TUBERCULOSE
174. — Du traitement des tuberculeux indigents dans les sanatoriums. Congrès pour l’étude de la tuberculose, 1898, avec le D r Bemiiavoü.
175. — Souillure de l’atmosphère par les tuberculeux. Revue d’hygiène, 1899.
176. — Les modes de propagation de la tuberculose et les meilleurs moyens de la combattre, d'après Flügge. Revue d’hygiène , 1901.
177. — Projet de création d'un sanatorium au voisinage de Marseille. Innocuité d'un sanatorium bien dirigé. Nécessité d’une surveillance des sariatoria et établissements hospitaliers privés. Travaux du comité consultatif d'hygiène publique de France,
178. — Tuberculose, leçons inédites et Traité d’hygiène de Proust, 1900.
179. — Mesures pour empêcher la propagation de la tuberculose dans les ateliers. Comité consultatif d’hygiène, 1902 et 1904.
La tuberculose sollicite aujourd’hui d’une façon prépondérante l’attention générale et fait l’objet des préoccupations du grand public aussi bien que des médecins.
Les deux premières éditions du Traité d’hygiène de Proust ne contiennent aucun article spécial sur ce sujet auquel est consacré le chapitre le plus étendu de la troisième édition pour lequel nous avons utilisé les dix leçons inédites professées par nous à la Faculté en 1896-1897 en tenant compte naturellement des travaux postérieurs.
Nous avions longuement insisté dans nos leçons sur l 'Histoire de la contagion tuberculeuse. Cette contagion avait été affirmée par maints auteurs qui invoquaient des observatipns fort démonstratives. De différents côtés un ensemble de mesures très complètes avaient étéprésentées en vue d’enrayer les
progrès de la contagion. Nous avons surtout signalé les règlements de la Toscane (ordonnance du 11 novembre 1754), de Naples (loi de police 1782) et indiqué qu’en Lorraine, dans le midi de la France, en Espagne, dans le Portugal, des dispositions analogues étaient en vigueur.
Les prescriptions suivantes seraient approuvées par les contagionnistes les plus convaincus de l’heure présente et ils ne sauraient réclamer davantage.
Destruction obligatoire ou tout au moins désinfection des vêtements et objets ayant servi aux tuberculeux, interdiction de les vendre. Évacuation des locaux où ont séjourné des malades, obligation de les laver, de les désinfecter, de les laisser inhabités, fenêtres ouvertes pendant un mois. Usage comme crachoirs de vases de verre ou de terre cuite qui devraient être lavés chaque jour. Déclaration de la tuberculose imposée aux médecins sous peine d’amendes et de bannissement en cas de récidive. Hospitalisation forcée des tuberculeux indigents (Naples).
Frank et Wichmann étaient d’avis d’interdire le mariage aux tuberculeux.
Après une éclipsq qui a occupé environ la première moitié du xix e siècle, la contagion est de nouveau affirmée par Bruchon, Tholozan, Bergeret, Budd qui invoquentl’obseryation, l’épidémiologie, l’anatomie pathologique jusqu’au moment où l’inoculabilité de la tuberculose découverte par Villemin, la nature parasitaire démontrée par Koch fournissent à la question une solution définitive.
La tuberculose est surtout transmise par inhalation ainsi que le prouvent les expériences de Villemin, de Tappeiner, de Koch. La présence de bacilles virulents dans les produits expectorés, la résistance de ces bacilles dans les crachats desséchés ont fait attribuer un rôle considérable aux poussières provenant de la dessiccation dos crachats tuberculeux, et nous avons mentionné les recherches minutieuses de Cornet établissant tout à la fois la présence des bacilles dans les poussières des locaux habités par les tuberculeux et leur absence dans les locaux où les tuberculeux prennent les précautions nécessaires pour prévenir la dessiccation des crachats. Nous avons montré que nos expériences personnelles entreprises avec la collaboration de M.. Bourges, comme celles de Kustermann, de Baumgarten et de Kelsch, n’ont pas confirmé celles de Cornet et que cet auteur a peut être exagéré . la participation des
poussières. D'un autre côté, Flügge et ses nombreux élèves ont montré à côté (le l’intervention des crachats desséchés celle de la dissémination dans l’air des fines gouttelettes bacillifères projetées hors de la bouche aux moments où les tuberculeux parlent, toussent, éternuent. A l’occasion de la transmission de la tuberculose par inhalation, nous sommes amené à' mentionner les recherches importantes de Straus sur les bacilles tuberculeux dans les fosses nasales, les statistiques établissant la fréquence de la tuberculose dans les couvents, les prisons, les casernes, la transmission conjugale, etc.
La transmission de la tuberculose par ingestion est habituellement considérée comme moins fréquente. Elle a été démontrée par Chauveau en 1868. A son étude se lient également des questions du plus grand intérêt. L’identité de la tuberculose humaine et de la tuberculose des bovidés était considérée comme établie avant la communication de Koch au Congrès de Londres en 1900, et reste encore admise par la plupart des auteurs compétents. La fréquence de la tuberculose chez les animaux de l’espèce bovine est très grande dans beaucoup de régions. La transmission de la tuberculose par le lait et par ses dérivés est incontestable, cependant la transmission n’est habituellement possible que dans le cas où les mamelles présentent des tubercules, et beaucoup de résultats d’expérience invoqués en faveur delà transmissibilité sont sujets à caution, en raison de la confusion entre le bacille tuberculeux et les bacilles acidorésistants pseudotuberculeux. Plus discutée encore, la transmission de la tuberculose par l’ingestion de viandes d’animaux tuberculeux n’intervient sans doute que dans des cas très rares.
La contagion de la tuberculose par inoculation cutanée est certainement établie par quelques observations, mais son importance est relativement des plus 1 minimes, comparée à celle des autres modes de transmission.
La fréquence d’antécédents tuberculeux chez les phtisiques est généralement admise et il n’est guère de proposition qui soit moins contestée. Cependant cette, fréquence même est évaluée d’une façon bien différente. Elle varie de 100 pour 100 par Monneret, à 38 pour 100 parHerard, et Cornil et 24 pour 100 (à l’hôpital des tuberculeux de Brompton). Les dernières t q p bliées, soit par les médecins des services d’Enfants assistés, soit par les médecins des Compagnies d’assurances, semblent indiquer que la fréquence de l’hérédité a été exagérée.
Villemin, Cohnheim, et récemment Ueorges Küss, admettent que les cas attribués à l'hérédité s’expliqueraient tout simplement par la contagion familiale.
Koch pensait que toute l’hérédité se résume en une hérédo-prédisposition, et Arloing émet une opinion assez semblable.
Pour Baumgarten, l’hérédité de la tuberculose est une hérédité vraie. Il y a bien transmission au foetus de germes dont le développement peut se faire à. une date éloignée; de, la naissance. Nous avons rapporté des expériences de Mafîucci et surtout de Gaertnèr qui semblent établir la transmission héréditaire vraie, et indiqué l’intervention de la mère et même du père dans cette
Nous avons consacré les développements qu’elle nous paraissait comporter à la question des causes prédisposantes et favorisantes de la tuberculose. Si la tuberculose dont le germe est si répandu n’est pas plus fréquente encore, cela tient évidemment à l’intervention de ces facteurs. Louis, Rokitansky, Beneke, ont signalé la petitesse du cœur: Landouzy a montré la fréquence de la tuberculeux chez les sujets dont la chevelure présente la coloration blond vénitien. Brehmer a mis en évidence la proportion plus considérable de tuberculose dans les familles comptant un grand nombre d’enfants et les enfants dont la naissance suit de très près celle de leurs aînés.
La misère physiolomque, invoquée par Bouchardat, la privation d’air, de lumière, l’influence de maladies aiguës fébriles, les chagrins.
D’autre part, 1 insolation. 1 altitude exercent une action défavorable au développement de la tuberculose.
Nous avons insisté sur les mesures destinées à empêcher la dissémination de la tuberculose par les crachats desséchés. On a pu croire, à un certain moment, qu’il suffirait d’obtenir que les tuberculeux crachent exclusivement dans des crachoirs pour éviter la dissémination de la tuberculose. Les constatations de Flügge ont montré que cela ne suffit pas, mais qu’il est cependant aisé de diminuer le danger de transmission par des gouttelettes humides.
La désinfection des locaux habités par les tuberculeux est utile et il sera prudent de ne pas laisser les tuberculeux dans les salles communes des hôpitaux.
La Norwège a tenté d’appliquer par l’isolement des tuberculeux les mesures qui lui ont si bien réussi contre la lèpre. Il sera intéressant de noter les résultats obtenus.
La déclaration obligatoire de la tuberculose est en vigueur dans beaucoup de pays.
Toutes les mesures qui ont pour objet l’amélioration du bien-être, la diminution de l’encombrement, l’assainissement des habitations, agiront d’une façon marquée sur la diminution de la tuberculose.
Le traitement des tuberculeux dans les sanatoriums a été également étudié avec quelques détails.