain recueilli avec l’autolyse, nous avons de même décelé un anticorps hépatique chez les sujets en pleine insuffisance hépatique comme on en observe à la phase terminale des cirrhoses. Nous avions résumé ces constatations par cette phrase : « Le malade ne défend plus son foie, il se défend contre son foie. »

Nous avons cherché à utiliser la méthode de dialyse d’Alderhalden pour mettre en évidence cet anticorps. On sait que cette méthode met en contact dans des tubes rigoureusement éprouvés le sérum du malade et une albumine lavée et bouillie d’un organe défini, le tube plonge dans de l’eau distillée, c'est dans celle-ci que l’on cherche par la réaction de la ninhydrine au bout d’un certain temps la présence des peptones des amino-acides dialysés. Si la réaction est positive, c’est que le sérum contenait un ferment protéolytique spécifique pour l’albumine de l’organe envisagé. Nous avons éprouvé ainsi des albumines de foie, de rein, de corps thyroïde, etc. Le ferment des insuffisances hépatiques digère les protéines hépatiques et accessoirement les protéines rénales. C’est incontestablement un ferment de défense dans le sens que nous lui avions donné en 1908.

Avec le P' Albert Robin et Jean Broussolle, nous avons montré que dans les ictères aigus, simples, infectieux ou lithiasiques, il n’existe, en général, pas de ferment de défense; dans les ictères chroniques, le ferment de défense est plus fréquent, mais non constant; enfin dans les cirrhoses, il n’apparaît que passagèrement, au moment des périodes de dégénérescence hépatique. Chez les sujets indemnes de lésions hépatiques, la réaction est toujours négative. Ce ferment de défense n’est pas toujours spécifique pour l’albumine de foie. Mais il rend compte des périodes d’aggravation qui surviennent au cours des affections hépatiques.

A l’époque où ces ferments de défense furent découverts, la vague en fut telle que l’on eut tendance à chercher dans cette réaction un procédé de diagnostic général. Nos constatations avec les protéines hépatiques nous avaient démontré l’absence d’une spécificité étroite. Avec Œttinger et Pierre Louis Marie nous nous

sommes attaché à rechercher dans le sérum des cancéreux un ferment de défense contre les protéines du cancer. Nos résultats nous ont permis d’éteindre des enthousiasmes trop faciles.

La valeur de la réaction n’est pas absolue. Dans les cancers du tube digestif, la réaction est positive dans les deux tiers des cas, négative dans un tiers. Dans les affections non cancéreuses, la réaction est positive dans un tiers des cas, négative dans un tiers. De telles constatations sont insuffisantes pour baser sur elles une

Dans une revue d’ensemble, nous avons opposé les ferments de défense avec la protéase des leucocytes. La première est en quelque sorte spécifique; la seconde de l’est pas. Mais la protéase leucocytaire explique les erreurs de la réaction dialysante d’Abderhalden.

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