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HISTOLOGIE NORMALE ET PATHOLOGIQUE DU REIN DE L’HOMME

t'ire considéré comme appartenant en propre au processus cadavérique, nous avons opéré de la façon suivante :

L’un des reins, chez un sujet, a pu être prélevé immédiatement après la mort, et nous avons comparé sa structure avec celle de l’autre rein que l’on avait laissé en place dans le cadavre et que l’on a prélevé au bout de 24 heures; de plus, sur le rein dont l’ablation avait été faite immédiatement après la mort, nous avons prélevé, it des moments différents, de petits morceaux que nous fixions ensuite.

Nous sommes ainsi arrivé aux conclusions suivantes :

1® Le rein s’altère très rapidement après la mort. Un rein enlevé au bout de deux heures est déjà altéré. Il y a relativement plus de différence entre une coupe de fragment de rein prélevé et fixé immédiatement après la mort et .une autre coupe d’un fragment du même rein prélevé 2 heures après, qu’entre celte môme coupe du fragment prélevé 2 heures après, et une autre coupe d’un fragment du même rein prélevé 12 heures ou 24 heures après. En un mot, les lésions cadavériques s’installent précocement, mais elles ne sont pas progressivement croissantes, au moins dans une certaine mesure.

2® La bordure en brosse se lèse très rapidement. Au bout de 2 heures, son aspect est très flou, quand elle persiste encore; le plus habituellement elle a déjà disparu presque complètement. Au bout de 24 heures, il n’existe plus de bordure en brosse bien nette. En pratiquant la coloration de Sauer, on peut remarquer qu’elle subsiste, sous forme d’une ombre rouge, au niveau de certaines cellules; mais elle ne constitue plus un revêtement continu.

5® Les cellules sont très précocement abrasées; toute la portion sus-nucléaire a disparu, ou bien n’existe plus que sous forme de débris cellulaires dans l’intérieur du tube.

4® Les cellules, sur les coupes de morceaux recueillis à l’autopsie, se sont fréquemment disjointes les unes d’avec les autres ; il existe des espaces clairs, séparant les cellules constituantes d’un même tube. Les cellules ainsi disjointes peuvent encore adhérer à la membrane basale, ou se trouver complètement libres dans la cavité du tube.

5“ Souvent on voit les cellules se séparer en bloc de la membrane basale et, tout en étant encore accolées entre elles, venir se placer au centre du tube.

Toutes ces altérations {desquamation épithéliale, abra^on cellulaire) faisaient défaut dans les coupes du même rein recueilli immédiatement après la mort; elles peuvent donc être regardées comme cada~ vériques; l’absence de bordure en brosse dans des tubes dont le protoplasma semble conservé, indiquerait donc toujours une altération

sont, au contraire, relativement bien conservés^ dans les conditions ordinaires où se trouve pratiquée l’autopsie.

Lésions cytologiques du tube contourné humain.

(N“ 05 et thèse de Rathcry.)

Nous ne prétendons pas ici faire l'histoire complète des lésions cytologiques du tube contourné chez l’homme. Il nous faudrait un nombre de matériaux plus considérable que celui que nous possédons, et nous avons vu combien il est difficile de recueillir des reins sur lesquels on puisse pratiquer un examen histologique sérieux.

Nous voulons ici montrer les lésions que nous avons pu constater,

son contenu protoplasmique; aussi s'aplatit-elle au point que son épaisseur égale à peine celle de son noyau. Le revêtement cellulaire du tube contourné est formé d’une mince bande très basse, parsemée de noyaux allongés, mais se terminant par une ligne très nette du côté de la lumière; on retrouve encore des traces de bordure en brosse, mais celle-ci disparaît peu à peu, et l’aspect du tube contourné est tout à fait analogue à celui que l’on retrouve au cours de certaines néphrites chroniques. La lumière de ce tube ainsi dilaté, est remplie par un magma granuleux qui constitue un cylindre.

Dans un cas de pyélonéphrite, nous avons vu qu’il existait au niveau du rein, des amas de cellules embryonnaires sous forme de macrophages, s'infiltrant dans l’interstice des tubes, et pénétrant à leur intérieur. Dans ces cellules, on pouvait retrouver des enclaves, présentant des réactions colorantes semblables à celle du tissu rénal. Il est intéressant de noter ici l’analogie de ces figures avec celle que nous avons vu dans les fragments de rein injectés dans le péritoine des animaux, bien que dans ce dernier cas il s’agisse de lésions aseptiques. Ainsi pourraient s’expliquer, par lésions pathologiques spontanées, la production de néphro-toxines analogues à celles que nous avons obtenues expérimentalement. Ces macrophages sont à rapprocher également des leucocytes granuleux, que l’on rencontre dans

ÉTIOLOGIE DES NÉPHRITES

Rôle des causes prédisposantes. (N» 95.)

La notion de la cause déterminante ne suffit pas, dam tous les cas, à expliquer toute l’étiologie de certains cas de néphrite. Maintenant que nous avons passé en revue l’étiologie expérimentale des néphrites, nous pouvons essayer de spécilicr le degré d’action qu’ont, sur le rein, les différentes causes déterminantes.

Ce que nous avons établi, à ce sujet, c’est que certaines causes déterminent infailliblement, chez tous les sujets, des lésions rénales;

de nombreuses observations recueillies en dehors de toute idée théorique — ne vient contredire, en aucune façon, les idées émises antérieurement par Lécorché et Talamon. Il s’agit, en somme, de deux ordres de faits différents et qui se complètent; nous pouvons les schématiser ainsi : c’est à l’âge de la puberté que les reins paraissent être le plus facilement altérables et subissent le plus souvent leur première atteinte, qui pourra déterminer un lieu de moindre résistance et être la cause première d’une néphrite chronique (Castaigne); c’est en examinant les vieillards que l'on constatera le plus grand nombre de néphrites chroniques, c’est-à-dire des néphrites qui nécessitent, pour leur production, une action toxique peu intense et très longtemps prolongée (Lécorché et Talamon).

Rôle de l’hérédité en pathologie rénale.

(N" 9o et thèse de Perrigault.)

Je signalerai d'abord les lésions rénales constatées chez certains nouveau-nés, car c’est leur connaissance qui m’a amené à concevoir le rôle important que joue l’hérédité en pathologie rénale.

Les examens histologiques que j'ai pratiqués avec Rathory ont été faits avec tout le soin que comporte une pareille élude, cl en suivant la technique précise que nous avons décrite précédemment.

Nous avons été conduits ainsi à faire toute une série fort longue d’examens anatomo-pathologiques, dont nous ne signalerons ici que les faits les plus probants, à savoir ceux qui concernent des mères atteintes do néphrite chronique étayant donné naissance à des enfants qui moururent très rapidement et dont l’autopsie montra l’existence d’une néphrite diffuse évidemment d’origine héréditaire.

Ma première observation fut recueillie en 1897, dans le service de M. Talamon, dont j’étais alors l’interne. Nous avions eu l’occasion de soigner, à plusieurs reprises, une jeune femme de vingt-huit ans qui présentait fréquemment des accidents do petite urémie. Elle avait subi une néphrectomie droite dans son enfance et lorsque nous la vîmes pour la première fois, elle offrait, au grand complet, les signes de la néphrite atrophique lente. Sur ces entrefaites, elle devint enceinte et resta dans nos salles, pendant presque toute la durée de sa grossesse. Elle accoucha à la maternité de Tenon, et son enfant, qui ne pesait que 2*^8,200 — quoiqu’il fût à terme — mourut au bout do quelques heures.

Il nous fut possible de pratiquer l’autopsie des reins, dans de très bonnes conditions, si bien que les lésions que nous conslalûmes

rénale *. Il nous faut maintenant chercher à préciser ce qu’est cette prédisposition.

Étude clinique de la débilité rénale.(N«84,88.)

Selon nous, la débilité rénale est un état morbide bien caractérisé, ayant une étiologie, une anatomie pathologique, des symptômes et une évolution qui lui appartiennent en propre.

Au point de vue étiologique^ elle est surtout héréditaire, mais peut — dans certaines conditions — être acquise. Quand elle est héréditaire elle peut être la seule tare morbide, ou être associée à la goutte, la tuberculose, le nervosisme, la cholémie, etc. ; et ces associations font varier, comme nous le verrons, le tableau clinique.

L’anatomie pathologique peut être comprise en nous reportant aux examens histologiques du rein congénitalement lésé dont nous avons parlé plus haut. Il est évident que l’imprégnation « in utero » des reins par les poisons néphro-toxiques d’origine maternelle, et surtout les lésions indélébiles du tissu interstitiel — quelque peu étendues qu’elles puissent être — sont une cause d’infériorité physiologique pour les reins qui en sont atteints et constituent le substratum anatomique de la débilité rénale.

Au point de vue clinique^ il s’agit ordinairement de sujets malingres, mal développés, et l’on apprend par un interrogatoire sommaire qu’ils ont présenté de l’albuminurie à plusieurs reprises, à l’occasion d’un écart de régime, d’une infection ou d’une intoxication légère : on doit

L'état pathologique que nous avons essayé de spécifier nous apparaît en quelque sorte, par rapport aux néphrites, de la même façoq que les néphrites elles-mêmes, par rapport à furémie -, toute néphrite prédispose à l’urémie, mais n’y aboutit pas forcément; de même, h débilité rénale prédispose à la néphrite confirmée, mais ne la com-

t'açon encore plus concise, nous dirons que la débilité rénale est en

avons vu des néphrites parenchymateuses éliminer le bleu de cette façon, dès le début de leur évolution. Nous croyons donc que, jüsqu’à présent tout au moins, la division des néphrites chroniques doit être basée exclusivement sur la clinique, él qu’il n’est pas plus juste de Vétayer sur la physiologie pathologique que sur l'aspect des lésions.

c) Les néphrites aiguës s’accompagnenfpresque toujours de troubles de la perméabilité rénale variant, sans doute, selon que les lésions portent principalement sur les glomérules ou sur les épithéliums. L’épreuve du bleu de méthylène, pratiquée systématiquement pendant la convalescence, permet de savoir comment évoluent les lésions rénales et quel régime on peut permettre au malade.

d) L’étude de la perméabilité rénale dans les infections, lés intoxications et les maladies les plus diverses, nous a permis de montrer que la perméabilité rénale décelée par l’épreuve du bleu, met en relief un élément.de pronostic indépendant des autres facteurs dé gravité étudiés babiluellemcnt dans les toxi-infeclions, et que les troubles de la perméabilité rénale ne varient nullement d’une façon' parallèle à lu fièvre, à la dyspnée, à rinsuffisance cardiaque, h l’albuminurie, etc.

Si maintenant nous cherchons à résumer à grands traits les services «(u’a déjà rendusetquepeutrendre l’épreuve dubleu,nous voyônsque:

.iupoint de vue pathogénique, elle a mis en relief deux coristala- Lions bien inaüendués ; à savoir que toutes les lésions du rein ne s’accompagnent pas de troubles de la perméabilité rénale, èt qu’en revanche les fonctions d’excrétion du rein peuvent être entravées en dehors de toute lésion rénale; il s’agit là de troubles fonctionnels et

passagers dont

démontré l’existence. C’est

re du bleu de methylene qui a contribué à na

chroniques, à savoir que l’imperméabilité rénale n’est qu’un des nombreux facteurs qui concourent à la production de Turémie. C’est lui qui donne au syndrome sa signature palhogénique, mais quelquefois il peut cliniquement passer au second pian. . . ..

Au point de vue clinique, l’épreuve est un excellent moyen de diagnostic des néphrites interstitielles latentes ou masquées par une cardiopathie. Lile permet aussi d’interpréter la valeur pronostique des dilTéreuts types d’albuminurie, de surveiller l’évolution des lésions de la néphrite aiguë et des congestions rénales survenues au cours des

orthostatique : l’inhalation de deux gouttes de nitrite d’amyle faisait apparaître l’albumine dans leurs urines, alors qu’ils étaient au repos

rente des précédentes; elle renseigne, selon nous, sur l’insuffisance

), 97 et thèse de Chiray.)

ToduUs par l’injection expérimen-

et ont établi l’influencequ’a, sur le déterminisme des lésions, la durée l’intoxication, on a adopté une autre classification qui tend à remplacer l’ancienne, et l’on décrit en trois chapitres distincts : les néphrites passagères des états infectieux atténués, — les néphrites aiguës ou subaiguës, — les néphrites k évolution lente, et chacune de ces formes est envisagée et décrite comme un type morbide spécial.

Dans notre étude générale des néphrites nous n’avons voulu accepter a ;3mn aucune division, pour nous servir de fil conducteur dans notre description ; l’étude de l'étiologie et celle de l’anatomie pathologique générale auraient perdu, ce nous semble, de leur clarté et de leur vérité, à être ainsi morcelées. Mais, une fois arrivé au chapitre clinique, nous n’avons pas voulu nous contenter de décrire des formes purement cliniques, avant d’avoir cherché s’il n’est pas possible d’éta-

tômes, mais encore sur l’étiologie et l'anatomie pathologique.

Il est facile de se rendre compte que les différentes formes de néphrites que l’on a essayé d’isoler, ne répondent pas absolument à une semblable conception.

Nous ne reviendrons pas sur ce qu’avaient de défectueux les divisions ayant pour base l’anatomie pathologique ; nous en avons fait justice dès le début, et nous admettons, avec M. Brault, que * la lésion rénale ne doit pas ser\ r à dénommer la néphrite, non plus qu'à former la base d’une classification, mais à rendre compte de la durée de l’évolution de la néphrite •.

L’étiologie pourrait, sans doute, servir à délimiter quelques types morbides de néphrite, et certaines descriptions y gagneraient en précision, telles que celle des néphrites goutteuses, saturnines, etc. Mais, si les notions étiologiques servaient de base de classification, on serait

obligé de décrire autant de formes de néphrites qu’il y a de maladies infectieuses ou toxiques. Et l’on se rendra compte encore mieux de la difficulté d’accepter une pareille classification, en se rappelant que

et aux mêmes lésions rénales; que, d’autre part, une même infection (la scarlatine, par exemple) peut provoquer, selon les cas, une forme suraiguë anurique, subaiguë ou même traînante, évoluant encore, dans ce dernier cas, vingt ou trente ans après le début de la maladie, et en outre, dans bien des cas, l’étiologie échappe complètement (néphrites dites primilivos).

■parenchymateuBes et interstitielles-, pour être logique, donc donner à nos types morbides des appellations tirées

nique ; c’est pour cela que nous avons proposé les termes de forme albumineuse simple, forme hydropigène, forme urémigène.

en clinique, dans lesquels il s’agit de sujets très bien portants en apparence, n’ayant ni œdème ni symptômes urémiques et qui ont une albuminurie permanente. Nous avons montré ces formes cliniques correspondent à une étiologie et à des lésions particulières.

La forme hydropigène englobe toute une série de faits qui sont

Ces néphrites aiguës, d’origine tuberculeuse, ont un pronostic beaucoup plus grave que les néphrites aiguës en général; aucun des six malades que nous avons observés n’a guéri complètement : deux sont morts de tuberculose généralisée: un de tuberculose rénale bilatérale; les trois qui vivent encore présentent de l'albuminurie permanente et l’un d’entre eux a tous les signes d’une néphrite hydro-

Dans la néphrite hydropigène tuberculeuse, il s’agit de malades chez lesquels on voit se développer, d’une façon subaîguë, tous les symptômes d’une néphrite chronique hydropigène telle que nous l’avons décrite plus haut, avec ses œdèmes multiples, son oligurie, sa grosse albuminurie, sa perméabilité rénale conservée ou même augmentée, etc.

Dans certains cas, l’origine tuberculeuse de ces néphrites hydropigènes est facile à affirmer, quand il s’agit de sujets présentant une tuberculose avérée; mais parfois, comme dans une observation que nous avons publiée avec M. Marcel Labbé, la tuberculose était larvée et il fallut un examen clinique et bactériologique trèscorapletpoiir la dépister.

Les faits semblables à celui-ci sont fréquents : ils prouvent que la néphrite hydropigène peut être le premier symptôme apparent d'une tuberculose larvée. Il faudra donc, dans tous les cas où une néphrite hydropigène n’a pas d’étiologie précise, suspecter la tuberculose et la rechercher par tous les moyens cliniques et bactériologiques.

Le diagnostic étiologique entraîne d’ailleurs avec lui un pronostic particulier, car nous sommes d’accord avec M. Léon Bernard pour admettre que la néphrite chronique hydropigène est plus grave quand elle est causée par la tuberculose : elle évolue en quelques mois vers

constate dans les autres formes étiologiques, et peut prolonger de beaucoup la vie des malades.

Néphrites unilatérales. (N“ 99 et thèse de Hédouin.)

Elles ont été l’objet de nombreux travaux dans ces dernières années, en raison surtout des interventions chirurgicales qui ont été préconisées contre les néphrites en général. Nous avons, dès 1902, publié avec Rathery une série de travaux à ce sujet : notre opinion fut, à cette époque, adoptée par le professeur Lépine, et, depuis lors.

abcès du volume d’une grosse noisette, au niveau du rein droit, sans qu’il y ait aucune lésion suppurative du rein gauche. De même, chez un jeune homme de dix-huit ans ayant succombé à une infection sta¬

phylococcique, nous avons constaté sur le seul rein gauehe une quantité considérablé d’abcès miliaires à staphylocoques. Enfin un malade mort d infection pneumococcique présentait, en outre d’unepneumonie suppurée, un abcès du cerveau, et trois petits abcès à pneumocoque du rein gauche, alors que le rein droit était indemne.

En ce qui concerne les lésions chroniques des reins, nous n’avons jamais rencontré de néphrite qui soit absolument unilatérale, mais nous avons constaté, dans la plupart des faits, que les deux reins n'étaient pas égaux au point de vue de l’étendue et de l’intensité des lésions. Il y a môme des cas dans lesquels un rein est totalement lésé par une néphrite atrophique, alors que l’autre présente des portions assez étendues de parenchyme sain : on peut presque dire alors qu’il s’agit de néphrite unilatérale, mais ces faits constituent l’exception.

L'expérimentation ne fait dailleurs que confirmer les résultats

tiens que nous avons cherché à produire par injection sous cutanée ou intra-veineuse de poisons ou de toxines, quelle que fût la dose injectée et le manuel opératoire employé, nous avons toujours obtenu des lésions bilatérales, avec intensité sensiblement égale sur l’un ou l'autre rein. En revanche nous avons pu provoquer des lésions suppuratives d’un seul rein, par injections intraveineuses de culture microbienne. D’ailleurs M. Albarran avait déjà provoqué des lésions unilatérales, après injections intraveineuses de colibacille; dans ce but, il contusionnait l’un des deux reins d’un animal auquel il venait d’injecter, dans la veine de l’oreille, une culture de Bacterium coli. En faisant l’autopsie de l’animal le surlendemain, on constatait exclusivement au niveau du rein contusionné les stries jaunâtres de la

suppuration commençante.

Il ressort, en somme, de l’ensemble de ces faits tant anatomiques qu’expérimentaux, qu’il peut exister sans doute des néphrites vraiment unilatérales ou à prédominance unilatérale, mais ce sont là des faits exceptionnels que l’on constate surtout dans les cas de sup¬

purations rénales.

La rareté de ces lésions unilatérales est facilement expliquée par ce fait que les poisons qui sont contenus dans le sang s’éliminent par

flotlant, d’une hydro-néphrose unilatérale, ou qui avaient eu un violent traumatisme de la région lombaire suivi d’hématurie et d’autres symptômes rénaux. Chez ces différents sujets, nous avons vu ulté-

pendant longtemps latente ou ne se traduira que par un ensemble de signes cliniques qu’on pourrait appeler symptômes révélateurs de l’insuffisance rénale-, d'autre part, une cause surajoutée qui pourra

aussi à la suite d'un trouble dans le fonclionnement des organes qui sont chargés de mainlonir l'équililire circulatoire, en compensant la lésion cardiaque. De meme, dans Turémie lente, les difl'érents systèmes organiques se liguent pour s’opposer à 1 intoxication et c’est grâce à la coalition de tous ces organes que la lésion rénale est compensée. Nous pensons, d’après les faits que nous avons observés, que l’urémie, comme l’asystolie, peut être causée par la défection de l’un quelconque des organes, sans que la lésion rénale ait progressé.

Cette notion de l'wémie, camée par la défection d'un des systèmes qui assurent la défense de l’organisme^ nous semble absolument essentielle pour répondre à la question posée par le professeur Dieulafoy au sujet des urémies lentes. Il se demandait » pourquoi une lésion qui, la veille, permettait une dépuration urinaire suffisante, peut donner lieu aux accidents les plus graves de l’urémie ». A cette question on peut répondre : que ces phénomènes graves seront dus tantôt à une lésion du rein brusquement surajoutée, tantôt à une toxi-infectidn nouvelle de l’organisme, tantôt à une perturbation grave des organes qui, par leur bon lonctionnement. contribuaient a maintenir la compensation des lésions rénales. Nous ne pouvons pas étudier ici, en détail, toutes les altérations organiques qui peuvent provoquer Turémie sans que, cependant, les lésions rénales aient progressé. Qu’il nous suffise de dire que, dans de nombreuses observations recueillies par nous, l’urémie est apparue {sans que la perméabilité rénale ait varié), sous l’influence d’une légère intoxication ou encore <!e troubles cardiaques, pulmonaires, hépatiques, etc.

On comprend donc que, si l’urémie lente est sous la dépendance d’aussi nombreux facteurs surajoutés à l'imperméabilité rénalé, il ])ourra se faire que l’épreuve du bleu, dans un cas donné d’urémie, montre une perméabilité peu diminuée : c'est qn'ulors il se sera surajouté d’autres causes d’intoxication ou de mauvais fonctionnement d’un des organes vicarlants. Que si, au contraire, la perméabilité est très diminuée, sans qu’il y ait des signes d’urémie confirmée, c’est «(u’il n’y a pas d’intoxication surajoutée et que la compensation des lésions rénales est bien assurée par le jeu régulier de tous les organes.

THÉRAPEUTIQUI

rétention, si bien que le moment vient où cette cause n’existe plus: le sujet peut alors supporter une dose assez élevée de sel. C’est ce qui a lieu notamment dans les néphrites chroniques hydropigônes, où ce retour à la tolérance du sel, après le régime déchloruré, a été mis en évidence par MM. Widal, Lemierre et Javal.

Dam une deuxième catégorie de faits, le malade se déchlorure sous l’influence de son régime, mais, dès qu’on redonne du sel en quantité, même inférieure à la normale, les symptômes de rétention chlorurée reparaissent; c’est le cas de beaucoup de néphrites chroniques urémigènes où, comme l’ont fait remarquer MM. Ambard et Beaujard, la rétention des chlorures est fréquemment sèche.

Dans les cas les moins heureux, le régime dépourvu de sel ne fait pas disparaître l’œdème et n’empêche pas l’urémie d’éclater et d’emporter le malade. M. Achard en a publié des exemples; M. Widal a montré aussi que le régime est parfois insuffisant à produire la déchlo-

On peut conclure déjà,de ces exemples, que louslcs cas de néphrites ne réagissent pus, do la môme façon, sous l’influence du régime déchloruré.

Nous devons ajouter qu’il y a bien des cas ce néphrites dans lesquels il n’est pas nécessaire de prescrire l’alimentation sans sel. Peutêtre môme pourrait-on dire que, dans certains cas, la privationde sel, si elle-n’est pas indiquée, peut entraîner quelques accidents : on a cité des cas dans lesquels le régime déchloruré fit apparaître de l’albuminurie (Wundl, Klein et Verson, Castaigne et Rathery); d'autre part, les expériences de Charrin, Guillemonat et Levaditi, celles de Richet ont montré que la résistance aux infections est plus grande chez

les sujets

sodium. Enfin et surtout, le

régime déchloruré, malgré la variété d’aliments c|u’il comporte, provoque souvent à la longue le dégoût et, si l’on veut persister dans ce

régime, on a recours, pour remplacer le sel, ù d'autres condiments (vinaigre, épices, moutarde) qui, selon MM. Huchard et Fiessinger, « ne sont pas sans inconvénients et peuvent, môme en proportion modérée, délermiiicr chez les malades des troubles gastriques, ou aggraver les désordres rénaux ».

Pour toutes ces raisons, il importe de ne pas soumettre systématiquement au régime déchloruré tous les malades atteints de néphrites ; on doit réserver cette cure à ceux pour lesquels elle est absolument indiquée, et même chez ces derniers il faut avoir soin de ne pas en prolonger l’usage au delà du temps nécessaire. De là découle la nécessité d’avoir des indications précises pour l’emploi de cette cure.

Avantages comparés des régimes lacté et déchloruré.

(No 95.)

Depuis que l’on a entrepris les recherches sur les rétentions chlorurées, on a battu en brèche l’action thérapeutique du lait dans le traitement des néphrites.

On s'est clîorcé de monlrer que si le lait a pu rendre des services, c'est qu’il était uu aliment très peu riche en sel, et encore fait-on observer que, le litre de lait contenant 1»’,50 à l8‘',8l) de chlorure de sodium, les malades qui en prennent 5 litres absorbent 4 à 5 grammes de sel, de telle sorte ([ue le régime strictement déchloruré est préférable au régime lacté. Une observation de M. Widal semble apporter un argument capital en faveur de celle opinion : « Voici, dit-il, un malade qui depuis le début de su néphrite ne pouvait supporter une alimentation solide sans voir immédiatement les œdèmes apparaître et l’albuminurie s’élever; il lui suffisait de quelques jours de régime lacté pour voir les œdèmes s’effondrer et l’albuminurie diminuer.

« Or, chez cet homme, nous avons pu, avec le régime lacté, faire éclater les crises d’œdème et d’albuminurie; avec un régime composé de 400 grammes de viande noire, de 500 grammes de pain ou de 1000 grammes do pommes de terre, nous avons pu, à volonté, faire disparaître l’œdème et diminuer 1 .^Ibnmmnrie-

« Ou’a-l-il fallu pour produire des effets si contraires? Simplement inlerverlir la chloruration ordinaire des régimes : 10 grammes de «•hlorure de sodium pris quotidiennement avec le lait ont suffi pour eu faire le plus malfaisant des aliments. La suppression du chlorure dans le régime carné, l’a rendu si favorable que le temps où le malade l'a suivi a été celui où la courbe d’ujbuminurie est descendue le plus

les fermenis digestifs. La preuve est irréfutable puisqu’en certains cas on peut retrouver la caséine, dans l’urine éliminée. Partant de

lades, et nous avons constaté, avec beaucoup d’autres auteurs, son heureux résultat. Puis, toujours dans l’idée qu’il faut assurer au mieux l’élaboration des albumines, nous avons combiné le régime mixte avec l’emploi systématique des ferments digestifs, et nous avons obtenu par là les meilleurs effets, aussi bien en ce qui touche l’allmminurie môme, que relativement à l’état général du malade. Nous pensons donc que cette méthode mérite d’être étudiée, et, sans tirer de conclusions définitives des cas que nous avons observés, nous espérons que, dans un avenir prochain, des recherches nouvelles nous permettront de confirmer ces premiers résultats etmontreront le bénéfice que tirent les albuminuriques de l’emploi de ferments digestifs.

lünfin, nous voulons encore attirer l'attention sur ce fait que la prohibition du blanc d’œuf cru ou peu cuit dans le régime des albuminuriques, est une mesure parfaitement justifiée et non une vue théorique, comme on paraît souvent le croire. L expérimentation montre en effet, d’une part, la difficulté qu’ont les ferments digestifs à élaborer l’ovalbumine crue, et, d’autre part, la facilité avec laquelle cette albumine passe de l’intestin dans le sang, et du sang dans l’urine, au grand dommage du rein. L’observation clinique confirme

l’ingestion gastrique d’ovalbumine, au cours d’une néphrite épithéliale, avait agi de façon très toxique, puisqu’elle détermina une baisse énorme de la diurèse, une augmentation de l’albumine et des œdèmes considérables, dont le malade s’est remis difficilement.

Médication opothérapique par la pulpe fraîche de rein de porc.

Elle a été beaucoup employée clans ces deux dernières années et l’on peut se faire une idée très nette de .sa valeur en compulsant les

considérés comme des insuccès ou même comme des désastres. De cet ensemble de résultats que nous allons brièvement résumer nous avons pu tirer une conclusion sur la valeur thérapeutique de la méthode.

Les résultats favorables ont été publiés par le professeur Renault, par M. Choupin, MM. Page et Dardelin. etc., et les conclusions de

tioa. Cotte médication, d'après ses dires, conviendrait à toutes les néphrites.

La macération de rein, dit-il, appliquée aux malades atteints d’in¬

suffisance urinaire, constitue l’une des médications les plus actives et les plus efficaces qu’on ait proposées jusqu'alors. Mieux que n'importe quel moyen connu, elle ouvre le rein annulé par Tœdèrae anémique. Elle le fait rapidement et sûrement, même alors que son emploi n’a pas été précédé de la déplétion rénale obtenue par une application de sangsues au triangle de .I.-L. Petit. Elle exerce avec rapidité des etï'ets diurétiques intenses. Quand elle est prolongée suffisamment, elle ramène l’émission urinaire à la normale et elle l’y

qu’elle réduit sûrement l'albumine émi^e aar le rein insuffisant, tout

en remettant celui-ci en pleine activité; elle peut même faire disparaître l’albumine pendant de longues périodes et pourrait, en conséquence, avoir des chances de favoriser, par le repos fonctionnel prolongé, la restauration des épithéliums rénaux d’ordre glandulaire, dans les cas assez nombreux où une telle restauration est possible.

Celte médication, ajoute le professeur Renault, peut bien, soit dès son introduction, soit par son accumulation dans l’organisme, provoquer des petits accidents subloxiques (prurit, urticaire, miliaires, crises sudorales, et au bout de quelques jours un peu d’embarras gastrique), mais, à part cela, elle n’a jamais déterminé d’accidents réels. Elle a, au contraire, exercé son action de désintoxication de façon

progressive et régulière à peu près sans incident. L’hypertension artérielle, le bruit de galop, la tendance du cœur ù la dilatation passive ont toujours rétrogradé sous son influence, pourvu que celle dernière ait été maintenue suffisamment prolongée.

Aussi le professeur Renault se croit-il en droit de conclure, que la macération de rein constitue une méthode thérapeutique qu’il faut introduire dans l’usage courant et même mettre en jeu, dès le début, dans toutes les néphiites.

CeHaim rénullats défavorables ont été constatés, cependant, dont nous pouvons tirer quelques contre-indications à l’emploi de celte méthode qui, si elle donnait constamment tous les résultats signalés par le professeur Renault, devrait être employée dans tous les cas.

11 faut dire, tout d’abord, que les malades ont une répugnance souvent invincible à prendre cette médication et qu’ils ont des vomissements presque immédiats. D’autres, qui ont pu absorberla macération, présentent assez vite des phénomènes d’intoxication générale, qui obligent à en cesser l’emploi. Enfin et surtout, nous avons constaté

des malades dont l'albuminurie a été augmentée, d’autres dont la quantité d’urine a été singulièrement restreinte ; enfin nous avons observé, avec le professeur Gilbert, trois cas dans lesquels des accidents urémiques mortels ont apparu après l’emploi de la macération de reins de porc et semblent avoir été déterminés par cette médication.

Les premières conclusions que nous avions Urées de nos observations c’est que la pulpe rénale fraîche doit être réservée pour certains faits spéciaux, ceux dans lesquels il n'y a pas de troubles de la perméabilité rénale, c’est-à-dire certaines néphrites subaiguës à prédominance épithéliale, les néphrites chroniques albumineuses simples, les néphrites hydropigènes.

C’est au cours des néphrites chroniques iirémigônes que les accidents graves relatés se sont produits; aussi déconseillons-nous, dans de pareils cas, l’emploi de la méthode thérapeutique du professeur

D’ailleurs, les résultats défavorables constatés sont bien faciles à expliquer d’après certaines constatations expérimentales que nous avons faites avec Rathery. Nous avons montré, en effet, que l’émulsion rénale est très iortement toxique et que l'on peut obtenir très facilement la mort des animaux auxquels on administre cette préparation à dose suffisante. Rien donc de surprenant à ce que, dans, les cas où il existe de l’imperméabilité rénale, les accidents toxiques graves se produisent avec une dose habituellement thérapeutique.

Des constatations ultérieures que nous avons faites avec le Professeur Gilbert, nous ont amené à pouvoir affirmer — en nous basant sur une série d’expérimentations — que la macération de rein contient des substances toxiques et surtout néphrotoxiques mélangées à d’autres substances qui sont, au contraire, excilo-rénales. Il est facile, dans ces conditions, de se rendre compte des résultats si différents qu’on a pu constater; certains malades sont capables de neutraliser ou d’éliminer les substances toxiques et présentent d’heureux effets produits par les substances excito-secrétoires, tandis que ceux dont les reins sont imperméables et dont l’organisme est déjà très intoxiqué présentent rapidement des accidents graves.

Une fois ces constatations faites, nous avons cherché à neutraliser dans la macération do reins les produits toxiques, afin de ne faire ingérer que les substances utiles. Nous y sommes arrivés méthodiquement do la façon suivaiile: après une série d’essais dans divers sens, nous avons vu que, si nous faisions agir sur la macération de rein du suc gastrique artificiel, nous détruisions les substances toxiques, ce dont il est lacüe de se rendre compte par l’expérimentation, puisque

suffît que ce soit une médication vraiment active, surtout quand elle installés, pour que tout médecin apprenne à ruUliser*.

Indications de l’intervention chirurgicale au cours des Néphrites.

nières années, des règles de conduite concernant les indications de rintervenlion opératoire au cours des néphrites? Nous pensons qu’à l’heure actuelle il serait prématuré d’indiquer une règle absolue de conduite, mais nous croyons cependant que déjà se dégagent une

Tout d’abord en ce qui concerne les néphrites aiguës médicales, on doit réserver les opérations pour des cas très spéciaux et, somme toute,

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