‹ Exposé des titres et travaux scientifiques, 1892-1905Chapitre 19 sur 25 · Coloration des Méduses à l’état vivant · texte numérisé non relu

Coloration des Méduses à l’état vivant

(Journal de l'Anatomie et de la Physiologie, 1898, p. 226.)

Pendant les expériences que nous avons faites à Jersey avec Reniera ingalli , nous avons eu l’occasion d’observer l’action de quelques substances colorantes sur des sciphistomes d 'Aurélia aurata et sur plusieurs petites Méduses, non déterminées, recueillies au filet fin, dans la baie de Saint-Aubin. il

Ces expériences, faites incidemment, n’ont donné lieu du reste qu’à des observations relativement peu intéressantes. Nous noterons cependant deux faits plus importants. Après un séjour de quatre heures dans le bleu de méthylène en solution très faible qui ne tuait nullement ces animaux, nous avons vu tous les

D’un autre côté, en gardant des sciphistomes d’Aurélie dans du rouge neutre ou du rouge Congo, nous avons vu, au bout de deux jours, ces individus s’entourer

ces dernières années n’ont parlé qu’incidemment de ces organes pour s’arrêter surtout à la morphologie de la radula elle-même. Il devait donc être intéressant d’approfondir un peu plus l’organisation de ces prétendus cartilages ; d’étudier leurs différentes formes, leur structure histologique et leur mode de développement. C’est ce travail que nous avons entrepris et poursuivi, au laboratoire zoologique de Luc-sur-Mer et au Laboratoire d’histologie de la Faculté de médecine de Paris.

Chez un de nos Escargots les plus communs, chez Hélix fructivum pris comme type, l’ensemble de la plaque de soutien de la radula, détachée de ses muscles, présente la forme d’un triangle incurvé en haut et dont l’aire présente en arrière un espace vide rempli, sur le vivant, par une membrane fibro-musculaire ; c’est cette disposition qui l’a fait comparer à un fer à cheval. En réalité, cette plaque est formée par deux pièces distinctes qui occupent les deux côtés symétriques du triangle (p. s., fîg. 2 et fig. 3), et qui se rejoignent en avant pour former le sommet ou angle antérieur du triangle ; de plus, à ce niveau, elles sont réunies l’une à l’autre par de nombreuses fibres musculaires qui forment un véritable muscle (m. A., fig. 3).

Dans les autres espèces d’Helix, chez les Limaces et les Arions, l’ensemble du bulbe buccal et de la plaque de soutien de la radula rappelle tout à fait ces formes trouvées dans l’espèce type, à quelques différences musculaires près.

Chez le Planorbe corné {Planorbte corneus) et surtout chez la Paludine vivipare ( Paludina vivipara) les plaques de soutien sont plus résistantes; de plus, chez le Planorbe, elles sont colorées en rouge brun. Ce dernier caractère se représente chez la Lymnée des étangs ( Lymnea stagnalis) dont les pièces radulaires n’ont plus l’aspect de cartilages, mais celui de muscles; de plus les deux parties de ces pièces sont beaucoup plus indépendantes l’une de l’autre que chez l’Escargot. Le caractère musculaire de ces organes est encore plus accentué chez notre petite Lymnea glutinosa qui présente cette curieuse propriété de pouvoir recouvrir sa mince coquille au moyen d’une expansion de son

Chez un Gastéropode Nudibranche, Trüonia Hombergii, les pièces de soutien de la radula ont encore l’aspect et la structure d’un muscle ordinaire. Mais ici, le bulbe buccal comprend en étendue près de la moitié de la masse* viscérale ; pour découvrir la radula, il faut le sectionner circulairement au-dessus et le long d’une saillie en boudin qui court tout autour du bulbe; cette saillie est formée par les mâchoires que l’on peut reconnaître à leur consistance en les touchant à travers les téguments avec la pointe d’un scalpel ou d’une

Les tissus s’écartant pour ainsi dire d’eux-mêmes, on obtient, par cette opération, deux segments dont l’inférieur, resté attaché au corps, a l’aspect d’une semelle de soulier et présente une fente longitudinale qui est la bouche; on renverse le segment supérieur, de beaucoup le plus considérable, et l’on écarte les deux mâchoires qui sont très développées, de couleur jaune brun, et dont la forme rappelle, suivant la comparaison de Cuvier, les ciseaux avec lesquels on tond les moutons ; on aperçoit alors une masse sphérique qui est la partie

entièrement musculaire.

Dans la seiche officinale, étudié plus spécialement, on I

L’étude que nous avons faite, à différentes époques des années précédentes, des testicules de plusieurs Oiseaux adultps : Moineau (Passer domesticusj Briss.), Friquet (Passer montanus, Briss.), Pinson (Fringilla cœlebs, Lin.), Bruant jaune (Emberiza citrinella, Lin.), Étourneau (Sturnus vulgaris, Lin.), Pigeon ramier (Colomba palumbus, Lin.), Sarcelle d’hivér (Anas crecca, Lin.), Combassou (Hypochœra nitens). Foudi (foudia madagascariensis),Colin de Californie, Canard, Poulet, nous a montré que le fonctionnement de ces organes présente à considérer, chaque année, trois périodes différentes :

1° Une période d’activité fonctionnelle, la spermatogenèse, qui a lieu seulement pendant les mois les plus chauds de l’année;

2° Une période d’activité régressive que nous appelons métaspermalogénèse parce qu’elle suit immédiatement la spermatogenèse ; cette période commence après le temps des amours et dure pendant toute la saison froide ;

3° Une période d’activité progressive qui accompagne le retour des premiers beaux jours de l’année et à laquelle on peut appliquer le nom de préspermatogenèse, que le professeur Prenant a créé pour une période physiologiquement comparable chez les Mammifères.

Ces trois phases de la vie sexuelle, chez les Oiseaux mâles, correspondent à trois états différents de l’épithélium du canalicule séminifère, états qui ont été peu ou pas étudiés par les auteurs.

La spermatogenèse est le moment où l’épithélium séminal présente son maximum de complication. On y trouve, comme chez les reptiles et les Mammifères, de la. périphérie au centre du canalicule : des spermatogonies, des spermatocytes, des spermatides et des spermatosomes qui se transforment continuellement en spermatozoïdes.

La métaspermatogenèse est caractérisée par l’absence de formation des spermatozoïdes et par la régression de la zone centrale de l’épithélium séminal. Cet épithélium ne paraît bientôt plus formé que d’une ou deux couches de cellules viables, en dedans desquelles on voit de nombreuses cellules en dégéné-

régulièrement une certaine Ouverts le dixième jour, ils et parfaitement vivants.

En résumé, la défense de par deux moyens : d’abord peut opposer à l’entrée de 1’ par l’albumen qui garde, d protège ainsi le jaune.

embryor

manière de voir, c’est que, pendant toute la vie de l’adulte, les organes sexuels, devenus nettement glandulaires, présenteront les mêmes élaborations chimiques, de graisse et de pigment, comme nous l’avons montré ailleurs (n°‘ 35 à 40).

La glande germinative se constitue ensuite, chez les Oiseaux, aux dépens de deux origines distinctes : 1° l'une corticale , cœlomique, qui provient de la prolifération de l'épithélium germinatif ; 2° l'autre centrale, intramésodermique, qui vient ensuite et provient de la prolifération et d'une différenciation semblable des élé-

Les cellules centrales élaborent également des globules de graisse ; .elles prennent ainsi Vaspect d'éléments épithéliaux, de sorte qu'au bout de quelque temps il esc difficile de dire ce qui provient d'une ébauche ou d'une autre.

l’ébauche génitale des Oiseaux, correspond-elle à un état d’hermaphroditisme primitif, comme Laulanié l’a avancé en 1885?

Des recherches ultérieures nous l’apprendront sans doute. Mais on doit

éléments souches du futur épithélium séminifère ; c’est pourquoi, et aussi pour les distinguer des autres cellules épithéliales restées isolées, nous leur avons donné l’ancien nom de cellules germinatives.

Chez le Moineau adulte, nous avons vu que les tubes sôminipares revenaient, tous les hivers, à cet état primitif unistratifié. A la fin de la mauvaise saison, au début de la spermatogénôse, la plupart des cellules germinatives* tout en continuant à sécréter, se multiplient activement pour former les premières Cesser, s’hypertrophient et présentent une activité sécrétante toute particulière; ce sont les cellules de Sertoli.

Après l’été, alors que toutes ou presque toutes les cellules séminales dégé^ nèrent et disparaissent, les cellules germinatives restent dans lés tubes séminipares de l’hiver (état unistratifié) comme éléments de réserve pour le printemps suivant.

blable, en même temps qu’il trouve, au milieu des cellules interstitielles du

En résumé les éléments épithéliaux du testicule (épithélium séminifère et partie des cellules interstitielles) dérivent de formations glandulaires embryonnaires : épithélium germinatif et éminence génitale, dont le rôle se continue chez l’adulte :

1° Dans la sécrétion interne du testicule ;

2° Dans les glandes prétesticulaires des Oiseaux,

3° Dans le corps jaune des Batraciens ;

4° Dans l’organe de Bidder des Crapauds et probablement dans d’autres formations glandulaires propres à cette région.

En ce qui concerne la sécrétion interne du testicule, on peut distinguer trois formes histiques particulières : la cellule interstitielle, la cellule germinative et

du tube; c’est surtout alors que cet épithélium paraît cubique; il ne renfermé pas de graisse.

Le canal de Wolff de cet embryon de moineau ne renfermait pas non plus dé graisse; mais son épithélium, unistratifié, présentait les mêmes formations hyalines venant crever à sa surface.

4° Il faut arriver au septième ou au huitième jour, chez l’embryon de Poulet, pour trouver le corps de Wolffà peu près complètement constitué! : >i>

Ici les canalicules de Wolff renferment de la graisse dans toute leur étendue, aussi bien dans la région voisine du glomérule que dans la région distale. Cette graisse est en plus grande abondance que précédemment; on en trouve généralement, à la base de chaque cellule, une seule grosse goutte, et, dans le reste du corps cellulaire, de fines goutelettes en nombre variable ; toutes ces cellules paraissent vivantes; elles continuent à se diviser très activement par karyokynèse. Le canal de Wolff ne renferme pas de graisse ; il en est de même pour un certain nombre de canalicules.

5° Enfin nous citerons le cas d’un embryon de Canard de Barbarie, âgé de douze à quinze jours, qui nous montre le corps de Wolff à une époque voisine de sa régression. En général, nous trouvons ici les mêmes aspects que dans le corps de Wolff du type précédent ; cependant les cellules de certains canalicules sont chargées d’une quantité de graisse encore plus grande et, dans ces cellules, le noyau semble présenter des signes de dégénérescence. De plus, le bleu de Unnanous a montré, dans ce corps de Wolff, une sécrétion se colorant en vert et formant parfois bouchon dans la lumière des canalicules. ;

Les canalicules du rein définitif, déjà trèsdôveloppé ici, renfermaient la même sécrétion verdâtre ; mais, par contre, on ne voyait dans leurs cellules aucune trace de graisse.

En résumé, la concordance que nous avons trouvée chez ces quatre espèces •d’Oiseaux nous permet de conclure que le corps de Wolfï joue, chez l’embryon, le rôle d’un organe élaborateur en même temps que celui d’un organe épurateur. 1

Gomme la glande génitale embryonnaire, il élabore des substances graisseuses dans l’intérieur de ses cellules. C’est peut-être l’exagération de cette fonction qui amène la régression du corps de Wolff et sa disparition chez les Vertébrés supérieurs.

Chez les Anamniotes, où le corps de Wolff devient le rein définitif, te mêmé fonction persiste probablement chez l’adulte. Én effet, dans l’épithélium des canalicules Wolffiens delà Lamproie, Renaut signale la présence de granulation?, graisseuses rangées transversalement au niveau du noyau de chaque cellule. ' '

Chez les uns comme chez les autres, des recherches plus approfondies sont nécessaires. Elles constateront peut-être un rapport entre cette élaboration embryonnaire que nous venons de mettre en évidence et la sécrétion interne des reins des Vertébrés, signalée pour la première fois en 1892 et bien étudiée depuis par Vitzou.

dans les courbes normales; à la période prépubertaire, par exemple, on constate une grande chute de poids, qui ramène le Cobaye de cinquante jours au poids qu’il avait à quarante-trois jours.

L’injection périodique de 1 ou 2 centimètres cubes de sperme exagère encore davantage les oscillations, de sorte que la courbe de croissance devient tout à fait désordonnée. De plus, on constate un ralentissement et même un arrêt de croissance du dix-neuvième au trente et unième jour. L’extrait testiculaire'présente une influence moins grande sur la croissance que l’extrait de

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