Tumeurs congénitales de la région sacro-coooygienne
{Bulletin médical, mars 1897.)
83. — Rapport sur une observation de tumeur congénitale sacro-ooccygienne, présentée à la Société de chirurgie par M. Broca.
{Bulletin et Mémoires de la Société de chirurgie, 1895, page 309.)
La pathogénie des tumeurs congénitales de la région sacrocoocygienne est encore fort obscure. Dans les deux travaux précédents, je me suis appliqué à faire connaître les deux hypothèses pathogéniques qui sont le mieux en rapport avec les progrès de l’embryologie moderne, savoir : le développement de ces tumeurs aux dépens des vestiges médullaires de Tourneux et Herrmann et leur formation aux dépens de Tintestin post-anal, lui-même vestige du canal neurentérique, dont l’existence chez l’embryon humain a été démontrée par Graf von Spee. Au point de vue pratique, j’ai rapporté l’observation d’une énorme tumeur kystique sacro-coccygienne enlevée.par moi avec succès sur une petite fille, trente-six heures après la naissance.
ü. - TORTICOLIS
84. — Section à ciel ouvert des deux chefs sternal et claviculaire du sterne-mastoïdien.
Dans l’article précédent, aussi bien que dans mes Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteur, et dans mon Traité des maladies chirurgicales d'origine congénitale,]'ai étudié le torticolis. Au point de vue anatomo-pathologique, j’ai fait connaître un cas de torticolis congénital dans lequel l’examen histologique nous a permis, à mon chef de laboratoire, le D' Küss, et à moi, de reconnaître une dégénérescence fibreuse très étendue du muscle; au point de vue thérapeutique, j’ai été l’un des premiers à défendre, en France, la ténotomie à ciel ouvert du sterno-mastoïdien, préconisée en Allemagne parVolkmann, comme étant à la fois beaucoup plus efficace et beaucoup moins dangereuse que la ténotomie sous-cutanée. Ce n’est pas à dire que cette dernière opération doive être complètement rejetée. Elle reste bonne pour les cas simples, la ténotomie à ciel ouvert convenant mienx pour les cas graves. Comme appareil de redressement, après l’opération, j’ai fait connaître un appareil très simple, qui est une modification de celui de Sayre, et qui se compose de deux appareils circulaires prenant point d’appui l’un sur le thorax, l’autre sur la région frontale, et reliés l’un à l’autre par un tube de caoutchouc, de façon à maintenir la tête d’une manière permanente dans une direction opposée à celle que lui imprime le torticolis.