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L’épidémie de Lisbonne, Presse médicale, 16 juin

L’épidémie de Lisbonne a présenté une bénignité extrême, la plupart des cas ont revêtu l’aspect clinique d’une gastro-entérite simple plutôt que celui d’une affection cholériforme. L’épidémie n’a presque pas fait d’apparition en dehors de la ville. Le microbe que M. Pasteur a isolé des selles des malades n’est pas le bacille virgule que Koch nous a fait connaître. L’épidémiologie, la clinique, la bactériologie ne nous autorisent point à considérer l’épidémie de Lisbonne comme du choléra asiatique.

Il convient cependant de ne pas se désintéresser de cette épidémie et il faut tenir compte de la possibilité de l’existence d’une épidémie de diarrhées cholériformes légères précédant plus ou moins longtemps me épidémie de.choléra confirmé. L’histoire du choléra de 1855 en Portugal aurait montré une'succession de même ordre.

Il faut aussi signaler les faits tout récents à Rome établissant que; dans des cas avérés de choléra, Celli et Sàntori Ont trouvé un bacille virgule différant davantage encore du bacille de Koch.

Il ne nous paraît pas possible en cè moment de se prononcer d’une façon définitive sur la natüre et l’avenir de cette épidémie.

87. — Un cas de choléra vrai à bacille virgule dans la banlieue parisienne (Saint-

Denis) en juillet 1893, Annales de l’Institut Pasteur, 1894.

l“Nous avons en juillet 1893 trouvé des bacilles virgules dans les selles d’un sujet atteint de choléra. Cet homme n’avait pas quitté la banlieue de Paris et buvait de l’eau de Seine qui, à ce moment, renfermait des bacilles virgules comme l’ont démontré Blachstein et Sanarelli,

2° Le rapprochement de ces deux faits témoigne en faveur d’une relation entre l’existence du choléra et la présence de bacilles virgules dans l’eau.

3° S’il y a eu un cas de choléra dans la banlieue parisienne en 1893, il n'y a pas eu d’épidémie cholérique dans tout le bassin de la Seine, bien que quantité de personnes aient bu cette eau contaminée. La présence de bacilles virgules dans l’eau ingérée ne suffit donc pas à provoquer l’apparition d’une épidémie.

4° Le cas de choléra observé à Saint-Denis en 1893 démontre la persistance de la vie et de la virulence des bacilles virgules introduits dans la Seine, en 1892. Le bacille reste donc actif dans l’eau plus d’un an. Des examens nombreux et répétés de l’eau et des selles de sujets malades permettront sans doute d’établir combien peut durer cette vitalité. Grâce à ces examens, on pourra se prononcer sur la question si controversée de la réviviscence du choléra en Europe à longues échéances, réviviscence qui ne semblerait pas très probable, si l’on tient compte des enseignements fournis par les précédentes épidémies '.

88. — L’épidémie du choléra de 1892 à Hambourg d’après le rapport de Gaftky. Revue

d'hygiène, décembre 1894.

89. — Origine hydrique du choléra. Semaine médicale, 1“ janvier 1896.

‘ En 1894, nous , avons encore constaté la présence de bacilles virgules dans les déjections de deux cholériques de Saint-Denis. L'un de ces bacilles présentait la réaction de Pféitfer.

L’origine hydrique du choléra est généralement acceptée aujourd’hui. Dès 1849, Snow en fournissait la démonstration la plus satisfaisante. Nous avons jugé bon de rappeler quelques-unes de ses observations. L’épidémie d’Albion Terrace, celle de Surrey Buildings, la mortalité du sud de Londres en 1832 et en 1849, la proportion des décès beaucoup plus forte chez les clients de la compagnie de Southwark que chez ceux de la compagnie de Làmbeth, 1 épidémie de Broadstreet en 1854, etc.

Snow et Budd ont non seulement établi le rôle essentiel de l’eau dans la transmission du choléra et le mécanisme de sa pollution, ils ont encore fait connaître les meilleurès mesures prophylactiques.

L’épidémie de l’est de Londres, bien étudiée par Radcliffe en 1866, est encore un bel exemple de propagation du choléra par l’eau.

Depuis 1866 des observations de même nature ont été faites à Paris, en Allemagne, dans les Indes.

L’épidémie de 1883-1884 les a multipliées, et celle de 1892 a été plus riche encore en enseignement.

' Nous avons reproduit ceux que fournit la répartition du choléra dans la banlieue de Paris, à Hambourg et le long de la Saale.

L’eau contaminée par les déjections cholériques peut donner naissance au choléra de diverses façons; le plus ordinairement, cela va sans dire, cette eau aura été bue en nature. Mais l’eau peut contaminer les aliments qu’on aura lavés, les récipients qu’elle aura servi à nettoyer, le lait avec lequel on l’aura mélangée. 11 peut y avoir déglutition involontaire au cours d’une lotion, d’un

La bactériologie, après nous avoir fait connaître le bacille virgule, nous a montré qu’il était susceptible de vivre assez longtemps dans l’eau, et par conséquent elle s’accorde fort bien avec les enseignements fournis par l’étiologie.

Cependant le bacille virgule ou des organismes qui lui ressemblent à s’y méprendre peuvent être constatés dans une eau servant à l’alimentation, sans qu’il y ait de choléra parmi la population qui la consomme. La bactériologie nous montre que l’étiologie du choléra est complexe et ne peut se résumer dans la formule de l’origine hydrique. L’étude des épidémies amène de son côté à cette conclusion.

Dès l’épidémie de 1832 à Londres, on avait signalé la prédominance du

choléra chez les personnes vivant sur les bateaux. J surveiller d'une façon spéciale, étant donné qu’elles les victimes mais encore les agents très actifs de la Les mesures prises dans cè sens par le gouvernement efficaces etméritent d’être exposées avec détails.

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