ETUDES DE PATHOLOGIE INTERNE BASÉES SUR L’EXPÉRIMENTATION
Voies digestives et annexes
140. — Fièvre de digestion. — La fièvre (Son mécanisme), Journal de Chimie, 1889, et Traité de médecine, vol. I, chap. V.
Attaché pendant deux ans à un dispensaire d’enfants, j’ai, étudié cette lièvre; j’ai surtout mis en évidence les heureux effets de l’hygiène alimentaire, des antiseptiques insolubles, infiniment plus utiles que la quinine, malgré l’allure intermittente du phénomène, dont j’ai précisé la marche. — J’ai ainsi contribué à prouver que, chez l’homme, des sécrétions digestives ’ sont pyrétogèncs : l’intermittence dérive de l’intermittence de la formation, de la sécrétion, de l’absorption. — J'ai, ainsi, fourni la démonstration expèri-. mentale de cette donnée, à savoir que les produits de la cellule sont thermogènes. (Voir paragraphes, 46, 47, 228.)
141. - Urée et cancer de l’estomac (Les causes de variation de l’urée). — (Germes et néoplasme), en collaboration avec M. Chochet. Exposé des Titres, 1892, et Leçons de Patliog. appliq.-, VU" leçon'.
A la suite du travail de Rommelaere, soutenant que dans le cancer gastrique l’urée fléchit, une série de recherches discordantes ont paru.
Chez plusieurs malades j’ai pu voir cette urée tomber à 5, 3, 2 gr. 80 par
vingt-quatre heures; l’alimentation consistait en un litre de lait que des vomissemments incessants rejetaient en partie. — A la fin de la vie, chez l’un d’eux, le chiffre de l’urée s’est soudainement élevé de 5 à 15 ; l’ inanition avait amené le passage, dam le sang, d’une série de déchets cellulaires. — J’ai ajouté cette cause de variation à celles qui dérivent de la gastrite, de la qualité, de la quantité des aliments, de l’alcoolisme, etc.
En outre, j’ai montré comment le cancer, en affaiblissant l’économie, en supprimant l'acide chlorhydrique, en ouvrant les portes, appellent les germes.
142. — Colite à tome cachectique. (Auto-intoxication; rôle de la muqueuse. — Reproduction expéiimenlale.) Congrès de Caen, Assoc. Franc., août 1894. — Voir'aussi Soc. Biol., 21 décembre 1895, et Arch. Phys., 1896 et Leçons Pathog. applir/., VIII 0 leçon.
J’insiste dans ce travail sur la fréquence de la colite pseudo-membraneuse, fréquence que m’a confirmée le professeur Dieulafov. — J’insiste sur la durée du mal, sur l’aspect cachectique de certains malades; le défaut de nutrition, l’inanition résultant de l’état du tube digestit. I auto-mtoxication conduisent à un amaigrissement, à un dépérissement, qui peuvent faire penser, mais à tort, à la tuberculose.
J’ai montré, avec M. Gassin, que certains poisons, en traversant cette muqueuse, subissent des modifications, des atténuations; cette membrane agit sur eux comme elle agit sur les peptones qui, en la franchissant, perdent me partie de leur toxicité, changent de constitution. Or, parmi les toxines, beaucoup sont des albumoses plus ou moins analogues à ces peptones.
142. — Maladies du Me et Folie. (La folie hépatique.) Soc. Biol., 30 juillet 1892.
Les aliénistes décrivent aujourd’hui celte folie que j’ai signalée, enme basant sur les relations d’un délire apyrétique, tranquille, et de l’état du foie chez plusieurs malades atteints de cirrhose ou de cancer hépatique. — Les améliorations de ces affections concordaient avec celles de ce délire.
J’ai rangé cette folie, due à l’absence de destruction des poisons par le foie, à côté de la folie brightique, attribuable au défaut d’élimination : ces faits sont aujourd’hui classiques ,
143. — Les ictères. — Epidémicité. — Hypertrophies du foie. - Mécanisme des désordres (Étude expérimentale). Leçons de Pathogénie appliquée (IX et X e Leçon) èl Bull. Méd., 19 février. 1896.
Les ictères épidémiques s'observent surtout chez des individus qui ont remué des boues, des vases, qui ont respiré des odeurs putrides. — Je prouve qu’il ne s’agit pas là de germes s’échappant de ces milieux : les corps solides ne sortent pas des liquides; il s’agit de poisons volatils, gui, issus de ces liquides, de ces terres, pénètrent dans l’économie, l'intoxiquent, resserrent les capillaires ,. s'opposent à la sortie des sérums bactéricides ou antitoxiques, des leucocytes phagocytaires, affaiblissent l’organisme qu’envahissent alors des germes préexistant dans l’intestin : je me base sur des faits expérimentaux.
Ces observations m’ont conduit à expliquer la constipation des ictériques par le manque d’eau dans l’intestin, résultat de l’obstruction du cholédoque, qui, dans le haut de cet intestin, normalement doit déverser beaucoup de liquide; elles permettent aussi d’expliquer la diminution de température par les propriétés calorimétriques de la sécrétion hépatique (voir paragr. 226), les modifications cutanées, circulatoires, par ses attributs physiologiques. — J’insiste sur cette notion, à savoir qu’une foule de causes ( infection, auto-intoxication, poisons, etc.), en dehors de l’alcoolisme, produisent des cirrhoses, que les acides sulfoconjugués, que la dose d’urée, d’ammoniaque, que la glycosurie, etc., permettent, par leur présence ou leur absence, de juger du fonctionnement de la glande biliaire.
144. — Endocardite du cœur droit à staphylocoque. — Rôle de la croissance. — Les modifications chimiques du terrain. — Utilité des principes minéraux.
Leç. Pathogén. appliq. (XIII' Leçon) et Sem. Méd., mars 1896.
A la suite d’une amygdalite à staphylocoques, un adolescent, à croissance rapide, succombe à une endocardite du cœur droit. — Or, ce staphylocoquc. était doué d’une virulence atténuée. — La mort, ne pouvant pas être attribuée à l'énergie du parasite, a dû être rapportée à la faiblesse de l’organisme. — J’ai montré que la croissance avait appauvri les humeurs, le névraxe,
en principes minéraux, principes qui jouent un rôle dans la défense, incitent les tissus, les stimulent. — L’insuffisance du terrain devient là quelque chose de positif, de précis : on peut traduire cet état du terrain par une sorte d’équation chimique.
Voies respiratoires
145. — Suppuration des poumons. (Infections associées.) Rev. Méil., janvier 1895.
Cette étude, entreprise avec M. le professeur Ducamp, met en évidence le rôle des associations microbiennes ; elle prouve aussi la réalité de la contingence de la propriété pyogène, principe aujourd’hui admis.
146. — La Tuberculose. — Granulie. — Lésions pleurales. — Gaz pleuraux. — La Pression. — Pathogénie expérimentale. — Genèse de oes phénomènes. — Leçons de pathogénie appliquée (X1V« Leçon).
Dans cette étude, je m’efforce de mettre en lumière les rapports de la plèvre et de la tuberculose. — Dne pleurésie peut être initialement tuberculeuse * ; mais, d’autre part, les adhérences, la sclérose pleurale, en obligeant le poumon à se surmener, à tirer en quelque sorte sur ses adhérences au lieu de glisser aisément, en supprimant par obstruction une série de voies lymphatiques, de canaux vecteurs de fluides nutritifs, placent les poumons en infériorité de défense.
Au cours de cette même étude, j’ai montré que les germes, surtout les anaérobies, engendrent des gaz, propriété qui résout le problème consistant à expliquer la présence de ces gaz dans des séreuses malades mais demeurées closes; on invoquait jusqu'alors des fonctions gazogènes de ces séreuses.
En outre, j’ai expliqué l’état de la pression, en général basse, par l’action vasomotrice, vaso-dilatatrice delà tuberculine, action vaso-motrice des toxines mise en lumière par nos recherches.
Étudiant les lésions du foie, des reins, j’ai fait voir que les viscères constituent une série de bouillons de culture différents juxtaposés -, on trouve des cavernes dans le poumon, dans les voies biliaires, exceptionnellement dans le foie ; j’ai fait voir également qu’un, virus crée des lésions spécifiques à côté d’alté-
râlions inflammatoires ou dégénératives ; on observe, dans le rein, par exemple, et des tubercules et des néphrites et des régressions graisseuses, amyloïdes.
147. — La Pneumonie lobaire aigue (Localisation; incubation; crise, etc. — Pathogénie.
Explication). — Leçons île pathogénie appliquée (XV' Leçon).
A propos de plusieurs cas, je montre que le système nerveux peut localiser. un processus dans un des côtés du thorax. — Je montre aussi que la coloration de l’expectoration tient aux métamorphoses que le pneumocoque imprime à l’hémoglobine. — Je prouve que l’incubation correspond à la période pendant laquelle les microbes pullulent; elle commence à l’instant de leur entrée en scène ; elle prend fin, quand ces microbes sont assez nombreux, ont fabriqué assez de poison pour provoquer des troubles morbides. — J’explique la crise par l’expulsion dés poisons, par la cessation de toute activité de la part du germe, phénomène dû en partie à l’apparition de l’état bactéricide.
148. — Urémie. — Reins atrophiés (Luxe de tissus). Soc. Anat., 2 mars 1883.
Cette observation, ce travail mettent en évidence ce grand fait du luxe des organes. — La Physiologie établit qu’une parcelle du corps thyroïde, du pancréas, suffit à s’opposer à l’apparition du myxoedèmc, du diabète. — Je prouve que quelques glomérules, quelques tubuli assurent un certain degré d'épuration, à la condition de disparaître lentement, progressivement; la lenteur des processus chroniques de dégénérescence, plus encore que le scalpel du physiologiste, réalise ces conditions.
149. — Les Néphrites. • ■ Leur Genèse. — Le Mécanisme des symptômes basé sur l'expérimentation. Leçons de Pathogénie appliquée (XVI» et XVII' Leçon).
Je montre comment l’hérédité, comment une série d’infections intervenant pâlies germes, les toxines, les troubles vaso-moteurs, les embolies, les thromboses, la concurrence vitale, etc., appellent, fixent les processus microbiens. — f explique ces désordres en me basant sur les propriétés expérimentalement établies des principes retenus. — Ces principes diminuent la capacité respiratoire des globules,
— HS —
élèvent la pression, irritent, en cherchant à s’éliminer, l’intestin, les séreuses, la peau, actionnent les centres nerveux, etc. : ces attributs rappellent ceux des bactéries.
150. — Paralysie pyocyanique. (Caractères anatomiques et caractères cliniques. — La Clinique reproduite par la médecine expérimentale.) Soc. Biol., 10 mars 1888; avec
On a souvent dit que sur l’animal on ne reproduisait pas ce qu’on observe chez l’homme; on a soutenu qu’on créait des symptômes, des Usions, non des maladies, des types cliniques. — Notre but a été de prouvér la fausseté de celte affirmation.
Nous n’avons pas seulement réalisé, entre autres phénomènes, une paralysie quelconque, mais duspasme,de la douleur dla traction, des contractures avec membres en flexion, des rétractions tendineuses analogues à celles décrites par M. Charcot, de la rétention d’urine, de l’atrophie musculaire apparente, tous les détails cliniques, etc. — D’ailleurs, tous les procédés d’exploration ont ici été mis en œuvre, électricité, percussion des tendons, etc. — Nul ne contestera, j’imagine, que reproduire un symptôme aussi typique, aussi caractéristique apporte une démonstration autrement décisive en faveur de la théorie des produits solubles comme agents morbifiques que la simple somnolence de la poule.
151. — Alcoolisme. — Méningite suppurée latente (chez un pneumonique). — (Lésion devenue classique.) Soc. Anal., 25 juin 1882.
Cette observation a paru à l’époque où Bozzolo, invoquant déjà l’action microbienne, publiait son important mémoire sur les complications nerveuses de la pneumonie. — Elle a fourni un argument en faveur de la fréquence de ces complications, dont la démonstration est aujourd’hui parachevée. — L’intérêt de ce fait tient à l’état des idées au moment de cette publication.
152. — Tumeur du cervelet (Localisation cérébrale : L'équilibre). Soc. Anal., 10 novembre 1882, en collaboration avec H. Faisans.
Cette tumeur était un sarcome avec grande poche kystique. — Le liquide contenait 70 grammes pour 1000 de matières fixes, 60,20 d’éléments albuminoïdes, 9,80 de sels minéraux.
En raison de la titubation considérable présentée par le malade, on avait pensé, suivant l’opinion de Nolhnagel, à une altération portant sur les vermis. — L’autopsie a pleinement justifié ce diagnostic.
Il convient de signaler aussi le phénomène de Cheyne-Stokes relevé sur ce malade par Lasègue, dont nous avions l’honneur d’être alors l’interne.
En somme, cette observation concourt à fixer, à préciser les localisations cérébelleuses. .
153. — Sclérose médullaire systématique combinée (Fait démontrant que plusieurs cordons de la moelle peuvent dégénérer systématiquement à la fois), avec M. Babinski. Rev. de Méd., novembre 1886.
Chez un malade présentant à la fois les signes de l’ataxie locomotrice et de la sclérose latérale, nous avons découvert, à me époque oit cette question était à l’élude, une sclérose combinée des cordons postérieurs et latéraux', la propagation s’est faite grâce aux vaisseaux, aux fibres commissurales, etc.
154. — Maladie de Basedow (La Physiologie explique les symptômes). — Leçons de Pathogénie appliquée. (XVIII" Leçon.)
C’est en me basant sur les données pathologiques que j’interprète les accidents : il s’agit d’une étude de physiologie appliquée. — La lésion des vagues fait comprendre la tachycardie ; celle du moteur oculaire commun cause les troubles de l'œil, \’exophtalmie, le globe étant insuffisamment retenu; les détériorations du pneumogastrique, des noyaux bulbaires, du née taxe, etc., expliquent les accidents respiratoires, digestifs, les désordres vaso-moteurs de l’intestin, le tremblement. — La glande ne détruit pas tous les poisons qu’elle doit anéantir; ces
poisons agissent sur cet appareil nerveux : c’est U le type des accidents par vice de fonctionnement d’une glande interne.
155. — Mécanisme des Paralysies. — Leçons de pathogénie appliquée. (XIX* Leçon.)
J’établis, de par l’observation comme de par l'expérimentation, que certaines causes, l’infection, altèrent le système nerveux soit spécifiquement, par ellesmêmes, soit indirectement ; il y a des lésions tuberculeuses, syphilitiques , mais la tuberculose, la syphilis provoquent également des inflammations, des dégénérescences 1 : les spécifiques agissent dans le premier cas; ils échouent dans le second.
156. — Le Diabète sucré. — Diversité des diabètes sucrés (Pathogênie basée sur l’expérimentation). - (II* Leçon.)
Une lésion placée sur le trajet de l’arc pancréatico-nervoso-hépatique, qui va du foie au pancréas en passant par les centres nerveux, peut occasionner le diabète. — D’autre part, si à chacun des points de cet arc est attaché l’attribut qui consiste à faire apparaître le sucre, chacun de ces points possède, en outre, des fonctions spéciales. — C’est en me basant sur ces faits que j’établis pourquoi le diabète du pancréas diffère de celui du foie, du nénraxe.
157 — Obésité (Processus de chimie biologique. — Leçons Palhog. appliq., III" Leçon.)
L’étude de l’obésité me conduit à étudier les divers temps de la nutrition, la lenteur de l’utilisation des graisses, l’accumulation des acides gras, — Ces acides, en s’échappant par la peau, répandent une odeur spéciale, irritent le revêtement externe, provoquent de l’érythème; en outre, ils font fléchir l’alcalinité, exposent aux infections. (Voir But. Méd., nov. 1895.)
158. — La Chlorose. — Théorie ovarienne auto-toxique. — Opothérapie. ( Leçons de Pathogénie appliquée) (XI" Leçon) ét Gaz hebd., janvier 1896.
Les éléments anatomiques des tuberculeux, des scrofuleux sont généralement petits, de vitalité inférieure; les artères sont étroites. — Quand la puberté, avec la
grande activité nutritive qu’elle occasionne, survient, ces éléments anatomiques , surtout au niveau de l’appareil utéro-ovarien, sont insuffisants, inférieurs à leur tâche. Or, une partie de leur tâche consiste à conduire en dehors des poisons; la toxicité du sang, parfois plus faible après les règles, le prouve; de même les accidents observés chez les nourrissons de nourrices qui ont conservé leurs menstrues, au moment où ces pertes apparaissent. — De là celte notion qui fait de la chlorose une auto-intoxication par suite d’une épuration incomplète par les voies génitales.
159. — Le Purpura (Désordres expliqués par la physiologie, la bactériologie, etc.). Leçons Pattwg. appliq., XII* Leyon.
J’explique le purpura de l’infection par l’intervention des propriétés vasomotrices des toxines, par leur action sur le sang, sur les nerfs, sur les vaisseaux.
— Quant à la propriété hémorragique des germes, elle s'acquiert par l’éducation; j’ai le premier soutenu cette opinion aujourd’hui universellement admise.
160. - La Fièvre typhoïde. — Étiologie expérimentale. — L'eau — La Ponction de la rate. — Mécanisme des troubles morbides basé sur l’expérimentation. — Les poisons viennent et des germes et de l’économie. — La séro-réaction est la base du séro-diagnostic.'Lepons de Pathogénie appliquée. (IV* et V» Leçons.)
J’insiste sur les démonstrations suivantes, à savoir que le bacille d’Eberth existe parfois dans l’intestin de sujets bien portants; plus on étudie, plus on voit ce fait, à savoir la présence dans l’économie des microbes pathogènes. — J’ai cherché, dès 1886, le bacille d’Eberth dans l’eau (voir Épidémie d’Épinaysous-Sénart; Annales d’hyg. et de méd. lég.), sans pouvoir le trouver : on sait aujourd’hui qu’il vit péniblement dam ce milieu ; depuis les travaux de Grimbert,’ on admet qu’il est difficile de l’isoler, de le distinguer du bacterium coli ; un signe, une technique, prise aujourd’hui pour certaine, demain est en défaut.
— Néanmoins, si l’explication trop exclusive du fait est en discussion le fait lui-même (il importe dé ne pas confondre les deux choses) n’est pas discutable : l’eau peut disséminer le mal, soit par le bacille spécifique qui, dans .quelques cas, s’y rencontre, soit par des poisons solubles ou d'autres germes qu’elle intro-
dmt : dans ces conditions, l'économie est soumise aux influences ou d’une association microbienne ou d’une intoxication, facteurs éminemment favorables d l’infection : ce sont là mes conclusions, basées sur l’expérimentation, sur des données qu’appuient plusieurs de mes recherches.
Cette question de l’eau m’amène à étudier la question des sources, des filtres, questions dont je me suis fréquemment, longuement occupé comme membre du Comité consultatif d’hygiène de France ; questions que j’ai développées avec détails dans le tome I" du Traité de médecine (Charcot-Bouchard) et le tome II du Traité de pathologie générale 1 .
Je prouve que le plus léger traumatisme favorise l’évolution d’un germe, surtout si ce traumatisme porte sur un organe friable, chez un sujet malade infecté (expér. de Max Schuller ; expér personnelles). — Pour ce motif, j'estime que la ponction de la rate est chose discutable au point de vue déontologique, d’autant plus que celte ponction, tout au plus, conduit à retirer un bacille qui, en dépit de la méthode d’Elsner, dont la certitude est aujourd’hui contestée par plusieurs, est souvent fort difficile à distinguer du bacille d’Eberlh . Donc, pour un bénéfice incertain, on expose le malade à un danger possible, sans parler, bien entendu, des accidents qui dérivent d’une antisepsie incomplète.
Je cherche à expliquer pourquoi les typhiques ont de la fièvre, de l’entérite, de l’albuminurie, etc., etc. — Le premier, comme l’a reconnu Sanarelli, j’ai prouvé que, pour développer une entérite à l’aide de certaines toxines, il faut les introduire dans le sang, non dans le tube digestif-, après leur injection, en impressionnant les vaso-moteurs, en passant du sang dans l’iléon, ces toxines déterminent une inflammation qu’entretiennent les germes de cet iléon, le bacille du côlon ou des parasites plus élevés, tels que les amibes pathogènes de la dysenterie, suivant l’opinion en faveur de Kartulis. — Appliquant ces données à la dothiénentérie, il est possible de considérer cette affection, avec Sanarelli, comme ‘évoluant primitivement dans le système sanguin ou lympha tique; les sécrétions du bacille d’Eberth actionnent les vaso-moteurs, conformément aux propriétés que j’ai découvertes et qui me permettent d’affirmer que ces sécrétions sont aptes à agir sur ces nerfs (voir paragr. 219); ou bien elles s’éliminent au travers de l’intestin, cet intestin, ainsi que je l’ai établi (voir paragr. 212), servant
en grande partie d l’élimination. — Puis, l’infection secondaire entre en jeu, favorisée par les lésions préalables.
On peut expliquer la fièvre en s’appuyant sur les attributs thermogènes des toxines, attributs que j’ai mis en lumière en 1889 (voir paragr. 16, 47). — Ces mêmes toxines sont capables de faire naître l’hémorragie, des éruptions, l’albuminurie, des néphrites, des lésions cardiaques, de la dyspnée, des accidents nerveux (voir cliap. III, IV de cet Exposé); en poursuivant depuis dix ans l’histoire des qualités physiologiques de ces principes, j’ai découvert ces propriétés : c’est leur mise en jeu qui permet de comprendre la genèse de ces désordres.
Il faut y joindre, je le prouve expérimentalement, la part de l’économie; les tissus, troublés dans leur vie, dans leur nutrition, fabriquent, de leur côté, des poisons qui associent leurs efiels aux poisons bactériens (voir mon livre, Poisons des tissus).
J’ajoute que c’est à la lièvre typhoïde que M. Widal a appliqué le séro-diagnostic basé sur la séro-rèaction, phénomène que j’ai découvert en 1889 (voir paragr. 84 à 90). — J’ajoute que, pour cette maladie, on a plusieurs fois, surtout en vue de la sérothérapie, cherché à recourir à la méthode de la vaccination par produits solubles démontrée par moi en octobre 1887 (parag. 84).