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Expériences sur la conjugaison des Infusoires

(C. R. Société de Biologie , 1903 et Zoologis. Anz. 1903, p. 484.)

Désirant appliquer à l’étude de la conjugaison des Infusoires les méthodes récentes de fécondation artificielle des œufs d’Oursin, nous avons commencé, en septembre 1902, à faire des cultures de Paramécies, de Stylonichies et de Vorticelles. Nous avons abandonné ces cultures pendant quatre mois, à l’abri

nisée par Maupas, nous avons placé les Paramécies dans des gouttelettes susque beaucoup de ces Paramécies étaient en conjugaison. Les prenant alors dans

nous portons la goutte les contenant, au-dessus d’une petite cuvette, creusée dans une lame de verre et renfermant la substance chimique à expérimenter : eau de source filtrée et solution faible de chlorure de sodium.

Le mélange étant opéré, nous suivons au microscope la destinée des couples

jugés, puis chaque conjoint mener une vie indépendante, grossir comme un

Nous aurions continué ces expériences, si Calkins n’avait publié, à ce moment, les résultats d’expériences semblables qu’il avait commencées bien avant nous. Nous venions du reste montrer avec lui : 1° Qu'une réjuvénescence artificielle peut être obtenue facilement ; 2° Que les échanges nucléaires , entre

1° Les fibres de lien. eleg. et de Ken. ing. présentent la même résistance aux agents chimiques et se colorent de la même façon que la spongine qui entoure l’extrémité des spiculés de ces Éponges.

2° La substance de ces fibres apparaît sous la forme d’une petite sphère bril-

animaux pour lesquels « on ne connaît pas encore, comme le fait remarquer Metchnikoff, ni de véritables parasites, ni par conséquent de maladies infectieuses ». Les Spongilles, entre autres, sont exposées à être blessées continuellement; on peut les couper en morceaux et, cependant, les plaies les plus larges se cicatrisent très vite sans laisser pénétrer aucun des microbes qui vivent habituellement à côté de ces Éponges.

Il n’en est pas de même quand les spongilles ne sont pas dans leurs conditions normales, quand, par exemple, elles ont vécu, pendant plusieurs jours, dans une solution colorée et qu’elles ont fixé, dans leurs cellules, une grande quantité du principe colorant. Dans ces cas, en effet, les Spongilles, tout en paraissant bien vivantes, se laissent envahir, bientôt, par des zooglées, des mycéliums ou autres parasites.

Contre certaines substances dissoutes dans l’eau où elles vivent, les éponges peuvent se défendre en fermant leurs orifices, comme l’a montré Lendenfeld, ou bien en arrêtant ces substances au niveau des cellules épithéliales, comme cela résulte de nos expériences. Contre les corps solides, les microbes, par exemple, Metchnikoff fait intervenir la phagocytose, mais il reconnaît, en Imême temps, que ce moyen ne peut expliquer, à lui seul, l’immunité particulière des Éponges.

Nous nous sommes demandé, alors, si la défense des éponges ne devait pas être assurée, tout d’abord, par des phénomènes de chimiotaxie négative dus, par exemple, à des substances solubles, particulières, rejetées par les Éponges. Une expérience très simple nous a montré qu’il pouvait en être ainsi.

Si l’on met une aiguille en contact avec la surface d’une spongille bien vivante, on voit, au bout d’une heure ou deux, que la partie de l’aiguille ‘qui touchait à la spongille est oxydée. Le lendemain, cette région de l’ai-

élendu du côté qui louchait à l'Èponge ; tout le reste de l’aiguille est resté poli et luisant.

Cette expérience recommencée plusieurs fois, en éloignant l’aiguille de la surface de l’Éponge à la distance de 1, 2 et 3 millimètres, nous a donné toujours des résultats semblables; il nous a semblé même que l’oxydation des aiguilles était plus active à 2 ou 3 millimètres de distance qu’au contact de l’Éponge.

complétées par d’autres pour nous renseigner sur le point qui nous intéresse ici. Elles suffisent, cependant, pour nous permettre de conclure à une zone d’oxydation particulière entourant les Éponges et paraissant être sous la dépendance

A quelles causes maintenant faut-il attribuer ces oxydations qui jouent probablement le rôle, à la surface des Spongilles, d’une enveloppe protectrice vis-àvis de la plupart des microbes ?

Est-ce à des substances excrétrices azotées que les Éponges rejetteraient normalement comme produits de leur actité vitale? Il serait permis de le croire d’après ce passage de Griffiths : « Les Éponges absorbent de l’oxygène et rejettent de l’acide carbonique avec une grande rapidité; et la manière dont elles

rendent l’eau, où elles vivent, impure et mauvaise aux autres organismes, fait penser à l’élimination d’une substance excrétrice azotée. »

Malheureusement cette substance est tout à fait hypothétique, et les recherches que Krukenberg a faites pour déceler la présencé de l’acide urique, par exemple, ont donné jusqu’ici des résultats négatifs. L’idée nous est venue, alors, de voir si les Spongilles ne formeraient point des ferments solubles particuliers qui détermineraient ces oxydations si actives à la surface de ces

Pour cela, nous avons fait deux séries d’expériences qui suffisent pour nous montrer que les Spongilles présentent, avec la teinture de gaïac et l’hydroquinone, les réactions caractéristiques des oxydaxes. Il est même inutile, pour s’en rendre compte, de faire des macérations d’éponge dans l’eau chloroformée. Si l’on écrase une Spongille entre ses doigts et si l’on essaie le liquide jaunâtre qui découle, on obtient immédiatement, avec la teinture de gaïac, une coloration verte intense; cette coloration est seulement jaunâtre quand on a fait bouillir le liquide auparavant.

On peut encore obtenir la même réaction en laissant tomber trois ou quatre gouttes de teinture de gaïac à la surface d’une Spongille vivante ou morte. Nous n’avons pas eu le temps de rechercher le mode d’action de ces oxydases.

Il est nécessaire d’entreprendre de nouvelles expériences pour être fixé sur leur

rôle physiologique chez les Éponges; mais nous sommes porté à croire, jusqu’ici,

que ces ferments doivent intervenir activement dans la défense de ces organismes, probablement en favorisant les oxydations que nous avons signalées plus haut.

Références. — E. A. Minchin, p. 86 et 87 du Traité de zoologie anglais cité plus haut (51).

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