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ÉTUDE CLINIQUE

Eli clinique, npqg avons surtout fait Ja synthèse des observations éparses, les avons rapportées à leur cause réelle, et avons pu tracer un tableau d’ensemble de la grande et de la petite anaphylaxie alimentaires, cette dernière à peu près méconnue. Nous avons mom tré en même temps l’existence de l’anaphylaxie chronique et de l’anaphylaxie héréditaire.

Grande anaphylaxie.

Elle « été surtout observée pour les œufs, les moules et le lait.

Le premier symptôme est en général l’urticaire, qui se développe rapidement, ou bien des crises violentes de coliques et des vomissements. Très vite les symptômes arrivent à leur acmé.

A cette période, l§ tableau clinique complet est constitué par des symptômes :

Cutanés ;

Digestifs;

Respiratoires ;

Nerveux, avec état générât grave.

L’urticaire est très fréquente et d’une vjplence extrême; dans les quatre observations princeps, elle existait trois fois. Elle est plus marquée à la face, particulièrement aux lèvres, aux paupières, etc.

Les démangeaisons sont très pénibles- Parfois on note un exam thème scarlatiniforme.

Les symptômes digestifs constituent, avec l’urticaire, je phénomène essentiel du déclenchement anaphylactique, Les coliques sont très violentes, caractéristiques à tel point que le malade de Horwitz les désignait sous le nom d’ « Eierbauchweh ». La petite malade de Lesné se tordait sur le sol en criant.

La diarrhée est rarement absente- Le plus souvent, elle est très marquée, parfois incoercible ou même sanglante.

Les vomissements, précédés par des nausées, sont très fréquents et vont presque jusqu’à l’intolérance pour tout liquide.

Le plus souvent le ventre est contracturé et excavé.

Plus rarement, oh observe d’autres symptômes : dyspnée pouvant aller jusqu’à l’attaque d’asthme, contractures ou convulsions.

En même temps, l’état général s’aggrave, la température descend à 50°, OU s'élève, la tension s'abaisse, les yeux se creusent, le nez se pince, la face devient livide et le malade peut tomber dans l'abattement et la somnolence.

De tels faits sont rares, du reste, et le plus, souvent les accidents, bien qu’intenses, ne vont pas jusqu'à ce tableau inquiétant.

Leur durée est variable. L’urticaire et les douleurs abdominales

Parfois, cependant, les accidents se prolongent, et le malade peut rester pendant plusieurs jours dans une situation inquiétante.

Les observations dé grande anaphylaxie au lait se rencontrent surtout chez les nourrissons; dans trois cas, ces accidents se sont terminés par la mort,

Chez eux, l’anaphylaxie peut exister pour le lait de femme, pour le lait de vache, pour le babeurre. Ses principales caractéristiques sont, d’une part, sa gravite et, de l’autre, certains accidents spéciaux à cet âge, comme la tétanie et les convulsions,

quand on le reprend;

3" Les accidents observés sont surtout des accidents digestifs, cutanés (eczéma chronique, urticaires, migraines à répétition), respiratoires (poussées d’asthme) ;

4“ Ces périodes d’anaphylaxie chronique peuvent être-entrecoupées par des phases où dominent les accidents aigus.

Deux procédés ont été employés pour démontrer la nature anaphylactique des accidents observés; l’un direct : anaphylaxie passive; l’autre indirect : méthode des précipitines.

La 1 pathogénie de l’anaphylaxie alimentaire se ramène, comme nous l’avons démontré, à l’anaphylaxie par voie parentérale.

ÎXPÉRIMENTALI

Paris, nous apportions les preuves évidentes de l’anaphylaxie alimentaire aux œufs. En nourrissant pendant plusieurs jours des cobayes avec un à deux œufs par animal et par jour, mêlés à leurs aliments, nous avons pu déclencher par injection seconde intrapéritonéale de blanc d’œuf, les phénomènes d’anaphylaxie typique : choc, convulsions, etc., accidents terminés dans plusieurs cas par la mort.

Multipliant ces expériences, nous pûmes préciser quelques-unes des conditions nécessaires pour obtenir, non pas à coup sûr, mois avec une grande fréquence, l’anaphylaxie alimentaire expérimentale (aux œufs) : elles nous semblent comparables ù celles qui déterminent l'anaphylaxie en clinique.

Une des conditions les plus importantes est de faire ingérer aux animaux des œufs en grande quantité. Si l’on donne aux coliaÿqs un quart d’œuf .par jour, l’anaphylaxië est légère ou nulle. Au contraire, l'ingestion d’un œuf ou davantage (par jour) détermine l’anaphylaxie de façon fréquente.

Nous avons constaté de plus un fait particulièrement curieux : un petit nombre de repas aux œufs anaphylactise le cobaye, un grand

Si on nourrit les animaux pendant un laps de temps très court (d'un à trois jours) et si on les explore quinze à vingt jours après, on a les résultats suivants 1 :

Ainsi, l’ingestion d’œufs pendant un, deux ou trois jours détermine l’état anaphylactique de manière à peu près constante [78 p. 100 des cas positifs, en ne tenant compte ni dans un sens ni dans l’autre des anaphylaxies légères (A,) ].

. Si on alimente les cobayes non plus trois jours, mais quatorze à dix-sept jours, l’anaphylaxie est plus rare, et le tableau suivant résume nos expériences :

î; A,, anaphylaxie

Cfe qui fait, toujours èn ne tenant pas compte des anaphylâxieg légères, 25 p. 100 de résultats positifs.

Avec le même régime, mais prolongé trente à quarante-cinq jours, le pourcentage diminue encore, et l’on obtient les résultats suivants :

soit 15 p. 100 de cas positifs.

Le tableau suivant résume nos expériences :

En résumé, l'ingestion <f œufs détermine: quand elle est épMmérc, l’anaphylaxie; quand elle est prolongée, l'immunité.

Il s’agit bien là, en effet, d’immunité, non d’antianaphylaxie.’Si, en effet, à ces cobayes ainsi immunisés par injection d’œufs pendant quarante-cinq jours, on supprime les œufs pendant dix-sept ou vingt-deux jours, l’injection intrapéritonéale ne détermine pas de phénomènes ou seulement des phénomènes insignifiants.

Ainsi, dans cès expériences, tout s’est passé comme si T anaphylaxie était le premier stade de l’immunité.

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