PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE 1 - SUJETS DIVERS
Système nerveux. — Appareil musculaire
162. — Signes fonctionnels de lésions encéphaliques chez le lapin dans la maladie pyocyanique. — Hématomyélie expérimentale. Soc. Biol., 22 novembre 1890; 11 janvier 1896, en collaboration avec M. Laborde; Congr. Bordeaux, août 1895.
Cette réalisation expérimentale des signes d’un foyer sanguin, obtenu à l’aide d’un virus, dans les hémisphères, permet de comprendre la genèse de certains désordres, de certaines paralysies observées au cours des fièvres.
Ici les phénomènes prédominants ont été : torsion de la tète, du cou, mouvements de rotation, etc. Dans le second cas, on a noté une paraplégie spasmo-
163. — Lésions encéphalo-pédonculaires répondant aux troubles fonctionnels, observés dans la maladie pyocyanique. Soc. Biol., 6 décembre 1890, avec M. Laborde.
■ Un lapin inoculé a offert, en pathologie comparée, des désordres connus des physiologistes (mouvements de manège, de rotation). — Ce lapin avait reçu le bacille pyocyanique, qui avait fait naître un foyer hémorragique pédonculaire. — Cette observation prouve que l’infection est capable de faire apparaître les perturbations les plus spéciales.
Les procédés pathogéniques invoqués au paragraphe 148 font saisir le mécanisme de ces perturbations.
1. Comme on a pu s’en assurer par la lecture, le üU’e de pathologie ou de médecine eipèrimentale s'applique é la plus grande partie de nos travaux des chapitres précédents ou suivants ; ils ne se rencontrent pas uniquement
l'influence
164. — Épilepsie spinale expérimentale. — Spasme des extrémités sous des toxines — (Athétose). Soc. Biol.. 18 mai 1895.
En produisant des foyers sanguins dans la moelle, toujours à l’aide des virus, j’ai pu faire apparaître une épilëpsie spinale manifeste, accompagnée d’athétose, d'exagérations des réflexes. — Ces fails-là sont les premiers de cet ordre , en tant que causés par des virus.
165. — Accidents épileptiformes (crises générales) expérimentaux. — Lésions des cellules des centres. Soc. Biol., 21 novembre 1896 et 9 janvier 1897.
Chez un cobaye, qui en mai 1896 avait subi la section des deux sciatiques et reçu des toxines diphtériques, j’ai vu, au bout de cinq mois, se développer de véritables crises épileptiformes soit spontanées, soit sous l’influence d’une irritation de la peau du cou. — En pinçant les téguments du côté opposé, on transférait la crise. — En soumettant le sciatique à l’extension, on l’arrêtait. — On a décelé des lésions des centres assez en rapport avec l’idée d’une action des toxines à cause de leur diffusion régulière. — Ces expériences éclairent la question des rapports de l’épilepsie et de l’infection ou des traumatismes nerveux : ces expériences, comme celles des paragraphes 162, 165, etc., sont bien de nature à mettre en évidence le rôle, l’utilité de la médecine expérimentale dans les problèmes de la pathologie, surtout-de la pathologie du système nerveux. > (
Grâce à M. Thomas, j’ai décelé dans la moelle d’intéressantes lésions des cellules; ces lésions font comprendre pourquoi le névraxe subit aisément l’influence des excitants.
166. - Symétrie et infection (Influence réciproque des organes pairs). Congrès Nancy, août 1896, et Thèse de M. Prezdniewics. Paris, 1896.
J’ai produit un grand nombre d’infarctus symétriques des deux reins à l’aide des microbes; ces infarctus doivent leur symétrie à ce fait que pour obstruer des capillaires, il faut le plus souvent les rétrécir; de cette façon ces microbes sont assez volumineux pour des orifices diminués; or, celle action, je l’ai prouvé (voir parag. 219), est centrale; de là son existence et à droite et à gauche.
Dans d’autres cas, cette symétrie est due simplement à la symétrie de l’organe ou de la fonction : il y a une néphrite et à droite et à gauche dans l’infection, parce que, au travers du rein, et à droite et à gauche, passent des germes ou des toxines.
D’un autre côté, un viscère pair altéré retentit sur son homologue, une main sur une main, un œil sur un œil, un poumon sur un poumon; le viscère homologue ainsi modifié est un terrain préparé pour le mal gui a déjà envahi le premier de ces viscères. — C’est là, du reste, l’intéressante doctrine que le professeur Panas édifie pour expliquer l’ophtalmie sympathique. — Dans un cas d 'abcès du sein, j’ai pu voir, avec M. Millet, le lait du côté normal perdre sa graisse, à mesure que les leucocytes se portaient du côté atteint : voilà encore une modification due à l’influence de l’organe pair.
167. — Influence des toxines microbiennes snr la contraction musculaire. Soc. Biol., 28 nov. 1396:
Avec Mlle Pompilian, au laboratoire du professeur llichet. j’ai vu que les toxines modifient singulièrement la contraction musculaire. — On comprend ainsi les soubresauts, les spasmes, etc., observés au cours de l’infection, surtout dans les formes ataxiques des fièvres : ces expériences expliquent, eclatrent les accidents de la pathologie, suivant le but de la médecine expérimentale.
Maladies générales.
168. — Étude sur la pathogénie de certaines douleurs osseuses. Arch. méd., décembre 1882, avec le professeur Guigmd.
Les phtisiques, les diabétiques, en dehors des névralgies, éprouvent quelquefois des douleurs sur le trajet des os, à la pression en particulier. — D’une part, nous avons fixé les caractères de ces douleurs : d’autre part, nous avons prouvé l’abondance des acides urinaires, de l’acide lactique spécialement, chez ces sujets. — De là l’hypothèse d'une action de ces acides sur la charpente minérale, phospliatique, hypothèse basée sur la phosphaturie des tuberculeux, des glycosuriques, sur nos analyses, sur les travaux de MM. Bouchard, Teissier, Heitzmann, Dufourt, Morat, etc.
189. — Influence des extraits thyroïdiens sur la nutrition. (Action d’amaigrissement; usage dans l'obésité.) Soc. Biol., 29 déc. 1894.
En faisant ingérer des parcelles de ce tissu, j’ai vu maigrir d’une façon interne les animaux : de là l'idée de l’employer pour traiter l’obésité.
170. — Maladie d'Addison. — Tracés ergographiques. — Diurèse causée par l'extrait capsulaire, avec MM. Langlois et Abelous, et Soc. Biol-, 2 juillet 1892; Arch. Phys., 1892.
J’ai pris des tracés, à l’aide de l’ergograplte de Mosso, et chez un tuberculeux simple et chez un tuberculeux Addisonien, arrivés, l’un et l’autre, à la même période de la bacillose : ces tracés, mieux que tout commentaire, mettent en .évidence \’action dynamogène de ces organes. — Voir les tracés à la page 125.
171. — Diabète expérimental et diabète de l'homme. Soc. Biol., 21 octobre 1893.
J’ai montré, en m’appuyant sur la prédisposition à l’infection, sur les lésions du foie, des reins, sur l’amaigrissement, sur la polyurie, etc., les analogies considérables existant entre le diabète humain et celui gui s’observe chez les animaux privés de pancréas.
172. — Infections pancréatiques ascendantes expérimentales. — Glycosurie ou diabète consécutifs. Soc. Biol., 26 mai 1894, avec M. Cabnot.
J’ai pu réaliser, dans des cas rares, difficiles à obtenir, une glycosurie ordinairement passagère, peu marquée, en inoculant des microbes dans le canal de Wirsung. — Ces microbes agissent en détruisant le pancréas; ils agissent comme agirait un corps chimique ou physique, un liquide coagulant, un bistouri, tout agent capable de supprimer ce viscère ; ces expériences sont bien de nature à montrer combien est parfois banale l’intervention d’un germe; elles mettent en lumière, d'une part, l’importance de la cellule, d’autre part, le rôle secondaire du parasite. — Ce qui domine la question, ce sont lés propriétés du pancréas.
11 est à remarquer que l’abouchement du conduit de Wirsung dans l’intestin rend sa contamination possible, à la façon de celle du cholédoque. — line s’agit pas là d’une pure curiosité d’expérimentateur.
173. — Tuberculose expérimentale. — Hypertrophies croissantes des rates. Soc. Anat., 6 avril 1883, en collaboration avec M. Capitan.
Ces recherches ont apporté un argument en faveur de la nature infectieuse de la tuberculose si longtemps discutée jusqu’au bacille; en outre, on peut les invoquer, en faveur du rôle encore bien obscur de la rate dans l’infection. — Plus la maladie évoluait rapidement, plus la virulence était grande, plus cette rate était volumineuse, du moins dans quelques-uns de nos cas.
174. — Influence de l’électricité sur la cellule microbienne. Arch. Phys., 1893, avec
Le plus souvent, quand on a cherché à étudier l’influence de l’électricité sur les microbes ou leurs sécrétions, on a agi par la chaleur, par l’électrolyse, chimiquement. — En utilisant les courants à haute fréquence, nous avons pu voir que ces courants, intervenant réellement en tant que fluide, exerçent une action parfois indiscutable quoique relativement peu accentuée, malgré l’élévation du potentiel, sur la forme, les sécrétions, le nombre des bactéries.
Ces courants peuvent aussi affaiblir les toxines; le fait est inconstant, peu marqué, mais, dans des condilions spéciales, réel.
Bonome, Viola, Casciani ont vérifié ces résultats; ils les ont dépassés de beaucoup; ils ont atténué de 1 à 10 au lieu de 1/2 à 1 : certains auteurs n’ont rien obtenu. — Nous avons déjà utilisé une partie de ces faits à propos de l’étude du mécanisme des causes (chap. II).
175. - Influence des maladies de la mère sur le développement de l’enfant, avec M. Nobécourt. Soc. Biol., 26 octobre 1895. — A propos de l'influence de l'infection snr la descendance. Soc. Biol., 16 nov. 1895. — Influence des toxines sur la descendance. Arch. Phys., 1895. — Thèse Hamel, nov. 1896.
Expérimentalement, j’ai prouvé avec M. Gley (voirparagr. 192 ; 195 ; 194) que les toxines peuvent s’opposer au parfait développement des animaux. — J’ai vu des
femmes atteintes de diverses infections donner le jour à des rejetons, qui prenaient 0, 4, 10, 15, 20. grammes, au lieu des 30 ou 40 grammes physiologiques, les nourrices étant les mêmes. — Or, certaines toxines , comme je l’ai prouvé, impriment parfois aux tissus à des doses déterminées, dans des conditions spéciales, un mouvement exagéré de désassimilation: c’est précisément ce que l’on observe chez ces rejetons souffrants qui parfois rendent beaucoup d'urée ; ils ont reçu des toxines au travers du placenta. — Il va de soi que ces phénomènes ne sont pas constants, qu’une femme malade peut engendrer un enfant sain ou inversement; il s’agit d’une catégorie d’observations, de moyennes, de faits dégagés d’un ensemble : on ne devrait pas être obligé de formuler ces remarques.
176. — Déformations rappelant celles du rachitisme reproduites expérimentalement.
Soc. Biol., 29 février 1896.
Les toxines introduites chez les générateurs franchissent le placenta, vont troubler le fonctionnement des cellules, exagerer la désassimilation ou entraver l’assimilation, etc.., suivant des types différents d’athrepsie (athrepsie étant pris au sens grammatical du mot), athrepsie que j’étudie avec M. Millet, en dehors de toute infection. — A la suite de ces troubles, d’ailleurs inconstants (les générateurs tarés ont quelquefois de beaux descendants), on enregistre le rachitisme avec ses nouures, ses incurvations, sa petite taille, son entérite, son abdomen volumineux, etc.
Plus récemment, j’ai vu, avec M. Ostrowsky (inédit), des déformations thoraciques se développer chez des chiens qui recevaient des extraits de thymus sous la peaii.
177. — Lésions intestinales d’origine toxique. Soc. Biol., 7 mai 1892.
J’ai dû signaler déjà les modifications apportées à l’action des toxines par le choix de la porte d’entrée. — Ingérées, ces toxines agissent fort peu. I/entérite de l’infection a souvent pour point de départ les toxines de la circulation qui irritent les artères, les vaso-moteurs ou tombent dans l’iléon.
Teissier, Guinard ont pensé que l’injection dans la veine porte exalte les effets de certains poisons microbiens. — Lapicque, dans le laboratoire de la clinique de l’Hôtel-Dieu, pendant ma suppléance, a contesté la constance du fait, invoquant, d ailleurs, qu une mort plus rapide peut être le résultat d’une destruction plus prompte du foie plus brutalement offensé, quand ces poisons lui arrivent en masse par le sang porte; la toxémie hépatique ajouté alors son action (Soc. Biol., 1896).
178. — La moelle osseuse et l'infection (Son rôle dans la défense ■). Soc. Biol., 12 déc. 1896.
J’ai entrepris une série d’expériences, avec MM. Chassevant et Desgrex* destinées à mettre en évidence le rôle de la moelle osseuse dam l’infection.
Cette moelle subit des modifications visibles même à l’oeil nu pendant les pyrexies aiguës : elle change de coloration ; elle est le siège d’une active prolifération.
Chez certains sujets vaccinés, elle possède des propriétés aptes d modifier les germes; elle contient des principes défenseurs.
Jadis j’ai réussi à immuniser des animaux privés de rate, de l’un des reins, ou, en grande partie, du corps thyroïde; seules les lésions graves du territoire entéro-hépatique m’ont fait échouer.
Pour la moelle osseuse, que ses relations avec les leucocytes mettent en vedette dans les questions de défense, on ne peut procéder que par examen direct; on ne peut évidemment, vu la diffusion du tissu, l’enlever totalement.
179. — Actions des solutions minéralisées sur l'organisme, avec Desgbkz. Soc. Biol-, 18 juillet 1896.
J’ai établi l’influence dynamique de ces solutions. — J’ai montré, en outre, leurs effets sur Yactivité nutritive, même quand on les utilise à faible dose.
De plus, j’ai invoqué leur intervention dans la dialyse, dans la précipitation
180. — Capsules ^surrénales. — Hypertrophie sous l’influeuce des toxines (Excès de fonctionnement). Soc. Biol., fév. 1896.
Avec M. Langlois, j’ai vu les toxines, surtout celles de la diphtérie, provoquer, comme par une sorte d’excès de fonctionnement, un développement excessif de ces organes, avec congestion, hémorragie : ce résultat jette de la clarté sur les attributs de ces viscères.
181. Le foie chez les cobayes pyocyaniques. Soc. Biol., 29 juillet 1895.
Chez ces animaux, on trouve les lésions du foie les pim variées. — Le même virus agissant sur le même organe de la même espèce crée des modalités différentes.