PHYSIOLOGIE NORMALE. - PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE
Les questions de pathogénie, de mécanisme des symptômes, des lésions, touchent de près au fonctionnement des appareils, à la dynamique, à la statique des cellules. — En abordant ces questions, j’ai été fréquemment conduit à étudier des problèmes de physiologie, d’autant plus que, dans le fond, l’état pathologique diffère souvent moins qu’on ne le croit de l'état normal : la physiologie pathologique, dans plus d’un cas, n’est que l’exagération, à certains égards, de la physiologie normale. — Aussi, pour ce chapitre, j’ai, pour une part, extrait de mes recherches ce qui touche de plus près à la physiologie proprement .dite, car, dans cet ordre d’idées, j’ai été amené à enregistrer des faits qui m’ont paru dignes d’être mis en lumière.
212. — Eôle éliminateur de l’intestin. Traité méd. Charcot-Bouchard, 1" roi., ch. V, et JY. path. génér. de M. Bouchard, tome II, chap. IV, V, IX.
Au-point de vue de la physiologie normale, l’intestin, en dehors des métamorphoses des aliments, joue surtout un rôle d’absorption. — J’estime avoir montré que, dans le domaine de la physiologie pathologique, ce rôle est souvent un rôle d’élimination, d’autant plus que, pendant la maladie, la fièvre, l'abstinence, l’inanition, etc., atténuent les fonctions ordinaires d’absorption.
J’injecte dans le tube digestif des toxines pyocyaniques; je ne produis aucun désordre. — Je fais pénétrer ces toxines dans la circulation; presque aussitôt, des phénomènes morbides, de la fièvre, de l’abattement et surtout un flux intestinal intense apparaissent. — Or, dam ce liquide intestinal, se trouvent, pour une part, les toxines introduites, attendu que, si ce liquide contient parfois, exceptionnellement les pigments qui accompagnent ces toxines, en revanche l’injection de ce liquide fait, de temps à autre, naître des accidents paraly-
tiques ou des troubles analogues à ceux que déterminent ces toxines ellesmêmes. — Mises en évidence au cours de mes études sur tes propriétés des sécrétions du bacille du pus bleu, ces données ont, depuis lors, ieçu la consécration de plusieurs expérimentateurs : Sanarelli, Denys, Van der Bergh, etc., ont reconnu que vis-àrvis des substances fabriquées soit par le bacille de la fièvre typhoïde, soit par le vibrion du choléra, le processus intestinal procède d'une façon identique. .
On croyait,. autrefois, que ces désordres étaient uniquement dus aux microbes eux-mêmes, agissant directement sur les parois intestinales, sur les cellules de ces parois : une appréciation plus vraie des faits, en substituant la notion chimique, toxique, à celle de l’élément figuré, vivant, comporte uneintervention thérapeutique plus exacte.
213, 214, 215. — Influence du protoplasma des cellules microbiennes sur le fonctionnement du foie, des reins. — ArMv. thys.,\m. - Action du foie sur les toxines.
En poursuivant l’étude des propriétés physiologiques des sécrétions microbiennes, nous avons déjà montré que ces toxines agissent sur les glandes; en particulier sur le foie : à certains égards nous avons dû faire des emprunts à ces expériences ; des mêmes travaux on peut dégager des notions distinctes.
Le volume quotidien de la bile est diminué-, Rüffer, Sherrington ont signalé cette diminution.
La technique opératoire que j’ai employée permet d’observer commodément les oscillations de ce liquide.
En revanche, si ces principes influencent l’activité du foie, cet organe, je l’ai démontré, n’est pas sans action sur ces principes.
Schiff et Heger, dès 1873, plus près de nous Roger, nous ont appris que la cellule hépatique atténue la toxicité des poisons. — Pour amener la mort, il faut, quand on introduit le produit dans la veine porte, c’est-à-dire dans le foie, une dose de nicotine double de celle qui est nécessaire, lorsqu’on fait pénétrer cet alcaloïde par les veines périphériques. — Le premier, j’ai fait voir que cette fonction existe dès la fin de la vie fœtale.
11 était important de savoir si, vis-à-vis des toxines, ce pouvoir s’exerçe, d’autant plus que, dans les infections, primitivement ou secondairement, les
fermentations figurées de l'intestin, partant les toxines qui en dérivent, toxines qui vont traverser le parenchyme biliaire, sont singulièrement accrues.
J’ai prouvé que les sécrétions du bacille pyocyanique sont moins nuisibles, quand, au lieu de les injecter dans la circulation générale, on les dépose dans la circulation porte ou hépatique; cette modification porte de préférence sur les éléments microbiens que l’alcool dissout.
La plupart des expériences qui ont trait au rôle antitoxique du foie consistent à injecter comparativement le produit et dans la veine porte et dans une veine périphérique. Or, le produit qui .traverse l’immense lac hépatique se dilue d’une façon considérable, de telle sorte que la dose qui va agir sur les centres est notablement réduite, partant forcément moins active.
Voilà pourquoi plus récemment, j’ai repris ces expériences en triturant un même volume de toxines avec un même poids de foie, de rate ou de rein, ou de muscle (inédit); j’ai exprimé au nouet, puis injecté l’extrait.
J’ai retrouvé l’action ; mais elle est faible ; dans la pratique, cette défense s’exerce surtout grâce à la muqueuse de l’intestin.
Dans la genèse des modifications du foie, il faut tenir compte de l’influence directe des toxines sur la cellule, influence que j’ai mise en lumière ; il faut tenir compte également de l’influence indirecte de ces toxines, influence indirecte s’exerçant grâce aux actions vaso-motrices ou dyscrasiques.
216. — Hôte sur l'action antiseptique de la bile. Soc. Biol., 7 août 1886.
J’ai fait voir, avec M. Roger, que le pouvoir antiseptique de la bile est moins prononcé qu’on ne le suppose. —Toutefois, il convient de remarquer que l’expérience in vitro ressemble peu à ce qui se passe dans le tube digestif, en raison de la réaction du milieu (Gley, Lambling), en raison des combinaisons, des associations chimiques, etc.
217. — Action antitoxique du tissu des capsules surrénales. — Du réle des capsules surrénales dans la résistance à l'infection. Soc. Biol., 19 mai 1894. — Voir aussi : Action
de cesorganes. Langlois, Soc. Biol., 21 nov. 1896.
Les capsules surrénales sont des organes dont la physiologie commence à
peine à être connue; — Avec M. Langlois, qui, én collaboration avec M. Abelous, a si bien étudié cés viscères, j’ai établi que cës organes détruisent ou plutôt modifient certains poisons à la manière du foie, avec la même intensité que cet organe.
Cette propriété, intéressante au point de vue théorique, met en lumière un des modes de protection de l’économie. — Cette manière de voir a été, du reste, confirmée par Abelous, Boinet, etc.
Ces capsules contribuent, en fabriquant des poisons sous l’action des toxines, à affaiblir l’économie infectée. — Altérées par ces toxines, elles n’agissent plus sur la pression.
218. — Humeurs et sécrétions dans l’infection expérimentale (Action des toxines sur les sécrétions glandulaires, sur la composition des humeurs). Soc. Biol., 18 février 1893; Traité méd. Charcot-Bouchard, tome I, chap. V, VI, IX, X.
Labile n’est pas le seul produit humoral modifié par les toxines.
Le sucre, l’oxygène du sang, les chlorures du contenu vésical, l’oxygène, l’acide carbonique de la respiration, l’urée, l'acide phosphorique de l’urine, dans le sens de l’augmentation, les sucs digestifs, etc., sont de leur côté plus ou moins changés. — Or, tout ce qui touche à ces humeurs, à leur composition, a leur quantité, constitue des notions d'ordre physiologique : voilà pourquoi nous répétons ici ces faits.
219. — Mode d'action des produits sécrétés par les microbes sur les appareils nerveux vaso-moteurs. — Rapports entre ces phénomènes et celui de la diapédèse. Acad. Sc. r 28 juillet 1890; Arch. Phys., 1890. — Nouvelles recherches sur l'action des toxines sur l’appareil nerveux vaso-moteur. — Modifications de la circulation par les toxines.
Effets sur le cœur. Arch. Physiol., 1891 ; Traité méd. Charcot-Bouchard, tome I, ch. V, VI; Traité path. génér. Bouchard, tome II, ch. IV, IX, XI.
■l’ai montré, avec M. Gley, que, parmi les excitants des centres vaso-moteurs, comme parmi les agents capables d’agir sur la fibre cardiaque, les toxines bactériennes doivent prendre place. — Une observation de M. Bouchard a ouvert cette voie. — Les unes, parmi ces toxines, facilitent la dilatation des capillaires : la tuberculine est de ce nombre ; les autres maintiennent la constric-
tion. — Les premières abaissent la pression; les secondes l'élèvent, paralysent les centres dilatateurs : il s agit d actions centrales. — Les accélérations, les arythmies, les affaiblissements des systoles, les pauses diastoliques, etc., sont les conséquences de ces actions.
Ces données m’ont paru présenter quelque intérêt. — Fréquemment, dans les laboratoires de physiologie, on recherche quels changements provoquent, du
côté de la. circulation, des substances, qui, empruntées au monde organique ou minéral,' né pénètrent dans l’économie que dans de rares circonstances.
— J’ai pensé qu’il était peut-être préférable, tant au point de vue théorique qu’au point de vue pratique, de fixer nos connaissances relativement aux propriétés de corps qui, à chaque instant, sont capables de venir actionner nos appareils.
— J’ai, du reste, montré quelle importance avaient ces réactions nerveuses ces mouvements de dilatation ou de constriclion dans la sortie ou la rétention des phagocytes, des sérosités germicides antitoxiques. (Voir paragr. 104; 105.)
220. — Voir art. de M. Bouchard : Origine intestinale d’alcaloïdes normaux ou pathologiques. Rev. Méd., 1882. — (Substances alcaloïdiques de l'urine d'origine microbienne, capables, par conséquent, d’actionner les vaso-moteurs.)
Il convient, en effet, de remarquer que, même en dehors de l’état de maladie, nom sommes porteurs normalement d’une foule de ferments figurés habitant plus spécialement le tube digestif; par conséquent, à tout moment, le sang peut renfermer ces toxines bactériennes aptes à actionner la circulation. — M. Bouchard a, du reste, bien voulu rappeler dans la Reçue de médecine , 1882, que j’avais contribué, avec lui, à mettre en évidence, dans les urines de sujets bien portants, l’existence de principes alcaloïdiques, principes qui, engendrés dans le tube digestif par les ferments figurés, sont absorbés, puis passent dans la circulation, pour être transportés au rein chargé de les éliminer (Revue de médecine, 1882) : ces principes sont parmi ceux qui peuvent troubler le rythme cardiaque.
221. — Propriété vaso-dilatatrice de l’urine des tuberculeux. Traité path. génér., tome II. Soc. Biol., 22 juillet 1893, avec Lu Nom.
J’ai reconnu que les urines des tuberculeux peuvent agir sur les capillaires dans le sens de la dilatation.
Quand on injecte ces urines, en dehors des resserrements, des élargissements successifs qu’on enregistre habituellement, lorsqu’on pratique une foule de ces injections intra-veineuses, on voit l’oreille du lapin se congestionner, vivement, puis conserver assez longtemps cet état congestif.
Comme on sait, depuis M. Bouchard, que les toxines s’éliminent par le rein, on peut penser que- ce phénomène est dû à la tuberculine, qui elle aussi amène ces congestions.
222. —Remarques à propos delà notedeM. ârloing sur la pneumo-bacilline (Toxines et réactions nerveuses). Soc. Biol, 16 déc. 1893; Acad. Sc., 26 oct. 1891.
A cette occasion, je rappelle que j’ai montré, avec M. Bouchard, que les phénomènes physiologiques réactionnels, congestions, perturbations vaso-mo-
trices, etc., sont déterminés par l’injection des toxines pyocyaniques, qui engendrent l’état de réaction attribué par Koch à la tuberculine seule : cette manière de voir est admise.
223. — Note préliminaire sur quelques différences dans l'action physiologique des produits du bacille pyocyanique (Action des toxines sur le pouvoir excito-moteur de la moelle), avec M. Glev. Maladie pyocyanique, 1889; Soc. Biol., 26 novembre 1892; Traite path. gêner. Bouchard , tome II, ch. IV et IX.
Si l’on injecte les sécrétions du bacille pyocyanique, surtout les éléments que l’alcool précipite, on fait fléchir le pouvoir excito-moteur de la moelle-, les réflexes s’atténuent; déjà nous avons dû signaler ces faits. — Cette partie des toxines possède donc des attributs spéciaux, relatifs aux réactions nerveuses.
Les principes que cet alcool dissout ne jouissent pas de ce pouvoir, tandis que, à l’exemple des premiers, ils modifient la contraction cardiaque.
Il y a, on le voit, dans les sécrétions d’un même genre, des éléments doués de qualités physiologiques différentes-, le précipité alcoolique contient au moins une substance que l’alcool ne saurait entraîner; il en renferme au moins une autre que ce dissolvant saisit.
Ainsi se trouve démontrée exacte l’opinion qui veut qu’une bactérie, à ne considérer que les effets sur l’animal, fabrique des corps multiples : j’ai soutenu cette opinion, après M. Bouchard, à une époque où ces données n’étaient nullement établies.
Il existe, d’ailleurs, d’autres démonstrations, réalisées après nos expériences, démonstrations qui placent hors de doute cette opinion aujourd’hui devenue clas-
224. — Propriétés physiologiques des toxines. — (Les toxiques de la respiration. — Mise en évidence du rôle des poisons volatils, de l'encombrement.) Sem. Méd., 2 mai 1894; Traité de Pathologie générale de Bouchard, tome II, chap. III.
Brown-Sequard, d’Arsonval, soutiennent que l’expiration entraîne d’autres poisons que CO’. — Dastre, Busso-Giliberli, etc., prétendent le contraire.
J’ai pu constater des faits qui plaident, du moins pour les animaux malades, en faveur de la première opinion.
Des cobayes, inoculés avec le bacillé pyocyanique, respirent l’air expiré par des cobayes inoculés avec ce même bacille. —- Dans une seconde série, des cobayes, contaminés d’une façon identique, respirent l’air de cobayes nor-
Ces animaux sont renfermés dans des cages à fermetures hydrauliques ; une trompe ou une soufflerie assurent la circulation dans ces atmosphères confinées.
Or, les premiers animaux, ceux qui reçoivent, durant des jours, les produits de l’expiration des sujets infectés, succombent avant ceux qui reçoivent l’air expiré par les sujets sains; les différences, toutefois, sont inconstantes, minimes. — Livierato a confirmé ces résultats.
Il est probable, puisque l’on sait que certaines toxines pyocyaniques sont à la fois volatiles et prédisposantes à la maladie pyocyanique, il est probable que cette mort anticipée est due à ce que l’air expiré par les inoculés a entraîné ces corps volatils prédisposants.
Ces recherches comportent un intérêt d’un autre ordre. — Un individu, porteur dans son tube digestif du microbe du typhus ou d’une autre infection, séjourne dans une salle contenant des typhiques ou d’autres contaminés; il contracte le mal dont souffrent ces patients. —Vite, on crie à la contagion.
Cette contagion est possible, mais rien n’empêche que l’éclosion de ce mal ne résulte de la réceptivité accrue par la respiration des toxines émises par les malades, réceptivité permettant l'évolution d’un germe jusque-là demeuré latent. — On peut de la sorte éclairer le rôle de l’encombrement.
Il importe de remarquer que l’existence de quelques sécrétions bactériennes^ volatiles vaccinantes (sécrétions du vibrion avicide, etc.) rend possible la production de résultats opposés.
225. — Influence des sécrétions cellulaires sur la thermogénèse. Soc. Biol., 10 mars 1894, avec M. d’Aasos™,-.
De nouvelles expériences établissent les attributs des produits bactériens vis-à-vis du calorique de l’économie.
Le plus souvent ces produits font fléchir la courbe calorimétrique. — Toutefois, si on les filtre sur du noir animal, ce noir animal retient des corps
particuliers, du moins pour certaines sécrétions bactériennes ;. la radiation s'élève; la température monte. .
Celte expérience prouve qu'à ce point de me les toxines renferment des principes à effets antagonistes. — On peut en déduire une fois de plus la vérité de l’opinion que j’ai soutenue après le professeur Bouchard, à savoir que, dans une unique culture, déjà je l’ai dit, un microbe crée des substances multiples au point de vue des effets sur l’animal ; ces effets divers conduisent à une théorie éclectique de la fièvre.
226 —Action de la bile, de l'urine, sur la thermojenèse (expériences de calorimétrie : leurs applications pratiques), avec M. Cmm. Soc. Biol., 23 juin 1894, ircli. Phys., oct. 1894.
Grâce au calorimètre compensateur de M. d’Arsonval, nous
i avons pu mettre
en lumière les attributs de certaines humeurs de l’économie, vis-à-vis du calorique. — La cellule organique, comme la cellule bactérienne, fabrique des corps agissant sur la thermogenèse dans le sens de l abaissement.
Nous avons ainsi acquis des données physiologiques nouvelles qui nous permettent de saisir le pourquoi des hypothermies de certaines auto-intoxications, biliaire ou urinaire. — L’action de l’urine est moins constante, moins énergique, que celle du liquide biliaire.
227. — La décoloration atténue la toxicité des toxines (Mise en évidence du rôle des pigments). Ass. franç., Besancon, août 1895.
M. Bouchard a fait voir qu’en décolorant la bile sur du noir animal on diminue son pouvoir nocif. — J’ai établi ce même principe pour les sécrétions . pigmentaires de certaines cellules microbiennes ; j’ai ainsi réalisé un rapprochement déplus entre ces cellules et celles de l’économie.
228. — Élévations thermiques d’origine cellulaire. Arch. Phys., 1889. — Substances thermogènes extraites des tissus. Soc. Biol., 17 juin 1893. In th. Rouquès, Paris, 1893. — Ces notions se trouvent dans la note de M. Rouquès (Soc. Biol., 17 juin 1893) et
Les tissus ne sont pas sans action sur la thermogenèse.
Nous avons établi, avec M. Rüffer, que l’extrait de muscle élève la température, en nous servant, il est vrai, du thermomètre seul. — Néanmoins, cette donnée permet de comprendre les hyperthermies qui se développent sans l’intervention des microbes, à la suite des exercices, par exemple. —■ Elle nous fait connaître une propriété cellulaire nouvelle.
Plus tard, nous avons vu que les extraits de foie, de poumons, de cerveau, etc., jouissent de cette propriété. (Voir Th. Rouquès, Paris, 1895.) — Ces résultats sont actuellement classiques.
229. — L’hérédité en pathologie, Rev. ge'ne'r. des Se., janv. 1896. — Influences héréditaires expérimentales. Acad. Sc.,6 nov. 1895. — Voir aussi Rev. génér. des Sc. , fév. 1894.
Toute propriété de la cellule intéresse le physiologiste. — Or, l’hérédité est me propriété cellulaire-, nous le démontrons par l’étude de la transmission de l’immunité : je l’ai déjà indiqué.
Nous faisons apparaître une propriété, celle qui consiste à faire naître des corps microbicides ou antitoxiques. — Nous constatons que les rejetons possèdent cette propriété. — Nous établissons que l’hérédité, dans ce cas, réside dans le passage de cette propriété des générateurs aux engendrés, des organites des premiers aux organites des seconds. Dans d’autres cas, ces influences héréditaires se traduisent par des tares, des anomalies, etc.
230. --Recherches sur les transformations de la matière sons l’influence de la
On introduit, dans un milieu de culture connu, une quantité fixe d’azote. — L’analyse décèle, après l’évolution de la cellule bactérienne, que la pim grosse part sert à produire des composés ammoniacaux; une faible, très faible fraction entre dans la constitution des principes spécifiques, les toxines.
De même la cellule organique engendre, avec l’azote, surtout de l’urée, urée qui correspond à ces composés ammoniacaux des bactéries; les matières extractives, les leucomaïnes en retiennent une faible part.
Le carbone, l'oxygène sont consommés ; on constate aussi la production d’acide carbonique.
Ces recherches révèlent te mode de nutrition d’une cellule; elles placent, en outre, en lumière les analogies qui existent entre les procédés mis en jeu par la cellule bactérienne pour utiliser, métamorphoser la matière et Us moyens employés
231. — Action des toxines sur la contraction musculaire. Soc. Biol., 28 nov. 1896.
Une série d’expériences réalisées au laboratoire du professeur Richet m’ont permis de voir, avec Mlle Pompilian, que les toxines diminuent l’intensité de la contraction musculaire. — Nous avons déjà indiqué ces expériences à propos de la Pathologie expérimentale : elles ont également leur place dans le chapitre de la Physiologie. — En pathologie expérimentale, ces actions expliquent les soubresauts, les désordres musculaires des fièvres; ici, nous invoquons ces expériences, parce qu’elles font comprendre certaines modifications de la contraction normale.
232 — Fonctions actives de la muqueuse intestinale dans la défense de l'organisme. Soc. Biol., 21 décembre 1895. — Rev. génér. des Sc., 50 avril 1896 (Les défenses
J’ai mis en évidence, avec M. Cassin, le pouvoir que possède la muqueuse de l’intestin d’atténuer les poisons microbiens. — On peut introduire dans l’intestin 30, 40 centimètres cubes d’une toxine qui, dans le sang tue à 1, sans avoir d’accident; parfois on réalise la vaccination.
Si on curette cette muqueuse, si on la cautérise, si on coagule le protoplasma, la protection diminue; d'autre part, cette protection ne s’explique pas totalement par l’action du foie; elle est due pour une part infime à ce foie, à la lenteur de l’absorption, surtout d une action sur les albumoses bactériennes, analogue à celle qui agit sur les peptones, albumoses alimentaires.
233. — Action lymphagogue des toxines. Soc. Biol., 25 juillet 1896.
Nous avons du montrer comment ces expériences expliquent certains phénomènes (œdème, troubles circulatoires, etc.), des maladies; ici nous les rapportons en tant qu’elles s’adressent à une humeur physiologique.
Un place une canule dans le canal thoracique d’un chien; on recueille en 3 minutes, 3 à 6 centimètres cubes d’une lymphe blanchâtre, se coagulant rapidement. ■
On injecte, dans les veines, par kilogramme, 4 à 6 centimètres cubes de toxines diphtériques pyocyaniques.
Au bout de peu d’instants, dans ces conditions, j’ai vu, au laboratoire du prof. Richet, avec MM. Athanassiu et Carvallo, cette lvmphes’écouler abondamment; on obtient dans le même laps de temps, 8, 10, 14, 20 centimètres cubes d’un liquide qui devient opalescent, puis, quelquefois rosé, qui se coagule lentement, [ péniblement.
Les études récentes, surtout celles d’Heidenhain, de ses élèves, ont trop mis en lumière l’importance de la lymphe en physiologie, pour qu’il soit nécessaire d’insister sur une expérience aussi nette, aussi décisive.
Le rôle attribué aux liquides séreux, aux sérosités lymphatiques, dans l’histoire de la défense, achève de donner à ces résultats toute leur valeur. •«
Une action sur le territoire entéro-hépatique paraît intervenir dans la genèse du phénomène.