TRAVAUX DIVERS
Note sur un cas d’ictère grave mortel avec azoturie et azotémie et absence presque totale des lésions hépatiques.
(En collaboration avec M. Brdhl.) Soc. 7néd. des Hôp., 6 mars 1914.
Sur les causes de la rétention biliaire dans les spirochétoses ictéro-hémorragiques.
(En collaboration avec M. Brllé.) Soc. de Biologie, 19 mai 1917.
Endocardite tuberculeuse et hémorragie cérébro-méningée.
(En collaboration avec M. F. Bezatjçon.)
Société d'Études scientifiques sur la Tttberculose, mars 1914.
Note sur un cas d’ictère grave mortel avec azoturie et azotémie et absence presque totale de lésions hépatiques. (En collaboration avec M. Brübl.) Soc. méd. des Hôp., 6 mars 1914.
Notre observation est celle d’un homme de cinquantehuit ans, mort très rapidement d'ictère grave avec azotémie, et dont l’autopsie a montré un foie exempt de toute lésion anatomique.
Elle venait après celles de Widal et Abrami, Hamond et Géraudel, Quénu et Joltrain, montrer que l’ictère grave peut s’accompagner de lésions hépatiques si discrètes qu’on pouvait se demander si dans ces cas le syndrome n’est pas la conséquence d’une vérilable sidération fonctionnelle du foie.
L’azotémie (3 gr. 70), les altérations anatomiques des reins, la teinte foncée de l’ictère rapprochent notre observation des cas publiés plus tard d’ictère grave spirochétien, bien que les signes méningés et la fièvre aient fait entièrement défaut.
Un point méritait d’y être souligné : le malade n’avait cessé pendant toute l’évolution d’émettre chaque jour deux ou trois litres d’urine riche en urée, ce qui contrastait paradoxalement avec le chiffre élevé de l’azotémie.
Le fait paraît moins étonnant depuis les études faites sur la spirochétose ictéro-hémorragique au cours de laquelle cette coïncidence est presque habituelle.
Sur les causes de la rétention biliaire dans les spirochétoses ictéro-hémorragiques. (En collaboration avec M. Brûlé.) Société de Biologie, 19 mai 1917.
La reproduction de l’ictère spirochétosique chez le cobaye permet de préciser si la rétention biliaire dans cette affec-
tion correspond à des lésions des voies biliaires, ou à des lésions du parenchyme hépatique.
Chez le cobaye mort en plein ictère spirochétosique, on ne trouve aucune altération macroscopique ni microscopique des voies biliaires, extra-hépatiques et intra-hépatiques.
Par contre, les lésions du parenchyme hépatique sont multiples, réalisant l’aspect du foie infectieux, avec petits foyers inflammatoires circonscrits, cellules embryonnaires isolées, et lésions de dégénérescence variées de la cellule hépatique.
Ces constatations sont un argument important pour ceux qui pensent que nombre de rétentions biliaires sont dues bien plutôt aux lésions de la cellule hépatique qu’à une obstruction hypothétique des voies biliaires.
Endocardite tuberculeuse et hémorragie cérébro-méningée.
(En collaboration avec M. F. Bezançon.) Société d'études scientifiques sur la Tuberculose, mars 1914.
JNous avons eu l’occasion d’observer une malade dont l'histoire nous a paru intéressante en raison de certaines particularités d’ordre clinique et anatomo pathologique.
Il s’agissait d’une malade, jeune, atteinte de tuberculose ulcéreuse indiscutable du sommet. Elle était amenée à l’hôpital pour des troubles oculaires, de la céphalée, des contractures, et il semblait que le diagnostic de méningite tuberculeuse dût s’imposer d’emblée. Cependant, il n en était rien. La ponction lombaire ramenait un liquide franchement hémorragique, qui contenait des polynucléaires neutrophiles intacts dans la proportion de 98 p. 100. Ce liquide céphalo-rachidien ne renfermait pas de bacilles de Koch et aucun autre microbe. Il s’agissait d’une hémorragie cérébroméningée considérable, ayant son siège au niveau du lobe occipital, d’où elle avait atteint le ventricule latéral. Il n’existait pas trace de tuberculose méningée.
En outre, la malade était atteinte d’insuffisance mitrale.
Mais le souffle systolique qui la caractérisait avait surpris par son étendue, sa rudesse et sa propagation. Il était dû, en effet, à une lésion d’endocardite végétante, atteignant non seulement la valvule mitrale, mais encore la paroi de l’oreillette gauche, et il était renforcé par la compression du tronc brachio-céphalique par un volumineux ganglion médiastinal. Les lésions d’endocardite végétante de l’oreillette et de la mitrale étaient de nature tuberculeuse, comme l’a montré l’inoculation au cobaye. Cependant, il n’existait pas de septicémie, l’inoculation du sang au cobaye ayant été négative.