‹ Exposé des titres et travaux scientifiques, 1892-1905Chapitre 12 sur 25 · La question de la Télégonie · texte numérisé non relu

La question de la Télégonie

(Ce paragraphe est l’extrait d'un article qui a paru dans les Comptes rendus de ta Société de Biologie. 1905, p. 430 et dans la Revue des Idées, 1905, p. 310, et qui fera partie d’un ouvrage en préparation sur le Sexe femelle en biologie générale.)

* second lit », de caractères provenant |d’un premier mâle. C'est une question qui revient actuellement à l’ordre du jour et sur laquelle les biologistes n’ont pu s’entendre jusqu’ici. Cela tient, sans aucun doute, à ce que le problème a été mal posé. Il repose tout entier, en effet, sur l’étude de la cohabitation, considérée comme facteur d’évolution et surtout sur la. connaissance profonde du coït, de ses conditions et de ses conséquences ; il në peut donc être abordé avec avantage qu’après avoir possédé ces connaissances préliminaires et c’est pourtant ce qu’ont négligé les savants qui se sont occupés ou qui s’occupent encore actuellement dejélégonie. Où se seraient-ils renseignés, du reste, puisque nos traités classiques sont à peu près muets sur ces questions?

Dans l’espèce humaine, les médecins nous montrent qu’un certain nombre de maladies ou d’états dystrophiques sont transmissibles du père à la mère par la simple cohabitation ou par le coït; tels sont, par exemple : la syphilis, la tuberculose et, semble-t-il aussi, le diabète. Dans le règne animal, le retentissement de la copulation sur l’orgamsme fem elle est parfois si puissant qu’il vient rnodi-

du mâle : les parties liquides et solides de cette semence étant absorbées par que cette absorption existe en effet; elle a été rencontrée chez les Vers à fécon-

excès par la vésicule contractile ; mais, dans leur parcours vers cet organite, ces substances doivent forcément agir sur les molécules protoplasmiques environnantes, puisque rien ne paraît les en séparer. Cela doit se faire d’autant

général, une période de repos assez longue ; quelquefois même cette vésicule

Protozoaires a un long passé. Il est le résultat de sélections nombreuses qui ont éliminé les individus trop faibles en s’adaptant à ces conditions particulières de vie; aussi les Protozoaires doivent-ils présenter des tolérances spéciales pour les poisons qu’ils produisent. Mais un protoplasma ne peut s’accoutumer h la présence d’une substance chimique, agissant directement sur lui, qu’en contractant, avec une partie, au moins, de cette substance, des groupements

d’autant plus grande que leur souche commune sera plus éloignée.

Les protoplasmes de deux individus sénescents, appartenant à deux familles distinctes, c’est-à-dire provenant de milieux très différents, présenteront donc des tares héréditaires spéciales à leurs familles réciproques qui pourront s’attirer les unes et les autres, se mélanger ou s’annihiler réciproquement; ou bien déterminer, dans les protoplasmes conjugués, la formation de nouvelles substances protectrices actives, de nouvelles antitoxines, de nouvelles antif diastases, dé nouvelles précipitines, etc.

La conjugaison nous apparaît ainsi comme un ensemble de phénomène? physico-chimiques, d’où résulte, pour chaque conjoint, une sorte d’épuration protoplasmique en même temps qu’une puissance d’immunisation nouvelle, f

On peut comprendre alors l’action des substances chimiques qui, entré lés mains de Kulagin, de Galkins et de nous-même, ont amené une réjuvénescence artificielle. Ces corps ont d’abord agi en diluant le milieu contaminé par les produits d’excrétion des Infusoires ; par là ils ont assaini ce milieu, en même temps qu’ils ont produit une différence de pression osmotique favorable au fonctionnement de la vésicule pulsatile. Puis ils sont allés influencer directement le protoplasma, soit en produisant une sorte de lavage à son intérieur, comme les physiologistes l’ont fait pour des muscles fatigués, soit en neutralisant directement l’action des déchets inexpulsés, soit enfin en donnant Une nouvelle activité immunisatrice au protoplasma touché.

Il nous semble, du reste, que les faits d’observation connus de conjugaison normale, viennent plaider encore en faveur de cette explication. Le premier phénomène qui apparaît, quand deux Infusoires viennent de s’unir, est toujours un gonflement du micronucléus ; ce gonflement résulte probablement d’échanges, sc faisant par osmose, entre les deux parties liquides des protoplasmas. D’un autre côté, des actions osmotiques nous paraissent nécessaires pour produire la destruction plus ou moins complète des deux membranes accolées et la communication directe qui se fait entre les deux protoplasmas; à un certain moment du phénomène.

Ces changements osmotiques sont sans doute le phénomène essentiel dé là conjugaison, car ils semblent bien être les seuls phénomènes d’échange dàüs la conjugaison des Protozoaires inférieurs.

Les échanges nucléaires ont vraisemblablement une importance beaucoup; moins grande, du moins au début delà phylogénie. En effet, ils ne se produisent pas toujours, et, quand ils existent, les deux pronucléus migrateur?

D’un autre côté, la disparition de la plus grande partie de l’appareil nucléaire des individus conjoints, les nombreuses granulations que ces individus rejettent,

il nous semble, comme des phénomènes d’excrétion, d’où résulte nécessaire-

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