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MÉMOIRES

«. Méfiftioire observatioias sur les affections cutanées décrite» |iar Willan sons les noms de j»sort«e««s et de vutffari» 9

inséré dans les Archives générales de médecine, n® de décembre 1836.

Ce mémoire repose sur quarante observations recueillies à l’hôpital Saint- Louis. Les symptômes, les formes, les causes de la maladie, sont étudiés avec soin ; je discute les bases sur lesquelles s’appuie la distinction établie entre le

psoriasis et la lèpre vulgaire ; enfin j’expose les heureux résultats obtenus, dans le traitement de cette affection cutanée si rebelle, au moyen de la pommade de goudron. La médication que j’ai préconisée, après avoir été vivement combattue par Biett, M. Cazenave, etc., est généralement adoptée aujourd’hui.

9. Héinolre «iii* la iHiiturc fntc.««tiiialc, avec troiiS oliscfvation» <rcntcrora|tlilc pratiquée par 11. Jolkcrt; iaséi'é dans les Archives générales de médecine, n" de mars 1837.

Après avoir tracé l’historique de l’entéroraphie et discuté les différents procédés proposés par Duverger, Ramdhor, Louis, La Peyronie, Ledran, Bertrand, Scarpa, Watson, Sabatier, MM.Amussat, Denans, Lambert, Reybard,j’expose la méthode dont M. le professeur Jobert a doté la science. Des expériences faites sur les animaux et trois cas de division intestinale observés chez l’homme m’ont conduit aux conclusions suivantes :

1® La simple torsion des fils qui ont servi à réunir un intestin divisé suffit pour empêcher tout épanchement consécutif et pour déterminer l’agglutination des membranes séreuses mises en contact.

2" La membrane péritonéale d’un intestin divisé, étant le siège d’une violente inflammation, résiste néanmoins encore à la torsion des fils qui doivent l’adosser à elle-même,

3® Dans le cas de solution de continuité , complète ou incomplète, du canal intestinal, avec inflammation de sa membrane externe, la suture faite selon le procédé de M. Jobert est la seule applicable; toute autre déterminerait une nouvelle division des tuniques intestinales.

4® Dans le cas de solution de contimiité, complète ou incomplète, du canal intestinal, sans inflammation de sa membrane externe, la suture de M. Jobert est celle qui doit être préférée, puisqu’elle remplit toutes les indications et qu’elle rend moins dangereuse l’inflammation consécutive qui peut se développer dans la tunique séreuse de l’intestin.

* Oltiscrvatfon «l'ostéite aljçaë et de luvatiou spontanée de ra»*tleulation féinoro-tibüale ; insérée dans les Archives générales de médecine, a® de juin 1837.

Ce fait offre un exemple remarquable de tumeur blanche ayant eu son point

de de'part dans une inflammation du ligament latéral interne de l’articulation fémoro-tibiale gauche, inflammation produite elle-meme par une brusque et violente distension de ce ligament.

Les auteurs n’ont observé qu’un petit nombre de luxations spontanées du genou, et M. le professeur Cruveilhier m’a demandé la pièce anatomique pour la déposer au musée Dupuytren.

4. Qticlifnciti coiisidérattoiiüi sur les causes <|ui peuvent retarder on eanpéclier la consolidation «les fractures; inséré dans les Archives générales de médecine, n" d’août 1837.

Après avoir indiqué différentes causes pathologiques, je m’attache à démontrer que la compression exercée sur le membre fracturé par l’appareil, est l’obstacle qui s’oppose le plus fréquemment à la consolidation de la solution de continuité.

«Les travaux de Dupuytren, dis-je, ayant prouvé que, conformément aux idées déjà émises par Duhamel, le périoste et le tissu cellulaire sont les principaux instruments de la formation du cal, on pouvait admettre a priori que la circulation devait jouer un grand rôle dans l’accomplissement de ce travail : eh bien! l’observation justifie pleinement cette opinion... Souvent c’est l’appareil placé dans le but de favoriser la consolidation d’une fracture qui vient s’y opposer par la compression qu’il exerce sur les vaisseaux du membre, soit que cette compression ne puisse être évitée, comme dans les appareils inamovibles, soit que le chirurgien l’exerce volontairement, la considérant comme nécessaire... Cela est surtout vrai pour les fractures de l’avant-bras, de la jambe, où la compression, pour peu qu’elle soit forte, intercepte le cours du sang nonseulement dans les vaisseaux superficiels, mais encore dans ceux qui se rendent à l’os fracturé lui-même et à son périoste... On attend quelquefois trois, quatre, six mois, une réunion qui, après ce long espace de temps, ne commence pas encore : c’est alors que le chirurgien s’empresse, à chaque pansement, de réappliquer l’appareil avec plus de soin, c’est-à-dire d’augmenter le nombre des attelles, d’entourer plus exactement le membre , de serrer davantage les compresses, les bandes, les liens, et c’est alors que plus il fait d’efforts pour atteindre le but, plus il s’en éloigne. »

Ces idées, inspirées par la pratique de M. le professeur Jobert, ont graduellement conduit ce chirurgien à n’avoir recours, dans les fractures du bras, de

l’avant-bras et de la jambe, qu’à l’extension et à la contre-extension continues, le membre restant complètement libre de tout appareil. On connaît les beaux résultats obtenus par cette méthode.

l>c om système iltcirapcntique basé siir

l'actioB» combinée de l'eau froide et de f ex^citation de la perspiration cutanée; mémoire inséré dans les Archives générales de médecine, n® d’oclobre 1837.

Le premier, j’ai fait connaître en France , dès 1837, la méthode de traitement qui, déjà à cette époque, jouissait d’une grande vogue en Allemagne. Mon mémoire, ayant pour base de nombreux documents allemands, est une exposition complète de la pratique de Priessnîtz, accompagnée d’observations et d’un examen critique.

«. Obscrvatioit de grossesse tubaire , avec quelques réfiexîoms sur les pbénomènes physiologiques et pathologiques q«Bi accompagnent cet état anoB*mal; insérée dans les Archives générales de médecine, n® de janvier 1838.

Une membrane caduque se développe-t-elle dans tous les cas de grossesse extra-utérine? Hunier, Dugès, MM. Dezeimeris, Gazeaux, répondent par l’affirmative ; MM. Velpeau, Gruveilhier, A. Bérard, Ollivier (d’Angers), Bonnet, Gaussait, Dupré, répondent par la négative ; mais , malgré l’autorité de ces derniers noms , la question n’était point résolue, parce que les faits invoqués contre le développement de la caduque ne présentaient point toutes les conditions désirables (voy. Bulletins de la Société anatomique, septembre 1836), L’observation qui fait l’objet de ce mémoire est décisive : il n’existait pas de traces de caduque dans l’utérus, et cependant les pièces ont été examinées avec soin au second mois de la conception, c’est-à-dire a l’époque où la caduque utérine aurait dû être la plus apparente, et elles appartenaient à une grossesse tubaire, c’est-à-dire à celle où la présence de cette membrane était surtout regardée comme constante.

«On peut donc affirmer aujourd’hui que le développement de la caduque utérine n'a pas toujours lieu, non-seulement dans tous les cas de grossesse extrautérine , mais encore dans tous ceux de grossesse tubaire, sans que d’ailleurs

son absence puisse être rattachée, comme lavait pensé M. Guillemot. à des hémorrhagies utérines survenues dès le commencement de la gestation anormale.

9. l>e remploi <le»i inècltcw daiiN le iraifemeitt fie la eon»itipatlon ifliopathique ; inséré dans les Archives générales de médecine, n" de mars

Après avoir énuméré les différentes espèces de constipation symptomatique, j’établis que la constipation peut constituer à elle seule toute la maladie, et reconnaître pour cause une atonie des fibres musculaires du rectum ; je montre, par plusieurs observations, les désordres graves que peut amener cette constipation idiopathique, les erreurs de diagnostic auxquelles elle expose le praticien , la résistance qu’elle oppose à toutes les médications employées pour la combattre, et j’indique un nouveau moyen de traitement.

«Ayant remarqué que les mèches introduites dans le rectum à la suite des opérations de fistule anale, dans les cas de rétrécissement du rectum, etc., provoquaient souvent des évacuations alviues, je pensai qu’elles pouvaient combattre efficacement la constipation idiopathique en agissant comme corps étranger, en stimulant l’intestin , et en réveillant la contractilité de ses fibres charnues. »

J’essayai ce moyen sur un malade dont l’état était devenu fort grave, et qui était placé dans le service de M. le professeur Duméril, à la Maison royale de santé ; il réussit au delà de mes espérances. Depuis je l’ai appliqué un grand nombre de fois ; le succès a été constant.

Ce mémoire a été repoduit dans différents articles ultérieurs sur la constipation, et l’efficacité des mèches a été constatée par plusieurs médecins , et tout récemment encore par M. Noël Gueneau de Mussy.

8. llcnioirc swr un» cas de torticolis permanent, déterminé par la contraction dn faisceau sternal du muscle sterno-cléido-mastoïdien , et g:uéri par la section sons-cutanée du tendoi» inférieur de ce faisceau cliarnn. Lu à l’Académie royale de médecine, séance du 27 mars 1838; inséré dans les Archives générales de médecine .lé' àt mars 1838.

J’établis que le torticolis peut être produit par des causes pathologiques fort

dif(Gient6S les unes des autres, et que la ténotomie ne doit être appliquée qu’au torticolis musculaire par contraction ; je démontre par l’anatomie et par l’observation que, contrairement à l’assertion émise par M. Guérin, c’est le faisceau siernal du muscle sterno-cléido-mastoïdien qui fait surtout l’office de muscle inspirateur dans l’état physiologique ; je cite des faits qui prouvent que dans les torticolis anciens par contraction musculaire, il n’existe pas toujours, comme le veut M. Guérin, une inclinaison inverse de la colonne vertébrale persistant après le traitement chirurgical, et réclamant un traitement mécanique consécutif ; enfin je rapporte l’histoire d’une malade affectée de torticolis par contracture musculaire, chez laquelle j’ai pratiqué avec succès la section souscutanée du tendon sternal du sterno-mastoïdien, d’après le procédé indiqué par Stromeyer.

Ce fait est le premier de ce genre qui ait été publié en France.

M. le D’’ Vidal (de Cassis) a reproduit ce mémoire, presque en totalité, dans son Traité de pathologie externe.

». ObscrvatioM et réflexions swr l'opération de l’empyèine ; inséré dans les Archives générales de médecine, n" de juillet 1838.

Le fait rapporté dans ce mémoire offre un exemple remarquable de pleurésie enkystée ; il démontre , contrairement aux assertions de Laennec, reproduites par quelques auteurs, et conformément à celles de M. Reynaud, que le poumon, après avoir été comprimé pendant longtemps par un épanchement considérable, est encore perméable à l'air, et qu’il se laisse facilement distendre non-seulement par l’insufflation , mais même par l’inspiration ; des observations de Heyfelder sont venues confirmer cette proposition.

La thoracentèse fut pratiquée en présence de M. le professeur Cruveilhier, et, malgré la mort de la malade, je ne craignis pas d’avancer, en faveur de cette opération, des considérations qui ont été sanctionnées depuis par les recherches de MM. Heyfelder, Towiisend, Faure, Sédillot, Bourgery, et surtout par celles de M. le professeur Trousseau.

#0. Olt^crvation et réflexions sur «ne ttaineur anévrysmale du

pie«l , détes*mlnée par une pifidre, et guérie par Foiïératlon 5

inséré dans les Archives générales de médecine ^ n” de mai 1830.

Boyer mettait en doute la possibilité des anévrysmes spontanés ou trauma-

tiques desartères du pied ; Scarpa, Pelletan, Dupuytren, Richerand, A. Cooper, MM. Chelius, Velpeau, Blandin, n’en ont jamais observé. Il n’existe dans la science que quatre observations, publiées par Roux, MM. Guattani, et Vidal (de Cassis), d’anévrysme de l’artère pédieuse ; le fait que j’ai rapporté est un exemple unique d’anévrysme traumatique de l’artère dorsale du tarse.

It. De (quelques ttimciii'H enkystées «lu con , désignées pne les

noms de , kystes cystiqnes , Itydeoeèles «In eon :

de leur siège, de leur nature , de leur traiieineut. Inséré dans les

Archives générales de médecine. u"* de juillet et d’août 1839.

Ce mémoire a été composé en commun avec M. le D*' Marchessaux.

Après avoir analysé les travaux de Maunoir, Delpech, Lawrence, O’Beirne, Heidenreich, Gooch, Laugier, Beck, Pigné, nous avons tracé une histoire complète des tumeurs enkystées du cou, en nous fondant sur des faits recueillis par nous, et sur plusieurs observations publiées dans les journaux étrangers et restées inconnues en France.

Voici les conclusions principales de notre travail :

Les tumeurs cystiques du cou peuvent, d’après leur siège anatomique, être divisées en deux classes : dans la première, se placent les tumeurs qui se développent dans le tissu de la glande thyroïde ; dans la seconde, celles qui se développent dans un point quelconque du tissu cellulaire cervical.

2° Cette distinction est importante, et pour la sûreté du diagnostic, et pour le traitement.

3® Les tumeurs de la première classe peuvent être prises pour des goitres; celles de la seconde, pour des abcès froids, des engorgements ganglionnaires, des tumeurs cancéreuses, et même pour des anévrysmes.

4® Toutes les tumeurs cystiques du cou, quel que soit leur siège, réclament un traitement chirurgical.

5° Parmi les différents moyens qui ont été proposés par les chirurgiens contre cette affection, la ponction et l’injection paraissent devoir être complètement rejetées ; le séton, joint à l’incision, est utile dans les tumeurs de la première classe et dans les kystes multiloculaires ; l’excision, pratiquée après une incision préalable, est indiquée lorsque la tumeur est très-ancienne et que sa membrane est très-épaisse ; la dissection ne doit être tentée que lorsque la tumeur est petite, superficielle, mobile, et étrangère au corps thyroïde ainsi qu’aux organes im-

portants du cou. L incision et 1 emploi ultérieur des moyens propres à déterminer la suppuration du kyste paraissent constituer le procédé qu’on peut appliquer avec le plus d’avantages à toutes les espèces de tumeurs cystiques du cou.

Ce mémoire, qui a servi de point de départ pour de nouvelles recherches, a été cité avec éloges par MM. Vidal (de Cassis) et Voillemiei*.

1 *. Rcflcxioiisi et oitservations pour servir au diagMOstle tles névralgies viscérales; inséré dans \q: Archives générales de médecine, n” d’avril 1843.

Deux faits curieux sont rapportés dans ce mémoire : l’un, constaté dans une consultation par M. le professeur Andral, est relatif à une gastro-entéralgie accompagnée de symptômes insolites très-graves ; l’autre, pour lequel M. Louis a été appelé, est un exemple remarquable d’ataxodynamie du cœur, et présente tous les caractères que M. le professeur Bouillaud a attribués aux «palpitations nerveuses qui apparaissent sous les mêmes influences que ces douleurs vagues ou ambulantes que l’on connaît sous le nom de rhumatisme, » palpitations nerveuses , dit M. Bouillaud, dont le diagnostic est un sujet digne de l’attention de tous les vrais praticiens.

13. causées, de la natui’e et du traitement de l’angiue laryngée œdémateuse. Lu à t’Acadéraie royale de médecine, séance du 2 janvier 1844 ; inséré dans le Journal de médecine. n® de janvier 1844.

Je suis proposé, dans ce mémoire, de démontrer qu’il ne faut pas confondre l’angine laryngée œdémateuse avec la laryngite sous-muqueuse, et que cette distinction est d’autant plus importante, que les émissions sanguines sont le plus souvent funestes dans l'œdème de la glotte.

« L’œdème de la glotte, ai-je dit, peut être, ainsi que l’a démontré M. le professeur Bouillaud, une hydropisie active, inflammatoire ; mais dans d’autres cas, ainsi que l’a indiqué M. Legroux, il peut être entièrement étranger à l’inflammation. »

La conclusion de ce mémoire est celle-ci ; l’œdème laryngien est une hydropisie pouvant se développer sous l’influence des différentes causes qui produisent toutes les hydropisies en général, et l’anasarque partielle en particulier.

Celle hydropisie doit être combattue à l’aide du traitement rationnel applicable à toutes les hydropisies : la médication doit varier avec la cause de l’épanchement séreux,

l-i. Quelle place doit occuper, clau$$ Icis ea«lres iiosolo^iciueM, raltération décrite no«i» le$i uouin trapople^fc capillaire, d’IiémorE'lias'ie capillaire , d'iufiltratiou itians'uine du cerveau ? Itiséré dans le Journal de médecine, n" d’avril 1814.

La dénomination ({'apoplexie capillaire a été introduite dans la science en 1821, par M, le professeur Cruveilhier, qui la substitua à celle de ramollissement romje ; depuis elle a été appliquée, par Dance Q,t M. Diday, à une altération caractérisée par la pi ésence dans le cerveau de petits foyers sanguins disséminés : c’est cette même lésion que M. Durand-Fardel appelle infiltration sanguine.

L’infiltration sanguine est-elle une individualité morbide, une maladie , ou n’est-elle qu’une altération anatomique pouvant être produite par différentes afl^ctions, telles que l’encéphalite, la congestion hémorrhagipare du cerveau, etc.? Je me suis efforcé d’élucider cette question, alors fort obscure, de pathogénie, et je crois avoir montré qu’il est impossible d’accorder à l’infiltration sanguine une place spéciale dans les cadres nosologiques. Cette opinion a complètement prévalu et n’est plus contestée aujourd’hui.

15. QiEcl(fnc« mot» stti* rînfcction purulente ; iuséré daus le Journal

de médecine , d’octobre 1844.

Ce mémoire répond à plusieurs objections qu’avait fait naître la discussion élevée à l’occasion de mon Essai sur Vinfection purulente, et il peut être considéré comme le complément de cet ouvrage.

16. lléiiiolee Mue les tlouelieM froicleM appliquéesi au traitement fie la lièvre Intermittente; inséré dans les Archives générales de médecine, n" de mars 1848.

Les essais tentés par Currie et par Giannini pour guérir les fièvres intermittentes au moyen des affusions et des immersions froides, m’amenèrent à penser qu’un traitement plus méthodique pourrait donner des résultats meil-

leurs que ceux qui avaient elé obtenus ])ar ces me'decins. En 1846 et 1847, une épidémie ayant sévi sur la population ouvrière de la commune de Meudon, j’instituai une médication que je n’ai pas cessé d’appliquer depuis, et qui ne compte qu un insuccès sur plus de 150 fièvres de tous les types (quotidiennes, tierces, double-tierces, quartes), de tous les âges (de quelques jours à 3, 4, 8, 1*2, 18 mois), de tous les pays (Meudon , Paris, Sologne, Brenne, Charente-Inférieure, Afrique, etc.), ayant résisté au changement de climat, à l’administration méthodique du sulfate de quinine, et à une foule d’autres agents hygiéniques et thérapeutiques.

Voici quels sont les effets de ce traitement, qui consiste exclusivement en douches froides générales et locales , administrées une demi-heure avant le retour présumé de l’accès.

Dès la première douche, l’accès fébrile est retardé; il ne commence que deux ou trois heures après l’heure habituelle de l’invasion , il est moins intense et plus court; le frisson est abrégé de moitié ou même des cinq sixièmes. La chaleur, la céphalalgie, les symptômes généraux, les vomissemerds, lorsqu’ils existent, subissent également une diminution remarquable. La durée totale de l’accès est abrégée souvent de moitié, et quelquefois davantage. Les phénomènes qui persistent, dans certains cas, pendant l’apyrexie sont notablement amendés. L’amélioration est de plus en plus prononcée après chaque douche.

l.a fièvre est définüivement coupée par un très-petit nombre de douches, car celui-ci n’a jamais dépassé le chiffre ô, et souvent une seule douche a suffi.

L’âge, le type et la provenance de la fièvre, n’exercent aucune influence sur la durée du traitement ; il n’en est pas de même de l’augmentation de volume du foie ou de la rate, et de l’existence d’une anémie, d’une cachexie très-prononcées.

Il faut, en général, de trois à six semaines pour faire disparaître toute trace d’anémie ou de cachexie, et à cet égard les douches fi oides ont une efficacité que ne possède aucune autre médication.

Le retour de la rate et du foie à leur volume normal s'opère suivant une toi qui jusqu’à présent n’a présenté aucune exception.

Chaque douche amène, toujours et instantanément, une diminution considérable dans le volume de l’organe hyperémié. Le 25 mai 1851, MM. les pro-

fesseurs Andral et Piorry ont vu le foie, qui avait 18 centimètres verticalement au niveau du mamelon et qui de'passait la ligne médiane de 11 centimètres, diminuer, sous l’influence d’une douche de trois minutes, de 6 centi-, mètres i/j verticalement et de 5 centimètres transversalement.

La diminution de volume opérée par chaque douche persiste pendant un temps d’autant plus long que le traitement est plus avancé.

Dans les intervalles qui séparent les douches les unes des autres, l’organe augmente de nouveau, sans atteindre néanmoins les dimensions qu’il présentait dans l’intervalle précédent, et c’est en passant par ces alternatives de décroissement et d’accroissement qu’il revient enfin définitivement à ses limites physiologiques.

Ce sont ces premières recherches qui ont été le point de départ d’un travail entièrement original sur les congestions sanguines chroniques.

17. De ractioii isolée et combinée des douebes froides et des mouvements g:raduellenient forcés, dans le traitement de l’ankylosé Incomplète; inséré dans les Archives générales de médecine, n" de juillet 1848.

On connaît les beaux résultats qui ont été obtenus par M. le professeur Malgaigne, dans le traitement des ankylosés incomplètes, par l’emploi des mouvements graduellement et méthodiquement forcés ; mais on sait aussi que cette méthode rencontre parfois des obstacles insurmontables dans la susceptibilité des sujets, dans les accidents locaux et dans les phénomènes de réaction générale que provoquent les mouvements les plus habilement, les plus prudemment exécutés. En associant aux mouvements l’action sédative, révulsive et résolutive, des douches froides, j’ai pu obtenir la guérison de malades qui avaient été jugés incurables par Roux et par Marjolin, et celle d’une jeune fille que m’a adressée M. le professeur Malgaigne, après avoir épuisé sur elle, à l’hôpital Saint-Louis, toutes les ressources de la thérapeutique.

79. Rccbcrcbcs et obsicrvattouN stuc Ic!» effets et l’opportunité des divers modlflcatcnrs dits bydrotbérapiqnes ; inséré dans les Archives générales de médecine, n" de novembre 1848.

Après avoir étudié, dans ce mémoire, les effets physiologiques de l’exercice, du régime, de l’eau froide à hautes doses prise en boisson, de la sudation, et

enfin des applications extérieures d’eau froide, je suis arrivé aux conclusions suivantes :

1® La médication dite hydrothérapique ne doit pas être considérée comme une méthode, une formule thérapeutique.

2® Elle est composée de plusieurs modificateurs distincts, dont la réunion peut être inutile ou nuisible.

3° Chacun de ces modificateurs répond à des indications spéciales.

4® Si, dans quelques cas, on doit maintenir la réunion de ces modificateurs, le plus ordinairement il faut les disjoindre et les associer entre eux de diverses manières, en rapport avec les indications que présente chaque cas pathologique.

ô” Le régime, l’eau froide à l’intérieur, et la sudation, sont des agents dont la puissance ne saurait être méconnue, et auxquels revient une large part dans les succès obtenus par l’hydrothérapie, mais ils ne sont cependant que des moyens accessoires.

6^* L’eau froide, appliquée à l’extérieur, est, à proprement parler, la base de la médication dite hydrothérapique ; cet agent, le plus actif de tous, est le seul dont l’emploi puisse être généralisé.

Pour déterminer d’une manière positive les effets physiologiques des applications extérieures d’eau froide, j’ai fait sur moi-même un grand nombre d’expériences longues, difficiles, délicates, et souvent très-pénibles. Voici les résultats auxquels je suis arrivé :

L’eau froide, appliquée à l’extérieur, n’a que deux modes d’action possibles : L’action réfrigérante, astringente, et par conséquent antiphlogistique, sédative et hyposlhénisante ;

L’action excitante.

A la première se rattachent les médications antiphlogistique, sédative et liépiostatique directe; à la seconde, les médications reconstitutive et tonique, excitatrice, révulsive, résolutive, antipériodique, perturbatrice et prophylactique.

L’action réfrigérante est soumise à des lois que l’on peut formuler de la ma- ^ nière suivante :

1° Une immersion partielle suffisamment prolongée (une demi-heure) dans de l’eau modérément froide (9 à 15® centigr.) peut abaisser la température de la partie immergée, de la main, par exemple, de 19 et même de 23®, de telle façon

qu’il ii’cxisle plus entre la température de la partie vivante et celle du milieu réfi'igërant qu’une dilïéi ence de l'’,5 au profit de la première.

2” Cet e'norme abaissement de la tempe'rature partielle n’exerce aucune influence appréciable sur la température générale du corps, prise sous la langue.

3” Une immersion générale suffisamment prolongée (25 min. à 1 heure) dans de l’eau modérément froide (14 à 10® centigr.) peut abaisser la température générale, prise sous la langue, de 4 degrés; cet abaissement est accom~ pagné d’une sensation si pénible, qu’il ne m’a pas été possible de pousser l’expérience plus loin.

4“ L’abaissement de la température générale est accompagné d’une diminution dans la fréquence du pouls (6 à 9 pulsations par minute), sans modification appréciable de la respiration.

.S® Pendant les dix ou quinze minutes qui suivent l’immersion générale, la température du corps, quelle que soit celle de l’atmosphère ambiante, baisse encore de quelques dixièmes de degré (4 à 9°), et ce nouvel abaissement est accompagné d’une nouvelle diminution dans la fréquence du pouls (1 à 2 pulsations).

6® Ces phénomènes sont suivis d’une réaction, qui ramène plus ou moins rapidement la température animale et le pouls à leurs chiffres primitifs.

7® Toutes choses égales d’ailleurs, la réaction est d’autant plus prompte et plus énergique, que l’atmosphère est plus chaude, que le sujet se livre à un exercice musculaire*plus violent, et que l’eau frappe les tissus avec plus de force : ainsi la réaction est plus prompte après une douche qu’après une immersion.

8® Toutes choses égales d’ailleurs, la réaction est plus prompte après une application relativement courte avec de l’eau plus froide.

9® La puissance de réaction varie d’individu à individu, suivant un grand nombre de circonstances physiologiques et pathologiques, qui se rattachent principalement à l’état delà circulation capillaire et de l’innervation générales.

10® En renouvelant l’application froide, on peut toujours empêcher le développement de la réaction , et prolonger indéfiniment l’action réfrigérante.

19. mémoire sui* Icsii douclics» iVoldcs appliquées au traitement

«les ensorg;emeiiits et des déplacements de la matrice; inséré

dans la Gazette médicale de Paris, 1849.

*0. nouveaux, fait» île déplaccanent» utérins, traités et s;uérls

par les floueUes froides ; inséré dans l’Union médicale , décembre 1819.

Ce n’est pas ici le lien de discuter les doctrines qui ont été émises touchant les maladies de la matrice, et qui ont servi de texte à deux importantes discussions académiques ; mais n’est il pas singulier que ces discussions aient eu pour principal objet les agents mécaniques, les palliatifs plus ou moins dangereux, et toujours fort incommodes et fort désagréables, à l’aide desquels on prétend guérir les déplacements utérins, sans que personne ait songé à ramener la question à ses véritables termes pathogéniques et thérapeutiques ;

r* En montrant l’influence qu’exercent sur les ligaments et la position de l’organe gestateur la grossesse et l’accouchement, les congestions sanguines mensuelles et chroniques, l’augmentation de volume du corps et surtout du col delà matrice, certains états généraux de l’économie, tels que l’anémie, l’amaigrissement, les troubles de la nutrition et de la circulation capillaire, etc.

2“ En établissant que le traitement curatif déplacements utérins doit être dirigé, non contre la position vicieuse considérée en elle-même, mais contre les causes orgaùiques et dynamiques qui lui ont donné lieu et qui la maintiennent.

C’est en me plaçant à ce point de vue, qu’avait nettement indiqué Percy ; c’est par l’usage méthodiquement combiné des émissions de sang, du fer rouge, introduit avec tant de succès par M. le professeur Jobert dans la thérapeutique des affections utérines, de YdiClion résolutive, révulsive et reconstitutive des douches froides, que j’ai pu faire définitivement disparaître des déplacements et des engorgements utérins qui, pendant un grand nombre d’années, avaient résisté à toutes les sortes depessaires, ceintures, redresseurs, et autres agents mécaniques.

Ces recherches m’ont conduit à expérimenter l’action des douches froides sur les hémorrhagies physiologiques et pathologiques de l’utérus, et ce sujet, entièrement neuf, m’a fourni des résultats dont le résumé suivant fera comprendre toute l’importance :

1° Les douches froides générales peuvent être administrées pendant l’époque menstruelle ; elles ne donnent lieu à aucun accident, et jamais elles ne suppriment les règles.

2® La menstruation régulière ne subit aucune modification sous l’influence de' douches froides générales, frapparf^également toutes les parties du corps.

3^» La menstruation insuffisante, douloureuse, est constamment rendue plus abondante et plus facile par l’administration de douches froides principalement dirigées sur le bassin et les membres inférieurs.

4® La menstruation trop abondante est toujours ramenée dans ses limites physiologiques par des douches froides révulsives, principalement dirigées sur la partie supérieure du tronc et les membres thoraciques.

Ô® Les douches froides révulsives exercent une action hémostatique indirecte des plus remarquables et des plus précieuses, même dans les cas où la métrorrhagie est produite par une cause organique contre laquelle l’eau froide n’a aucune puissance : un polype utérin, une tumeur de l’ovaire, le cancer de la matrice , etc. Elles permettent ainsi au praticien soit de recourir à un traitement curatif efficace, soit de soulager les malades et de prolonger leur existence.

Voici d’ailleurs les conclusions générales qui terminent ce mémoire important, sur lequel s’est fixée l’attention des praticiens, en France et à l’étranger, ainsi que l’attestent les nombreux articles qui lui ont été consacrés dans les journaux médicaux français, anglais, allemands et italiens.

1° Les douches froides, locales et générales, ne guérissent point directement les ulcérations du col utérin.

2° Par l’action puissante qu’elles exercent sur la circulation capillaire générale et sur l’absorption interstitielle, et de même qu’elles résolvent des engorgements spléniques, hépatiques et articulaires, les douches froides, locales et générales, permettent d’obtenir la résolution complète d’engorgements, soit hypertrophiques, soit indurés, de l’utérus, alors même que ces engorgements sont anciens, considérables, et qu’ils ont résisté aux différentes médications usuelles, et notamment à l’application du fer rouge.

3® En résolvant l’engorgement de l’utérus, les douches froides rendent facile la cicatrisation d’ulcérations qui, liées à cet engorgement et entretenues par lui, ont résisté à des applications réitérées de divers caustiques et même au cautère actuel.

4® Par l’action qu’elles exercent sur le système général et sur les ligaments utérins, les douches froides, locales et générales, permettent d’obtenir la guérison complète de déplacements utérins anciens, considérables, envisagés jusqu’à présent par les praticiens les plus éminents comme des infirmités auxquelles l’art ne peut opposer que des palliatifs mécaniques.

5® L’action exercée par les douches froides, locales et générales, dans le trai-

tement des engorgements et des déplacements de ruténis, est double : elle s adiesse simultanément aux accidents locaux et mécaniques» et aux symptômes généraux et sympathiques ; elle combat directement et l’un par l’autre ces deux ordres de phénomènes , et amène ainsi une guérison solide.

6® En ramenant l’utérus à sa direction normale, les douches froides font disparaître une cause fréquente de stérilité.

7“ Par l’action qu’elles exercent, d’une part, sur l’organe gestateur, et, d’autre part, sur l’organisme tout entier, les douches froides éloignent plusieurs causes fréquentes d’avortement.

8® Les douches froides, convenablement administrées, sont le meilleur modificateur que l’on puisse opposer à l’hyperesthésie utéro-vulvaire.

9® Les douches froides générales peuvent être administrées pendant l’époque menstruelle, non-seulement sans danger, mais encore avec avantages. Elles exercent, en effet, sur la circulation utérine et sur la circulation générale, une action divulsive et régulatrice qui a pour effet de ramener le flux cataménial à ses conditions physiologiques.

10“ En raison de l’action qu’elles exercent sur la circulation locale et générale, les douches froides sont le modificateur le plus efficace que l’on puisse employer pour prévenir ou combattre la congestion utérine, cause si puissante et si commune des engorgements et des déplacements de la matrice.

. llcmoirc !«nr les donclies froides et lo sudatiou appliquées au traitement des névralgies et des rlinmatismes musculaires ;

inséré dans la Gazette médicale de Paris , 1850.

L’efficacité de la médication hydrothérapique contre les affections rhumatismales et névralgiques n’est plus contestée ; je me suis efforcé dans ce mémoire, qui renferme un grand nombre d’observations curieuses, de ramener à une méthode rationnelle l’emploi des modificateurs mis en usage, et de montrer dans quelles limites les applications thérapeutiques doivent varier suivant les indications, suivant que la maladie est aiguë et récente, ou ancienne et rebelle, etc. Yoici les conclusions de ce travail :

1® Les malades atteints depuis quatre à quinze jours d’une névralgie aiguë, fixe et très-intense, guérissent après une à trois séances de sudation en étuve sèche, suivie d’une douche froide générale et locale. Employés à titre d’agents de la médication transpositive, le calorique et l’eau froide exercent une révul-

sion énergique sur toute la surface cutanée, et ont une action plus promptement efficace que celle des vésicatoires volants et de la cautérisation transcurrente.

2'’ Les malades atteints depuis plusieurs jours d'un rhumatisme musculaire aigu, fixe et très-violent, guérissent de la même manière : la médication employée ayant manifestement un effet plus rapide et plus heureux que celui des topiques émollients ou irritants, et des émissions de sang locales.

3" Les malades atteints depuis quatre à dix ans d’une névralgie fixe, ayant résisté à toutes les médications connues, guérissent par l’usage des douches froides locales et générales, quelquefois précédées de sudation en étuve sèche. La durée du traitement a été au minimum d’un mois, au maximum de cinq mois, et en moyenne de trois mois. La guérison doit être attribuée à une action révulsive souvent renouvelée, et à une régularisation des fonctions cutanées, de la circulation capillaire et de l’innervation générale.

4° Des malades présentant depuis cinq à quinze ans cet ensemble de phénomènes morbides que l’on désigne par les noms de névropathie générale, d’état nerveux, arrivés au dernier degré du dépérissement, étayant épuisé toute la thérapeutique, ont été guéris de la même manière. La durée du traitement a été au minimum de sept mois, au maximum de dix-huit mois, et en moyenne de treize mois. Le succès doit être attribué à l’action qui a été exercée sur toutes les grandes fonctions de l’économie par la médication hydrothérapique, laquelle, à ce point de vue, n’a point d’équivalent.

5® Les malades affectés, depuis quelques mois à plusieurs années, de rhumatisme musculaire chronique, fixe ou ambulant, ayant résisté aux médications les plus diverses, aux eaux thermales les plus célèbres, guérissent par la même méthode. La durée du traitement a été au minimum d’un mois, au maximum de sept mois, et en moyenne de quatre mois.

némoirc «ui* Fcmploi des doucltcs froides exeitantes eoutre

le teBBBpéranieut Eynapliatique , la cIbIob'osc et raiBémie ; inséré

clans les Archives générales de médecine, 1851.

Après avoir étudié les conditions organiques, les altérations du sang auxquelles, dans l’état actuel de la science, on doit rattacher le tempérament lymphatique, la chlorose et l’anémie ; après avoir discuté les diverses doctrines qui ont été émises a ce sujet ; après avoir, à l’exemple de M. le professeur Gerdy, appelé l’atteniion sur influence si méconnue qu’exercent les vaisseaux capil-

lairGS, j ai expérimenté 1 action des doiiclies froides, et j’ai été conduit aux conclusions suivantes :

Les douches froides excitantes doivent être placées au premier rang des agents appartenant à la médication reconstitulive, en raison de l’action qu’elles exercent sur la circulation capillaire générale, la composition du sang , les phénomènes de calorification, de nutrition et d’innervation.

2® Plus l’apidement et plus sûrement que tous les agents hygiéniques et pharmaceutiques connus, elles modifient le tempérament lymphatique , et lui substituent un tempérament sanguin acquis. Cette heureuse influence paraît devoir être attribuée à une double action : l’une s’exerçant sur la nutrition et la composition du sang, l’autre sur les vaisseaux capillaires eux-mêmes, dont les propriétés vitales propres et la contractilité sont excitées de manière à faire pénétrer des globules sanguins dans des vaisseaux qui auparavant ne donnaient peut-être entrée qu’à du sérum. Les douches froides exercent en même temps une influence très-favorable sur le développement du corps et du système musculaire, ainsi que sur l’établissement de la menstruation.

3® La chlorose confirmée, grave, lebelle, ayant résisté aux préparations ferrugineuses et à tous les modificateurs hygiéniques et pharmaceutiques connus , peut être guérie par les douches froides.

L’effet de la médication est constamment le même, et se manifeste d’abord sur les appareils digestif et musculaire , puis sur le système nerveux , et enfin sur le sang et la circulation. Ces faits jettent une vive lumière sur la pathogénie de la chlorose, sur le mode d’action du fer, et justifient les paroles de M. Gerdy : Le sang se fait dans les capillaires généraux de tous les organes.

4® L’anémie idiopathique et celle des convalescents disparaissent rapidement sous l’influence des douches froides, en raison de l’action que celles-ci exercent sur la digestion, la nutrition et le système musculaire, action qui favorise mieux que tout autre agent thérapeutique la reconstitution du sang.

5® Dans les anémies symptomatiques liées à certaines affections de l’utérus , aux névralgies anciennes et l’ebelles, à certaines névroses, à une hypertrophie du foie ou de la rate, à la cachexie paludéenne, à une phlegmasie chronique des organes digestifs, etc., les douches froides exercent une double action curative, en guérissant simultanément, et souvent l’un par l’autre, les deux états pathologiques.

6^ Dans l’anémie accompagnée d’hémorrhagies abondantes et répétées , les

douches fi-oides exercent egalement une double action fort remarquable ; en opérant la reconstitution du sang, en combattant les congestions organiques» elles diminuent ou arrêtent les hémorrhagies qui, après avoir produit l’anémie, sont à leur tour favorisées par elle , et l’on parvient ainsi à échapper au cercle vicieux qui se présente si souvent dans la pratique.

7® Dans l’anémie liée à une affection curable, mais sur laquelle les douches froides n’ont aucune prise, celles-ci rendent encore d’importants services au praticien en améliorant l’état général des malades, et en rendant ainsi plus faciles le traitement et la guérison de l’affection primitive.

8® Dans l’anémie liée à une affection incurable, les douches froides sont souvent très-utiles ; elles ont notablement amélioré l’état général de plusieurs malades atteints d’emphysème pulmonaire, d’une affection organique du cœur, du foie, de l’estomac, de cancer, de tumeurs abdominales, etc.

23. Du phimosis cong^éuital, couisidérc au point «le «-ue mé<lieo-

cliirurglcal 5 mémoire lu à l’Académie de médecine , le 28 octobre 1851.

Ce travail, sur un sujet complètement neuf, a été sanctionné parles recherches ultérieures de MM. Jarjavay, chef des travaux anatomiques et agrégé de la Faculté, Pirondy, chirurgien en chef de l’hôtel-Dieu de Marseille, Borelli, de Turin, etc. En voici les conclusions :

1® Le phimosis congénital a une importance pathogénique qui a été à peu près méconnue jusqu’à présent, et qui cependant doit fixer l’attention des praticiens.

2® Le phimosis congénital donne lieu à trois ordres de phénomènes morbides.

A. A des accidents se rattachant aux organes génitaux, au sens génital et aux fonctions de la génération. La verge et les testicules présentent souvent un volume très-peu considérable; la muqueuse du gland est fine, rouge, et d’une sensibilité exagérée ; le coït est douloureux , l’éjaculation incomplète, difficile, et souvent accompagnée d’une vive douleur périnéale ; des érections fatigantes et des pollutions nocturnes se montrent fréquemment, ainsi que des écoulements uréthraux, se reproduisant après les coïts les plus purs. Le sens génital est tantôt excité au point de produire des érections presque continuelles, des désirs vénériens immodérés, des manœuvres de masturbation, des pertes sémi-

nales involontaires ; tantôt au contraire il est pour ainsi dire éteint, et l’on observe une anaptirodisie plus ou moins complète.

B. A des phénomènes se rattachant aux organes urinaires, et principalement caractérisés par des envies fréquentes d’uriner, des douleurs à l’orifice de l’urèthre, et d’autres accidents qui sont ordinairement attribués à une névralgie vésicale, à une maladie de la prostate , à la présence d’un calcul, ou à toute autre affection des organes urinaires.

C. A des troubles variés du système nerveux, offrant la plus grande analogie avec ceux que l’on observe chez les femmes atteintes d’une affection utérine , d’un déplacement en particulier, principalement caractérisés par de la gastralgie, des palpitations, de l’hypochondrie, des accès hystériformes, et dont la véritable cause a été jusqu’à présent complètement méconnue.

3"^ L’excision du prépuce est le seul moyen de faire disparaître cet ensemble symptomatique.

4® Quelque médication qu’on mette en usage, avant d’avoir fait disparaître le vice de confirmation , on ne parvient point à faire cesser les accidents. Après l’opération, les toniques, les antispasmodiques, et spécialement l’hydrothérapie, peuvent au contraire rendre de grands services.

6® Le procédé opératoire de M. Ricord et l’usage des serres fines sont les moyens auxquels il est préférable de recourir pour pratiquer l’excision du prépuce.

34. vomissscmcstt cliporaicfuc et de son teoiteneent par l’iiy-

drothérapie ; iaséré dans le Moniteur des hôpitaux, mars 18.53.

J’ai appelé, dans ce travail, l’attention des praticiens sur les effets remarquables des douches froides révulsives opposées au vomissement nerveux décrit par Louyer-Villermay et L. Frank, au vomissement des femmes grosses, et au vomissement symptomatique du cancer de l’estomac.

35. Rechcrclics experimentales sw la sudation ; inséré dans Je

Moniteur des hôpitaux, décembre 1853.

Dans de nombreuses et pénibles expériences faites sur moi-même , j’ai commencé par étudier l’action physiologique des divers agents de la médication sudorifique, des divers procédés de sudation, et j’ai établi :

1* Que le calorique est le seul agent qui provoque la sueur à titre d'excitant spécial, et non d’excitant ge'nëral et pyre'togénétique ;

2" Que la sudation , l’élévation de la température animale, et l’accélération du pouls, sont trois phénomènes intimement liés les uns aux autres.

3” Qu’il n’existe pas de rapport constant entre l’accélération du pouls et celle de la respiration.

4" Que la sueur n’apparaît que lorsque la température ambiante est assez élevée (35 à 38° centigr.) pour faire monter la température animale et accélérer le pouls.

5° Que l’étuve sèche partielle est préférable aux étuves humides générales ou partielles, et à l’étuve sèche générale.

6° Que l’étuve sèche jiartielle artificielle est préférable à l’étuve sèche partielle naturelle, puisqu’elle provoque une sueur plus prompte et plus abondante en élevant moins la température animale, et en déterminant une moindre accélération du pouls et de la respiration.

7° Que l’homme ne peut supporter, sans accidents , une élévation de plus de 2 à 3° centigi*. dans la température générale de son corps.

MM. de Sénarmont, membre de l’Institut, Ghapel (de Saint-Malo), et Doyère, ont bien voulu m’assister dans les nombreuses expériences que j’ai dû faire à l’aide du thermomètre et de la montre à secondes.

Des recherches cliniques fort étendues m’ont permis ensuite d’étudier les diverses applications thérapeutiques du calorique, considéré comme agent de sudation, et m’ont conduit aux résultats suivants :

Sous certaines conditions , le calorique est moins un sudorifique qu’un irritant , un agent de la médication transpositive. Lorsque l’on veut obtenir l’effet révulsif, il faut porter rapidement la température de l’atmosphère close à -f 60 ou 65" centigr. ; on voit alors survenir des phénomènes qui ont été bien décrits par Rapou : «chaleur brûlante de la peau, vitesse et développement du pouls, battement des artères temporales, quelquefois léger gonflement des veines du front. Une sueur abondante se manifeste sur toutes les parties du corps et principalement à la tête ; la bouche est quelquefois sèche , et la soif vive ; on éprouve le plus souvent une légère pesanteur de tête.» 11 faut ajouter: si la température de l’étuve dépasse les limites que nous avons indiquées, si la température animale s’élève de 3 à 4” (température prise sous la langue), si l’opération se prolonge au delà d’un espace de temps qui varie, suivant les individus.

entre 30 et 45 minutes, le pouls s’accélère notablement et bat de 100 à 130 fois par minute;les mouvements du cœur deviennent énergiques, tumultueux, irréguliers ; la respiration est précipitée, suspicieuse ; la face est rouge, congestionnée ; les artères battent avec force ; le malade éprouve des bourdonnements d’oreilles, de l’anxiété , quelquefois des nausées; et si alors on ne se hâte point d’abaisser la température de l’étuve , soit en enlevant la lampe , soit en éteignant un, deux ou trois becs, il survient une perte de connaissance dont les effets se font sentir pendant plusieurs heures.

Sous d’autres conditions, le calorique est un sudorifique dans l’acception la plus rigoureuse de ce mot. Lorsqu’on veut obtenir \effet sudorifique, il ne faut point que la température de l’étuve dépasse 40 à 50“ ; en la maintenant dans ces limites , l’opération peut avoir une durée de plusieurs heures, sans que le malade en éprouve la plus légère incommodité. La sueur s’établit, par évaporation d’abord, par transsudation ensuite, et elle ne tarde point à devenir tellement abondante qu’elle ruisselle sur tout le corps, et qu’il est facile d’en recueillir une grande quantité dans des assiettes placées au-dessous du siège ; la tête , qui reste exposée à l’air libre, ne transpire pas moins que les parties entourées par les couvertures ; l’air frais introduit dans les poumons et l’eau froide ingérée dans l’estomac, tous les quarts d’heure et par petites quantités, maintiennent la respiration et la circulation dans un calme parfait ; le sujet, au lieu d’éprouver l’excitation générale qui accompagne l’administration des médicaments sudorifiques, accuse une sensation de bien-être ; en un mot, le calorique est ici un véritable excitant spécial, et il serait impossible d’obtenir par un moyen différent une sueur aussi abondante sous des conditions générales aussi favorables. La durée de l’opération varie d’ailleurs suivant les indications et les conditions individuelles.

L’action sudorifique est simple, spoliatrice ou dépuralive.

Le calorique est un simple sudorifique, lorsque la sueur qu’il provoque n’est ni très-abondante ni très-fréquemment renouvelée, et il sert à développer les fonctions perspiratoires de la peau, diminuées, abolies ou primitivement peu actives. A ce titre, il doit être appliqué à tous les malades dont la peau est sèche, rugueuse, écailleuse, aride; caractères qu’elle présente souvent chez les sujets atteints de névrose, de névralgie, de maladie de la moelle épinière, de rhumatisme musculaire chronique, de diabète, d’hydropisie, etc.

Lorsqu’à l’aide du calorique on provoque des sueurs abondantes et souvent

répétées, on exerce une action spoliatrice plus ou moins énergique, et la spoliation porte, suivant les circonstances, sur tel ou tel élément : tantôt sur le tissu adipeux, et l’on peut dire, à cet égard, que la sudation est le meilleur remède de l’obésité; tantôt sur la sérosité épanchée dans les cavités naturelles ou dans le tissu cellulaire, et l’on peut dire encore que, dans le traitement de certaines hydropisies, la sudation est bien plus puissante que les évacuants et les diurétiques, qui d’ailleurs sont souvent contre-indiqués par l’état des organes digestifs.

Enfin la sudation est un dépuratif très-énergique; c’est à ce titre surtout qu’elle a été employée par l’hydrothérapie, et qu’elle rend d’éminents services dans le traitement des maladies chroniques constitutionnelles, telles que la vérole, la goutte, la scrofule, la cachexie mercurielle, la diathèse purulente, etc.

!36. Iftc l’itydrotlicrapic appliquée au traitement de la fièvre intermittente , et de l’introduction de cette médication dans les liôpitaux civils et militaires; inséré dans le Moniteur des hôpitaux,

Ce mémoire est principalement consacré à la réfutation d’un rapport adressé au ministre de la guerre par M, Bégin, au nom du Conseil de santé des armées.

Si les efforts de quelques hommes, amis du progrès, parviennent un jour à vaincre le mauvais vouloir administratif et confraternel, les deux propositions suivantes ne tarderont pas à être généralement acceptées :

«Dans les fièvres intermittentes simples, récentes, les douches froides être substituées avec avantage au sulfate de quinine ;

«Dans les fièvres intermittentes anciennes, rebelles, les douches froides doivent être substituées au sulfate de quinine et aux diverses préparations de quinquina.»

»î. Rcclicrcites ciluiqucs sur les maladies chroniques; en voie de publication dans le Moniteur des hôpitaux.

Devenu complètement étranger, depuis quelques années, à l’exploitation et à l’administration de l’établissement hydrothérapique de Bellevue, je me suis réservé, à titre de médecin, le droit d’y traiter gratuitement, comme par le passé, autant de malades pauvres que je le jugerais convenable.

Je me suis créé ainsi un service nosocomial des plus variés, pour suppléer à celui que m ont refusé des hasards de concours , auxquels une partie du public médical a bien voulu donner un autre nom, et qui n’ont peut-être pas été sans influence sur la déconsidération dont cette institution est devenue l’objet.

Je crois avoir déjà prouvé que ce service ne doit pas demeurer stérile entre mes mains, et l’accueil que les praticiens ont fait aux premières pages de mon nouveau travail me fait espérer que la faveur du public scientifique ne lui manquera pas plus qu’à mes précédentes publications. Ce public sait que de mon côté , aucun effort ne me coûtera pour me rendre digne d’une sympathie qui a été presque mon unique soutien dans la carrière scientifique que j’ai parcourue à travers bien des obstacles, mais sans jamais dévier de la ligne imposée à tous ceux qui cherchent sérieusement la vérité dans la science, l’utilité et la moralité dans l’art.

Je ne mentionne pas ici un nombre considérable d'observations , d'analyses bibliographiques (ouvrages de MM. Fournet, Becquerel et Rodier, Grisolle, Pravaz,.Robert Latour, Dauvergne, etc.), de notices biographiques, de traductions complètes, par extrait ou par résumé, d'articles de polémique que, pendant une période de vingt années, j’ai publiés dans les Bulletins de la Société anatomique, les Archives générales de médecine, la Gazette des hôpitaux, la Gazette médicale, le Journal de médecine, le Moniteur des hôpitaux, etc. ; je ne revendique aucune part dans les articles, mémoires, thèses, manuels, traités, où mes recherches ont été mises à profit, mais je tiens à honneur de rappeler que tous mes travaux ont pris place dans la science, et qu’ils le doivent à cet esprit pratique, expérimental et positif, que j’ai puisé dans la Faculté de Paris, et que tous mes efforts tendent à propager et à défendre.

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