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ESSAIS DE THÉRAPEUTIQUE. - THÉRAPEUTIQUE EXPÉRIMENTALE

L’étude des propriétés des sécrétions microbiennes nous a fait découvrir des attributs qui nous ont permis de les utiliser à un point de mie thérapeutique. par exemple pour agir sur la pression, sur les hémorragies, sur l’inflamma-

Je n’ai pas besoin de rappeler (voir paragr. 81 à 86) comment nos recherches ont contribué à l’avènement de la sérothérapie. — D’autre part, nos études relatives aux antiseptiques ont permis de se rendre compte de leur mode d’action.

D’une façon générale, tout travail qui met en lumière le mécanisme des désordres morbides permet de s’opposer plus rationnellement à l’accomvlissement de ces désordres : s’occuper de ces mécanismes, c’est ouvrir la voie à la thérapeutique pathogénique, une des plus efficaces.

En mettant en lumière les fonctions antitoxiques des capsules surrénales, de la moelle osseuse, et surtout de la muqueuse intestinale qui se trouve en contact avec la plupart des substances nuisibles venues de l’extérieur, etc., j’ai fait connaître une partie des moyens de curation, de défense, dont dispose naturellement l’organisme.

196. — Sur l’inflammation. (Action d’arrêt des toxines—Inhibition.) Soc, Biol., Sjuillet 1890, et Congrès de Berlin, août 1890, avec M. Gaumæu.

Ces recherches démontrent, d’une part, la possibilité de créer me. inflammation, à l’aide de l’huile de croton, sans le secours d'un microbe-, d’autre part, la propriété singulière de certaines toxines de faire obstacle au développement de cette inflammation, etc. — Elles font comprendre pourquoi comment, telle de ces toxines atténue, modère telle congestion ; pourquoi, comment elle peut

agir à titre d’agent curateur; comment, pourquoi tel processus modifie telle ou telle affection.

À la faveur des attributs vaso-constricteurs des produits pyocyaniques, nous avons réussi à nous opposer à l’œdème, d la diapédèse, c’est-à-dire à la réalisation des modifications qui. accompagnent les inflammations à leur début. — J’insiste sur ce travail, parce qu'il ouvre une voie; il montre que ces toxines peuvent être utilisées à titre de médicaments. — Qui ne connaît l’histoire de la tuberculine, de la malléine, etc. !

197. — Arrêt des hémorragies par les toxines pyocyaniques. Sem. méd., août 1894; 1 |i Acad. Sc-, 26 oct. 1891; Traité Pathol, génér. tome II, chap. XII.

Au point de vue des résultats pratiques, thérapeutiques, je me permettrai ï§§ d’indiquer que, dans quatorze cas, après M. Bouchard, j’ai arrêté des hémorra- ■■'M gies rebelles aux moyens ordinaires, en injectant des toxines pyocyaniques. — Ces toxines ont probablement agi en resserrant les capillaires, grâce à leurs pro- 1 .priétés vasorconstrictives ; une coagulation obstruant l’ouverture par où le sang s’échappait a pu se former. — Si on n’utilise pas plus souvent ces produits, c’est que la chimie ne sait pas encore les livrer à l’état de pureté; leur Jj injection, si on dépasse les doses, est suivie de fièvre, de congestion, de tous ) les accidents dont l’ensemble constitue ce que Koch a appelé la réaction. i

193. — Les toxines pyocyaniques élèvent la pression. Acad. Sc., déc. 1893, avec

Pendant certaines maladies, la dothiénentérie, par exemple, la .pression, parfois avant-coureur d’hémorragies, tombe très bas; dans ces conditions, j’ai réussi à la relever légèrement à l’aide de ces corps bacillaires vaso-constricteurs. 1

199. — Réflexions à propos de la communication de M. Richet (Curation par le sérum des réfractaires. — Apparition de la sérothérapie expérimentale réalisée par M. Bouchard à l'aide du virus pyocyanique). Soc. Biol., 7 juin 1890.

Dans le cas des injections de sérum immunisé, ce ne sont pas les toxines 'JjM qui sont employées, mais des substances produites par l’économie sous •jj»

l’influence de ces toxines. — A l’aide du vinis pyocyanique, M. Bouchard, le premier, a établi lès attributs curateurs de ce sérum, du sérum seul, à l’exclusion des autres parties du sang; j'ai, à sa mite, contribué à asseoir celte importante notion. — MM. Richet et Héricourt faisaient de Thémato-thérapie; pour la première fois, en se servant des humeurs des vaccinés contre le bacille pyocyanique, on a fait de la séro-thérapie, du moins en France. — On attribuait alors à ce sérum des qualités bactéricides, qualités réelles ; Behring n’avait pas encore découvert les antitoxines. (Voir aussi Traité méd., ch. XII.)

200. — Essai d'application de la sérum-thérapie au traitement de la fièvre puerpérale. — Traitement de quelques affections streptococciques par la sérum-thérapie,avec M. Roger. Soc. Biol., 23 février et 30 mars 1895.

J’ai vacciné un mulet contre le streptocoque; son sérum s’est montré très actif; il a permis de sauver une série de lapins inoculés avec un streptocoque qui faisait succomber rapidement les témoins, c’est-à-dire ceux qui n’avaient reçu que le germe, sans ce sérum.

J’ai appliqué ce sérum dans mon service, à 8 femmes atteintes d’infections puerpérales streptococciennes; toutes ont guéri; aucun accident n’a paru être la conséquence de cette méthode; mais à vrai dire, le petit nombre de cas, la marche de la température médiocrement influencée par ce sérum n’ont pas mis son efficacité hors de contestation. — D’autre part, au même moment, dans la même séance de la Société de Biologie, M. Marmorek faisait savoir qu’il pourrait fournir à qui en voudrait du sérum antistreptococcique, je me suis, de nouveau, renfermé dans les travaux du laboratoire, la question d’humanité, dans le cas d’efficacité de ce sérum, étant désormais hors

D’ailleurs, Behring a donné une formule, une technique ; si on ne les modifie pas, au point de vue théorique on n’a qu’un mérite modéré à faire un nouveau sérum ; on est toujours plus ou moins son copiste.— Dans mes leçons de Pathogénie appliquée, j’ai fait connaître un'procédé dû au professeur Bouchard, qui consiste à immuniser à l’aide des.urines du sujet en proie à l’infection aiguë. De cette façon, on est assuré d’avoir, par exemple, les toxines du pneumocoque, si on s’adresse au contenu vésical des pneumoniques. —

Quand, au contraire, on use d’un milieu artificiel, on peut ne pas être certain de la nature pathogène du germe ; plus encore on n’est pas sûr que, dans le milieu choisi, ce germe est apte à fabriquer les corps actifs, ces corps variant avec ce milieu et l’état du parasite.

201. — Traitement des tuberculoses cutanées par le sérum de chiens tuberculeux, avec M. Bnoci. Soc. Biol., 27 juillet 1895.

Avec l’aide de M. Poitevin, nous avons, en inoculant à des chiens une tuberculose de virulence modérée, obtenu un sérum qui a permis de faire cicatriser des lupus anciens rebelles à une foule de procédés. — Toutefois, pouf réussir, il fallait des lupus sans suppuration, sans association microbienne; dans ces conditions, on ne décèle, dans la lésion, qu’une seule variété de bacilles, le bacille de Koch, bacille qui se révèle à ce niveau et peu actif et peu abondant. — La nécessité de réunir ces conditions par trop spéciales nous a conduit à abandonner cette méthode, en présence des difficultés matérielles auxquelles on se heurte toujours en pareils cas dans les laboratoires ordinaires.

202. — Variations imprimées aux fonctions d’un microbe. (Action des antiseptiques.) Voir Traité Méd. Charcot-Bouchard, tome I, chap. XII, et Soc. Biol., 29 oct. 1887.

Dans ce travail, je dissocie l’action des antiseptiques; ces corps agissent sur la forme, les fonctions, les sécrétions, le nombre, la virulence, là vie même des bactéries; je montre, grâce à ces études développées déjà dans le chapitre I, que des doses, trop faibles pour tuer, sont cependant utiles, eh supprimant ou en atténuant les propriétés de formation des toxines..

»3. — Action du bacille pyocyanique sur la bactéridie (Bactériot: fluence qu’exerce le bacille pyocyanique sur la maladie charbonn

8 avril 1889. Archiv. Phys., 1892.

M. Bouchard a, le premier, établi que l’on peut retarder l’évolution du charbon, en inoculant le bacille du pus bleu; de tous les côtés, on a confirmé cette découverte.

Avec M. Guignard, j’ai cherché à expliquer ces faits, en prouvant que les toxines du microbe du pus bleu nuisent à la bactéridie. — J’ai aussi invoqué la concurrence vitale , plus tard, la phagocytose, Yétal bactéricide, etc. — C’est là, pour une part, le mécanisme de cette baclériothérapie qui, dit-on, aurait, sur l’homme, donné des résultats, dans la tuberculose, dans la diphtérie, dans certaines lésions locales, etc.

204. — Influence de l’électricité sur la cellule microbienne. A,-ch. Phys., 1893. — Action des courants de haute fréquence sur les toxines bactériennes, avec le prof. d’Arsonval. Acad. Sc„ 10 fév. 1896; Archiv. Phys., 1896.

A l’aide de courants d haute fréquence, à potentiel élevé, nous avons modifié et les bactéries et leurs sécrétions. Toutefois, pour ces sécrétions, nous n’avons enregistré que de faibles, que d’inconstantes atténuations; des circonstances multiples, en particulier l’âge des toxines, font varier ces résultats. — M. Marinier n’a pu réussir à produire ces modifications; en revanche, Bonome, Viola, le physicien Casciani, ont publié des faits pleinement confirmatifs, plus que confirmatifs, puisqu’au lieu d’amoindrir d’un quart, de moitié, la toxicité de ces sécrétions bactériennes, ils sont allés jusqu’à des proportions 10 fois plus considérables. — On voit que cette contestation est des plus douteuses ; elle ne parait pas plus indiscutable que celle qui a été adressée à nos expériences sur l’hérédité ou plutôt à ce seul point de l’influence du père ; ce sont les deux uniques objections que nous ayons eu à relever à propos de tous nos travaux ; dans ces deux cas, nous avons montré que nos idées avaient d’autre part été confirmées.

Nous n’avons pas été assez heureux pour modifier ces poisons dans l’organisme même ; néanmoins, pour qui sait la puissance de ces courants, la

possibilité de les appliquer sans déterminer la moindre douleur, il y a là des horizons nouveaux, toute une voie nouvelle ouverte par nos travaux d’expérimen-

205. — Action des courants à haute fréquence. — Leurs actions sur l’organisme

(ces courants indolores, extrêmement puissants, modifient la nutrition), avec le prof. d’Arsonval Soc. Biol., 4 juillet 1890.

Dans deux cas, nous avons obtenu, avec l’aide de M. Bonniot, de notables abaissements dam la proportion du sucre de deux diabétiques. — Ces essais sont basés sur l’expérimentation qui montre que ces courants agissent sur l’urée, l’acide carbonique, c’est-à-dire sur la nutrition pour l’accélérer; ils agissent aussi sur la pression, fait qui exige des précautions quand on s’adresse à des cardiaques. — Nous étudions leurs effets sur là nutrition du nouveau-né.

206. — Actions des solutions minéralisées sur l'organisme (stimulation de l’économie, etc.), avec M. Desgrez, Soc. Biol., 18 juillet 1896.

Nul n’ignore l’usage de plus en plus fréquent des solutions minéralisées, dites à tort sérum artificiel, en thérapeutique. — Je me suis efforcé de préciser expérimentalement, chez des animaux mis à un régime connu, ordinairement lacté, leur action sur les processus intimes, sur les échanges en général rendus plus actifs. — D’autre part, avec M. Bassin (voir Leçons de Pathogénie appliquée XIII* leçon), j’ai vu qu’il est possible, à l’aide de ces solutions, employées en petite quantité, de retarder la mort des animaux infectés ou intoxiqués par des toxines. — Action sur l’organisme, réaction plus énergique, effet diurétique, attribut favorisant la dialyse on la précipitation, la fixation de quelques poisons microbiens, etc. : tels sont, parmi les mécanismes connus, ceux que ces solutions sont capables d’emprunter. — Toutefois, il importe de ne pas dépasser certaines doses,

207. — Sur la variation de la glycosurie chez les diabétiques soumis au régime lacté. Guiilemonat. Soc. Biol., 6 juin 1896.

Dans mon service, sur mon conseil, M. Guiilemonat a établi que des doses modérées de lait diminuent le sucre. — Cet enseignement est utile, parce qu’on

peut avoir besoin de recourir au régime lacté, le diabète prédisposant aux albuminuries, aux néphrites, aux affections du foie.

208. — Études sur les actions des sérums sur l’organisme (Actions communes ; actions spécifiques), parM. Deschez. Th. Paris, 1895.

Les sérums d’immunisés sont employés comme des médicaments; leur étude expérimentale se rattache à la thérapeutique. — Ces recherches de M. Desgrez, entreprises sous mon inspiration, sont parmi celles qui ont montré que ces composés agissent surtout, en temps que sérums, sur la nutrition, en dehors de leurs attributs spécifiques : ils ont’ des propriétés communes et des propriétés spéciales.

209. — Essais sur la classification des sérums (Analogies et différences offertes par les • divers sérums), par Me™, Th. de Paris, 1896.

Meyer, sur mon conseil, a groupé les sérums en sérums artificiels ou faux sérums, sérums normaux ou physiologiques, sérums d’immunisés, sérums d’infectés, d’intoxiqués. — Tous sont utiles, sauf les derniers qui peuvent se montrer nuisibles (voir Soc. biol., 29 juin 1895). — Tous agissent sur la diurèse, sur les échanges, sur l’urée, en partie grâce aux principes minéraux, en partie à l’aide des matières organiques, comme l’établissent des recherches que j’ai poursuivies avec M. Desgrez ( Archio. phys., 1896 et Soc. biol., 18 juillet 1896). — Les sérums d’immunisés se distinguent par leurs propriétés de défense, bactéricides, antitoxiques, souvent exagération d’un état naturel, etc. : il existe entre eux et les autres sérums des différences aussi bien que des analogies.

210 — Opothérapie. Le(. path. appliq., Leç. sur la chlorose. — XI e Leçon.

La théorie de la chlorose que je propose conduit à l’opothérapie ovarienne aujourd’hui très en faveur. — L’appareil ptéro-ovarien est considéré tant à titre de glande interne que d’organe chargé d’éliminer certains toxiques qui s’accumulent durant le mois : j’ai édifié une démonstration basée sur l’obser-

vation, l’interprétation des faits, d’une part, sur l’expérimentation, d'autre part. — Avec M. Chassevant, j’étudie les effets de la moelle osseuse chez les anémiques.

211. — Varia. Réhabilitation expérimentale de la saignée, de la révulsion. — Justification expérimentale de l'importance de la minéralisation de l'organisme, de l'antisepsie des surfaites, des fonctions antifoxiques, de l'opothérapie, etc. Voir Leç. Pathog. appliqf Paris 1896, chap. II, V, Vil, XI, XIII, XV.

Dans mes Leçons de pathogénie appliquée , j’ai mis en évidence le mode d'action de la saignée, du moins en partie; en dehors de ses effets sur la circulation, la respiration, la thermogenèse, j’ai montré que les grandes doctrines du jour, l’infection et l’auto-intoxication, aboutissent à la notion d’empoisonnement : il importe, à un moment donné, d’évacuer le poison pour donner du répit à l’économie qui a besoin d’être aidée. — Expérimentalement, on montre que les humeurs, que le sang sorti de la veine sont très toxiques.

Dans ces Leçons, dans le Traité de pathologie générale de M. Bouchard (vol. 11; chap. Xll), j’ai réhabilité partiellement la révulsion, en établissant, avec Duclert, qu’il est possible, grâce à elle, d’appeler les bactéries de préférence dans tel ou tel tissu peu important.

J’ai, au cours de ces Leçons, mis en relief, en m’appuyant sur les faits, sur des expériences, l’importance, dans certains cas, de la minéralisation de l’économie, de l’excitation des fonctions antitoxiques, de l’antisepsie des surfaces, en particulier du tube digestif. — C’est encore, c’est surtout, eu me basant sur les recherches de la médecine expérimentale que j’ai conseillé l'usage de Topothérapie-, le premier, avec Langlois et Abelous, j’ai fait ingérer des capsules surrénales; plus tard, j’ai donné du corps thyroïde aux obèses, etc.

Grâce au virus pyocyanique, j’ai donc pu poursuivre une série de recherches de ce genre.

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