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CHOLÉRA

80. — Le rapport de MM. Koch et Gaffky sur les travaux de la mission allemande du choléra eu Égypte et dans l’Inde. Bulletin médical, décembre 1887.

81. — Mesures contre le choléra à la frontière d’Espagne. Annales d'hygiène et de médecine légale, 1890.

Organisation et fonctionnement des postes sanitaires dans les départements des Basses-Pyrénées et des Hautes-Pyrénées.

82. — Recherches bactériologiques sur les cas de choléra ou de diarrhée cholériforme observés dans la banlieue de Paris. Société médicale des hôpitaux, 15 et 20 juillet 1892.

I. — Chez les cholériques de la banlieue ouest de Paris, nous avons trouvé d’une façon constante dans les selles et dans le contenu intestinal un bacille virgule, qui présente une analogie fort grande avec le bacille virgule isolé par Koch dans le choléra de Calcutta et retrouvé depuis en différents points.

Cet organisme, le plus ordinairement, présente cependant quelques traits

permettant de le différencier du bacille ordinaire de laboratoire. Il est plus court, pim gros, plus trapu, pim courbe. Il forme des spirilles moins longues, et moins nombreuses, donne pim rapidement naissance à une bulle dans la gélatine du pancréas et coagule assez vite le lait.

Ces caractères sont communs aux bacilles de 1892 et à un microbe isolé dans des cas de choléra de Cochinchine par M. le docteur Calmette. Si le microbe de 1892 peut être distingué de celui de Calcutta, il n’en présente donc pas moins identité complète, au moinsjusgu’à présent, avec une variété provenant de sujets affectés de choléra manifestement asiatique.

On est naturellement tenté d’attribuer les différences précitées à ce fait que le bacille conservé depuis longtemps dans les laboratoires a dû subir des modifications notables du fait de sa vie à l’état de saprophyte.

Mais cette explication ne saurait être conservée puisque, dans des cas rares, il est vrai, de choléra de la banlieue, nous avons trouvé des bacilles virgules rappelant beaucoup pim l'ensemble des caractères connus de l'espèce indienne de Koch. Nous savons du reste que Cunningham, à Calcutta, a cru devoir distinguer jusqu’à dix variétés de bacille virgule du choléra, dont aucune, soit dit en passant, n’est absolument identique à celle isolée dans le plus grand nombre des cas de la banlieue.

II. — En même temps que le choléra vrai imputable au bacille virgule, il existe une proportion considérable de diarrhées cholériformes absolument indépendantes de ce microbe.

Ces diarrhées cholériformes peuvent déterminer la mort. Elles peuvent atteindre simultanément ou successivement plusieurs personnes habitant la même maison.

L’examen bactériologique dans ces cas a révélé la présence de diverses espèces microbiennes : baeterium coli, bacille encapsulé, streptocoque pyo-

Ces diarrhées cholériformes ont été observées dans les localités où règne l'épidémie cholérique, mais elles ont un domaine beaucoup plus étendu et sont très fréquentes à Paris et dans toute la banlieue.

1 Nous, n'avons observé jusqu'ici dans Paris et nés dans Paris que des cas de diarrhée cholériforme sans relation avec le bacille virgule; les cas dits parisiens de choléra vrai, connus de nom, avaient tous été cànlraclés dans la banlieue.

Sans nier la possibilité de cas de choléra vra i gagnés à Paris, nous pouvons dire que nous n’en avons jamais observé jusqu’ici et qu’en tout cas ils doivent être fort rares.

' L’épidémie due au bacille virgule occupe un foyer situé en aval de Paris, et la contamination par ce foyer d’eau destinée à la consommation de la capitale est impossible.

83. — Rapport sur l'épidémie de choléra de 1892 dans le département de la Seine avec

MM. Proust et Thoisot. — Recueil des travaux ilu Comité consultatif d'hygiène publique de

France, XXII bis.

Le choléra a fait son apparition dans le département de la Seine au commencement du mois d’avril. On l’observe simultanément dans plusieurs localités et chez des personnes n’ayant entre elles qu’un lien : l’alimentation en eau de Seine puisée en aval de Paris. 11 y a lieu de penser que l’eau de Seine renfermait au début d’avril le contage cholérique. On ignore la façon dont ce contage a été produit. Faut-il accepter une réviviscence de germes déposés en 1884? Nous avons vu que ce ne peut être à Nanterre même; mais l’on peut incriminer Paris, Aubervilliers et Saint-Denis où il y a eu du choléra en 1884. On peut admettre avec autant de probabilité tout au moins l’existence de cas restés inconnus d’origine exotique. Mais, nous le répétons, il ne reste sur ce point aucun renseignement positif.

Ce que l’on peut affirmer, c'est que les premiers cas cholériques ont été le point de départ clés cas ultérieurs; que dans la propagation, deux éléments sont intervenus, la contagion directe, le transport par l'eau.

La contagion directe a joué un rôle important dans la première phase de l’épidémie de la maison de Nanterre. Nous la retrouverons au début de l’épidémie parisienne et dans bon nombre de localités. La contamination de l’eau a servi davantage encore à la propagation du choléra.

Le rôle de l’eau dans l’épidémie de la Seine est surabondamment établi.

Le mal a presque complètement épargné les communes desservies en eau non souillée, communes recevant l’eau de Seine prise en amont, l’eau de Marne, alimentées par des puits artésiens.

Le contraste entre le gros de Saint-Denis et l’agglomération de la Plaine,

l’épidémie tardive d’Aubervilliers, celle plus tardïvé encore de Paris, sont des exemples'de la plus grande netteté. '

L’eau s’est montrée d'autant plus dangereuse qu’elle a été plus souillée: Lès communes qui ont reçu l’eau de Seine prise à Suresnès ont été plus touchées que celles auxquelles a été distribuée l’eau prise au pont de Sèvrès, moins que celles qui recevaient l’eau prise à Saint-Ouen ou à Épinay.

Communes alimentées en eau puisée en aval du grand

égout collecteur. ...36,4 pour 10000

Communes alimentées en eau de Seine puisée entre

Paris et le grand égout.15,6 —

Communes desservies en eau de Seine prise en amont de Paris ..:.. 2,7 —

84. — Le choléra en 1892 dans le département de Seine-et-Oise, avec M. Pboost et

Thoinot. Recueil des travaux du Comité consultatif d’hygiène publique de France, XXII, et

. Sur 31 communes du département, 22 ont eu des cas isolés ou fort peu nombreux imputables à une contamination qui a eu lieu hors de la commune, dans un foyer suburbain, à Paris ou au Havre. Les cas sont restés isolés ou circonscrits.

L’immunité des localités s’explique par là protection des eaux d’alimentation et peut-être à certaines conditions du sol. Versailles et Pontoise ont présenté en 1892 la même immunité que lors des épidémies antérieures. Les communes sérieusement frappées sont Sarcelles, Argenteuil, Gonesse, et, à un degré moindre, Bezons et Beaumont. Dans chacune le facteur principal, on pourrait presque dire exclusif, de contagion, a été l’Usage d’eau contaminée. Le mode et le degré de contamination de l’eau ont différé, et la violence de l’épidémie a été en rapport avec eux.

Sarcelles a eu 255 décès pour 10000 habitants. Il y a eu contamination de ta nappe d’eau souterraine superficielle qui entre pour une large part dans l'alimentation des habitants.

Argenteuil a eu 93,7 décès pour 10000. L’infection a été disséminée sur

toute sa .surface.. La ville a reçu en juin de l’eau de Seine au lieu de l’eau d’Oise qu’on lui fournit d’ordinaire.

Gonesse a eu 79 décès pour 10000. Ici le foyer a été limité à certains quartiers oit l’on consommait me eau souillée. La majeure partie dès habitants boit de Veau de puits artésiens et a été respectée.'

Les mesures de désinfection ont certainement eu me part importante dans la limitation de l’épidémie. Après leur mage les cas nouveaux de choléra ont été peu nombreux. Il n’en a plus été observé dans les maisons qui ont été désinfectées.

L’épidémie en 1892 a duré beaucoup moins longtemps que les épidémies précédentes dans chacune des localités envahies.

85. — Le choléra à Houdreville (département de Meurthe-et-Moselle en 1892). Recueil des

travaux du Comité consultatif d'hygiène publique de France, XXII bis.

Les départements de l’Est ont été pour la plupart absolument respectés par l’épidémie.

La seule localité touchée par le choléra fut la commune d’Houdreville près de Vézelise, commune où, du 4 octobre au 5 novembre, on observa 18 cas et 8 décès sur 650 habitants.

Il s’agissait incontestablement du choléra asiatique. La mortalité a été de 44 pour 100. 4 maisons ont présenté à court intervalle 2 cas de maladie. 4 fois des personnes ne vivant pas dans la même maison que des malades ont été prises 2 ou 3 jours après avoir rendu visite à ceux-ci. Enfin l’examen bactériologique des déjections d’un des malades a permis d’isoler le bacille virgule.

La contagion a pu intervenir 8 fois sur les 18 cos.

Les autres malades présentaient une particularité commune. Ils buvaient l’eau d’une fontaine mal capiée. La galerie de captation longeait une ruelle et présentait des fissures qui la mettaient en communication avec les tas de fumier sur lesquels sont déposées toutes les déjections.

Nous avons constaté, par l’examen bactériologique, que l’eau de cette fontaine était fort polluée.

La façon dont le bacille virgule a été introduit dans cette fontaine est

— ta -

. Houdrevüle a hébergé, pendant les-il-et l 2 septembre, un régiment gui comptait beaucoup de réservistes parisiens.

Un de ces réservistes avait eu, avant- d’arriver à Houdrevüle, une attaque de cholérine — diarrhée, vomissements, crampes — qui l’avait obligé de séjourner 3 jours à l’infirmerie à Toul. Il était fatigué et il dut être dirigé sur l’ambulance le 13.

Là maison oit logeait ce réserviste était précisément placée sur le trajet de la galerie de captage de la fontaine.

L’épidémie d’Houdreville a commencé le 4 octobre après une pluie abondante gui a pu amener dans la fontaine les impuretés répandues sur le sol.

L’isolement de la localité rend peu vraisemblable l’hypothèse d’un autre mode d’introduction du choléra.

Le choléra a donc été introduit à Houdreville par un convalescent. Le fait n’a pas lieu de surprendre aujourd’hui que la présence de bacilles virgules dans les selles de sujets guéris du choléra a été maintes fois constatée.

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