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ET DES

La plupart des sujets indiqués dans cette liste de titres n’ont point été l’objet de publications faites par moi ou en mon nom. Cependant, la notoriété publique, dans notre monde médical, n’hésite pas à m’attribuer l’invention ou la vulgarisation des idées ou des faits qui s’y rapportent ; cela se comprend aisément lorsque l’on est initié aux détails de l’enseignement clinique.

Un fait digne d’intérêt se présente dans nos services, il est signalé à l’attention, étudié, discuté, examiné sous toutes ses faces, rapproché des faits qui présentent avec lui certaines analogies; de cette étude faite avec la garantie que donne la publicité, il sort un corps de doctrine qui résume toutes les notions acquises. Alors un de nos auditeurs en fait l’objet ou de sa thèse ou de mémoires spéciaux auxquels il attache son nom, sans cependant déposséder le professeur.

C’est ainsi qu’un grand nombre d’idées et de faits ayant trait à la pathologie, à l’anatomie pathologique, à la médecine opératoire, empruntés à mon enseignement, ont été publiés et ont pris rang définitivement dans la science.

Sans parler des thèses présentées à l’occasion de mes divers

concours, telles que les Tumeurs du sein (concours pour l’agrégation, 1839) ; — Des diverses méthodes ■pour le traitement de la cataracte (concours pour la chaire de médecine opératoire, 1850); — De la position dans les maladies chirurgicales (concours de clinique chirurgicale, 1851), je citerai : le Traité de pathologie chirurgicale , en cinq volumes, dont les deux premiers ont été faits entièrement par moi et réimprimés quatre fois avant que l’ouvrage fût terminé: cet ouvrage a été traduit en italien et en espagnol ; — un recueil de mes leçons cliniques, reproduisant en partie les quatre premières années de mon cours, publié à Philadelphie par M. le docteur Atlee, sous le titre : Nelaton’s Clinical Lectures on Surgery. Atlee, Philadelphie, 1855.

J’ai inventé ou modifié un certain nombre d’instruments de chirurgie, parmi lesquels je n’en mentionnerai qu’un seul qui nous rend chaque jour des services dans la pratique : il est maintenant connu sous le nom de cautère à gaz.

Siéntot'Ê'hntfies artérielles consécutives.

En 1852, je lus à l’Académie de médecine une note sur le traitement des hémorrhagies artérielles dites consécutives. Dans cette note, après avoir fait un tableau détaillé des accidents graves de ces hémorrhagies, je m’exprimais ainsi : « Et que l’on ne croie pas que le tableau que je viens de tracer soit la peinture rembrunie de certains cas exceptionnels : des faits malheureusement trop fréquents témoignent assez du contraire. C’est parce qu’il était profondément pénétré des dangers de ces hémorrhagies que le professeur Bérard a pu dire avec tant de vérité, dans un article extrêmement remarquable sur les plaies des artères : « Quant aux hémorrhagies secondaires ou consécutives, elles font véritablement le désespoir des chirurgiens à cause de la difficulté de s’en rendre maître. »

Quelle est donc la méthode de traitement la plus efficace contre ces hémorrhagies si redoutées? J’ai cherché a établir que la ligature des deux bouts de l’artère dans la plaie même en pleine suppuration doit être préférée à toute autre manœuvre opératoire.

Si les auteurs ont décrit avec une précision extrême la série des phénomènes qui concourent à l’occlusion d’une artère à la surface

d’une plaie récente, ils n’ont pas dit un mot du mode d’occlusion des artères ouvertes à la surface d’une plaie qui suppure.

Par des résultats cliniques aussi bien que par des recherches cadavériques et des expériences sur les animaux, j’ai pu établir :

1° Que le mécanisme de l’oblitération des artères à la surface des plaies qui suppurent diffère entièrement de celui qui préside à l’oblitération de ces vaisseaux dans une plaie récente; que cette occlusion résulte essentiellement de l’adhésion des bourgeons charnus qui se développent dans la gaine celluleuse après la rétraction de l’artère, comme ils se développent sur tous les autres points de la solution de continuité ;

2° Que, contrairement à la doctrine acceptée généralement, l’extrémité d’une artère qui vient de s’ouvrir à la surface d’une plaie suppurante se comporte, sous l’action d’une ligature, comme le ferait tout autre point de cette artère pris à une certaine distance de la plaie ;

3° Que la ligature par la méthode d’Anel est incertaine, puisque la guérison est soumise aux hasards de la cicatrisation. Elle n’amène en effet la suspension définitive d’une hémorrhagie qu’à la condition qu’elle suspende le cours du sang dans le vaisseau divisé jusqu’au moment où les bourgeons charnus auront contracté une union assez intime pour résister à l’impulsion du sang ramené audessous de la ligature par les voies collatérales. Si la plaie artérielle est située dans une région où les anastomoses permettent à la circulation de reprendre rapidement son cours, à la main, au pied, au cou, par exemple, le retour de l’hémorrhagie après l’application de la méthode d’Anel est presque inévitable.

J ai proposé comme seul moyen vraiment efficace la ligature des deux bouts du vaisseau divisé. J’ai eu l’occasion de pratiquer un certain nombre de fois la ligature d’artères dans des plaies suppurantes, la radiale, la cubitale, la brachiale au niveau du coude, une branche de l’artère axillaire, la tibiale postérieure, et toutes ces

ligatures ont été suivies d’une prompte guérison. {Ligature des artères dans les plaies suppurantes , in Gaz. des hôpitaux, 1857, p.l.)

Traitement des anévrysmes rétro-pelviens par Mes injections coagulantes.

Le traitement des anévrysmes rétro-pelviens présente des difficultés considérables. La méthode ancienne ou l’ouverture du sac appliquée à ces tumeurs, est une opération aussi difficile que périlleuse. La ligature de l’iliaque primitive ou de l’iliaque interne a presque toujours été mortelle. La compression à distance, c’està-dire sur l’aorte, est à peu près inapplicable. La région se prête mal à une compression directe, et les réfrigérants doivent agir à travers une couche épaisse de muscles qui paralyse leur action. En présence de ces difficultés de toute sorte, il m’a paru qu’il serait indiqué d’employer les injections coagulantes, trop facilement proscrites dans ces derniers temps.

Mais l’interruption du cours du sang dans la poche anévrysmale pendant le temps voulu, pour que la coagulation se produise, est la condition essentielle pour obtenir une guérison. Pour satisfaire à cette indication, j’ai fait construire un compresseur aortique d’une application sûre et facile.

Cet instrument une fois appliqué, j’ai injecté dans un anévrysme volumineux de l’artère ischiatique, trente gouttes de solution de perchlorure de fer à 15 degrés. Au bout de quinze minutes, la tumeur était devenue solide, irréductible. Le compresseur fut enlevé, et les battements ne reparurent plus. A partir de ce moment, la résorption du caillot se fit peu à peu, et la guérison fut complète au bout de quelques mois.

Dans un autre cas semblable au précédent, j’ai appliqué le même moyen avec un égal succès.

Uématocète rétro-utérine.

Vigues. Thèsé, 31 décembre 1850.

Ou avait depuis longtemps signalé certaines collections sanguines du bassin. Les faits publiés par MM. Récamier, Velpeau, Laugier, etc., se rapportent manifestement à cette variété de tumeurs pelviennes. J’en ai observé un très-grand nombre qui ont particulièrement fixé mon attention, et la thèse d’un de mes élèves, M. Vigues, donne la première description complète de cette affection. J’ai cherché à préciser le siège de ces tumeurs, à faire connaître leur fréquence, leur mode de production, leurs signes distinctifs, m’attachant surtout à décrire leur marche qui, dans la plupart des cas, permet au chirurgien de s’abstenir de toute intervention et conduit à une guérison spontanée. Les accidents funestes qui ont suivi la violation de ce dernier précepte en ont prouvé toute l’importance. L’histoire des hématocèles rétro-utérines a marché de pair avec celle des phlegmons péri-utérins, péritonites péri-utérines, et le diagnostic des tumeurs pelviennes a été débarrassé ainsi d’une foule d’erreurs. Aujourd’hui, dans les traités classiques de pathologie, ou ne peut plus se dispenser de consacrer un article à l’étude de cette maladie bien connue dans son évolution.

* Tumeurs euritgueuses Ues gttngtion» tytnyhatUjue».

Depuis le commencement de ce siècle, on connaissait les dilatations variqueuses des troncs vasculaires lymphatiques. On avait quelques notions sur la dilatation variqueuse des réseaux, mais on ignorait que les ganglions fussent parfois atteints de la même altération.

Cette affection a été bien observée depuis un certain nombre

d’années. Ses symptômes, sa marche ont été bien étudiés, ses dangers sont bien connus, et le chirurgien peut aujourd’hui lui appliquer une thérapeutique basée sur des notions positives.

C est en 185 que se présenta à mon observation le premier malade atteint de tumeurs formées par la dilatation variqueuse des ganglions lymphatiques. Ces tumeurs occupaient les deux régions inguinales et formaient un relief du volume d’un œuf de poule ; la peau qui les recouvrait était blanche, fine, souple, exempte d’adhérences; la consistance de la masse rappelait celle qui est propre à certains lipomes, la plus légère pression faisait céder le point comprimé ; la masse se vidait comme le font certaines tumeurs érectiles veineuses sous-cutanées; cependant on ne pouvait obtenir une réduction complète, on trouvait toujours quelques lobules juxtaposés très-mobiles qu’on ne pouvait faire disparaître en les repoussant soit dans le canal inguinal, soit au-dessous de l’arcade crurale.

Étudiée danisses symptômes locaux, la tumeur ressemblait donc à une hernie épiploïque en partie réductible, à un lipome, à une tumeur érectile veineuse.

Le jeune malade souffrait, il avait traversé l’Atlantique pour venir à Paris se faire opérer, et bien que je n’eusse pas arrêté positivement mon diagnostic, je crus pouvoir céder à son désir. J’entrepris donc l’extirpation. Dès que l’instrument tranchant eut entamé la tumeur, nous vîmes s’écouler de toute la surface de section une quantité considérable de liquide tout à fait semblable à du lait pour l’aspect et pour la consistance. A peine avait-on abstergé la surface saignante qu’on voyait sourdre ce liqiîide par une multitude d’orifices : une partie de ce liquide équivalant à un quart de verre environ fut recueilli. Il présentait une teinte tirant légèrement sur le rose, ce qui tenait à la présence de quelques globules sanguins ; en se refroidissant, il se prit en une masse coagulée. La tumeur fut extirpée incomplètement à cause de son extension dans les régions inguinale et crurale. Cette opération fut suivie des accidents les plus

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