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APPAREIL GÉNITAL

Recherches sur l’appareil génital des vieillards,

Mémoire couronné par tAcadémie des Sciences (prix Godard, 1885).

Annales des maladies des organes génito-urinaires, 1886.

Ces recherches anatomiques ont été faites surtout pendant une année d'internat h l’hospice de Bicôtre et poursuivies depuis pendant plusieurs années. Elles avaient pour point de départ les travaux de C. Duplay et de Dieu qui ont démontré que si la plupart des vieillards sont inaptes aux fonctions génitales, ce n’est pas parce que la sécrétion des spermatozoïdes a cessé. Beaucoup de vieillards incapables de pratiquer le coït possèdent néanmoins des spermatozoïdes dans leurs vésicules séminales.

Des altérations importantes se produisent dans les éléments anatomiques de l’appareil séminal. Elles dépendent d’un processus particulier que j’expose plus loin, et l’îlgo, considéré d’une manière absolue, ne Joue pas un rôle prépondérant dans le processus qui conduit à l’absence de spermatozoïdes des vésicules.

Voici d’ailleurs le résumé et les conclusions auxquels j’ai été conduit.

Le liquide renfermé dans les vésicules séminales des vieillards contient des spermatozoïdes dans la moitié des cas observés.

L’age considéré d’une façon absolue n’exerce pas une influence directe sur la présence ou l’absence de ces éléments. Il est même probable que la limite de l'ège au delà (duquel on ne les rencontre plus ne peut pas etre fixée, t.e fad, dejiï annonce par Duplay et par Dieu, est confirmé par l’observation d’un vieillard de 94 ans chez qui j’ai trouvé des spermatozoïdes on assez grand nombre

Dans la grande majorité des cas, l’absence de spermatozoïdes d’une vésicule est liée à l’oblitération des voies séminales correspondantes. Cette oblitération siège rarement dans le canal déférent; ordinairement, elle occupe les canaux de l’épididyme, le plus souvent vers la queue ; elle ne me parait pas dépendre de l’ège ni de

l’état athéromateux des artères ni d’un épanchement liquide périphérique, mais elie reconnaît pour cause première le développement exagéré des veines du cordon et, en particulier, du faisceau postérieur au funiculaire.

Cette dilatation veineuse commence à un âge peu avancé, entre 60 et 65 ans, quelquefois plus tôt. Elle se poursuit dans les veines péri-épididymaires et, de proche en proche jusque dans celles du parenchyme. 11 en résulte une obstruction, mécanique d’abord, des canaux spermatiques ; mais bientôt il se produit un accolement des conduits épididymaires : la transformation hbreuse totale de l’épididyme est le dernier terme de ce processus.

Le testicule s’atrophie chez le vieillard ; diverses causes peuvent être invoquées; peut-être la dilatation des veines du faisceau antérieur du cordon, mais surtout l’épanchement de sérosité dans la vaginale très fréquent chez les vieillards.

Cet épanchement séreux, sans être indépendant d’un œdème généralisé, ne lui est pas proportionnel ; il est causé soit par la présence dans la cavité vaginale d’un corps fibreux, libre ou pédiculé, soit par un épaississement des culs-de-sac supérieurs de la vaginale qui forme obstacle à la circulation en retour.

Traitement de l'épididymite blennorragique par la compression ouatée,

Bulletin de la Société de médecine pratique, 26 avril 1877, p. 444.

Annales des maladies des organes génito-urinaires, 1888, 1. VI.

J’ai appliqué au traitement de l’orchite le mode de compression que M.M. Horteloup et Wickham emploient pour le pansement de l’hydrocèle après les ponctions et l'injection iodée. On entoure soigneusement les bourses de couches d’ouate superposées que l’on maintient au moyen de larges bandes de tarlatane mouillées et essorées; une première bande est disposée en spica double puis deux autres bandes sont roulées simultanément en sens inverse au niveau de la ceinture. A leur rencontre sur l’abdomen, on les croise et l’on fait successivement des renversés qui passent de chaque côté de la verge pour continuer leur trajet sous les cuisses et revenir à la ceinture.

Lu compression ouatée a pour effet de protéger, de relever, d'immobiliser et de comprimer les parties malades ; lorsqu’il existe un épan-

chement abondant de la tunique vaginale, ce mode de traitement en amène rapidement la résorption. La durée du traitement est en moyenne de onze à douze jours. Mais le principal avantage de cet appareil est de permettre aux malades de se lever très rapidement, quelquefois aussitôt après son application, ordinairement de vingt-quatre à quarante-huit heures après. La douleur en particulier cède presque immédiatement.

A propos du traitement de l’épididymite par la compression.

Journal des Praticiens, p. 109, 1898.

Depuis longtemps, j’ai employé le suspensoir ouato-caoutchouté joint au stypage dans le traitement des épididymites à forme légère ou moyenne. Mais dans les inflammations violentes, il peut être dangereux ; le fait s’est produit chez deux malades : chez l’un une inflammation intense de l’épididyme et du cordon, avec douleurs pelviennes et abdominales vives, s’est terminée par suppuration; chez l’autre il y eut consécutivement à une funiculite un véritable abcès de la fosse iliaque que j'ai dû inciser. Ces cas ne sont pas isolés et surviennent à la suite du traitement par le suspensoir avec déambulation.

En pratiquant le toucher rectal, si l'on constate que les vésicules séminales sontgrosses et douloureuses et la prostate tuméfiée, il fautdéconseiller le port d’un suspensoir ouaté. Dans tous ces cas, j’emploie les sangsues appliquées à la région inguinale, ainsi qu’au périnée ; compresses d’ouate imbibées d’eau bouillie en veillant A ce que les bourses soient bien relevées; la résolution ne manque jamais.

Traitement des orchites blennorragiques.

Société de thirafeutique, 12 janvier 1898.

J’ai mis en pratique le traitement préconisé par M. du Castel contre les orchites blennorragiques, qui consiste dans l'administration de salicylate de soude à haute dose; je m’en suis bien trouvé dans les cas d’orchites bénignes, mais j’estime que ce traitement est malheureusement inapplicable dans un grand nombre de cas, et principalement

ea présence de -vaginalite ou de prostatite. Aussi doit-on pratiquer le toucher rectal chez les malades atteints d’orchite blennorragique, celle-ci étant presque toujours liée à l’infection de la prostate.

Technique de la cocaïnisation dans le traitement de l’hydrocèle.

Ihilletin de la Société médico-cAiwÿicnfc, janvier 1895.

On a accusé la cocaïne de certains méfaits ; assurément il y a des idiosyncrasies qui la rendent dangereuse, mais c’est un précieux mode d’anesthésie dont l’emploi doit se généraliser. Actuellement pour le traitement de l’hydrocèle vaginale par l’injection iodée, je n’injecte plus la cocaïne après évacuation complète du liquide ; je commence par soustraire quelques grammes de liquide à la tumeur à l’aide d’une seringue de Pravaz, puis j’injecte une quantité égale d une solution forte de cocaïne et c’est seulement après que je procède à l’évacuation totale.

Traitement de Thydrocèle.

Avant tout un diagnostic précis devra déterminer si l’hydrocèle est symptomatique du cancer, de la tuberculose, de lasyphilis du testicule, le traitement de la lésion causale rendant alors superflu celui de l’hydrocèle. Dans les cas simples, bien que la cure radicale soit le traitement de choix actuel, l’injection iodée peut suffire pour la guérison. Quand l’hydrocèle est du volume d’une orange, avec transparence parfaite, les parois étant minces et souples, une simple ponction avec injection de teinture d’iode a des chances de donner un succès complet. Je préfère employer la teinture d'iode à pure qu’étendue d’eau ; l’aclion caustique est plus sûre sans que la réaction soit beaucoup plus vive. Quant à la cure radicale, elle est indispensable lorsque la tumeur est volumineuse, à parois indurées et épaisses, sans transparence et à demi-obscure, et surtout lorsque le liquide s’est reproduit après une première ponction. Je la pratique suivant la méthode classique par excision de la séreuse. Quoique je n’aie jamais eu d'hémorragie, je laisse par précaution un petit drain à la partie inférieure, canin suintement sanguin se produit souvent dans les premières heures.

Dans les abcès uniques superficiels, l’incision simple suffit ; elle échoue ordinairement dans les abcès multiples, car elle peut épargner des foyers de suppuration cachés dans la profondeur de la masse inflammatoire; enfin les foyers ouverts peuvent rester fistuleux.- Comme les incisions même répétées sont insuffisantes il vaut mieux recourir d’emblée à la castration. Celle-ci supprime un organe inutile et rendu dangereux par l’infection qu’entretient cette suppuration prolongée et toujours douloureuse.

La figure ci-jointe (fig. 42), dont la légende explique le détail, représente la coupe d’un testicule que nous avons enlevé pour une suppuration à foyers multiples. Elle montre une vaginalite hémorragique à parois peu épaisses ; des abcès testiculaires ; l’épaississement du tissu fibreux testiculaire, des parois épididymaires et du tissu cellulaire qui l’entoure au point de former avec lui un bloc inflammatoire sans suppuration.

Radiothérapie contre les indurations scléreuses séniles des corps caverneux.

Compte rendu de l'Ass. franc. d'Urologie, 1912, p. 931,

Un hasard m’a amené il appliquer ce traitement ; ayant eu la curiosité de faire radiographier un sujet atteint de sclérose des corps caverneux et les circonstances ayant forcé à recommencer quatre fois l’épreuve, le malade vint, tout heureux quelque temps après, m’annoncer une grande amélioration. Rendant l’érection la verge ne s’appliquait plus comme autrefois sur le ventre, mais, tout en conservant une certaine inclinaison, elle laissait le coït possible: Dans deux autres cas, la radiothérapie appliquée de propos délibéré donna une certaine amélioration, moins appréciable et moins durable toutefois que dans le premier cas.

Traitement de la tuberculose génitale par les injections de chlorure de zinc.

La France médicale ot Paris médical, décembre 1894, n" 49, pp. 709-771.

Ce procédé a été appliqué aux infections tuberculeuses génitales è la suite des communications du professeur Lànnelongue sur les bons effets du traitement des tuberculoses articulnii-es par les injections de chlorure de zinc, dite méthode sclérogène. C’est surtout aux tubercu-

— lae -

loses épididymaires que je me suis attaqué en injectant de 11 à V gouttes d’une solution de chlorure de zinc d’abord autour du noyau tuberculeux, puis dans la production tuberculeuse elle-même. La douleur est toujours intense et nécessite une injection hypodermique de morphine immédiate ou même préventive. La réaction est assez vive, dure huit à dix jours puis fait place à un travail de rétraction cicatricielle et d’atrophie définitive. Dans quelques cas cette réaction aboutit à une suppuration aiguë, abcès qu’on évacue et qui guérit peu à peu. Sur 1§ malades ainsi traités, ^ ont présenté une amélioration rapide, puis une guérison qui ne s’est pas démentie pendant plusieurs mois, 4 portent encore de grosses indurations, 2 ont suppuré, et 2 n’ont pu être suivis.

Ce traitement a été appliqué aux tuberculoses prostatiques ; la voie rectale est incertaine et dangereuse; la voie vésicale est la meilleure quand la prostate peut être atteinte au cours d’une cystotomie hypogastrique. Enfin une incision périnéale met bien à découvert la prostate et permet d’injecter aux points voulus. Les indications de la méthode sclérogène contrelatuberculosedela prostate sontet resteront sans doute exceptionnelles.

Troubles nerveux de l’appareil génital.

La pratique neurologique. Masson. Paris, lût)'.).

Le priapisme, la spermatorrée, le dyspermatisme sont les principaux troubles de l’appareil urinaire qui dépendent du système nerveux; tantôt il s’agit de simples phénomènes congestifs dont le point de départ peut n’être point découvert. Ailleurs, au contraire, ils dépendent de lésions graves qui se produisent brusquement comme dans certaines hémorragies des centres nerveux ou après de grands traumatismes, ou par évolution lente comme dans le tabes; ailleurs enfin les causes en sont toutes psychiques. Il en est de même de l’impuissance. Quant è l'onanisme il relève de la psycho-pathologie.

Extirpation d’un kyste volumineux de la glande vulvo-vaginale.

Ihdletin de la Société médieo-gaUriqm, tO oclobro 1881.

Une tumeur allongée, parallèle au grand diamètre do la vulve est constatée chez une femme de 29 ans; elle avait fuit après de rapides

progrès. La palpation et le toucher vaginal indiquent qu’elle est le prolongement d’une tumeur plus profonde qui fait hernie entre la petite et la grande lèvre ; elle est en contiguïté avec la paroi vaginale qu’elle repousse en masse sans qu’on puisse en délimiter les contours.

La fluctuation y est manifeste, les téguments, peau et muqueuse, sont partout mobiles, sauf en un point. On n’y éveille aucune sensibilité par la pression, particularité remarquable car la tumeur venait d’être le siège d’une poussée inflammatoire aiguë.

Une ponction exploratrice donne issue à un liquide jaune grisâtre, visqueux et épais. La nature de ce liquide permet de conclure à la nature kystique de la tumeur ; les dispositions, les connexions, le mode de développement pouvaient en eflet faire penser à une hydrocèle du canal de Nück.

L’extirpation par dissection de la poche liquide se fit facilement et la guérison fut rapide.

son entière approbation quand il -vit que nous avions pris des précautions statutaires pour que notre Congrès fut dans l’obligation de se réunir en même temps que le Congrès de Chirurgie et conservât avec lui une union intime. Presque tous les élèves de notre maître se groupèrent autour de lui ; ils nous apportèrent leur adhésion et ce fut une aouvelle manifestation de l’École de Necker. Je me hâte de dire que notre intention n’était nullement de limiter notre action, et que nous avons tenu au contraire â rendre notre Société accessible à toutes les compétences, d’où qu’elles vinssent.

Toutefois il ne fallait pas que la Société fût ouverte â tous, sous peine de la voir encombrée par des personnalités sans valeur, et de ralentir ou de détourner ses travaux de leurs buts par des interventions sans portée. Aussi est-ce la forme d’une Association que nous avons choisie en prenant pourbase l’Association française de Chirurgie.

La différence assez marquée cependant établie entre notre Association et l’Association de Chirurgie concerne les membres étrangers. Nous avons reculé devant la faculté qui leur est accordée dans le Congrès de Chirurgie de figurer sur une liste générale au même rang et au môme titre que les Français, dans la crainte do voir des question.s d’ordre intérieur être soumises â leur contrôle. Mais nous no voulions pas nous priver de leur concours, car le principe defaireappel à tous ceux qui peuvent contribuer au progrès de l’Urologie devait être appliqué dans toute son étendue. C’est pourquoi nous avons créé une classe de correspondants étrangers parmi lesquels des savants de toutes les nations ont sollicité leur admission. Constituée sur ces bases, l’Association donna aussitôt des preuves d’activité. Mes coliègues voulurent bien me confier le Secrétariat général, fonctions dans lesquelles ils m’ont maintenu depuis la création de la Société. La tâche a toujours présenté â mes yeux un très vif intérêt; je m’y suis consacré tout entier et j’ai été assez heureux pour voir s’affirmer rapidement le développement de la Société.

Grâce à l’activité et à l’érudition de mes collègues qui réservaient pour nos séances le meilleur de leurs travaux, elle a prospéré et a acquis une autorité incontestable autant en France qu’â l’étranger. Une preuve éclatante de l’utilité d’une Société de ce genre, est que peu après des sociétés similaires se sont créées partout à l’étranger, en .Vmérique, en Belgique, en Espagne, en Russie, en Hongrie, en Allemagne, en Italie, en prenant pour base, notre organisation.

Soutenu dans ma tâche par la bienveillance de mes collègues, j’ai

branches des sciences médicales. Sans doute, des études générales s’imposent à tous, et aux spécialistes plus qu’aux autres médecins, mais la recherche du détail n’est possible à réaliser que dans un champ limité. Des travaux importants, des œuvres de premier ordre qui émanent de savants voués à une spécialité ont justidé cette division ; l’Urologie, comme toutes les autres, a conquis son autonomie.

Aucune assemblée scientifique ne peut avoir la prétention d’édicter des arrêts incompatibles avec la marche du progrès, mais il en est tout au moins qui sont aptes à fixer l’état des questions discutées. Elles leur donnent une impulsion nouvelle et indiquent le sens dans lequel les nouvelles recherches devront se diriger. Tel est le rôle, croyonsnous, que l’Association internationale était appelée à remplir, et il est considérable.

Mais il ne suffisait pas de former ce projet et de n’en considérer que les côtés séduisants, il fallait prévoir des difficultés et des objections ; elles se sont produites en bien petit nombre ou plutôt la seule objection, la seule restriction faite aux adhésions unanimes, a été que c’était un Congrès nouveau, un de plus à ajouter à tous ceux qui, aujourd’hui, prennent une si grande place dans la vie des savants. Quelles que soient les préventions contre ces créations, si spécieux que soient les arguments apportés, l’éloquence des faits prouve, chaque jour, les services qu’elles rendent, les progrès dont elles assurent la réalisation et démontrent la nécessité de ce rouage moderne de la vie sociale. 11 n’est aucune profession, aucune association qui ne voie se multiplier et prospérer des Congrès.

Devant nous, cependant, se dressait un écueil que nous avons cherché à éviter. Dans certains Congrès ouverts, des personnes, animées sans doute de bonne volonté et du désir de produire, apportent quelquefois des communications trop peu préparées. Elles ralentissent l’intérêt des séances et causent une perte de temps au détriment de travaux de réelle importance. Deux moyens d’y obvier avaient été proposés, l’un consistait à soumettre ces travaux à une sanction préalable et à n’autoriser la publication que de certains d’entre eux, sorte d’examen rejeté aussitôt comme désobligeant et irréalisable. 11 ne restait donc qu’à limiter le nombre des membres, à faire un choix parmi les personnes qui ont donné les preuves d’un savoir étendu.

Un dernier point restait à discuter, celui de la nature et de la forme de nos travaux. 11 a paru à quelques personnes que c’était user d’une sévérité excessive que de proscrire les communications laissées à l’ini-

tiative des membres et de n’admettre à la discussion que des sujets mis préalablement à l’ordre du jour ; l’Assemblée n’en a pas jugé ainsi et elle a estimé qu’il valait mieux ne pas disperser nos forces scientifiques, et qu’elle ferait œuvre plus utile en mettant en pleine lumière les idées actuellement acquises sur un petit nombre de questions. Nous avons voulu proclamer la nécessité, pour le progrès de l’Urologie, de l’union de toutes les branches des sciences médicales, principe qui s’impose chaque jour davantage. Cette préoccupation s’est traduite à la fois par le choix de ses membres, parmi lesquels les médecins et les chirurgiens s’unissent aux chimistes et aux biologistes, et par la désignation des questions proposées.

Constituée d’après ces principes, notre association dès son premier Congrès a donné la mesure de sa valeur et de sa puissance de travail. Les discussions fournies marquent une étape ; elles ne fixent pas l’état de la science, ce qui serait impossible et préjudiciable au progrès, mais elles indiquent le point de départ des nouveaux travaux à faire sur les questions étudiées.

Dans les deux Congrès suivants, à Londres et à Berlin, il en a été de même et le nombre des orateurs inscrits a sans cesse augmenté. J’ajoute que les membres se connaissant mieux, les échanges de vues ont été plus complets et les résultats meilleurs.

Histoire de l’Drologie.

Encyclopédie française d’ürologie, Doin, 1913.

Depuis les temps les plus reculés, les affections des voies urinaires et surtout l’examen ou la contemplation des urines ont retenu l’attention de ceux qui, à des titres divers, avaient pour mission de soulager et de guérir. Us en ont de tout temps tiré des éléments de pronostic et de traitement. Aussi retrouve-t-on dans les documents historiques les plus anciens, chez les Egyptiens et les Hindous, par exemple, des faits dont j’ai eu à tirer parti.

Mais ce n’est que peu à peu que les notions précédemment acquises sur ces affections ont servi de hase à une science distincte dont les racines et les branches sont multiples ; elle puise à des sources diverses les connaissances qu’elle réclame, mais ces limites sont aujourd’hui parfaitement définies et elle jouit d’une autonomie complète A cette science nouvelle, convient un nom nouveau, l’Urologie : c’est un néo-

l’Académie fc

ni dans les ouvrages qui font autorité en cette matière. Il nous vient de l’étranger où un sens restreint lui était assigné. Nous l’avons adopté définitivement et nous en avons élargi l’acception ; à présent la signification en est si nette pour une oreille médicale qu’il se passe de défi-

C’eùt été une entreprise au-dessus de mes forces que d’écrire une histoire complète de TUrologie : les documents sont en si grand nombre qu’il apparaît bientôt qu’on ne peut les utiliser tous, en dépit de l’intérêt qu’ils présentent. J’ai dû donner à mon étude les limites que lui imposait le cadre de l’ouvrage d’ensemble, l’Encyclopédie française d’Urologie à laquelle elle sert d’introduction et pour ainsi dire de frontispice.

Le plan que j’ai suivi a été de prendre à leur origine les principales questions, de les suivre à travers les âges et de retrouver leur enchaînement au sein de diverses Ecoles médicales, en étudiant les époques, les milieux où ont vécu les urologistes de tous les temps et en retraçant dans la mesure du possible, leur vie, leur caractère, la physionomie de leurs travaux.

Parmi les documents que je suis arrivé â recueillir, la principale difficulté consistait à faire un choix judicieux. D'une manière générale on peut les diviser en deux classes : les faits isolés, ceux qui n’ont qu’un intérêt médiocre ou anecdotique, des curiosités, des trouvailles de bibliothèque plus ou moins authentiques, et ceux qui se rattachent à l’évolution de la science urologique, qui forment les bases essentielles de son élaboration. Dans les temps primitifs, l’examen de l’urine a été considéré comme un élément de pronostic, mais il était fait surtout par des prêtres-médecins dont les oracles en cette matière avaient â peu près autant de portée que ceux qu’ils tiraient de la contemplation des astres par exemple. Cependant de véritables signes cliniques étaient discernés et bien avant Hippocrate leurs modifications recevaient parfois une interprétation scientifique.

Il en est de même du traitement ; les médications diurétique, balsamique, étaient utilement employées. Les deux opérations chirurgicales qui certainement remontent â la plus haute antiquité, la circoncision et la taille étaient interdites aux médecins, condamnation originelle de la chirurgie qui, jusqu’à une époque relativement récente, a été un objet de mépris pour les médecins.

Cet ostracisme prononcé par Hippocrate était justifié par l’infériorité morale et professionnelle de nombreux empiriques qui avaient le

monopole de cette opération aussi bien que de la plupart des procédés opératoires connus à cette époque reculée. Mais peu à peu les chirurgiens dignes de ce nom les étudièrent, leur donnèrent une technique scientifique et créèrent ainsi l'arsenal de la thérapeutique chirurgicale. Il en fut de même pour la médecine urologique. Aussi à partir de cette époque et jusqu’à nos jours, verrons-nous à côté de véritables savants les empiriques exercer leur métier avec un succès variable, quelquefois tel qu’il leur valait une réputation mondiale. A ces derniers, il faut le

miniatures, parchemins, médailles, instruments et objets de toutes sortes, a été faite aussi souvent que cela a paru nécessaire.

Peut-être ce travail sera-t-il lu avec quelque intérêt, tout au moins, il servira de point de départ pour les études historiques de l’avenir.

Revues critiques des maladies des organes génito-urinaires :

A. — Bulletin général de thérapeutique, 1887 à 1894.

B. — Gazette médicale de Pans, 1885 à 1890.

Série d’articles d’analyse et de critique sur les affections des organes génito-urinaires. C’est peut-être pendant cette période que les travaux de l’École de Necker ont été le plus nombreux et le plus importants; ils ont surtout fait entrer la science urologique dans la période moderne qui devait être si féconde. D’autre part les savants étrangers qui étaient toujours venus en foule étudier à Paris, seul centre scientifique où existait une réelle École d’Urologie, commençaient à publier un grand nombre de travaux qui avaient très souvent été inspirés par des documents puisés en France. Tout en tenant grand compte des découvertes faites ù l’étranger, j’ai constamment veillé à signaler que certains travaux français, plus ou moins habilement démarqués, passaient et passent encore pour des articles originaux produits par des publicistes étrangers, presque toujours en Allemagne.

De l’examen fractionné des urines.

liulletin de la Société médico-chirurgicale, janvier 1900.

L’examen clinique des urines est souvent plus important que l’analyse chimique. L’expérience des 3 verres, réglée par le professeur Guyon, est indispensable pour tout diagnostic urinaire.

Mais dans les cas douteux cette minutie dans la recherche doit-être poussée plus loin et c’est à divers moments de la journée que l’examen doit être répété ; certaines suppurations des voies supérieures sont intermittentes, la station debout ou couchée influe sur le trouble des urines. La vessie elle-même, celle des prostatiques en particulier, est creusée de loges qui se remplissent et se vident de pus par intermittences. 11 en est de même de la prostate dont les glandules retiennent souvent du pus ou du liquide normal. Aussi un seul examen, même fait avec la division devenue classique, est-il insuffisant; il doit être répété dans des conditions variées.

Des fausses albuminuries.

Bulletin de la Société de médecine et de chirurgie, fU juillet 1910.

Quand l’examen d’une urine a révélé une certaine quantité d’albumine, trop souvent chimistes et médecins diagnostiquent une néphrite ; mais si en même temps on fait l’examen microscopique on constate aussi la présence du pus ou du sang, qui peut provenir soit d’une urétrite ou d'une prostatite restée longtemps latente, ou bien d’une infection ayant gagné les voies supérieures, qu’il s’agisse d’une pyélite simple ou d’une pyélite calculeuse. Même par une filtration soigneusement pratiquée on n’obtient pas des urines exemptes d’albumine quand elles sont mélangées de pus, aussi l’examen microscopique csl-il indispensable po'ur éviter des erreurs thérapeutiques comme celle qui conduit à imposer un régime lacté absolu à des calculeux rénaux, des tuberculeux ou des prostatiques,

Par contre il ne faut pas de l’absence d’albumine dans une urine conclure que le rein est indemne. Dans l’hydronéphrose par exemple,

Complications grippales portant sur les voies urinaires.

■SocUlé niédico-chirurgicak, 26 février 1900.

Ce sont surtout l’urètre et la prostate que la grippe contamine. On observe trois formes principales d’infection.

Dans une première catégorie se placent des sujets n’ayant jamais rien eu dans leurs antécédents urinaires. Un jeune homme présente au cours d’une grippe un frisson violent avec vive douleur à la région prostatique et rétention complète d’urine. La prostate volumineuse ne peut être franchie qu’avec un mandrin. Je laisse la sonde à demeure craignant la formation d’un abcès de la prostate. A mon étonnement, il n’y eut aucune suppuration ; tous les symptômes fonctionnels disparurent au bout de quinzejours ; la miction etl’étatgénéral se rétablirent. Mais la prostate conservait des bosselures et une augmentation de volume. Le professeur Guyon consulté porta, avec quelques réserves, le diagnostic de tuberculose. Ce diagnostic ne fut pas confirmé ; la prostate diminua et il n’y eut jamais d’accidents de tuberculose. Depuis, c6 malade contracta une blennorragie, qui a été suivie d’une prostatite aiguë; ces deux affections guérirent parfaitement sans donner lied h aucun signe de tuberculose. Actuellement ce malade est très bien portant. Sa prostatite n’était qu’une congestion grippale.

Dans une deuxième catégorie, les sujets ont dans leurs antécédents une vieille urétrite ; sous l’influence de la grippe cette urétrite se réveille^ se propage à la prostate et détermine une prostatite qui ordinairement ne suppure pas mais qui cependant peut donner lieu à un abcès.

Dans une troisième catégorie les sujets ont eu dans leurs antécédents une urétrite, qui s’est réveillée à la suite de la grippe, et qui a évolué sans participation de la prostate,

Traitement général de la tuberculose génito-urinaire.

Bulletin de la Société de thérapeutique, 26 janvier 1898.

Si le traitement opératoire tient la première place dans la tuberculose rénale et génitale on ne saurait oublier la part importante du traitement général dans la tuberculose génito-urinaire.

L’hygiène est prédominante ; une amélioration se fait sentir dès que les malades sont placés dans de bonnes conditions climatériques; ceux qui sont atteints de formes congestives avec tendances hémorragiques devront éviter les hautes altitudes, les cures d'air dans une campagne saine, bien abritée, conviennent le mieux. Le bord de la mer est indiqué si la localisation principale porte sur l’appareil génital, il est moins bon quand l’appareil urinaire est atteint. Les eaux arsenicales conviennent aux formes congestives.

Dans l’alimentation, éviter toute substance capable d’irriter localement les voies urinaires, aliments trop fortement a/.otés, alcool, etc. Le régime lacté absolu est inefficace excepté pour les poussées aiguës de cystite, mais l’adjonction de lait en quantité modérée est profitable au relèvement général.

La suralimentation donne de bons résultats dans les tuberculoses génitales ; elle n’est k conseiller en cas de lésion rénale que si la fonction rénale n’en souffre pas, d’où la nécessité de fréquentes analyses d'urine. Pour les mêmes raisons les substances médicamenteuses sont souvent nuisibles, car il faut ménager le filtre rénal : toutefois certaines préparations arsenicales, surtout les eaux arsenicales aident dans quelques cas au relèvement général : la créosote et le gaïacol m’ont également paru avoir une action salutaire.

Traitement marin des tuberculoses génito-urinaires.

Compte rendu du I” Congres de thalassothérapie, Boulognc-sur-Mor, 1894 et Journal des Praticiens, 1894, p. 131.

Il faut opposer la tuberculose urinaire Ma tuberculose génitale. Les cystites tuberculeuses sont en général mal influencées par le séjour au bord de la mer et plus encore par la balnéation marine, même chaude ; cet eflet devient désastreux en présence d'une poussée aiguë de cystite. Il en est de même de la tuberculose rénale ; dans deux cas j'ai vu la marche s'accélérer rapidement à la suite d'un traitement marin : toutefois dans les formes initiales, celui-ci peut ne pas être contre-indiqué.

Par contre, le traitement marin est ordinairement très efficace contre les productions tuberculeuses de l'appareil génital, surtout dans les formes torpides et le séjour très prolongé au bord de la mer, sans balnéation, accélère ou amène la cicatrisation des fistules prostatiques et épididymaires.

j’habitude, consacrant une incorrection du langag iquer le terme « incontinence essentielle » à plusi ne correspondent pas à cette dénomination. C’est ! incontinences symptomatiques d’une lésion vésical me, etc., doivent être exclues, de même que celles le tuberculose rénale au début. L’incontinence n’est e, mais elle indique une lésion vésicale ou de voisi Déjà restreint par une critique sévère des conditions omaine de l’incontinence essentielle diminue à mes is cystoscopiques deviennent plus fréquents. J’ai déc )ns osliales des uretères, symptomatiques de la tuber ) plus souvent des cystites légères localisées au col v impies congestions traduites par une vascularisatio Enfin dans les cas où aucune trace d’infection ou ait appréciable, j’ai découvert des malformations c res colonnes vésicales donnant l’aspect d’une fine ment une hypertrophie du muscle inter-urétéral, r observé cette disposition ailleurs que dans les cas ntielle ; elle est due à une excitabilité vésicale proie En résumé, le terme incontinence ne doit être consi( iiagnostic d’attente destiné à être remplacé quand ique viendra à être découverte.

Troubles urinaires chez les ataxiques.

Société de thérapentique, séance du 10 février LeBuUetmmidical,-p. 174.

besoin d’uriner, et il se trouve désagréablement surpris de constater qu’il mouille ses vêtements.

Les phénomènes sensitifs consistent en cystalgie, en névralgie vésicale, quelquefois en une fréquence inusitée des mictions : c’est la vessie irritable des Anglais.

Ces symptômes peuvent passer inaperçus, mais l’attention est nettement éveillée lorsqu’apparaît l'incontinence. C’est tantôt une fausse incontinence au cours d’une cystalgie, une miction tellement impérieuse que le malade ne peut retenir son urine; tantôt une émission inconsciente, tantôt enfin une incontinence par regorgement.

Tous ces symptômes sont importants à connaître, car ils peuvent mettre sur la voie du diagnostic et permettre de dépister l’ataxie à ses débuts. On les complétera par la recherche des signes physiques : examen de la prostate et de la vessie. Le cathétérisme nécessite une asepsie des plus rigoureuses.

Le traitement consistera surtout à éviter la distension en pratiquant régulièrement le cathétérisme évacuateur.

Troubles médullaires (ataxie locomotrice) consécutifs à une gelure des membres inférieurs.

A la suite d’un séjour prolongé dans l’eau très froide après un naufrage, le sujet présente un ensemble de symptômes très complexes qui semblent s’être rattachés d’abord à une névrite, plus tard à Tataxie locomotrice. L’origine névritique de cette lésion est exceptionnelle : et d’ailleurs plusieurs symptômes faisaient défaut pour afiirmer ce diagnostic, en particulier les troubles urinaires dont il importe de signaler l’absence.

Diagnostic de la pollakiurie nerveuse.

Bulletin de la Société médico-chirurgicale, 1906, p. 75.

On ne doit poser le diagnostic de pollakiurie nerveuse qu’après avoir employé tous les moyens d’examen des organes urinaires; la cystoscopie surtout peut rectifier le diagnostic. Chez un dé mes

malades, par exemple, dont l’examen était resté négatif et l’exploration métallique silencieuse, la cystoscopie révéla l’existence d’un calcul ignoré. 11 est fréquent de voir l’existence d’une tuberculose rénale au début révélée par une pollakiurie qui, à cette période, est d’ordre réflexe. La cystoscopie peut alors être négative; mais qu’on répète l’examen cystoscopique quelques mois plus tard et on pourra surprendre le début de la tuberculisation de la vessie. Quand au traitement, je crois à l’efficacité de l’électrisation locale ainsi qu’aux applications générales de l’électricité, au moyen soit de la haute fréquence, soit de l’électricité statique.

Des pollakiuries d’origine neurasthénique et de leur traitement électrique. riuUuin de la Société médico-chinm,icak du 27 mars 1(10.7.

Le diagnostic de la pollakiurie nerveuse doit être posé sous toutes réserves. La cystoscopie permettra de déceler une cause matérielle, par exemple un calcul qui aurait échappé à d'autres moyens d’investigation. Plus souvent la pollakiurie est d'origine réflexe et relève d’une lésion tuberculeuse du rein. La cystoscopie ne doit jamais être négligée et elle sera souvent répétée. Quelquefois dès le début de la tuberculisation vésicale, elle pourra se montrer positive après être restée négative à un premier examen ; ces investigations devront être répétées souvent avant d'affirmer un résultat négatif. La pollakiurie nerveuse essentielle ne doit donc être considérée que comme un diagnostic d’at-

Traitement électrique des paralysies vésicales. lluUelin de la Société médico-chirtirtjicale, tO février 1902.

On constate souvent de la parésie de la vessie dans les hypertrophies de la prostate. Par le cathétérisme régulier et prolongé de la vessie on fait souvent disparaître cette parésie. Dans certains cas rebelles, l’électrisation interne de la vessie, par l’intermédiaire d’une injection vésicale d’eau salée, ramène la contractilité. C’est là un élément de pronostic favorable qui peut engager à une intervention sur la pros-

ïin que le résultat fonctionnel post-opératoir

excellent.

Recherches expérimentales sur les sondes à double courant.

Annales des maladies des organes génito-urinaires, janvier 1884.

Un des principaux inconvénients de la sonde à double courant, est de ne donner aux conduits d’aller et de retour qu’un petit calibre, insufdsant pour amener au dehors les mucosités, dépôts glaireux, petits calculs ou fragments calculeux. L’avantage qu’on attribuait à cet instrument de soulever les mucosités du bas-fond et de les porter au contact de l’œil de l’autre sonde est démontré nul par mes expériences. En le pratiquant, je n’ai vu qu’un soulèvement médiocre au moment de l'injection ; les mucosités restent en dehors du courant artificiel déjà produit.

Les conclusions auxquelles conduit ce travail sont les suivantes :

Une injection poussée par une soude à double courant détermine dans une masse liquide un mouvement tel qu’une partie seulement en est vivement agitée, tandis que l’autre demeure dans un repos relatif.

Les corps étrangers tenus en suspension ne sont pas entraînés directement vers l’orifice de sortie ; le courant tend au contraire à les en éloigner. Ce fait s’observe pour les dépôts muqueux comme pour les graviers.

L’élasticité de la vessie atténue la brusquerie et la force de l’injection et régularise l’écoulement du liquide, qui sort lentement et tombe à une courte distance du pavillon de la sonde.

Pour déterminer l’issue des corps étrangers intra-vésicaux, il faut pousser l’injection avec une certaine violence ; celle-ci détermine bientôt la distension de la vessie qui doit être maintenue à un degré assez considérable pendant longtemps pour produire un jet de sortie qui suffise à entraîner les mucosités ; elle exercerait une fâcheuse influence sur des parois vésicales déjà malades.

Chacun des deux conduits de la sonde doit avoir un calibre assez large ; pour obtenir un remous suffisant, le minimum qu’on puisse donner au conduit d’aller est le tiers du diamètre total.

Accidents consécutifs à des lavages de la vessie sans sonde.

Société de médecine de Paris, 2i décembre 1887

et Annales des maladies des organes génito-urinaires, 1888, p. 302.

L’idée d’introduire par l'urètre dans la vessie un liquide de lavage sans sonde est très ancienne. Cloquet en parle comme d’un procédé connu ; Bertholle le dénomme « lavement de vessie ». Plus récemment M. Lavaux a voulu en faire une méthode générale de traitement des cystites, quelle qu’en soit la nature, et publia une série de cas tous favorables.

J’ai expérimenté ce procédé et à côté de quelques succès, j’ai observé des accidents qui me rendirent circonspect et que jecrois utile de faire connaître.

Dans un premier cas, une cystite blennorragique chez une femme a été soumise par moi à ce traitement ; deux autres malades atteints également de prostato-cyslite blennorragique traites ainsi par leur médecin, sont venus me trouver en pleines complications. Tout d’abord chez ces trois malades, un certain soulagement a été observé puis la résistance è la progression du liquide a augmenté, finissant par être vaincue. Mais l’effet a été invariable : un redoublement de l’inflammation s’est manifesté au bout de quelques heures. Celle-ci a présenté le caractère constant de s’accompagner d’hématuries, signe qui est propre aux cystites intenses et qui n’existait pas avant l’injection urétrale sans sonde.

Enfin un prostatique avec cystite chronique avait été traité par des lavages sans sonde en province ; l’exacerbation de la cystite fut telle que le transport à Paris du malade fut jugé nécessaire. Des évacuations régulières et des lavages antiseptiques avec une sonde de calibre suffisant amenèrent une diminution des symptômes ; mais la fréquence resta toujours plus grande.

11 y a eu dans tous ces cas une action traumatique portée sur le sphincter qui a été forcé, le système d’irrigation continue avec un appareil automatique constituant une force aveugle que les sensations seules des malades, très variables suivant les sujets, ne permettent pas de contrôler. C’est pourquoi, si l’on juge nécessaire de recourir à ce moyen thérapeutique, il vaudrait mieux se servir d’une seringue que du siphon conseillé par M. Lavaux.

A propos de la sonde de tronsse.

Journal des Praticiens, 28. février 1899, n” 8.

C’fest pour obéir sans doute à une sorte de tradition que les fabricants d’instruments placent dans les trousses de pocbe une sonde métallique à grande courbure, démontable; l’avantage de cet instrument est d’être facilement transportable et stérilisable. Mais il faut avoir été témoin des nombreuses fausses routes occasionnées par cet instrument pour en conseiller l’abandon. La courbure calculée sur une moyenne est trop courte et de trop court rayon pour les grosses prostates dont elle embroche aisément le lobe moyen, trop grande pour les urètres d’adulte où elle s’embarrasse dans le cul-de-sac du bulbe. Elle met entre les mains des médecins un instrument puissamment offensif qu’une manœuvre maladroite ou un mouvement d’impatience rend dangereux et parfois meurtrier. 11 importe donc de rejeter complètement cet instrument, et de savoir que le cathétérisme métallique doit rester tout à fait exceptionnel; il n’est indiqué que pour des explorations ou des manœuvres spéciales. Les sondes molles doivent être presque uniquement employées, et il est nécessaire que le praticien en ait toujours en réserve. Par des moyens que nous avons exposés ailleurs, la stérilisation s’en obtient facilement, et gritce à un mandrin métallique dont on fait varier la courbure à volonté, on recueille tous les avantages attribués aux sondes métalliques.

Plus souvent encore, on devra recourir à la sonde de caoutchouc, qui passe dans l’immense majorité des cas; il est partout possible de la faire bouillir, quand on n’a pas avec soi un tube ou une boite qui permette le transport de ces instruments tout stérilisés.

Sonde molle de trousse.

Bulletin de la Société de médecine pratique, 1892.

Les avantages des sondes molles, de gomme ou de caoutchouc, dans la pratique ordinaire du cathétérisme, ne sont plus à démontrer. Si, aujourd’hui encore, beaucoup de praticiens emploient la sonde métallique de trousse, c’est qu’elle est d’un transport facile et qu’ils l’ont

facilement à leur disposition. Cependant cet instrument présente de nombreux inconvénients : pour ma part je n’ai jamais vu une seule fausse route qui reconnût un autre agent que la sonde de trousse. Les instruments mous, et en particulier la sonde béquille, triomphent beaucoup mieux de ces difficultés ordinaires du cathétérisme avec ou sans mandrin.

Je me suis proposé de rendre ces sondes molles facilement portatives et, dans ce but, j’ai prié M. Vergne, de construire une sonde

béquille (n" 17 Charrière), coupée par son milieu ; les deux moitiés, munies d’une armature métallique, peuventen être réunies au moyen d’un pas de vis (fig. 48). L’interposition de cette pièce rétrécit sensiblement le calibre de la sonde qui reste cependant égal è celui de la sonde métallique de trousse. On peut introduire un mandrin métallique qui permet de donner à la sonde des courbures variées ; il faut que le rayon de celle-ci soit assez grand pour que le mandrin puisse passer facilement dans l’armature ; cette grande courbure convient bien à la plupart des grosses prostates ; une petite courbure ni une coiidure ne peuvent être employées avec cette sonde.

Ces deux pièces, faites d’un tissu de gomme, se détérioreraient rapidement au contact des autres instruments d’une trousse si elles n’étaient pas enfermées dans un étui métallique. Celui-ci est aplati et, dans une trousse, ne tient guère plus de place qu’une seringue de Pravaz par exemple : il est percé de petits trous à cliaque extrémité pour permettre à la sonde de sécher librement. On peut d’ailleurs facilement stériliser le tout, soit par l’immersion dans un liquide approprié, autre que le sublimé, soit par le séjour à une température de tOO à H0“. Dans ce, dernier cas, en obturant les trous de l’étui avec de l’ouate, on conserve la sonde indéfiniment aseptique.

Fig. 52. - Tu

cône creux, dont la partie inférieure esi fines (fig. St) : la partie supérieure de c par un bouchon de caoutchouc et ses parois latérales enveloppées aussi de caoutchouc pour adhérer aux parois du tube où sont placées les sondes (fig. 8!2). La stérilisation exige trois jours pour des sondes bien sèches.

Les vapeurs de formol pénètrent par la grille indiquée, se répandent dans le tube et assurent la stérilisation de leurs parois.

Le reproche qu’on peut adresser à toute stérilisation au formol est d’abandonner sur la surface des sondes un dépôt de formol qui en rend irritant le contact avec la muqueuse de l’urètre. Il est facile d’obvier à cet inconvénient en essuyant cette surface avec un tampon stérile imbibé d’alcool, puis de chasser l’alcool par immersion de la sonde dans de l’eau stérilisée ou dans la solution antiseptique dont on se sert habituellement pour l’antisepsie du

* L’asepsie des seringues à injections vésicales.

L’emoloi d’instruments faciles à stériliser, comme aeei

qu’on accroche ou qu’on soutient à une hauteur déterminée au-dessus des malades peut être soumis à l’ébullition, de même qu’une poire de caoutchouc à embout approprié. Mais ces instruments ne donnent au chirurgien qu’une notion assez vague de la résistance des parois vésicales : le siphon parce qu’il agit automatiquement ; la poire de caoutchouc en raison de sa résistance variable et difficile à apprécier, empêche elle aussi de se rendre compte de la puissance de la contractilité vésicale, condition capitale à observer pour mener à bien un traitement par les lavages vésicaux.

La seringue ordinaire présente de grands avantages : elle se prête aux manœuvres multiples de la chirurgie urinaire et surtout elle renseigne exactement sur le degré de tension de la vessie et la réaction du muscle vésical. La grosse objection à faire à son emploi est la difficulté de maintenir un tel instrument aseptique, car la substance grasse qui lubrifie le piston s’altère rapidement.

Pour maintenir ce dernier exempt de germes pathogènes, j’ai fait faire une seringue avec deux pistons interchangeables qui se vissent facilement à l’extrémité de la tige. Quand l’un est en service, l’autre baigne constamment dans un récipient contenant de l’huile phéniquée à 6 p. 100. 11 suffit de remplacer chaque jour ou à chaque usage le piston qui vient de servir par celui qui trempe dans l’huile phéniquée, pour avoir un instrument stérile. Les soins de nettoyage du corps de pompe restent les mêmes, bien entendu : pour les faciliter j’ai augmenté le diamètre du corps de pompe aux dépens de sa longueur.

Pratique de l’antisepsie dans les maladies des voies urinaires.

Reoue générale de clinique et de thérapeutique, n” 8, i89ü, p. 123.

Parmi les procédés employés par divers chirurgiens pour pratiquer aseptiquement le cathétérisme, beaucoup sont efficaces et atteignent leur but mais ils sont difficilement applicables dans la pratique de la ville. Cet article a pour but de faciliter aux praticiens l’antisepsie de leurs instruments, de leurs mains, ainsi que du champ opératoire, c’est-à-dire le méat, l’urètre et la vessie. Comme les conditions de la pratique sont diverses, multiples sont aussi les procédés indiqués pour chaque temps du cathétérisme.

Emploi du protargol dans les inflammations des voies urinaires.

BuUetinde la Société médico-chirurgicale, 1898, p. 228.

Sous la forme d’instillations à le protargol est précieux dans les urétrites chroniques à gonocoques carilne provoque pas la réaction violente qui suit l’application de nitrate d’argent sur la muqueuse infectée. Mais il est surtout indiqué contre les urétrites chroniques sans gonocoques; les filaments disparaissent rapidement ; l’urine reste quelquefois un peu trouble, ou contient encore quelques points en suspension. Quand l’état reste stationnaire, il est bon de suspendre ou de changer le topique; le nitrate d’argent réussit souvent à la suite d’un traitement par le protargol alors que la muqueuse s’était montrée intolérante au nitrate pendant de longs mois.

Quant aux urétrites tuberculeuses elles ne sont guère améliorées par le protargol ; malgré quelques exceptions heureuses, il faut proscrire cet agent dans ces cas, car la congestion provoquée est telle qu’une poussée aiguë en est parfois la conséquence.

Dans la cystite blennorragique les résultats sont bons sans exception ; les instillations devront être portées sur le col, la vessie vide. Aussi quand il existe une rétention incomplète, il est utile de vider la vessie préalablement.

Indications et dangers du sublimé.

linlletin de la Société médico-chirurgicale, tO juillet 1899.

Actuellement, la tendance générale est de substituer l’asepsie à l’antisepsie ; la première est assnrément préférable mais beauconp plus difficile à réaliser.

Aussi, dans l’intérêt même des malades, il est dangereux, je crois, de proclamer que les antiseptiques sont nuisibles. Pour ma part, je fais souvent usage du sublimé. Dans les régions péri-vésicale, hypogastrique, périnéale, rénale, je n’ai jamais observé d’accidents consécutifs à son emploi, à la condition que l’action du sublimé ne soit pas prolongée. Aussi est-on autorisé à s’en servir même dans ces régions

OÙ l’absorption est facile, au cours des interventions, mais non ù titre de pansements permanents.

On a rapporté une observation de stomatite grave consécutive à l’emploi du sublimé chez un malade privé d’un rein. Le rein resté unique devait eire malade car la suppléance du rein absent par le congénère complètement sain est toujours suffisante et l’augmentation proportionnelle du volume de celui-ci suffit à expliquer ce phénomène physiologique.

PRÉSENTATIONS A LA SOCIÉTÉ ANATOMIQUE In Bulletins de la Société anatomique.

1818. — Fractures du sternum et de la colonne vertébrale chez un sujet affecté d’insuffisance mitrale, p. 33, 18 janvier.

Carcinome du larynx. Perforation de la carotide primitive, p. 3(18, 19 juillet.

Épithélioma du larynx. Généralisation au foie, p. 398, 19 juillet.

1879. — Hernie inguinale. Myosite infectieuse du psoas, p. 374, 28 avril.

Épanchement sanguin sous-muqueux et rupture traumatique de l'intestin,

p. 371, 28 juillet.

Orchite tuberculeuse suppurée. Pso'itis; infection purulente, p. 871-, 28 juillet.

1880. — Persistance du trou de Botal chez un homme de 62 ans, p. 382, 13 mai.

Kyste hydatique du cerveau, p. 42i, 4 juin.

Hémiplégie dans le cours d’une phtisie pulmonaire. Ramollissement du lobule de l’insnla, p. 481, 25 juin.

Végétations polypiformes du gros intestin chez un tuberculeux, p. 489, 8 octobre.

Persistance du trou de Botal. Congestion pulmonaire, p. 801, 18 oc-

■ Médiastino-péricardite calleuse, p. 503, 15 octobre.

1881. — Bourre de pistolet extraite du creux poplité, p. 5C9, 7 octobre.

1884. — Rapport sur la candidature de M. H. Gilbert au titre de membreadjoint, p. 123, 23 janvier.

1885. — Rapport sur la candidature de M. Poupon au titre de membreadjoint, p. 237, 1" mai.

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