‹ Exposé des titres et des travaux scientifiquesChapitre 26 sur 50 · II. - SCOLIOSE · texte numérisé non relu

II. - SCOLIOSE

La scoliose, comme les autres difformités dont s’occupe la chirurgie orthopédique, peut être considérée à un double point de vue. Elle peut être regardée comme une expression symptomatique se retrouvant dans un très grand nombre de

circonstances pathologiques très différentes les unes des autres. C’est ainsi, par exemple, qu’il y aurait des scolioses secondaires au torticolis, des scolioses d’origine statique, tenant à une inclinaison vicieuse du bassin, des scolioses névropathiques, au nombre desquelles se place la scoliose liée à l’existence de la paralysie infantile, dont j’ai fait connaître un certain nombre d’exemples. Dans cette variété de scoliose, la convexité de la courbure est le plus ordinairement tournée du côté sain : ce qui peut être invoqué à l’appui de la théorie défendue par moi, à savoir que, dans la scoliose habituelle, ce sont les muscles qui répondent à la concavité de la courbure qui doivent être regardés comme affaiblis.

Les différentes scolioses symptomatiques mises de côté, il est une scoliose que l’on peut dire primitive ou essentielle. Or celle-ci se rencontre à deux périodes distinctes de l’existence : 1° pendant la première enfance, où elle se rencontre habituellement avec les autres manifestations du rachitisme ; 2“ pendant l’adolescence. Je me suis efforcé, dans tous mes travaux, d’établir qu’il n’y a pas de différence pathogénique entre ces deux variétés de la scoliose essentielle. En effet, la scoliose de l’adolescence s’observe pendant la période de croissance de la colonne vertébrale et est liée à un trouble de l’ossification.

Au point de vue clinique, je me suis appliqué à différencier les unes des autres les diverses variétés de scoliose. J’ai surtout appelé l’attention sur les déviations latérales du rachis survenant dans le mal de Pott. Lorsque ces déviations latérales du rachis se montrent au début de la maladie, alors que la déformation angulaire et médiane, caractéristique du mal de Pott, n’a pas encore fait son apparition, on est exposé à les prendre pour des scolioses véritables. J’ai vu plusieurs exemples de semblables erreurs de diagnostic.

Sous le nom de scolioses paradoxales, j’ai décrit des cas dans lesquels la déviation latérale du rachis et la voussure des côtes sontdirigées en sensinverse. Telle malade,parexemple, présente, à première vue, une inclinaison latérale du rachis

dont la convexité est tournée à gauche ; on s’attend chez elle à trouver une voussure des côtes du côté correspondant et cependant, lorsqu’on fait pencher le tronc en avant, on constate que la voussure costale est située à droite, c’est-à-dire du côté opposé.

Au point de vue du traitement, j’attache une très grande importance à la gymnastique orthopédique.

Aussi, dès mon arrivée aux Enfants-Assistés, en 1889, ai-je installé une salle spéciale, pourvue de tous les appareils nécessaires pour l’application de cette gymnastique orthopédique. Lorsque j’ai quitté les Enfants-Assistés, d’accord avec M. le directeur de l’Assistance publique, j’ai transporté cette installation spéciale, qui n’avait point encore trouvé place dans nos hôpitaux, à l’hôpital Trousseau, où elle fonctionne actuellement.

Page 1