PATHOLOGIE COMPARÉE
(Pathologie animale. — Pathologie végétale)
182. — Affection digestive expérimentale du lapin d’origine alimentaire (Ces expériences expliquent, en les reproduisant, certains accidents de la pathologie humaine), i Congrès de Besançon , août 1895. '
En nourrissant des lapins avec un lait mal toléré, j’ai pu développer une affection caractérisée par de la constipation, de l’amaigrissement, de l’albuminurie, de la chute des poils, etc., accidents dm vraisemblablement aux fermentations intestinales. — J’ai ainsi pu étudier une maladie de l’animal, analogue à certains désordres que développent chez nous des vices de régime : c’est là un exemple de pathologie et expérimentale et comparée.
183; 184. — Infection chez les poissons. Soc. Biol., 25 mars 1893.
J’ai retiré des poissons décimés par une maladie aiguë un bacille rappelant par certains points le bacille du côlon. — J’ai, d’autre part, réussi, comme je l’ai déjà dit, à mettre en lumière la cause d’une épidémie qui sévissait sur les goujons du Rhône; j’ai isolé un staphylocoque, qui, en dépit de la tempéra- | ture, s’est révélé pathogène. — Ces expériences dégagent un autre point, celui de l’habitat de certains germes, partant les dangers de la contagion par le fait même de cet habitat.
J’ajoute de nouveau que dans la lymphadénie, la leucocylhémie, dans une
série d’affections portant sur les animaux domestiques, j’ai, avec le professeur Cadiot, décelé ce staphylocoque. (Voir Traité Path. générale, tome II, ch. III.)
185. — Habitats microbiens. — Contagion (Transport des virus par des végétaux, par des animaux inférieurs, vers, mouches). Soc. Biol., 5 nov. 1892.
J’ai inoculé, dans le but de créer expérimentalement des lésions de pathologie comparée, des bactéries à des vers, à des mouches; j’ai réussi à contaminer ces animaux, mais j’ai surtout vu à quel degré ils peuvent servir de vecteurs
J’ai poursuivi ces recherches avec des végétaux, des cactées.
186. — L’oïdium albicans considéré comme agent pathogène général. — Pathogénie des désordres morbides (Extension des lois de physiologie pathologique générale (Action morbifique des sécrétions) aux parasites différents des bactéries). Acad. Sc., 4 juin 1895. Soc. Biol., H juillet 1896 ; Thèse d'Ostrowsky, 1896.
Ayant découvert, chez une femme, le muguet renfermé dans un abcès situé profondément, je me suis demandé ce que fait ce parasite, quand il pénètre dans la circulation : j’ai longuement étudié cette question avec M. Ostrowsky, qui en a fait le sujet de sa thèse inaugurale.
On obtient une vraie septicémie avec des. lésions souvent énormes prédominant dans les reins, le foie, l’intestin, etc.; on obtient aussi des abcès, des lésions locales, des arthropathies ; on réalise également l’immunisation, immunisation que personne n’avait obtenue avant nous. — Comme les bactéries, ce parasite agit par ses sécrétions; mais, d égalité de virulence, à cultures semblables, il agit plus que ces bactéries par contact, par passage, par action directe; il agit moins par ses poisons. — De jour en jour, le rôle des parasites, plus élevés que les microbes, grandit dans la Pathologie ; on a vu la part des amibes dans la dyserirterie; nous avons vu Toospora Guignardi dans les bronches (voir paragr. 13, 14) ; le muguet a été rencontré plusieurs fois dans le sang. -— Heureusement, ils pullulent moins vite que les germes bactériens; ils fabriquent des coips moins toxiques-, ils se nourrissent moins aisément de corps protéiques; ils résistent
moins fortement aux agents extérieurs, toutes choses que j’ai prouvées expérimentalement (voir paragr. 12,14).
187-, 188. — Microbe et cellule végétale. Arch. Phys., 1893 (Comment se comporte ta cellule végétale en présence des bactéries). — (Extension des lois de physiologie pathologique générale (Action morbifique des toxines) des animaux aux végétaux). Rev. vilic., oct. 1893.
J’ai réussi à inoculer le bacille pyocyanique à des Crassulacées ; j’ai déterminé chez ces végétaux des désordres que j’ai obtenus avec les toxines; j’ai donc étendu au règne végétal les principes fondamentaux de physiologie pathologique que, le premier, j’ai appliqués aux animaux. — En outre, j’ai montré que la défense, chez ces végétaux, était <want tout d’ordre chimique ; pas de phagocytose possible en raison de la structure, mais, en revanche, des sucs très acides que le microbe modifie, s’il prend le dessus.
189. — Bacille pathogène pour les deux règnes, animal et végétal. Soc. Biol.,
6 juillet 1895.
J’ai été assez heureux pour établir, avec M. Ostrowsky, que le bacille de la brunissure des sarments, étudié par MM. Viala et Ravaz, peut être rendu pathogène pour certains animaux.
Ces expériences font connaître un microbe qui agit dans les deux règnes; elles nous révèlent en même temps de nouveaux modes possibles de la contagion.
190. — Toxines et végétaux divers (La vie des Moisissures sur les toxines ; leurs modifi-.. cations possibles; leurs relations avec les bactéries : importance pratique) (inédit et in Poisons des Tissus. Paris, 1897. Masson et Gauthier-Villars, éditeurs).
J’ai bien souvent observé que des moisissures spéciales poussent sur des toxines. — J’étudie cette question avec M. Mangin; je m’efforce, partant du bouillon pur, passant par des mélanges toxine et bouillon de plus en plus riches en toxine, d’arriver à accoutumer divers végétaux à ces toxines. — Je cherche à voir s'ils prendront une part de la toxine, comme la fibrine et la pa-
pâme dans l’expérience de Wurtz, si, de la sorte, ils deviendront pour ainsi dire pathogènes. — On aurait tort de considérer ces recherches comme de simples curiosités de l’esprit; le rôle des parasites plus ou moins analogues aux Moisissures grandit chaque jour ; certains champignons poussent sur des troncs malades; de même le Muguet, au moins de préférence, évolue là où existent des toxines; sur des individus infectés, cacheetisés, dans les poumons des bacillaires, germes et moisissures, champignons, vers, vivent côte à côte.
Varia. — Je ne puis que rappeler une série d’expériences relatives à la pathologie comparée, par exemple celles qui concernent le purpura des poissons, le diabète du chien, la morve, la pseudo-tuberculose du cobaye, les rapports des levures aux prises avec les bactéries, etc., etc.