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I. Compendium de médecine pratique

Ouvrage approuvé par l’Académie des sciences, par le Conseil royal de l’instruction publique et par le Conseil de santé des armées.

Écrit en collaboration avec M. le docteur Monneret.

Le Compendium a paru au mois de novembre 1836. La critique que Broussais avait fait subir aux travaux de ses devanciers, anciens ou modernes ; la direction imprimée aux esprits par une philosophie médicale qui, poussant à l’extrême les principes de l’illustre Bacon, prétendait qu’il fallait faire table rase et reconstruire l’édifice par la base; le sentiment qui porte les jeunes générations à secouer le joug de la tradition, de l’autorité, pour ne s’en rapporter qu’aux lumières du libre examen ; toutes ces circonstances avaient plongé les études historiques dans un discrédit complet, et la plupart des auteurs tenaient à honneur de n’accorder au passé de la science'qu’une brève et dédaigneuse mention.

L’influence d’un tel état de choses se traduisait par des effets funestes qui, aujourd’hui même, se font encore sentir. Les élèves, abandonnant les études didactiques, la méditation des auteurs classiques, les travaux qui seuls permettent d’acquérir des connaissances d’ensemble bien coordonnées, des vues générales fécondes, pensaient satisfaire à toutes les exigences de leur éducation médicale en passant, quotidiennement, quelques heures dans les pavillons de dissection et dans les salles des hôpitaux ; les écrivains croyaient accorder un développement suffisant à l’exposé de la science en se restreignant dans les limites étroites d’un Dictionnaire ou d’un Manuel.

Avec un certain nombre d’esprits élevés et prévoyants, nous entrevîmes la voie fâcheuse dans laquelle s’engageaient la littérature et les études médicales, dont la France avait toujours su maintenir le niveau à une si haute élévation.

Pénétrés de l’utilité et de l’importance de la méthode d’observation, justes

séparer les hypothèses des vérités démontrées; indi avoir tracé un exposé complet, méthodique, histori acquises à la science, la direction qu’ils devaient

articles, par la discussion dés doctrines, un véritable caractère de nouveauté, le Compendium est un ouvrage qui peut être lu avec fruit par ceux qui veulent apprendre , et avec intérêt par ceux qui ont déjà beaucoup appris.

» Les auteurs ont pensé avec raison qu’il ne suffisait pas de tracer l’histoire de la science et de-toutes ses révolutions, mais encore qu’il importait d’examiner lés doctrines, de signaler lès lacunes, de discuter les points obscurs, litigieux, et ënSn d’appeler l’attention sur les parties les moins étudiées, et conséquemment les moins connues.

» Chaque article formé une monographie dans laquelle une description animée fait connaître les travaux lés plus recommandables des médecins les plus célèbres, nationaux et étrangers, mais nous pourrions aussi citer un grand nombre d’articles où'les auteurs du Compendium, non contents.d’exposer les travaux des autres, ont considéré leur sujet sous un point de vue nouveau; et nous aimons à:affirmer qu’ils ont éclairé plusieurs points obscurs, et qu’ils ont établi dans le diagnostic des discussions d’où jaillit une vive lumière sur le pronostic et sur le traitement.

» En résumé, disait en terminant M. Breschet, nous n’hésitons pas à affirmer que si cet ouvrage est conduit avec le même soin jusqu’à sa terminaison, il pourra à la fois instruire-l’étudiant par la clarté et l’exactitude des descriplions , et le praticien par l’exposé et la discussion judicieuse des diverses méthodes thérapeutiques. »

ou nouveau ! que de descriptions défectueuses à compléter et à rectifier ! combien de données négligées ou inconnues à introduire dans la discussion! combien d’efforts pour ramener aux principes de la médecine rationnelle une thérapeutique complexe et empirique!

Compendium, ont été publiés sous forme de mémoires plus étendus dans les divers recueils périodiques.

Il serait trop long d’énumérer tous les travaux étrangers qui ont été compulsés et analysés pour la rédaction du Compendium; nous nous contenterons de citer ceux de : Fisher de Boston, Meissner, Heyfelder, Rosen, Armstrong, Cadogan, Ambrosiani, Gregor de Glasgow, Rees, Sims, Carswell, Abercrombie, Fantonetti, Cheyne, Reid, Shearman, Massford, Bonorden, Heim, Theurer, Schallenmüller, Sicherer, Yürg, Dewees, Bang, Œsterleben, Osiander, Naumann, Underwood, Willan, Wells, Dickson, Blackett, Gibson, Parr, Lawrence, Arnott, Jahn, Eisenmann, Albers, Helft, Hope, Johnson, Gordon-Hacke, Bright, Beatty, Corrigan, Greding, Haslam, Crichton, Bertolini, Ellis, Henke, Matthey, Henle, Ward, Townsend, Bramley, M’Clelland, Muller, Merling, Neussel, Nilson et Pfeiffer, Burne, Todd, Stockes, Kopp, Paugensthecher, Kornmaul, Hugh Lei, Hood, etc., etc.

une telle richesse de faits, avec une telle largeur de développements, que dans cette monographie, qui restera toujours une œuvre de conscience et de talent. »

III. L’homœopathie mise à la parlée de tout le monde, ou examen théorique et pratique d’une prétendue doctrine médicale. Paris, 1838.

Dans une première partie, théorique, j’ai étudié .dans autant de chapitres séparés : 1° la loi des semblables ; 2” la spécialité d’action attribuée à chacune des substances médicamenteuses ; 3“ l’efficacité des doses homœopathiques et la possibilité matérielle de leur préparation ; i“ les indications sur lesquelles repose le choix du médicament. Dans une seconde partie, pratique, j’ai apprécié les fails produits par les auteurs homoeopathistes ; j’ai rappelé les résultats des expérimentations de M. le profésseur Andral, etc. ; enfin, j’ai rapporté des observations et des expériences nombreuses qui m’appartiennent.

A l’époque oir parut ce livre, je ne connaissais pas l’homme auquel devait m'unir bientôt une amitié sincère, et dont la mort prématurée devait me laisser le soin de continuer le travail qui a usé sa vie : qu’il me soit permis de citer les paroles suivantes de Louis de la Berge.

« L’œüVre de M. Fléury est une œuvre courageuse: jeune encore, ce médecin se lance dans la carrière de la polémique. Après avoir lu les ouvrages hémœopathiques dans la langue où ils ont été d’abord publiés, il a conçu l’espoir d’être utile en exposant avec bonne foi, mais avec sévérité, le résultat de ses méditations. M. Fleury a parfaitement rempli la tâche qu’il s’est imposée; on reconnaîtra que c’est à l’aide de faits principalement qu’il s’est formé une opinion, et l’on applaudira à son dévouement » (Revue médicale du journal le Temps, n” du 17 septembre 1838).

Ce livré a été traduit en allemand par le docteur Hotlau en 1839.

IV. Traité théorique et pratique hydrothérapie . Paris, 1852.

Depuis dix ans l’hydrothérapie a conquis une place importante dans la thérapeutique; elle a opéré des guérisons remarquables, elle a convaincu quelques médecins, elle s’est imposée à beaucoup d’autres, elle s’est acquis la faveur du

public, et cependant elle est encore considérée par la science comme nne médication empirique, un moyen extrême, une dernière ressource qu’il n’est permis d’employer qu’après avoir épuisé toutes les autres, et en présence d’un danger qui autorise toutes les tentatives.

Il est facile de se rendre compte de cet état de choses : « Abandonnée jusqu’ici à des hommes ignorants ou à des médecins plus préoccupés des questions industrielles que des matières scientifiques, cette médication, dit M. Raige-Delorme, s’était moulée dans un empirisme brutal et grossier, appliqué sans intelligence et sans distinction à : tous les malades quels qu’ils fussent. Tout était donc à refaire en hydrothérapie. »

D’un autre côté, la médication systématique instituée par Priesnitz représente un tout fort complexe, faisant intervenir des modificateurs nombreux et variés qu’il était nécessaire d’étudier, d'abord, isolément pour établir, ensuite, les différentes manières dont ils doivent être combinés, afin de répondre aux indications que présente chaque cas pathologique.

« Arracher l’hydrothérapie à un aveugle empirisme, substituer à un système exagéré et exclusif une méthode rationnelle, en rapport avec les notions fondamentales de la physiologie, de la pathologie et de la thérapeutique; établir cliniquement, par des observations convenablement recueillies, l’efficacité des agents hydrothérapiques, et montrer suivant quels principes on doit en modifier l’application, » tel est le but que je me suis proposé; telle est la tâche à l’accomplissement de laquelle j'ai consacré six années de recherches, d’expérimentations, d’applications cliniques.

Ai-je réussi dans cette difficile entreprise? Nous laisserons répondre l’auteur de l’article analytique inséré dans les Archives générales dé médecine.

« Ce que la science réclamait, dit M. Raige-Delorme, c’était un travail d’ensemble dans lequel il fût enfin possible aux praticiens de trouver une appréciation raisonnée et scientifique d’une médication dont les effets, l’opportunité, les dangers sont encore un objet de doute et d’incertitude pour la plupart des hommes éclairés et impartiaux ; c’était enfin un Traité pratique et raisonné

d’hydrothérapie.Le livre de M. Fleury montre ce qu’un esprit judicieux,

ce qu’un médecin instruit, ce qu’un observateur patient et ingénieux peut accomplir. Grâces en soient rendues à M. Fleury : la médication hydrothérapique

va désormais prendre place dans la thérapeutique rationnelle, et avant peu, il faut l’espérer, elle sera entrée dans la pratique générale au même litre que tant d’autres médications, et que les eaux minérales en particulier, avec lesquelles elle présente de si nombreux points de contact. Dans le livre de M. Fleury, écrit de verve, l’élégance de la forme ne le cède en rien à la richesse et à la solidité du fond. Lecture attrayante, aperçus nouveaux et ingénieux, faits curieux et intéressants; en faut-il davantage pour assurer au livre de M. Fleury le plus légitime succès?

» Par les expérienees entièrement neuves qu’il renferme sur les effets physiologiques du calorique et du froid, sur l’action exercée par ces modificateurs sur la température animale, la circulation, la respiration ; par les nombreuses et intéressantes observations que l’on y trouve, le livre de M. Fleury rendra d’éminents services aux thérapeutistes, en leur indiquant les moyens de guérir un grand nombre de maladies chroniques, graves et rebelles à tous les agents de la matière médicale ; mais il ne sera pas moins utile aux praticiens par les considérations originales et essentiellement pratiques que l’auteur présente sur les congestions chroniques en général, et, en particulier, snr celles de l’utérus, du foie, des poumons, du cœur, de la moelle épinière, sur les déplacements de la matrice, l’ankylose, les affections chroniques du tube digestif, etc., etc. »

V. Cours d'hygîéne, professé à la Faculté de médecine de Paris.

Royer-Collard avait dit : « Au milieu de ce mouvement général de progrès qui depuis quinze ans s’accomplit dans la médecine, l’hygiène, plus qu’aucune autre des parties qui la composent, est restée stationnaire. Des travaux partiels ont jeté sur quelques points de cette science de vives et nouvelles lumières, particulièrement en ce qui touche à la santé publique ; mais si l’on cherche à embrasser dans un seul coup d’œil la science elle-même tout entière, on est bientôt frappé de l’immense confusion qui règne encore dans son ensemble. Des matériaux sans nombre sont accumulés dans un champ sans limites; souvent on a essayé de les rapprocher les uns des autres, de les distribuer en groupes distincts; mais ces tentatives sont demeurées stériles. Partout se fait sentir le défaut d’ordre et de méthode; il manque là, en quelque sorte,

marché, ou, du moins, elle se contente, dans la plupart des cas, de ces notions incertaines, diffuses que donne une observation superficielle et vulgaire, et, par conséquent, elle n’aboutit le plus ordinairement, dans ses conclusions, qu’à des règles banales. Qui ne voit qu'il n’y a pas là de science véritable? Qui ne comprend l’urgente nécessité de sortir d’un tel état de choses, et de ramener du moins l’hygiène au niveau des autres parties de la médecine. »

Appelé deux fois, par la maladie et par la mort de Royer-Collard, à professer l’hygiène dans l’amphithéâtre de l’école de Paris, j’ai tenté, dans mes

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