R. — AFFECTIONS TUBERCULEUSES DES OS ' ET DES ARTICULATIONS
Dans ce travail, je me suis proposé de donner la technique exacte des injections d’éther iodoformé, persuadé que la manière de faire a la plus haute importance pour la valeur des résultats, et que les divergences qui se sont produites parmi les chirurgiens sur la valeur de cette méthode tiennent précisément aux divergences qui existent dans la technique opératoire.
122. — Deux volumineux abcès sous-périostiques du iémur en communication avec l’articulation du genou, guéris par les injections iodoiormées.
En fait de tuberculose osseuse et articulaire, j’ai toujours défendu chez les enfants l’emploi des méthodes conservatrices. D’abord, parce que, chez eux, la tuberculose a la plus grande tendance à évoluer vers la guérison ; ensuite, parce que les méthodes radicales, telles que les résections pratiquées dans le jeune âge, donnent de mauvais résultats. Outre les injections iodoformées dans les abcès froids, dont j’ai parlé plus haut, je suis revenu à l’emploi de l’ignipuncture. Si ce dernier moyen n’a donné dans la chirurgie ancienne que des résultats assez médiocres, cela tient à des causes multiples. Tout d’abord l’ignipuncture était pratiquée sans aucune précaution antiseptique ; très souvent la peau des malades atteints d’arthrites chroniques chez lesquels on appliquait ce moyen était recouverte de matières septiques. En outre, l’ignipuncture pratiquée à l’aide de cautères trop volumineux créait dans la peau et dans les couches sous-jacentes des trajets trop larges, qui avaient la plus grande tendance à la suppuration. Celle-ci se propageait trop souvent à la cavité synoviale elle-même et conduisait à une arthrite suppurée, qui ne laissait d’autre ressource que l’amputation.
Employée, comme je .la,pratique aujourd’hui, l’ignipuncture est à l’abri de ces gravesdnconvénients ; tout d’abord j’emploie les mêmes précautions , antiseptiques rigoureuses que dans toute autre opération; ensuite je me sers de pointes fines du thermocautère, dont l’épaisseur ne dépasse pas 2 à 3 millimètres,. Je puis ainsi faire.ùne.révulsion extrêmement étendue en surface et en profondeur, sans avoir les dangers de la suppuration. La compression élastique préconisée par Bier, en Allemagne, est aussi capable de donner d’excellents résultats. Toutefois je ne l’emploie.pas comme ce dernier auteur, c’est-à-dire que je ne.place pas à la racine du membre un tube d’Ermarch, de façon à produire une stase veineuse; j’enveloppe le membre tout entier avec la bande de caoutchouc.