‹ Exposé des titres et des travaux scientifiquesChapitre 3 sur 4 · NÉLATON · texte numérisé non relu

NÉLATON

Des recherches d’anatomie pathologique m’ont fait reconnaître qu elles sont constituées par l’hypertrophie des glandules de cette région. Elles se présentent sous la forme d’une masse sphéroïdale bien limitée, ordinairement enkystée.

Cette disposition une fois bien connue, il nous a été facile, dans bien des cas, de guérir nos malades, par une opération assez simple. Elle consiste dans une incision, qui divise verticalement la couche muqueuse antérieure du voile, et permet, à travers cette longue boutonnière, d’énucléer la masse avec les, doigts.

On trouvera dans divers recueils des observations recueillies dans uton service d’hôpital, pu dans mes cours de clinique (Gazette des hôpitaux , 1852, page 33. —Atlee, Nelatons Clinical Surgexy, novembre — Moniteur des hôpitaux, 4857. Mémoire de

M. Rouyer),

ï'MJHf’ii »•* ftwlswiites des o«.

H est arrivé pour les tumeurs pulsatiles des os, ou anévrysmes des os, cette sorte de surprise dont la chirurgie offre d’assez nombreux exemples. On découvre, on admet, on décrit les anévrysmes des os; on propose, op pratique des opérations nouvelles; puis, touillant pu peu le sujet, le doute survient. Ayant eu l’occasiou d étudier un certain nombre de ces tumeurs, j’ai pu reconnaître et démontrer par de nombreux exemples qu’elles n’ont rien du caracr 1ère anévrysmal; on y trouve sans doute des battements, mais ils sont peu prononcés; elles ne présentent jamais de souffle. C’est une variété du cancer des os.

La ligature de l’artère principale, quand il s’agit des membres, doit être complètement abandonnée. L’amputation est la seule tessource vraiment utile. Quand elles siègent sur les os du tronc, ces tumeurs n’admettent aucune intervention chirurgicale.

Affection tnhercnlense des os

Thèse inaugurale. Paris 1836.

Dans ma thèse inaugurale, je me suis attaché à décrire l’évolution des productions tuberculeuses dans le tissu osseux; les considérations d’anatomie et de physiologie pathologiques qui ressortaient de ce travail m’ont permis d’expliquer avec plus de précision qu’on ne l’avait fait jusqu’àlofs les diverses phases de certaines maladies articulaires, et du mal de Pott.

Enchondromes.

(Gaèëltë dës hôpitaux, 1897, pages 153 fet. t65.)

Dans mon Traité de pathologie chirurgicale , publié en 18/i8, j’avais désigné, sous le nom' d’exostoses-ostéo-cartilagineuses (ostéochondrophytes) les enchondromes du tissu osseux.

Depuis cette époque, j’ai étudié ces tumeurs dans d’autres organes, le sein, le testicule et particulièrement la parotide. Les cas s’étant présentés en grand nombre à mon observation, j’ai pu faire une description générale de l’évolution des tumeurs enohondromateuses, et établir que celles-ci passent successivement par les états suivants : 1° état cartilagineux avec quelques vaisseaux naissants et rudimentaires; 2° état de vascularisation accompagnée de ramollissement de la masse cartilagineuse ; 3° liquéfaction et formation de kystes séro-sanguins.

Lipomes.

(Gazette des hôpitaux , 1856, page 19.)

Bien que l’histoire des lipomes soit très-connue, j ai pu cependant signaler dans léiir description quelques particularités qui

avaient passé inaperçues. Sans parler de la fluctuation, j’ai insisté sur la transparence que présentent certains lipomes lorsqu’ils forment un relief très-saillant à la surface du corps ; sur la douleur que l’on rencontre quelquefois et qui présente ce singulier caractère de se faire sentir à une certaine distance de la tumeur; j’ai montré que certains lipomes résultent de la combinaison des lobules graisseux avec un réseau veineux, en sorte que la tumeur est mixte, moitié érectile, moitié lipomateuse. De nombreux exemples nous ont montré que ces tumeurs sont contenues dans un kyste celluleux qui, après l’extraction de la masse, se remplit de sérosité sanguinolente, ce qui rend la réunion immédiate dangereuse.

fjttæalions tic la, mâchoire.

C’est par l : observation que je fus mis sur la trace d’une notion très-importante relative aux déplacements du maxillaire inférieur.

En examinant un malade qui portait un de ces déplacements qui avait résisté aux manœuvres les plus énergiques, j’exerçai une légère pression au-dessous des deux os de la pommette et, à mon grand étonnement, la luxation fut réduite.

La simple propulsion en arrière des deux apophyses coronoïdes avait donc suffi pour amener la réduction.

La conclusion à tirer de ce fait se présentait d’elle-même. Le contact du sommet de l’apophyse coronoïde avec le bord inférieur de 1 os malaire constitue le véritable obstacle à la réduction. Ainsi se trouvaient levées les difficultés théoriques qui arrêtaient les chirurgiens dans l’explication de ce déplacement, difficultés telles que M. Malgaigne a pu s’écrier en terminant son article : « Singulière luxation que celle que chacun peut sur soi-même produire et réduire à volonté. »

Après avoir cliniquement et par des recherches anatomiques fait

accepter cette théorie, je la retrouvai, mais à l’état de théorie seulement, exposée dans un mémoire de Monro (d’Édimbourg), où, depuis près d’un siècle, elle était restée enfouie et perdue pour la pratique.

La conformation différente des apophyses eoronoïdes et des os malaires, suivant les âges et les sujets, explique d’abord l’absence de ces déplacements chez les enfants, et les prédispositions que présentent certaines personnes à ces sortes de luxations. Le corollaire important de ces vues nouvelles a été que le moyen de réduire ces luxations, récentes ou anciennes, c’est d’agir directement sur l’apophyse coronoïde que l’opérateur a sous son doigt, et de les repousser en arrière, comme on le fait facilement, par une pression extérieure directe, au moment où le malade entr’ouvre légèrement la bouche, ce qui relâche immédiatement les masséters.

Vnilte fir^rccfalc.

Pénétré des dangers que présente la lésion du bulbe uréthral dans l’opération de la taille, et des difficultés que l’on éprouve à ponctionner l’urèthjre dans un point bien déterminé pour y faire pénétrer le lithotome, j’eus la pensée de prendre pour guide, dans cette opération, le sommet de la prostate. Au lieu d’inciser tous les tissus interposés à la peau et à l’urèthre, il m’a paru qu’on pourrait se borner à décoller la paroi antérieure du rectum jusqu au sonm et de la prostate ; outre qu’il met plus sûrement à l’abri des hémorrhagies, ce procédé permet l’extraction de calculs extrêmement volumineux.

Voici comment s’exprime, sur cette méthode, M. Sappey, dans les réflexions qui suivent la description du rectum :

« A l’incertitude de la marche de l’instrument tranchant, M. le professeur Nélaton a substitué depuis quelques années une précision

si parfaite, que l’exécution de ce premier temps de la taille bilatérale présente aujourd’hui, on peut le dire, toute la rigueur d’un procédé géométrique. » (Sappey, Traité d’ anatomie , p. 223.)

Le jugement de M. le professeur Richet sur cette opération qu’il a pu appliquer deux fois, n’est pas moins favorable :

«Par ce dernier procédé* à mon avis bien supérieur à la taille latéralisée, on peut retirer d’énormes calculs qui n’auraient jamais pu trouver passage par l’ouverture trop restreinte que donne cette dernière méthode, et Y on n’est exposé ni à la blessure du bulbe ni à celle du rectum; enfin, on n’a à craindre aucune hémorrhagie sérieuse, puisqu’on ne court le risque de blesser que les artères hémorrhoïdales inférieures, toujours peu considérables, et quelques branches récurrentes de l’artère bulbeuse également d’un petit volume. » (Richet, Traité <T anatomie chirurgicale Y)

J’ai pratiqué plusieurs fois cette opération, et bien qu’elle m’ait donné de bons résultats, j’ai pensé que l’on pourrait la perfectionner encore dans les cas volühiiriëüx. Il faudrait alors donner moins d’étendue à la plaie, et faire pénétrer dans la vessie l’instrument que j’ai désigné sous le nom de forceps lithotriteur , qui a déjà été appliqué avec avantage.

Je ne pourrais, sans étendre outre mesure la longueur de cette note, donner la description d’ün grand nombre d’opérations, ou de fâits cliniques intéressants recueillis par niés élèves et publiés sur

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