ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
Anatomie du cerveau de l’homme
Le but de cet ouvrage est essentiellement pratique. Il répond au besoin de localiser avec toute la précision désirable des lésions du cerveau. Nous voudrions aussi qu’il pùt être de quelque profit à ceux qui aiment l’anatomie pour elle-même.
L’anatomie des régions cérébrales est, par-dessus tout, nécessaire aux médecins qui veulent se livrer aux recherches anatomo-pathololiques. Cette anatomie n’a jamais été exposée dans son ensemble avec les détails qu’exigent ses applications immédiates.
En réalité, il n’existe que deux régions cérébrales naturelles : Vécorce et le seuil; jusqu’à Vicq-d’Azyr on n’a guère connu que celles-là. Depuis que Vicq-d’Azyr a mis en évidence les avantages de la méthode des coupes successuies pour l’étude du cerveau proprement dit, on s’est aperçu qu’il existait, dans la profondeur des hémisphères, des régions
varier à l’infini le sens des coupes, on peut aussi multiplier a 1 înfu nombre des régions.. Toutes les découvertes qu’on a faites dan domaine des localisations cérébrales profondes ont été subordonné la détermination de ces régions arbitraires. La localisation de l’hi anesthésie de cause organique a été la première de ces découvei et aussi la plus éclatante, lîn prouvant la constance de la loca tion de l’hémianesthésie dans l’hémorrhagie capsulaire postérie M. Charcot établissait l’autonomie fonctionnelle d’une de ces régi' Or, cette région ne peut être bien connue que par l’étude des coi
C’est, d’ailleurs, la méthode des coupes en série qui avait permi créer la véritable anatomie du bulbe rachidien, c’est d’elle que dé l’anatomie descriptive des faisceaux bulbaires. On ne sait rien du ti et des rapports des colonnes grises ou des faisceaux blancs bulbotubérantiels, que par la comparaison des surfaces.de section suc sives de ces colonnes et de ces faisceaux.
Si l’anatomie de l’hémisphère est, à tous les points de vue, trè; retard sur l’anatomie du bulbe, ce n’est pas seulement en raison d plus grande complexité : cela tient surtout à une différence dans procédés d’étude. On ne prend pas, à l’égard de l’hémisphère, mêmes précautions qu’à l’égard du bulbe; On traite le bulbe pai solutions durcissantes, la liqueur de Müller, l’acide chromique bichromate de potasse; et jusqu’à ces dernières années, on a né; de recourir à ces réactifs pour fixer dans sa forme lé cerveau pro ment dit. Cependant la structure du cerveau est bien plus délicates tissu est bien plus friable que celui de la moelle allongée, et il se <j riore plus rapidement.
Si l’on veut tirer tout le parti possible d’une autppsie. dam cas de lésion cérébrale, il faut ne rien omettre, pour le cerveau même, des procédés de durcissement et de conservation qu’on ploie pour le bulbe et la. moelle. La même recommandation s’adr
non seulement aux anatomo-pathologistes, mais aux étudiants qui désirent acqùérir des notions complètes sur la structure du cerveau normal.
Les neuf premières planches de notre atlas représentent les circonvolutions cérébrales. Elles sont destinées à faire voir les principales dispositions du pli du manteau; les explications qui les accompagnent ont été rédigées de façon à faciliter l’interprétation des cas exceptionnels, où la localisation des lésions circonscrites pourrait constituer une difficulté sérieuse. Ces planches seraient insuffisantes, si l’on voulait étudier l’écorce au point dé vue de l’anatomie comparée ou de l’anthropologie, et il vaudrait mieux recourir aux publications spéciales : les travaux de Leuret et Gratiôlet, de Broca, de Pansch, de Turner', de . Giacomini, de Benedikt, etc., sont de ceux qu’il est indispensable de consulter.
; Toutes les planchès qui suivent représentent des surfaces de sec- , tion. Celles-là surtout méritaient des commentaires. Nous les avons données, pour chaque planche, avec tous les détails que comporte un ouvrage moins fait pour être lu que pour être consulté. A ces commentaires sont annexées des figures schématiques, dont le nombre seul prouve que la schématisation ne nous semble pas un procédé de démonstration superflu. Les lettres sur les figures des planches et sur les figures du texte sont partout les mêmes, et se rapportent toujours aux mômes objets. Nous n’avons pas hésité à multiplier, dans le texte, ces lettres ainsi que les chiffres et tous les autres signes symboliques qui sont comme les noms abrégés des organes, plis corticaux, faisceaux d’association, noyaux ou commissures.Tl nous semble permis d’espérer que le lecteur ne le regrettera pas, chaque chose décrite pouvant être, à tout instant, retrouvée facilement sur les planches.
Toutes les figures de l’atlas, sans exception, reproduisent des préparations auxqueUes nous avons cru devoir conserver leur grandeur réelle. Les exigences matérielles de la typographie nous ont obligé à choisir des pièces de petites dimensions. Mais cela n’est pas un inconvénient grave. Il eût été beaucoup plus grave de représenter les choses
réduites ou agrandies, c’est-é-dire dans des dimensions qui rendent toujours plus difficile l’interprétation de la nature. En cela nous nous sommes inspiré de l’épigraphe de l’ouvrage de Foville empruntée à de Blainville : « Des moyens que l’esprit humain peut employer pour arriver à concevoir quelque chose dans la physiologie duj cerveau, le principal, le plus important, Celui sans lequel tous les autres pécheraient par la base et seraient sans aucune certitude, est l’anatomie minutieuse, superficielle et profonde du cerveau de l’homme dans l’étal adulte. »
On remarquera que les figures des coupes ne reproduisent pas nécessairement des régions identiques sur. tous les cerveaux, quelque soin qu’on prenne pour faire passer le couteau par. des points de repère fixés d’avance. Il en est de même journellement lorsqu’on pratique la série des coupes obliques préconisées par Pitres. Sans doute; on ne compte plus les services rendus par cette « méthode de Pitres » que les petits schémas de Paul Richer ont vulgarisée. Mais les coupes de Pitres, faites parallèlement les unes aux autres, à des distances qui. varient suivant la disposition des plis corticaux, sont forcément arbitraires; les faisceaux qu’elles sont censées traverser suivant leur longueur n’ont pas, surtout au milieu du centre ovale, la direction rectiligne que suppose un plan de section. En prenant pour points de repère, sur la face interne de l’hémisphère, les deux commissures blanches qui ont une situation relativement fixe, on a plus de chances de bien tomber, c’est-à-dire d’obtenir une surface de section conforme, à nos figures. Encore s’en faut-il de beaucoup .que le résultat soit inva-
r S’il ne nous avait été matériellement impossible .de publier toutes les planches que nous avons dessinées, et parmi lesquelles nous avons dû faire un choix, on trouverait certainement, dans une collection si nombreuse, la reproduction exacte de tous les cas, à peu de chose,près.. Enfin, si les rapports profonds de l’hémisphère avec l’écorce varient selon les sujets, si, par conséquent, il est difficile de faire une coupe de l’hémisphère intéressant exactement les mêmes parties que la même coupe d’un autre hémisphère, on peut dire que
gie des organes nerveux, — cenl aeurant, la science la plus simple
Pour simplifier dans la pratique le problème si complexe que soulève l’étude de la neurilité, on envisage séparément les fonctions de la sensibilité, d’une part, et de la motilité ou de ses équivalents, d’autre part. Or la sensibilité et la motilité ne présentent d’autres manifestations pathologiques que des variations en plus ou en moins. Si bien que, les localisations organiques de la sensibilité et de la motilité étant connues, toute la pathologie nerveuse se réduit à l’étude de l’augmentation ou de la diminution de la sensibilité et de la motilité pour chacune des localisations organiques de l’une et de l’autre.
Il n’y a plus à parler de la doctrine des localisations cérébrales. Une doctrine est discutable. Les localisations cérébrales ne sont pas plus discutables que telles autres de ces grandes vérités dont les siècles se sont successivement enrichis et s’honorent. Elles ne sont pas plus discutables que les localisations spinales; ce sont les mêmes localisations fonctionnelles ; le mécanisme est partout le même, dé l’extrémité inférieure à l’extrémité supérieure du névraxe. La complexité du segment céphalique ne trouble en rien l’harmonie préexistante de l’ensemble. Aucune loi d’exception ne préside à l’organisation de la masse hémisphérique, à ses origines embryonnaires, à sa destinée physiologique.
Bref, les localisations cérébrales sont la base scientifique inébranlable et chaque jour grandissante, sur laquelle peu à peu l’édifice s’élargit et s’élève. Elles servent de première assise à une psychologie nouvelle, sans abstractions et sans rêves. Ainsi, par beaucoup de points, la pathologie proprement dite, celle du corps, se confond avec celle de l’esprit; un jour viendra où on ne les distinguera plus, car elle n’en feront plus qu’une. Qu’importe si l’avenir est encore lointain, et l’obscurité profonde? On se dégage des ténèbres, caron sait où est la lumière et l’on avance.
C’est la clinique et c’est l’anatomie pathologique qui, toutes seules et sans aucun secours, ont accompli cétte révolution. La physiologie expérimentale est venue ensuite, et, avec elle, la confirmation à ét'é éclatante. De grands noms marquent les étapes de cette brillante conquête : parmi les pathologistes, Broca, Charcot; parmi les physio-
logistes, Hitzig, Ferrier, Fr. Franck, Munk. Il n’est pas jusqu’aux adversaires de la psychologie nouvelle, comme Goltz, dont l’ardente opposition n’ait été féconde ;
La question étant posée dans des termes nouveaux, l’étude de la pathologie cérébrale comporte une méthode et un ordre différents de ceux qui avaient été adoptés jusqu’à ce jour. Si le nombre et les variétés des maladies de l’encéphale n’ont pas changé, leurs manifestations restent subordonnées aux troubles, isolés ou combinés, de chacun des centres fonctionnels dont le cerveau se compose; La nature de la lésion est presque indifférente ; la localisation est presque tout (Charcot). Il n’est donc plus possible d’envisager les affections de l’encéphale autrement que comme des excitations ou des inhibitions de certains centres. Dans tel cas on ne constate que de l’excitation; dans tel autre seulement de l’inhibition; ou bien, sous l’influence d’une même cause exerçant, comme font en général les tumeurs, à la fois une action excitante et une action paralysante, on assiste à une scène symptomatique plus ou moins compliquée, dont l’origine et le développement ultérieurs ne sont compréhensibles qu’avec le secours de la topographie anatomo-physiologique.
Que faut-il donc entendre par localisation cérébrale?
Il n’entre pas dans le programme d’un traité do médecine de présenter sous toutes ses faces un sujet aussi vaste. Mais on ne saurait trop répéter et proclamer ce qui découle de ce que nous venons de dire : « La nature des lésions est d’importance secondaire, leur localisation est tout. » Cet axiome, formulé par Charcot, a rendu à la pathologie cérébrale des services incalculables. Il s’ensuit que l’étude des localisations s’étend bien au delà des limites de la pathologie spéciale, en tenant lieu du canevas indispensable sur lequel les combinaisons innombrables de la clinique vont se dessiner. Dans l’état actuel de la science où l’inconnu occupe encore une si grande place, la notion du siège des fonctions encéphaliques commande tout le reste. Il n’est pas interdit ici de procéder à la façon des mathématiciens qui, pour simplifier la recherche, supposent d’abord liï problème résolu. Certaine hypothèse est bon seulement permise, mais encore nécessaire, indispensable; elle n’ést
iment un poslulatum. Qu’il nous soit donc permis d al uestion ; la connaissance exacte des faits eux-mêmes n cela compromise, et l’exposition n’en sera que plus fi
réflexes et formation des images. — Il faut envisager les i emier commencement.
stance animale vivante est sensible et contractile. Les i
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rait. croire qu’elle est réductible à une vibration sous forme d’onde, comparable aux vibrations lumineuses ou électriques. Les organes conducteurs des ondes sont les nerfs. Les nerfs centripètes ou sensitifs sont ceux qui transmettent l’onde depuis la périphérie jusqu’au centre nerveux ou centre de réflexion. Les nerfs centrifuges ou moteurs sont ceux qui transineucni 1 onde depuis le centre nerveux jusqu’à la périphérie. Pour chacune des mêmes parties sensibles et contraetiles de l’individu, les nerfs sensibles et les nerfs moteurs suivent le même trajet, côte à côte, dans la même gaine isolante.
Le centre de réflexion chez les êtres supérieurs est le névraxe.
La complexité de structure de celui-ci, de plus en plus grande à mesure que l’être se perfectionne, résulte de ce fait que la contraction n’est pas une réflexion immédiate de l’excitation : certaines excitations, au lieu de se réfléchir sous la forme d’une contraction, s’emmagasinent. Une onde de sensibilité, en tant que vibration, est une force vive ; si elle ne donne pas lieu à une réflexion contractile immédiate, elle ne peut pas être perdue pour cela. Une force vive ne se perd pas. La vibration lumineuse, dans des conditions spéciales que chacun connaît bien, nous fournit un exemple du même genre. Les deux phénomènes sont absolument identiques, et l’explication de l’un nous fournit la clef de l’autre.
L’appareil nerveux est une reproduction. trait pour trait, d’un appareil photographique. Une onde sensible ou lumineuse, rayon sensible ou rayon lumineux (A, fig. 2), arrive à la lentille d’un objectif de chambre noire. Cette onde est réfléchie en partie, mais non en totalité, La lentille équivaut au centre nerveux de réflexion simple (C N). Mais la vibration se propage au delà de la lentille, elle va influencer, au fond de la chambre noire, la plaque de verre imprégnée de sel d’argent (EE). Là, ce rayon lumineux (ou onde sensible), expression de l’excitation venue du dehors, n’est pas réfléchi; il est absorbé et produit une transformation moléculaire du sel d’argent ou de la substance nerveuse sur laquelle son action semble s’épuiser.
Au premier abord, rien ne fait supposer que le sel d’argent soit décomposé ou que la substance nerveuse ait subi une modification
versées. La surface sensible du névraxe est .divisée en ( deux moitiés, -l’une droite, l’autre gauche, correspondant chacune à la moitié opposée de la surface d’excitation. Ces deux moitiés de l’extrémité supérieure du névraxe qui représentent les organes essentiels de l’appareil sont les hémisphères cérébraux. Le sens des ondes centripètes et centrifuges est subordonné à une disposition préexistante du trajet des conducteurs nerveux; ceux-ci s’entre-croisent sur la ligne médiane, et comme au centre de l’objectif, en formant ce qu’on appelle la décussation des pyramides. On distingue, àceniveau,une pyramide sensi-, tive, chargée de conduire les ondes centripètes, et une pyramide motrice, chargée de conduire les ondes centrifuges.
L’entre-croisement des conducteurs occupe une région très limitée de la moelle allongée, au voisinage du sillon bulbo-protubérantiel. Les lésions profondes de cette région, lorsqu’elles interrompent le trajet des conducteurs, suppriment le mouvement de propagation de l’onde dans les deux sens. Ce sont les lésions nerveuses les plus graves de toutes ; la lentille de l’appareil photographique est brisée.
La formation des souvenirs sur le fond de l’appareil répond, avec une exactitude très remarquable dans son ensemble, à la place du point excité Sur la moitié opposée de la surface du corps (fig. 3). L’écorce cérébrale joue le rôle de la plaque photographique, où se fixe l’image renversée du monde extérieur; c’est le monde extérieur qui est l’excitateur par excellence ; c’est de lui que viennent les ondes centripètes. Sur cette écorce viennent s’inscrire les ondes centripètes, suivant une topographie invariable : les ondes centripètes de la moitié droite, par exemple, forment leurs images sur l’hémisphère gauche.
iur aboutissent à la région moyenne et latérale (MS); celles aboutissent à la région latérale et inférieure (F). ■' tre part, pour les ondes centripètes dirigées d’avant en arrièi ■ les ondes visuelles, les images-souvenirs se forment à la par eure de l’hémisphère opposé, et l’on pourrait poursuivre aii paraison qui assimile la fixation des souvenirs il Un acte mater iphique. si la complexité de structure de l’encéphale ne fais obstacle à une pareille schématisation, oit tirer de ce qui précède la conclusion suivante : toutes les onc êtes qui vont au delà de la surface spinale de réflexion et abc à l’écorce cérébrale se transforment en autant d’images durabli rntant la nature, l’intensité et le lieu de l’excitation périphériqi
— « Quelle facilité est la nôtre pour perdre tout d’un coup le sentiment, la mémoire des choses dont nous nous sommes vus le plus fortement imprimés (1)1 » etc., etc. -N’est-ce donc pas la physiquequi emprunte le langage de la physiologie, en disant que les vibrations lumineuses impressionnent la plaque sensible ?
Les nerfs, à la périphérie ou dans la continuité du névraxe, n’ont, par conséquent, pas d’autre rôle que de conduire les ondes venues de l’extérierur, lumineuses, thermiques, électriques, sonores; ils sont le milieu vibratoire parfait où ces ondes se propagent, depuis la surface épidermique où elles ont été reçues jusqu’à l’écorce cérébrale ectodefmique où elles sont enregistrées. Le prétendu influx nerveux n’est donc autre chose qu’une vibration lumineuse, ou une vibration thermique, ou une vibration électrique, ou une vibration sonore transformées. Le nerf acoustique transmet la vibration sonore depuis la caisse tympanique, identique à une membrane métallique de téléphone, jusqu’à l’écorce grise, où les ondes s’enregistrent et se gravent comme sur le rouleau d’un phonographe. La seule qualité de l’instrument fait que la gravure est plus nette ; l’amplitude et le nombre des vibrations font qu’elle est plus profonde.
Ainsi image et souvenir sont synonymes. La complexité du souvenir ne résulte que de la complexité des images; et toujours nous Voyons que tout se borne à ceci : une vibration extérieure arrivant à l’ectoderme sensible, transformée par une portion de celui-ci (œil, oreille, etc.), transmise par un milieu vibratoire (nerf) et enregistrée sur une surface (écorce cérébrale) impressionnable, c’est-à-dire capable de garder t'empreinte.
L’empreinte n’est pas indéfiniment persistante. Elle tend à s’effacer avec l’àge ; elle subit des altérations plus ou moins graves selon les modifications morbides de la surface impressionnée. Mais, quelle que soit sa durée, elle garde en soi une variété d’énergie emmagasinée; toujours prête à se manifester en force vive à la sollicitation de certains agents.
(1) La liitUYKitli, Discerna de réception à l’Académie.
Les agents à la sollicitation desquels les images se réveillent ou se révèlent sont encore des excitations venues du monde extérieur. Si rien du dehors n’arrive à la surface corticale par la voie des conducteurs centripètes; lies images restent inutilisées, comme des clichés dans leur boite. Ces images, comme ces clichés, sont prêtes à resservir, selon les occasions, mais elles n’ont pas d’activité spontanée. En d’autres termes, la genèse spontanée des idées n’existe pas.
D’ailleurs, ce n’est pas toujours d’une excitation extérieure parvenue exactement à telle ou telle image que résulte la mise en jeu de la force vive emmagasinée dans cette image. C’est quelquefois de l’excitation produite par une autre image qui, celle-la, a subi l’influence directe d’un objet du dehors ; c’est quelquefois de l’excitation successive de plusieurs images, liées entre elles par des voies nerveuses propices à la conduction des vibrations incidentes et des vibrations réfléchies. Le réveil d’une image peut donc être la conséquence d’une excitation centripète, dont le point d’arrivée dans l’écorce est très éloigné du centre de formation réel de cette image. Par Vassociation des images s’éveillent ou se ravivent en nous des souvenirs dont nous ne saisissons pas immédiatement la cause extérieure actuelle.
Ainsi, avoir Vidée d’une chose c’est toujours se souvenir de cette chose, si abstraite qu’elle paraisse. Le souvenir, pour que l’idée soit précise et complète, doit consister dans le réveil de toutes les images que la chose a gravées sur l’écorce : l’exemple suivant est classique. Une cloche a une forme et une couleur auxquelles correspondent des images corticales visuelles de forme et de couleur; elle a une sonorité, une tonalité, un timbre auxquels correspondent des images corticales auditives de sonorité, de tonalité et de timbre; elle a une dureté à laquelle correspond une image corticale tactile; elle a enfin une température et un poids auxquels correspondent des images corticales thermiques et musculo-sensorielles. Nous pouvons créer en nous chacune de ces images isolément, en voyant la cloche, en l’ecoutant, en la touchant en la mesurant. Mais chez l’homme sain, qui n’est ni aveugle, ni sourd, et qui possède intactes ses sensibilités tactiles, thermiques et musculaires, toutes les images se formentà la fois ou presque à la fois. Les vibra-
tions sonores, lumineuses, tactiles, etc., qui sont transmises au cerveau conformément au son, à la forme, à la dureté de la cloche produisent une résultante qui est Vidée ou le souvenir de la cloche. Le son de la cloche, — même pour qui ne la voit pas, — éveille le souvenir de sa forme, de ses dimensions, de sa couleur, etc:, bref l’idée de cloche;
L’idée comporte-t-elle un centre d’idéation?
La résultante des vibrations lumineuse, thermique, sonore, etc., se grave elle-même sur l’écorce ; la localisation de cette image totale constitue un nouveau centre : le centre d’idéation. Celui-ci n’a sa placé ni dans la sphère visuelle, ni dans la sphère auditive, ni dans aucune autre, mais en quelque sorte au centre de gravité de toutes les images précédentes.
Il n’occupera pas toujours le même siège : suivant l’intensité de l’action vibratoire des ondes périphériques sur tel ou tel centre de formation des images, l’idéation aura pour lieu anatomique prépondérant une région de l’écorce plus voisine tantôt de la sphère visuelle, tantôt de la sphère auditive, tantôt de la sphère tactile, etc.
Chez l’aveugle qui entend la cloche et ne la voit pas, le centre d’idéation aura évidemment une autre place que chez le sourd qui voit la cloche et ne l’entend pas. Le réveil de l’image corticale ou du souvenir de la cloche sera provoqué chez l’aveugle par une stimulation de la sphère auditive, et chez le sourd par une stimulation de la sphère visuelle. Chez un homme qui n’est ni sourd ni aveugle, mais dont les images visuelles sont plus profondes que les images auditives, la localisation de l’idée de cloche sera plus voisine de la sphère visuelle que de la sphère auditive, et réciproquement.
Par ce qui précède, on voit qu’il est difficile d’admettre l’existence d’un centre d’idéation invariable et topographiquement déterminé.
; L’hémisphère cérébral n’emmagasine pas seulement les images des choses extérieures. Il retient, en quelque sorte sous la forme de tracés graphiques, les souvenirs de nos propres réactions musculaires. La répétition de certains actes musculaires crée dans le cerveau de l’enfant une image de mouvement, comme la répétition de certains mots rimants, modulés et cadencés, crée le souvenir d’une chanson ou d’une
fable. La formation des images de mouvements que l’on est. convenu d’appeler automatisme. .No quement, comme nous parlons automatiquemc mouvement de la marche et des mouvements di sent l’influence qui les réveille. Les mouvemei rieurs qui semblent, au premier abord, dép fonctionnent de même, par le fait de l’habitude 01 dire par le fait de la formation des images motrit à tricoter.. C’est toute une science des doigts c premier coup. D’abord l’enfant est maladroite, des progrès; les aiguilles vont de plus en plus où le travail se fait en quelque sorte tout seul le fil passe, repasse, un point en dessus, un petite fille ne s’en aperçoit pas; qui plus est, sans s’en douter; elle marche, elle parle, elle tricotant, et en comptant à son insu. Voilà <1 plus délicat. Supposerait-on un instant que 1s pliqués des petits muscles des doigts correspor
Il existe, on peut le dire, au point de vue morphologique; autant ■d’individualités cérébrales que d’individus : il en est des cerveaux comme des visages. D’autre part, s’il'est certain qué, malgré les innombrables dissemblances des visages et l’absence du type humain idéal, certaines conformations des traits constituent des anomalies, il n’est pas moins certain qu’il y a des cerveaux anormaux, et même monstrueux.
La plupart du temps, la monstruosité dans la forme a pour 'conséquence une irrégularité dans la fonction. Mais ce n’est pas là une vérité absolue, et si l’on se hâte d’en tirer des conséquences générales, on risque d’énoncer de graves erreurs.
La théorie du cerveau génial et du cerveau criminel est une de ces erreurs. Édifiée sur le sable, elle s’écroulera d’elle-même. Le crédit passager dont elle aura joui ne peut s’expliquer que par le goût du public pour le nouveau ou ïe renouveau, par la séduction du paradoxe ingénieusement soutenu, par le talent incontestable et l’enthousiasme des promoteurs de la doctrine.
On s’est attaché beaucoup trop exclusivement à l’étude de la surface cérébrale; qu’on ne nous reproche pas un jeu de mots si nous disons que, dans la description du manteau de l’hémisphère, la grande majorité des auteurs se sont montrés trop superficiels. Peu d’entre eux ont considéré que les scissures et les sillons, s’enfonçant à une profondeur qui n’a jamais été mesurée proportionnellement à la superficie de l’écorce, font partie de 1 écorce elle-même ; que les anomalies apparentes des plis visibles peuvent être compensées par les variations de profondeur de ces anfractuosités ; que ces anfractuosités mêmes sont des circonvolutions retournées, en d’autres termes, l’énvers des plis du manteau; que, dans la substance blanche où ils se cachent, tous ces plis et replis, si l’on pouvait les dérouler, présenteraient un développement de substance grise bien plus considérable que ce qui se voit du dehors. Les consciencieuses recherches de Calori, de Giacomini sur ce sujet, n’ont pas fourni de résultats dont on puisse tirer dos conséquences pratiques. Bref, si l’on connaît suffisamment les anomalies de l’écorce visible, on connaît mal celles de l’écorce invi-
Modifications du type schématique à la face externe de l'hémisphère.
Les circonvolutions de la convexité sont sujettes à des variations beaucoup plus nombreuses que celles de la face interne de l’hémisphère. Nous ne mentionnerons que les plus fréquentes, après avoir reproduit sur les schémas 32 et 33 l’aspect du type schématique de l’hémisphère adulte. Le schéma 32 (A, p. 62) est destiné à rappeler la nomenclature des anfractuosités: le schéma 33 (B, p. 63) rappellera celle des circonvolutions.
Sur le schéma 32 (A), on remarquera certaines incisures qui ne figuraient pas sur le cerveau foetal, mais qui, en raison de leur constance sur le cerveau adulte, méritent d’être classées parmi les traits fondamentaux du type schématique. Par exemple, on constatera presque toujours, dans la continuité de la première circonvolution frontale, une incisure isolée, allongée, parallèle au premier sillon frontal (/’,) et qui subdivise la première circonvolution en deux plis secondaires. Cette incisure, qu’il faut appeler incisure ou sillon de la première circonvolution frontale (/,’), occupe en général la région postérieure de cette circonvolution. On trouve une incisure analogue dans la continuité dé la deuxième frontale ; nous l’appelons, de môme, incisure ou sillon de la deuxième circonvolution frontale (ff). Celle-là est encore beaucoup plus constante que la précédente. Elle a permis à Hervé de considérer la deuxième frontale de l’homme comme une circonvolution toujours dédoublée.
Dans la région pariétale, trois incisures verticales méritent également un nom spécial. L’une d’elles, la plus antérieure, qui souvent fait suite à la scissure de Sylvius, remonte dans la deuxième circonvolution pariétale : c’est V incisure du lobule pariétal inférieur(ipi) ; la seconde, isolée au milieu du lobule du pli courbe, quelquefois étoilée, est l'ineisure du lobule du pli courbe (igp) . La troisième, postérieure, tantôt isolée, tantôt branchée sur le sillon pariétal, tantôt continue avec le sillon
de la circonvolution est complètement modifié; on n’y reconnaît plus rien do la forme typique. 11 suffit pourtant de constater que l’incisure du cap part de la scissure de Sylvius, pour qu’on retrouve et détermine aisément chacune des parlios constituantes de la troisième circonvolution frontale.
Suppléances et compensations réciproques des différentes parties du manteau cortical.
On a beaucoup;écrit et beaucoup disputé sur les causes du plissement cérébral. Cette question est encore bien loin d’être élucidée. Mais il est un fait primordial, que chacun peut aisément constater et qui est à la base de toutes les théories présentes ou, à venir; c’est que les sillons les plus précoces répondent, dans la profondeur de l’hémisphère, aux faisceaux de substance blanche dont le développement s’achève le plus promptement..La scissure de Sylvius et la calcarine apparaissent les premières sur l’écorce encore lisse de l’hémisphère ; or les parties du centre ovale qui leur sont sous-jacentes ne subissent, au cours de l’accroissement du cerveau, aucune modification appréciable, ni dans leur forme, ni dans leur épaisseur . 11 est donc plus que vraisemblable que les sillons ne se montrent à la surface do l’hémisphère que lorsque la substance grise qui les double a contracté des connexions définitives avec les noyaux centraux (couche optique, etc.). Et ainsi s’établit le premier système de projection de Meynert.
Ces premières connexions entre la surface et les noyaux du centré n’empêchent pas l’écorce de s’accroître ; mais, au fur et à mesure que de nouvelles connexions compliquent le premier système de projection, les plis du manteau deviennent plus nombreux. Chaque pli rentrant correspond a une sorte de bride qui relie la périphérie aux masses opto-striées.
D’autre part, nous savons que le mode de développement du manteau diffère suivant les sujets. Cela tient à ce que l’écorce ne s’accroît
et ainsi, peu à peu, le cerveau acquiert la conformati laquelle il semble figé et qu’il garde indéfiniment, à où le développement s’arrête. C’est véritablement ondulations corticales qui décide, en dernière analyss des plis du manteau, et comme ces plis n’occupe espace restreint, ils se pressent et s’entassent dans 1 permet la capacité crânienne. Les scissures sont les ] püis on voit se creuser les sillons et finalement les i sures et les sillons sont constants; lesincisures sont si l’existence des scissures et des sillons est constant direction, leurs courbures, leur profondeur ne le son du volume des circonvolutions adjacentes. L’accroif convolution dans une certaine direction peut augme d’une des anfractuosités qui 1 la limitent d’un côté et
intéressants pour en tracer, séance tenante, un croquis rapide.
Le premier de ces deux dessins représente la base du cerveau d’une femme morte d’un cancer utérin dans le service de M. Charcot. On voit partir de la partie moyenne de la bandelette optique une mince couche de fibres recourbées en dedans et en arrière, qui passent comme un pont oblique au-dessous du pédoncule pour se perdre au voisinage de son bord interne, soit dans l’épaisseur de son bord interne lui-même, soit dans la substance grise de l’espace perforé postérieur. Nous n’avons pas songé à poursuivre le trajet de ce faisceau. Le second dessin figure une disposition analogue.
La bandelette optique gauche envoie au pédoncule gauche quelques petits faisceaux obliquement dirigés en arrière et en dedans, et qui, émergeant de la bandelette optique à une assez faible distancé en arrière du chiasma, se confondent avec les fibres du pédoncule vers la partie moyenne de l’étage inférieur. Les deux cas en question nous paraissent donc concorder complètement avec le fait unique dont M. Paul Broca a fait mention incidemment.
Ces faits ont trouvé leur emploi dans l’étude du faisceau ère écharpe.
Le faisceau en écharpe.
Le traelus tranversus peduriculi (Gudden) est un petit faisceau superficiel du pied du pédoncule qui se dirige, ainsi que son nom l’indique, de dedans en dehors (TP). Il émerge de la lame perforée postérieure, à la partie la plus interne du pied, et le plus souvent, au contact du bord antérieur de la protubérance. Il suit d’abord la direction des fibres internes du pédoncule, puis se porte en dehors, passe devant le pied, le contourne, et, parvenu à son bord externe, au voisinage du corps genouillé interne, va se jeter, non loin du tubercule quadrijumeau antérieur, dans une région où ses fibres deviennent difficiles à
■ stance blanche qui tapisse ce ganglion dans la cavité du carrefour ventriculaire, et comme elles communiquaient avec la bandelette en avant du corps genouillé, elles semblaient établir une connexion directe entre la rétine et la substance interpédoncülaire. Il existe des communications semblables, non pas sous le pied du pédoncule, mais au-
II s agissait donc ei la bandelette optique.
Ce qu’on peut dire, c’est que dans la très grande majorité des cas, le traclm iransversus parait relier la région des corps genouillés à la région interpédoncülaire.
Nous avons déjà parlé de
quelque sorte d’une ectopie des fibres de
tèe par la couronne rayonnante du corps genouillé externe et, un peu plus en dehors, par les fibres du segment postérieur de la capsule interne.
Lorsqu’on veut se rendre exactement compte de la situation et des rapports de la bandelette sous-optique, c’est au point que nous venons d’indiquer qu’il faut faire la coupe : le couteau doit passer par le milieu du corps genouillé externe, là où il est apparent en arrière et en dehors du pédoncule cérébral. Il ne faudrait pas faire la coupe plus en arrière ; en effet, les fibres dont se compose la bandelette sous-optique sont dirigées d’avant en arrière et vont former la majeure partie du stratum zonale du pulvinar. Une coupe vertico-transversale en arrière du corps genouillé externe ne fait qu’abraser l’extrémité postérieure du pulvinar, où la bandelette optique, devenue stratum zonale, commence à éparpiller ses fibres. Là, est une des extrémités de la bandelette sous-optique, celle qui représente la terminaison thalamique de la racine postérieure de la couche optique. Si donc, on cherche à se figurer le trajet de la bandelette sous-optique, il faut la prendre plus près de son extrémité thalamique, dans la région que nous venons d’indiquer, c’est-à-dire au niveau où les fibres dù stratum zonale du pulvinar se condensent pour former le faisceau incrusté dans la concavité externe du corps genouillé externe.
L’extrémité corticale de la bandelette sous-optique est, nous l’avons dit en commençant, beaucoup plus diffuse, puisqu’elle s’étale en éventail dans une certaine région du lobe sphénoïdal. Mais ces fibres, avant de diverger, restent encore quelque temps groupées en un faisceau compact : c’est le trajet de ce faisceau que les coupes permettent de
Sur une coupe passant en avant du corps genouillé externe, on reconnaît la bandelette optique ou tractus optique (BO) accolée aux fibres de la capsule interne. Immédiatement en dehors du tractus optique, toujours reconnaissable à sa forme aplatie, on distingue la bandelette sous-optique (BSO), allongée dans le sens transversal, et formant en partie la voûte du ventricule sphénoïdal. EUe est encore limitée en dehors par la queue du noyau caudé (NCC), au-des-
sus duquel elle s’étale de dedans en dehors. En haut, elle est séparée du putamen par les fibres les plus antérieures du segment postérieur de la capsule.
Plus en avant encore elle arrive au contact du noyau lenticulaire, situé au-dessus d’elle. La queue dû noyau caudé (NCC), toujours audessous, se rapproche de dehors en dedans de la lame grise de l’uncUs. On remarquera que l’uncus, auquel le tractus optique (BO) est immédiatement sus-jacent, se relève toujours en dos d’âne pour séparer la bandelette sous-optique (BSO) du tractus optique (BO).
Sur la coupe qui passe en avant de l’extrémité antérieure du ventricule, l’uncus s’est fondu dans la masse du noyau amygdalien (NA). Ce gros noyau sépare désormais par un long intervalle la bandelette optique (BO) et la bandelette sous-optique (BSO). Celle-ci devient a ce niveau toujours triangulaire. Le côté supérieur du triangle est en contact avec la commissure antérieure. Le côté inféro-exteme est limité par les fibres sphénoïdales du tapétum. Enfin, le côté inféro-interne concave embrasse dans sa courbure toute la convexité externe du noyau amygdalien.
Sur une coupe encore plus antérieure, passant par la circonvolution de l’hippocampe, en avant de l’uncus, les fibres de la bandelette sousoptique s’écartent, se portent obliquement en bas et en dedans : leur coloration sur les coupes vues par transparence devient foncée, parce qu’elles sont dans le plan de la coupe, et non plus perpendiculaires à ce plan. Celles qu’on voit sur une coupe plus antérieure appartiennent à la convexité antérieure du noyau amygdalien : leur direction générale est telle qu’elles forment une concavité regardant en haut et en dedans.
On distingue la môme direction et la même courbure sur la plus antérieure de toutes les coupes, voisine de la pointe sphénoïdale. A ce niveau, la bandelette sous-optique est sous-jacente au faisceau unciforme, dont les fibres semblent claires par transparence en raison de leur direction antéro-postérieure. Il est à présumer que le faisceau unciforme séparé complètement cette extrémité de la bandelette sousoptique de la région opto-striée; de même, il nous parait vraisemblable qu’aucun groupe important de fibres de la bandelette sous-
noyaux visuels ; ou, s’il en existe, elles sont on si petit nombre que leur destruction ne peut à elle seule produire l’hémiopie. Los lésion du cûneus tout seul sont incapables de produire l’hémiopie par une rupture des fibres de projection. Si les lésions du cuneus ont ce résultat, le mécanisme de l’hémiopie n’est pas celui qu’on invoque en général, c’est-à-dire qu’il ne répond pas à uno interruption des fibres cortico-thalamiques directes (1);
b . - pnrsiOLOGii:
Mouvements d’expansion et de r
(Comptes rendus du Moratoire du Professeur Marey;IlI, 1877.)
Ce mémoire publié en collaboration avec M. François Franck relate les résultats d’expériencos pratiquées sur une malade du service du professeur A. Fournier : cette femme, atteinte d’une large perte de substance des os du crâne, présentait des battements du cerveau très faciles à enregistrer à l’aide d’un explorateur à transmission par l’air ; en même temps on inscrivait les mouvements respiratoires, le pouls radial ou carotidien, les battements du cœur, etc. Cette étude nous a conduits aux principales conclusions suivantes :
1* Les mouvements du cerveau, en rapport avec les battements du cœur et avec les mouvements respiratoires, se produisent dans la boite crânienne, au sein du liquide sous-arachnoïdien, selon les mêmes lois que les changements rythmiques du volume de la main enfermée dans un appareil à déplacement ;
2" Le cerveau augmente de volume pendant l’expiration et s’affaisse pendant l’inspiration ;
3" L’effort produit une augmentation très notable du volume du cerveau, à la condition qu’il s’opère après une inspiration qui a emmagasiné une certaine quantité d’air dans la poitrine ;
4° La compression des jugulaires à la base du cou détermine une turgescence du cerveau, qui semble bien moins considérable que celle que produit dans la main la compression des veines au pli du coude.
Cette différence parait tenir h ce que le liquide sous-arachnoïdien, fuyant vers la cavité rachidienne, dérobe l’indication vraie du degré de turgescence sanguine du cerveau, et ne permet de saisir qu’une différence, tandis qu’on recueille l’effet total dans l’expérience pratiquée sur la main;
5» L’attitude verticale détermine une véritable aspiration sur le sang du cerveau, qui s’affaisse beaucoup plus que si la pesanteur seule inter-
6‘ L’aspiration d'une grande quantité de sang dans un membre inférieur avec la ventouse Junod, quoique déterminant des troubles évidents d’anémie cérébrale, ne fait pas cependant diminuer le volume du cerveau dans la même proportion que celui d’un autre organe, de la main par exemple. La raison de cette différence parait être dans un afflux compensateur du liquide sous-arachnoïdien qui vient occuper la place laissée libre par le sang.
Analyse graphique de la contraction musculaire dans les réflexes
(Thèse, 1880, chap. vl <!).)
Un des points les plus importants de l’étude de tous les réflexes consiste dans la mensuration du temps qui s’écoule entre le moment de l’excitation périphérique et celui de la contraction musculaire. M. Tschirjew a pu apprécier cet intervalle avec une grande exactitude. De notre côté, nous nous sommes attaché à résoudre le même problème, et nous indiquerons les résultats auxquels nous sommes arrivé. Le réflexe rotulien commence à s’exagérer dis l’apparition de la contracture secondaire. Cette exagération se manifeste même souvent à une époque oû la contracture n’est pas encore bien franche, et quelquefois elle sert à cette dernière de symptôme précurseur. Au moment où la contracture secon-
daire s’établit, on obtiendra donc par la percussion du tendon rotulien une secousse du triceps paralysé plus violente que celle du triceps non paralysé. Peu à peu la différence s’accentuera en raison directe des progrès de la contracture, et, au bout de quelques mois, le symptôme présentera des caractères véritablement très significatifs. Nous avons analysé par la méthode graphique les caractères du réflexe rotuliert chez un bon nombre de nos malades. Dans ce but nous avons fait construire un petit appareil dont nous allons donner la description, et grâce auquel les résultats que nous cherchions paraissent offrir Une exactitude assez rigoureuse.
i" La première condition qu’il y avait à remplir, étant donné que nous voulions mesurer une différence d’un côté à l’autre, consistait â percuter le tendon rotulien avec une force égale des deux côtés.
On sait, en effet, depuis les expériences bien connues de Rosenthal, que l’intensité des actions réflexes varie proportionnellement à la force de l’excitation; et que le temps de la réflexion est d’autant moindre que l’excitation est plus forte ; de façon que si l’excitation est très forte, ce temps peut devenir excessivement court. Or, le temps de la réflexion dans le phénomène du genou, devant être pris en très grande considération, comme représentant une des qualités de ce réflexe les plus essentielles, il importait que la percussion fût absolument de même intensité pour le côté sain et pour le côte contracture. Ln percuteur gradué pouvait seul remplir les conditions indispensables. L’organe de percussion consiste en un ressort qu’on peut tendre de la même façon qu’un chien de fusil et arrêter à différents degrés de là hauteur de tension totale par des crans de charnière gradués, au moyen d’un système de déclenchement disposé comme une gâchette; ce ressort, muni d’un petit marteau, peut se détendre et aller frapper avec une force mesurée la face antérieure du tendon rotulien.
2* La deuxième condition à remplir consistait à déterminer exactement sur le cylindre enregistreur le moment exact de la percussion du tendon.
Pour cela, nous avons eu recours au procédé suivant ; la région rotulienne est recouverte par une petite feuille métallique (étâin Ou
dont les muscles en état de contracture sont si 1
t nous avons employé un myographe récemment y pour les expériences de M. Mendelssohn sur isoles. Ce myographe isole la contraction musc vements étrangers, et les tracés ainsi obtenus pi i de la contraction physiologique provoquée expé in animal immobilisé. Enfin nous avons recueil! i réflexe sur le cylindre du régulateur de Fou mt un tour complet à la seconde, et sa circ(
1 L’examen d’un tracé recueilli chez un sujet sain nous permet ainsi d’envisager un certain nombre de caractères que l’état de contracture modifie à différents degrés et qui sont : f la durée du temps réflexe; 2* l’amplitude de la contraction ; 3' la durée de la contraction; 4' la forme de la contraction.
Il est donc de toute nécessité d’étudier avec quelques détails ces caractères des réflexes tendineux à l’état normal.
l ‘Mesure du temps réflexe. De très nombreux travaux ont été entrepris déjà sur ce point, d’ailleurs très important, de l’histoire des réflexes tendineux et particulièrement du phénomène du genou* Chez l’homme, d’après Tschirjew, la durée du temps réflexe serait de 32 à 34 millièmes de seconde; mais ce temps n’exprime pas exactement l’intervalle du moment.de la percussion et du mbment de la Contraction du triceps. Le temps réflexe ne commence qu’au moment de l’excitation des fibres nerveuses à courant Centripète disséminées à la périphérie du muscle.' Il y a par conséquent à' faire, une correction relative à la durée de cette transmission élastique de la percussion patellaire dans toutes les mesures du temps du réflexe rotulien. Sans doute il était bon que cette évaluation absolue .fût faite régulièrement ; mais dans les recherches cliniques, où l’on n’a en vu que des appré-' ciations relatives , cette donnée est superflue, d’autant qu’elle correspond à une valeur négligeable.
Nous avons à notre tour cherché à déterminer exactement la durée du réflexe patellaire chez l’homme sain, et le chiffre que nous avons obtenu est un peu supérieur à celui de M. Tschirjew. En général, ce temps est de 48 à 52 millièmes de seconde; et si M. Tschirjew conclut en faveur d’une durée sensiblement inférieure (32 à 34), cela tient tout simplement à ce qu’il a expérimenté chez des sujets atteints de tabes dorsal spasmodique, c’est-à-dire dans des conditions où l’excitabilité réflexe de la moelle épinière est toujours notablement exagérée. Cette différence est donc purement pathologique; elle n’infirme en rien l’exactitude des procédés dont s’est servi M. Tschirjew; bien plus, elle corrobore pleinement les résultats que nous avons obtenus neusmême chez des malades atteints de tabes spasmodique, ainsi que chez
que chez un certain nombre de sujets sains pris au hasard, la contraction réflexe du triceps fémoral ne peut pas être représentée sur les tracés par une moyenne.
3“ Longueur ou durée de la contraction. — Ce que nous venons de dire de la hauteur de la contraction peut être redit de sa longueur. Cependant il parait ressortir de nos expériences, faites sur un assez grand nombre de sujets très différents par l’embonpoint, que, pour une excitation de moyenne intensité, la durée de la contraction réflexe est de 1/3 ou 1/2 seconde.
4° Forme de la contraction. — Nous avons dit déjà que la courbe d’une contraction réflexe du triceps présentait la plus grande analogie avec les courbes musculaires recueillies par voie expérimentale, dans les recherches physiologiques faites sur les animaux. Chez les hémiplégiques, les caractères du tracé pathologique réalisent dans leur ensemble un type général qu’il est essentiel d’étudier en premier lieu. Sur les tracés on peut voir tout d’abord que le temps réflexe du côté paralysé est plus court que du côté sain. Cette différence varie ordi r naircment de 4 à 5 millièmes de seconde, mais dans certains cas, elle peut être beaucoup plus faible (t ou 2 millièmes seulement), et, par contre, chez plusieurs malades, nous l’avons vue atteindre jusqu’à 12, 13 et même 15 millièmes. Ce fait de la diminution du temps perdu est presque absolument constant; il est, en quelque sorte, le critérium de l’état spasmodique, jugé d’après les qualités des reflexes tendineux. Dans toutes les hémiplégies on retrouve presque invariablement ce caractère avec de simples différences du plus au moins, qu’il s’agisse d’une hémiplégie ancienne par hémorragie cérébrale, d’une hémiplégie avec contracture et atrophie unilatérale par sclérose congétinale du cerveau ou même d’une hémiplégie hystérique.
Mais ces tracés nous enseignent encore un fait de la plus haute importance : ils nous font voir que, chez un hémiplégique, le temps réflexe du côté sain est lui-même plus court que le temps réflexe d’un sujet non hémiplégique. Ainsi, tandis que chez les individus bien portants le temps réflexe oscille entre 48 et 52 millièmes de seconde, le temps réflexe du côté sain chez un hémiplégique oscille entre 38 et 42.
les excitations, les actes se compliquent et se combinent dans le but évident de repousser l’agent irritant. C’est là de l'automatisme au premier chef. Mais il n’y faut pas voir une manifestation d’ordre réflexe, seulement sous prétexte que la piqûre a été sentie.
Les vrais réflexes cutanés sont, en résumé, des actes beaucoup plus élémentaires, et le nombre en est très restreint. Ils résultent d’un simple attouchement ; ils n’impliquent pas, ils excluent même toute sensation douloureuse perçue ou non. Tel est le réflexe cornéen, tel est le réflexe crémastérien, tels sont les réflexes abdominaux, le réflexe anal, le réflexe auriculaire, le réflexe pharyngien, le réflexe plantaire.
Pour ce qui est du réflexe plantaire, sa mise en œuvre peut être suscitée par un très léger attouchement, le siège de la région excitable variant suivant les individus (pulpe des orteils, partie ou totalité de la plante).
La première excitation provoque habituellement un réflexe plus vif que les excitations suivantes.
Chez les sujets sains la sensation de contact ou de frôlement est toujours perçue, mais avec un caractère tout spécial — inconstant, il est vrai — qui ne saurait être décrit et qui consiste dans le chatouillement. Le nervosisme n’y est pour rien.
« Un malade, névropathe autant qu'on peut l’être, perçoit toutes les excitations plantaires, et ne sait cependant pas ce que c’est que la sensation de chatouillement. Les frottements répétés sous la plante des pieds lui font le même effet — ni plus ni moins — que les mêmes frottements sur le front ou sur la poitrine. « Cela, lui est absolument égal » ; et notez cependant que le réflexe se produit chez lui sous la forme typique dont il va être question. Un de ses voisins, chez lequel toute trace de nervosisme fait complètement défaut, accuse une réflectivité plantaire poussée à l’extrême. Le moindre contact le fait bondir. Quelle modalite spéciale de « tempérament » s’affirme ainsi par une sensibilité exquise des neurones tactiles? Je ne le dis pais. 11 est, en tout cas, probable qu’il ne s’agit pas d’autre chose que d’une susceptibilité particulière des organes du tact mise en branle par une action mécanique et indépendante de l’épaisseur de
rcher pieds 1 nus, et dont lepiderme plantaire est au momi que de fortes semelles de cuir. »
plupart des auteurs admettent que l’excitation plantaire p contraction plus ou moins énergique de la totalité des lu membre inférieur. Le fait n’est vrai que pour les excil
• __vives et prolongées.
Au contraire, par des excii très légères de l’épiderme de la du pied, on peut déterminer
que manquent les mouvements
manifeste dès l’abord et alors même de rétraction du membre inférieur.
i< C’est ainsi qu’on a pu l’observer chez un sujet atteint < de myélite aiguë centrale ayant une paraplégie flasque dés deux membres inférieurs et des sphincters avec des eschares et Une diminution considérable de tous les modes de la sensibilité depuis la ceinture jusqu’aux orteils. Cet homme percevait encore les frottements à la plante des pieds, mais il n’éprouvait plus comme autrefois la sensation de chatouillement. Or les frottements, les pincements, les piqûres ne provoquent plus chez lui qu’une seule contraction musculaire : celle du tenseur du fascia lata.
Chez un malade atteint de syringomyélie avec hémiparésie gauche, nous avons observé la coïncidence de ce réflexe avec le réflexe en extension des orteils sur le métatarse décrit par M. Babinski. Dans ce cas, l’extension des orteils persistait quelques instants comme une contracture, et le réflexe du fascia lata était retardé et moins accentué du côté malade que du côté sain.
Ces faits sont encore trop peu nombreux pour qu’on puisse en tirer des conclusions. Mais il est certain que leur étude pourra servir quelque jour. On peut en effet dès maintenant définir les connexions nerveuses qui unissent les neurones plantaires et les noyaux moteurs du tenseur du fascia lata.
On sait que la plante du pied est innervée par trois nerfs : le saphène interne, le plantaire interne et le plantaire externe. Ces deux derniers, qui sont les plus importants, proviennent du tibial postérieur et sont, par conséquent, tributaires des deuxième et troisième racines sacrées. Le tenseur du fascia lata reçoit l’incitation motrice par la voie du fessier supérieur, nerf tributaire des quatrième et cinquième racines lombaires (fig. 19).
Le trajet intraspinal de l’arc réflexe s’étend donc du niveau d’émergence des deuxième et troisième paires sacrées au niveau d’émergence des quatrième et cinquième paires lombaires, et ce détour ascendant des fibres centripètes prouve une fois de plus le défaut de concordance topographique des ; origines. motrices et des origines
Recherches microphoniques sur le bruit musculaire des muscles contracturés.
(Société de biologie, 1879.)
Ces recherches corroborent la théorie qui fait résider la contracture permanente dans l’exagération du tonus normal. Les premiers essais de l’analyse de la contraction musculaire au moyen du microphone sont dus à M. d’Arsonval. Les expériences de ce physiologiste n’avaient pas été publiées, mais il a bien voulu nous en communiquer les conclusions. Le microphone ou myophone (construit par Boudet de Paris) rappelle le myographe de Marey : la saillie du muscle au moment de la contraction agit par pression sur un charbon mobile autour d’un axe horizontal et maintenu en contact avec un autre charbon par un petit ressort en papier. La moindre contraction fibrillaire du muscle se traduit par le frottement des deux charbons l’un contre l’autre, et les variations de résistanco dans le circuit produisent des bruits caractéristiques. Il est de toute nécessité de faire préalablement l’éducation de l’oreille pour différencier les bruits propres du musclé des bruits étrangers occasionnés par le frôlement des fds ou les mouvements involontaires du sujet.
Le microphone est appliqué, par exemple, sur la face antérieure de l’avant-bras. Si le membre est inerte, ballant, on n’entend qu’un bruit continu excessivement faible (selon d’Arsonval, bruit du tonus normal), et auquel vient s’ajouter à chaque pulsation artérielle un bruit tout différent, plus fort, rythmé et occasionné, sans nul doute, par les déplacements des tissus sous l’influence du pouls.
Dès que le sujet fléchit un doigt, on perçoit le bruit musculaire : celui-ci très sonore, très régulier, suggère immédiatement à l’esprit l’ancienne comparaison du roulement lointain des voitures sur le pavé ; d’où lui est resté, d’ailleurs, la qualification de bruit rotatoire.
Nous avons ainsi exploré les muscles d’un assez grand nombre de
malades atteints de contracture permanente (lésions cérébrales ou spinales, hystérie), et les résultats fournis par ces diverses investigations nous ont toujours montréla plus entière concordance. Au biceps gaucho chez, une femme atteinte d’hémiplégie droite, on n’entend absolument que les frottements produits par les pulsations artérielles nettement rythmées. Sur le biceps du côté droit, aü contraire, on entend un bruit rotatoire, à peu près constant, il est vrai, mais plrn faible que celui de la contraction volontaire normale, et aussi plus irrégulier, plus saccadé, présentant des interruptions intermittentes ou des renforcements qui ne permettent pim de distinguer le rythme des artères sous-jacentes. Il semble que les fibres musculaires se contractent les unes après les autres, en se substituant les unes aux autres, en se suppléant sans cesse, les unes plus fortes, les autres plus faibles. Somme toute, ce bruit se différencie du bruit de la contraction par son intensité moindre, par ses intermittences et ses redoublements.
La contracture hystérique ressemble de tous points, sous le rapport du bruit musculaire, à la contracture hémiplégique. Mais comme, en pareil cas, les muscles ne sont nullement atrophiés, contrairement à ce qu’on observe dans les hémiplégies anciennes, le bruit est plus ample, quoique toujours irrégulier. Dans le tabès dorsal spasmodique les muscles extenseurs de la jambe nous ont donné des indications absolument identiques. Mais nous avons également expérimenté sur les muscles fléchisseurs de la jambe dans le tabès dorsal et sur les muscles extenseurs de l'avant-bras dans la contracture en flexion des hémiplégies anciennes; et le microphone nous a rendu le même bruit perceptible dans tous les muscles du membre contracturé, c’est-à-dire dans tous les groupes antagonistes et partout au même degré.
Ces observations, faites surtout à un point de vue clinique, permettent de conclure qu’il n’y a pas dans les contractures anciennes de cause organique une sorte de prédilection pour certains groupes musculaires voués invariablement à l’état spasmodique permanent; que dans le tabès dorsal spasmodique, en particulier, l’extension et la raideur des membres inférieurs ne résultent pas d’une exagération tonique relative par paralysie flaccide des fléchisseurs, mais bien d’une
exagération tonique alsolue par le fait de là prédominance quantitative des muscles extenseurs; et qu’enfin la contracture dos hémiplégiques ne détermine l’attitude habituelle de'flexiOn'qu’èiiVérfa du plus grand développement des muscles antérieurs et malgré l’exagération tonique correspondante des muscles extenseurs.
Température du muscle pendant la contraction physiologique.
En collaboration avec M. P. Hégnard.
(Société de biologie, 3 janvier 1880.)
Nous avons répété les expériences de Becquerel sur la contraction physiologique des muscles avant de procéder aux mêmes expériences sur les muscles en état de contraction morbide. L’appareil dont nous nous sommes servis, M. Régnard et moi, était d’une grande délicatesse (1). Un galvanomètre très sensible était en rapport avec deux aiguilles dont la force électro-motrice se trouvait être trois fois plus grande que celle des couples employés par Becquerel. Un rayon de lumière électrique projeté sur le miroir du galvanomètre allait se réfléchir à 10 mètres, sur une échelle graduée. Nous opérions donc, en réalité, avec un galvanomètre dont l’aiguille avait 10 mètres de long; les plus légers déplacements s’accusaient par un grand mouvement de l’index lumineux. Dans ces conditions, nous avons vu que, au début de la contraction musculaire, il y avait un abaissement de la température du muscle. Nous l’attribuons à ce fait que le sang est chassé par la contraction des fibres. Puis, le muscle s’échauffant, la température monte. Elle reste fixe pendant un certain temps, et enfin, dès que la contraction cesse, elle monte subitement. Ce dernier phénomène est dû vraisemblablement au retour du sang échauffé dans le corps du muscle autour de l’aiguille.
été obtenus si nettement que grâce à la grande habileté de mon collaborateur et*ami
Centres d'habitude chargés de la coordination fonctionnelle.
(Leçon faite à l’hôpital Saint-Antoine, 1894, et thèse d’Halipré. Paris, 1894.)
Les masses ganglionnaires centrales sont des « centres d’habitude chargés de seconder le cerveau, recevant de l’écorcé l’impulsion première, mais seuls chargés de la coordination fonctionnelle. Or, les centres de la coordination fonctionnelle des appareils lajbio-glosso-laryngés siègent dans le putamen où se trouve précisément le siège habituel des lésions de la paralysie pseudo-bulbaire. Ces centres, reliés à l’écorce par des fibres d’association, commandent à leur tour au bulbe par l’intermédiaire de l’anse du noyau lenticulaire. La lésion du putamen ou de l’anse amène le syndrome glosso-labié d’origine centrale. D’habitude la lésion respecte les filets cortico-bulbaires qui vont de l’écorce directement au bulbe, sans s’arrêter dans le noyau lenticulaire, et cette intégrité rend compte de la facile exécution des mouvements simples. Elle respecte, dit M. Halipré, le faisceau direct cérébro-bulbaire. L’intégrité de ce faisceau permet au cerveau d’exercer son action sur le bulbe. Ainsi s’exécutent, au commandement, les mouvements simples, alors que les mouvements coordonnés sont entravés par la destruction des centres de coordination fonctionnelle situés dans les ganglions centraux. C’est l’explication de la disproportion signalée entre les troubles moteurs et les troubles fonctionnels. » (Professeur Raymond, Clinique des maladies du système nerveux.)
Étude sur la spermatogénèse chez le lapin.
La tête du spermatozoïde se forme aux dépens du noyau des cellules fdles par un procédé que Brünn a bien mis en lumière. Ce noyau se divise en deux parties : l’une, incolore, constitue la portion antérieure de la tête ; l’autre, vivement colorée, mais seulement d’une façon temporaire, est destinée à former la portion postérieure de la tête et le corps du sperma-